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La côte atlantique de la pointe de l’est à la pointe du diable

Au gré de nos escales en Uruguay, nous ne séjournerons que trois jours sur la côte atlantique. Non qu’elle ne mérite de s’y attarder, mais l’hiver s’installe doucement et ciel gris, températures fraîches et vents persistants ne sont guère de plaisants compagnons pour les nomades.

Premier arrêt impromptu à Punta del Este: nous n’avions pas prévu de séjourner dans cette station balnéaire à la mode mais l’heure est tardive et nous sommes certains d’y trouver facilement un logement. Très courtisée en été, la station est désertée en hiver; le prix des hébergements est alors divisé par deux, voire trois. De la fenêtre de notre petite chambre d’hôtel, nous apercevons la mer, l’océan Atlantique, enfin.

Etonnante concentration de hauts immeubles de béton et verre, propres, blancs, aseptisés, Punta del Este cherche à être ce que l’Uruguay n’est pas: « branchée »et « cool » dans un pays habituellement simple, serein et accueillant. Sur l’immense plage de sable fin, une statue, « la mano », oeuvre incontournable, fait le bonheur des enfants qui grimpent et dégringolent le long du pouce et de l’auriculaire.

Nous continuons notre route le long de la côte jusqu’à Punta del Diablo, à l’extrême nord-est du pays: un autre visage du tourisme, une petite station balnéaire pour surfers et routards désargentés qui s’est développée anarchiquement autour d’un village de pêcheur, de belles plages et des rocs burinés par le vent et les vagues. Nous nous baladons un peu le long de la côte et, malgré le temps maussade, dans le joli parc naturel de Santa Teresa, tout  proche, étonnamment boisé et très accueillant pour les enfants.

Nous sommes cependant impatients de retrouver le beau temps et des températures plus clémentes et mettons rapidement le cap vers le nord, le Brésil.


En pratique: 

Le parc naturel de Santa Teresa est idéal pour les familles: une forteresse (malheureusement fermée lors de notre passage), un mini-zoo, un petit jardin botanique, de courtes promenades, des plages. L’accès est gratuit (excepté pour le musée de la forteresse).

En ce qui concerne l’hébergement, il existe de nombreuses options  dans le village de Punta del Diablo, mais si le temps le permet, nous conseillons plutôt aux familles d’explorer les options dans le parc Santa Teresa (campings et cabanes).

A Punta del Este, nous avons séjourné à l’hôtel Milano, confortable et bien situé, pour 63 USD la nuit, chambre quadruple, petit-déjeuné et parking sécurisé compris.

A Montevideo

Vie rurale…

Pour notre découverte de Montevideo, nous choisissons de ne pas séjourner en ville mais de louer une petite maison à la campagne, à 15 kilomètres de la capitale Uruguayenne. Un excellent choix, un formidable coup de chance, nous sommes chaleureusement accueillis par les propriétaires, Martha et Alfredo, un couple de retraités, et leur fils Joaquin. Martha et Alfredo ont fui la dictature en Uruguay dans les années 1970 et ils se sont installés en France, en Lorraine, où ils ont vécu presque 40 ans. A l’heure de la retraite, ils sont retournés en Uruguay, dans une propriété rurale comprenant chevaux, moutons, paons, pintades… Nous apprécions beaucoup cet endroit où nous passerons finalement 9 jours!

 

… et vie citadine

Entre leçons, jeux dans la maison et balades dans la campagne uruguayenne, nous prenons aussi le temps de visiter la capitale: le garage agréé Nissan pour l’entretien des 100.000 kms de notre véhicule, les accessoiristes automobiles pour l’achat d’un coffre de toit qui nous évitera désormais de voyager avec un véhicule plein à craquer, l’hôpital britannique suite à une chute de Loïc du haut du lit superposé (juste une belle bosse) et heureusement aussi les musées, la bibliothèque de l’Alliance Française, le centre historique.
Le centre urbain de Montevideo est un curieux mélange d’extraordinaires façades art nouveau et art déco et de béton hideux. On est tantôt intrigué par un bâtiment puis repoussé par un autre. Selon les caprices du temps, c’est le béton du ciel qui se fond dans celui des immeubles, accentuant la laideur d’une avenue, ou un magnifique jeux de lumières qui irise les vitraux d’une façade, embellit les délicates fleurs de métal d’un balcon ouvragé. A l’image du pays, les rues sont plutôt calmes, les citadins sereins. On peine à croire que la cité comporte presque un million et demi d’habitants, tant elle semble petite. Au détour de nos déambulations dans le centre-ville, on visite plusieurs monuments et musées: le musée Torres Garcia, qui expose les oeuvres du peintre constructiviste, le musée national historique, le mausolée du général Artigas, héros de l’indépendance, le MAPI, petit musée d’art pré-colombien sis dans une jolie maison art nouveau, le musée de la banque et son cadre des années 70, l’ultra-touristique marché du port.
Nos coups de coeur se situent pourtant hors du centre-ville. L’espace d’art contemporain occupe les allées et les cellules d’une ancienne prison, un fascinant décor pour les expositions temporaires. Le musée Blanes met superbement en valeur des oeuvres majeures de l’art uruguayen dans un beau palais colonial au sein d’un petit parc. Et pour les gourmets, le Mercado Agricola offre un bel assortiment d’échoppes haut de gamme, avec fruits et légumes bio (et accessoirement l’unique expresso digne de ce nom en Uruguay au café del Mercado).

En pratique:

  • De nombreux musées de Montevideo sont entièrement gratuits: le musée Blanes, l’espace d’art contemporain, le musée national historique, le musée de la banque et d’autres que nous n’avons pas visité. Profitez-en!
  • Egalement gratuit: l’ascension au 24ème étage de la tour de la télécommunication Antel, l’un des seuls gratte-ciel de la capitale pour une belle vue panoramique sur la ville et le port.
  • Pour l’hébergement, la maison de Martha et Alfredo est disponible sur le site AirBnB.

Un peu de luxe à Colonia

Le voyage en Uruguay se poursuit sous le soleil mais les températures restent fraîches. Nous avions prévu de camper, mais par 12-13 degrés, nous hésitons un peu…

Pour la deuxième fois de notre voyage, c’est donc dans un hôtel de catégorie supérieure que nous décidons de passer notre séjour dans le petite ville de Colonia. Pour un tarif négocié, nous profiterons de la chaleur d’une chambre confortable, d’une piscine intérieure, d’un jacuzzi, d’un petit déjeuner copieux avec vue sur le fleuve. Dès 8h30 du matin, plongée dans la piscine extérieure glaciale, jeux dans la piscine intérieure chauffée et détente dans le jacuzzi, le tout suivi d’un petit déjeuner complet dans la lumineuse salle à manger de l’hôtel.

L’après-midi, nous visitons la petite ville historique, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco. Parcourue en quelques foulées, mais agréable, surtout en cette saison où il y peu de touristes: de vieilles bâtisses datant de l’époque où la ville était une colonie portugaise, des ruines, des remparts, plusieurs musées minuscules exposant les objets découverts lors de fouilles… Nous flânons avec les enfants, profitant d’un séjour très plaisant et ensoleillé!


En pratique:

  • Une fois n’est pas coutume, nous avions négocié un tarif de 100 USD par nuit pour la famille (accès aux piscines, super petit-déjeuné et parking compris). L’hébergement est cher à Colonia et un hôtel de moyenne catégorie nous aurait coûté environ 80 USD la nuit. Un peu de luxe vaut bien la différence.
  • Tous les musées de la ville se visitent avec un ticket unique. Ils sont minuscules mais valent la peine, d’autant que les enfants ne risquent pas de s’ennuyer car chaque musée est parcouru en 10 minutes.
  • Dommage que les enfants de moins de huit ans ne peuvent pas grimper au phare (raison de sécurité)! La vue promettait d’être belle.

Le patrimoine industriel de Fray Bentos

Nous voici de retour sur les routes! Première étape du voyage: la ville de Gualeguaychu, où nous avions déjà séjourné avec Marie-Noëlle. Le lendemain, nous traversons le pont international et passons la frontière de l’Uruguay. Nous nous arrêtons à quelques kilomètres de là, dans la petite ville de Fray Bentos.

Le beau temps est de retour, nous dénichons un hôtel bon marché dans la petite station balnéaire de Las Canas, désertée pour l’arrière-saison, et apprécions les promenades au bord du fleuve sous le soleil. Petite déception: le site que nous voulions visiter, l’immense usine de conditionnement de viande, patrimoine industriel protégé par l’UNESCO, est exceptionnellement fermé.

Deux jours de beau temps, et de nouveau la pluie, à verse! Le fleuve Uruguay se gonfle et se déverse sur les routes côtières, inonde les parcs et les terrains de sports. Ce jour est un lundi froid, gris et triste. Les (rares) restaurants de la ville sont fermés, les musées aussi. La déprime semble même atteindre notre véhicule qui soudainement vibre et crachote. Petit détour chez un garagiste et c’est en auto-stop que nous regagnons notre hôtel à 8 kilomètres de la  ville.

Le mardi, il fait froid mais le soleil brille. Court trajet en auto-stop pour rallier la ville puis, pour combler l’attente de la réparation, leçons, promenade le long du fleuve jusqu’au site industriel, délicieux déjeuner dans la fabrique de pâtes attenante à l’usine et, enfin et surtout, la visite guidée du site, tant attendue et vraiment intéressante!

Petit résumé d’histoire: l’usine est crée en 1865 par l’ingénieur chimiste allemand Julius Liebig pour y produire son invention, le bouillon-cube Liebig. L’usine prospère pendant la première guerre mondiale, alors que petits cubes de bouillon et boîtes de corned-beef produites en Uruguay alimentent les soldats du front. Après la guerre, l’économie allemande s’effondre et l’entreprise connait des difficultés. En 1920, un groupe anglais rachète l’usine et la dote d’une technologie de pointe. La salle des machines que nous visitons est impressionnante, tout comme l’immense frigo, un bâtiment de 7 étages avec 70 chambres froides! Au plus fort de son activité, l’usine abat 1500 boeufs par jour, et cela jusqu’à la cessation des activités dans les années 1970.

Après cette formidable visite, nous récupérons notre véhicule réparé et quittons la ville le lendemain matin.


Coté pratique pour les familles en voyage:

  • le site historique industriel se visite du mardi au dimanche à 10h et à 15h. La visite coûte 90 pesos uruguayens, sauf le mardi où elle est gratuite. On recommande vraiment la visite guidée, d’autant plus que le guide se débrouille bien en anglais.
  • le restaurant Wolves, à côté de l’usine désaffectée, propose de délicieuses pâtes « maison » à un prix raisonnable.
  • les hébergements à las Canas sont nombreux et bon marchés en basse saison.

 

Il pleut, il pleut…

La suite de notre épopée en Argentine se complique, du fait des mauvaises conditions climatiques. En remontant le long du fleuve Uruguay, nous faisons une première étape au bord de la rivière, à proximité de la ville de Gualeguaychu. Le temps est toujours magnifique. Nous continuons notre route et arrivons en début d’après-midi au parc national El Palmar, une superbe palmeraie à proximité du fleuve. Il chaud, lourd, et des orages sont attendus. Nous ne savions pas alors qu’ils allaient durer presque toute la semaine… La pluie nous a contraints à improviser le reste du séjour, recherchant des endroits abrités à visiter.

Une nuit au parc national El Palmar

Sans doute la pire que nous avons passée en camping! Les orages ont débutés vers 23h et n’ont pas cessé jusqu’au matin. Tonnerre fracassant, éclairs éblouissants et vacarme de la pluie torrentielle, les adultes n’ont quasiment pas fermé l’oeil de la nuit (les petits ont très bien dormi, merci). Les activités prévues pour le lendemain sont littéralement tombées à l’eau. Dommage, car des mignons capybaras aux timides vizcachas, des magnifiques palmiers aux rives tranquilles du fleuve, nous aurions bien apprécié profiter de la faune, de la flore et du cadre enchanteur du parc.

Le barrage de Salto Grande et la ville de Salto, en Uruguay

Nous remontons plus au nord en direction de la ville de Concordia. Première éclaircie le lendemain, un temps gris mais sec. Nous en profitons pour visiter l’immense barrage de Salto Grande, co-géré par l’Argentine et l’Uruguay, à cheval sur la frontière. Le projet a été réalisé à la fin des années 1970 et le barrage produit aujourd’hui encore les trois quarts de l’énergie électrique nécessaire à l’Uruguay. Visite guidée, gratuite et très intéressante, nous irons jusque dans la salle des turbines.

Nous décidons ensuite de passer l’après-midi en Uruguay, dans la petite ville de Salto, afin d’avoir un aperçu de ce pays. En ce dimanche après-midi, la ville est très calme, presque déserte. Nous prenons un bon déjeuner dans un restaurant de cuisine locale et retournons en fin d’après-midi en Argentine.

Dernière escale à Colon

Il pleut, il pleut, toujours et encore. Nous abandonnons l’espoir de retourner dans le parc El Palmar et nous dirigeons à nouveau vers le sud, toujours le long du fleuve Uruguay. Notre dernière étape sera la ville de Colon, jolie bourgade au bord du fleuve, touristique en été mais désertée en cette arrière saison grincheuse. La pluie menace même nos excursions au musée. Alors que nous voulons visiter un moulin historique, bâti par les premiers colons suisses, le gardien nous informe que le site est fermé pour cause de mauvais temps. Compatissant, il accepte de nous ouvre les portes du site, puis du moulin, puis une visite guidée inopinée et très enthousiaste. Encore une belle surprise! Quelques ballades encore dans les rues de Colon, un délicieuse dégustation d’alfajores et une autre de vin dans une bodega locale et il est déjà temps pour Marie-Noëlle et Cyril de nous quitter à nouveau…