Archives de Tag: Salar de Surire

Des lagunes et des salars – I

Road-trip à travers les immensités désertiques de l’Altiplano: après 7 jours de pause à Arica, nous voici repartis. Il ne nous reste que quelques semaines avant le retour en Europe. Nous décidons donc de gravir d’une traite un dénivelé de 4600 mètres puis de parcourir en une semaine les pistes qui longent les frontières chilienne et bolivienne pour atteindre enfin le désert d’Atacama.

Premier jour

Nous quittons Arica et l’oasis d’Azapa pour emprunter la route qui s’élève doucement vers la cordillère, à travers les bosquets de cactus-candélabres. Arrivés aux portes du parc national Lauca, nous apercevons un camping-car portant les couleurs françaises. Il s’agit d’une famille franco-australienne en voyage de l’Alaska à la Patagonie. Nous ajustons notre itinéraire pour passer un peu de temps avec eux. Les enfants pataugent ensemble dans une petite source d’eau chaude, puis nous bravons tous l’altitude et le froid pour nous installer dans le rudimentaire camping du parc. Au bord de la laguna Chungara, le volcan Parinacota se mire dans l’eau, les flamands roses somnolent, le soleil couchant enflamme l’horizon. Dans ce cadre idyllique, nous passons tous une nuit épouvantable, insomniaques en raison du manque d’oxygène.

Deuxième jour

Après un dernier petit déjeuner en compagnie de nos amis franco-australiens, nous repartons et quittons désormais la route asphaltée pour nous engager sur la piste qui longe la frontière. Nous traversons la réserve des vignognes, non sans apercevoir de nombreux troupeaux de ces camellidés. Nous atteignons le salar de Surire que nous contournons par l’est. Etonnante palette de couleurs, l’azur de la lagune, la pureté blanche du sel, les tons dégradés du rivage, du jaune sable à l’orange vif et bleu éclatant du ciel, cet endroit isolé offre l’un des plus beaux spectacles du Chili. Nos photos, prises sous le soleil écrasant de la mi-journée ne lui rendent pas entièrement justice. Lamas, vigognes et flamands roses sont quasiment nos seuls compagnons.

Au sud du salar, nous nous accordons une pause dans les thermes de Polloquere: une source chaude dont l’eau soufrée et brûlante jaillit et s’écoule dans le cadre sublime de cet altiplano. Un merveilleux moment de plaisir et de détente.

Après la baignade, nous parcourons encore quelques dizaines de kilomètres avant de rejoindre en fin d’après-midi le poste-frontière de Colchane, notre point de passage vers la Bolivie. Les douaniers chiliens étant en grève, nous décidons de nous offrir une dernière nuit au Chili, dans l’unique hôtel du village.

Troisième jour

Journée difficile et ennuyeuse: Lucie se réveille mal en point, fatiguée, un peu fiévreuse et nauséeuse. Nous profitons du confort de l’hôtel afin qu’elle puisse se reposer mais rien n’y fait: elle est vraiment malade. Nous sommes un peu inquiets quant au risque de mal d’altitude. Pouvons-nous continuer notre voyage à travers la Bolivie ou devons-nous redescendre au niveau de la mer au Chili? Afin de trancher la question, nous nous rendons au petit centre de santé du village. Le médecin est rassurant: Lucie souffre bien d’un mal de l’altitude, mais seul un peu d’oxygène et quelques médicaments seront nécessaires. Nous pouvons continuer sereinement notre périple à travers l’altiplano.

Nous enchainons donc sur d’autres corvées, traversée de la frontière, plutôt rapide malgré la grève car notre petit véhicule se faufile entre les poids lourds à l’arrêt puis difficile quête pour obtenir de l’essence, souvent réservée exclusivement aux véhicules immatriculés en Bolivie. Il nous faudra de beaucoup de force de persuasion pour parvenir à remplir nos bidons. Ayant choisi d’effectuer un détour pour suivre la route asphaltée, nous passons ensuite la nuit dans un village à 150 kilomètres au nord de notre prochaine étape, le salar d’Uyuni.

This slideshow requires JavaScript.

Advertisements