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Détente à Pokhara

Après notre randonnée en montagne, on s’accorde une semaine de détente à Pokhara. La ville au pied de l’Himalaya s’y prête bien; il y a une foultitude d’activités possibles aux alentours ainsi que de nombreux cafés, restaurants, bars destinés aux touristes…

Notre petit homestay est situé dans un village calme au nord-ouest de la ville, mais il nous suffit de marcher un kilomètre pour rejoindre la zone touristique de Pokhara Lakeside. Alors, pendant une semaine, on alterne leçons et activités sportives variées, petits restos locaux et goûters dans les cafés branchés baba/bobo, détente et séances de jeu de société…

Dimanche : 

Premières leçons après une semaine de vacances. En fin d’après-midi, nous avons rendez-vous avec Nathalie et Alban, les Wonderscope que nous n’avons cessé de croiser sur les sentiers du Mardi Himal, pour un repas d’adieu.

Lundi :

Première pluie depuis bien longtemps. On continue les leçons et on se dirige en fin d’après-midi vers le café Blind Tiger pour une projection vidéo sur grand écran du film « Life of Pi » (L’Odyssée de Pi).

Mardi :

Encore des leçons et une petite balade dans la campagne aux alentour du village.

Mercredi :

Cette fois-ci, nous remettons les leçons à l’après-midi et partons en fin de matinée faire une balade en barque sur le lac de Pokhara. On en profite pour faire une halte sur la rive opposée, d’où part le sentier qui monte à la pagode de la paix (World Peace Pagoda). Malgré la chaleur, en ce jour ensoleillé, on gravit facilement et rapidement les 300 mètres de dénivelé qui mènent jusque là. Belle vue au sommet…

Jeudi : 

La promenade de la veille n’était qu’une mise en jambe. Aujourd’hui, on se lève tôt pour grimper les presque 800 mètres de dénivelé qui mène au village et à la tour d’observation de Sarangkot, le sommet qui domine directement Pokhara. Du sommet, on a une belle vue dégagée sur Pokhara et ses alentours, derrière nous. Malheureusement, devant nous, la chaîne des Annapurnas est voilée par les nuages. Au moment de redescendre, on s’arrête longuement pour observer le décollage des nombreux parapentes. Ces parapentes, on les regarde tous les matins tournoyer dans l’air. Mais là, les voir sauter dans le vide à quelques mètres de nous, ça fait envie, ça fait très, très envie… D’autant plus que les agents nous haranguent : « Vous voulez voler ? C’est possible, on a des pilotes disponibles ! ». On hésite… et on repart à pied vers notre homestay au pied de la montagne.

Vendredi :

On a décidé d’offrir un beau cadeau aux enfants : leur baptême de l’air en parapente ! Un vol avec panorama sur l’Himalaya, c’est tout de même une expérience unique. On prend donc contact avec l’agent avec lequel nous avions discuté la veille et on organise rapidement les vols. Un chauffeur vient nous chercher à notre homestay, on remplit les papiers dans les locaux de l’agence et on repart tous les 5 dans un minivan, direction la base de lancement de Sarangkot. Sur place, les pilotes se préparent, harnachent les enfants, puis attendent l’autorisation de décoller. On est à la fois excités et anxieux. Lucie est la première à s’envoler. 10 minutes plus tard, c’est au tour de Lise et Loïc, presque simultanément, de décoller. Un pincement au cœur en le voyant partir, mais on ne s’attarde pas, il faut retourner au van pour rejoindre la piste d’atterrissage qui, bien que visible au pied de la montagne, est à une bonne quinzaine de kilomètres par la route. Nous arriverons d’ailleurs 5 minutes trop tard pour assister à l’atterrissage, mais les 3 enfants sont absolument ravis de leur expérience !

Samedi : 

Dernière journée à Pokhara, on étudie, on refait nos bagages et on profite d’un dernier bon café en ville.

Une belle semaine calme, nous serions facilement restés plus longtemps, si notre visa népalais n’arrivait pas à expiration.


Hébergement : Sammaya Homestay dans le village de Sedi. Calme, propre, bon marché, sympathique, on s’est vraiment bien plu dans cet endroit.

Repas : The Juicery Cafe, malgré le côté baba/bobo, pour les cappuccinos, cacao bowls et hamburgers végétariens aux champignons, The Rest Point pour les hamburgers végétariens plus simples mais d’un excellent rapport qualité/prix, et aussi, la boulangerie bio en face du Juicery cafe, la minuscule pâtisserie un peu plus loin… les tentations ne manquent pas!

Parapente : Agence Blue Horizon. En discutant sur la base de décollage, le prix proposé était inférieur à celui annoncé en ville par les nombreuses agences : 7000 rs (au lieu de 10000) par personne pour un vol de 30 minutes. Le service et les pilotes étaient très bien, très professionnels et sympathiques.

Le Mardi Himal: 6 jours de trek sans guide et sans porteur

Pour beaucoup de voyageurs, le Népal est synonyme de trekking. On adore la randonnée et on se dit qu’il serait dommage de ne pas faire cette expérience. A Kathmandu, nous prenons contact donc avec une agence de trekking qu’on nous a conseillée. Nous rencontrons ainsi Lauren, de l’agence Nepalayak, une française installée à Kathmandu depuis 10 ans.

Après une courte conversation, il devient clair que la formule qui nous convient le mieux est l’autonomie, sans guide et sans porteur! Très sympa, Lauren nous donne toutes les astuces pour effectuer un trek dans la chaine des Annapurnas par nous-mêmes. 

A la fin de notre séjour à Kathmandu, nous prenons donc le bus pour Pokhara, petite ville à l’ouest du Népal qui est le point de départ de nombreux treks. Nous avons choisi d’effectuer le trek du Mardi Himal, une randonnée de 6 à 8 jours qui mène au camp de base de la montagne du même nom. A Kathmandu, nous avons complété notre équipement: un pantalon de sport supplémentaire pour Lise, des gants, une carte de randonnée. A Pokhara, nous effectuons les démarches administratives dès notre sortie du bus, car le bureau qui délivre les permis de trekking est situé non loin de l’arrêt des bus de tourisme. Les démarches sont assez exhaustives, il vaut mieux être bien préparé. Sur les formulaires, outre nos coordonnées, notre numéro de passeport et numéro de visa, nous devons indiquer nos adresses de contact aux Népal et en Europe (pour l’adresse au Népal, on inscrit simplement le nom et le numéro de téléphone de notre hôtel), le nom, le numéro de police et de téléphone de notre assurance, nos dates de randonnées et le détail de notre itinéraire (les étapes prévues, même si l’on n’est pas obligé de les respecter ensuite!). S’y ajoutent 2 photos d’identités (que l’on peut obtenir gratuitement sur place) et la coquette somme de 3000 roupies par personne, nous voici détenteurs de nos permis TIMS et ACAP!

Le lendemain de notre arrivée à Pokhara, nous finalisons notre équipement avec la location de 5 sacs de couchage et de 2 paires de bâtons de randonnée pour les adultes. Nous sommes fins prêts à partir mais décalons notre départ d’une journée pour profiter de Diwali, la fête des lumières, à Pokhara. Les festivités durent 3 jours mais nous partirons dès le deuxième jour. Cela s’avère une bonne décision; les sentiers du trek, habituellement très fréquentés, étaient désertés lors de notre passage.

Lundi 28 octobre, nous sommes prêts à partir !

Premier jour : Kande (1720m) – Deurali (2130m)

Pour gagner du temps et quelques centaines de mètres de dénivelé, nous avons choisis de partir du village de Kande (prononcé karé) plutôt que du village de Phedi, lequel est un peu plus bas. Nous avons aussi réservé un taxi qui nous dépose à notre point de départ, à quelques 30 kms de Pokhara (cela pour éviter un trajet plus long en bus et, ainsi, ne pas partir aux aurores). Nous avons quitté Pokhara vers 8h 30 du matin et il est un peu plus de 10h30 lorsque nous entamons notre marche.

L’échauffement est rapide, le sentier grimpe fortement dès les premiers pas. Le temps est gris, heureusement peut-être, car nous ne souffrons pas de la chaleur. Ayant fait le choix de ne prendre ni guide ni porteur, nous avons des sacs plus conséquents que la plupart des randonneurs : 6-7kg pour les enfants (sauf Lucie qui en porte 3), environ 15 pour les adultes (parfois plus en fonction des réserves d’eau). C’est assez lourd mais cela reste acceptable. Mis à part à très haute altitude ou après une très longue journée, ni les enfants, ni les adultes ne souffrent de porter les sacs.

Nous montons pendant 1h30 et atteignons les maisons d’Australian Camp (2045m) à l’heure du déjeuner. C’est ici que nos permis de treks seront contrôlés. On profite de la pause pour déguster notre pique-nique, l’endroit est agréable, il y a pas mal de randonneurs dont certains ne font qu’une balade à la journée. 

Le déjeuner avalé, nous reprenons notre marche et traversons le village de Pothana une heure plus tard. Nous décidons de ne pas nous y attarder, il est encore tôt, nous avons largement le temps d’atteindre le village suivant avant la nuit. De plus, la marche est facile, le sentier désormais presque plat. Vers 15h, nous atteignons le hameau de Pittam Deurali. Il abrite 2 hôtels : nous choisissons le plus confortable des deux et nous nous installons pour la nuit. C’est à Pittam Deurali que nous faisons connaissance de nos futurs compagnons de randonnée, Lucile et Laurie, deux jeunes françaises en vacances, Shiba, leur guide népalais francophone, et Nathalie et Alban, français eux aussi mais voyageurs au long cours. On ne cessera de se recroiser au cours des jours suivants, et on finira par se donner rendez-vous à chaque étape, voire même par faire des bouts de chemin ensemble.

Au Trekker’s Lodge où nous dormons, nous jouissons d’une salle de bain privative avec une douche chaude, un luxe rare en trek !

Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner simple, nous nous remettons en route le lendemain matin vers 9h.

Deuxième jour : Pittam Deurali (2130m) – Low Camp (2970m)

L’étape suivante est une des plus longues. En effet, alors que les « teahouses » (sorte de refuges qui assurent à la fois l’hébergement et la restauration) jalonnent le parcours, il n’y en a aucune entre Deurali et Forest Camp, le prochain campement, à 3h de marche. On s’assure que l’on a assez d’eau pour le trajet et on part pour une longue marche à travers la forêt. Le sentier suit la crête boisée et grimpe pas mal. On est plutôt soulagé de pouvoir faire une pause à Forest Camp (2440m). Nouveau pique-nique, il nous reste assez de temps et d’énergie pour continuer notre marche jusqu’au prochain campement. Cette fois-ci, la marche est plus courte en kilomètres, mais avec un dénivelé supérieur. Autant dire que ça monte fort ! Les sacs à dos se font lourds, les derniers kilomètres semblent s’étirer en longueur, on est vraiment heureux d’arriver enfin à Low Camp (2970m). On retrouve nos compagnons de voyage et on s’installe ensemble à l’hôtel Machhapuchhre.

Comment passe-t-on le temps dans un campement de haute altitude ? On s’installe dans la grande salle commune, on lit, on joue, on discute avec les autres randonneurs autour du grand poêle central qui réchauffe l’atmosphère. Loïc a un succès fou avec son jeu « puissance 4 » de voyage, il trouve rapidement des partenaires pour des parties endiablées ; quelques randonneurs chinois et, surtout, des guides népalais qui se passionnent pour ce jeu tactique. Petit détail qui a son importance : si dans les « teahouses », les chambres sont parfois bradées à un prix dérisoire (nous paierons 600 roupies soit un peu moins de 5 euros pour une chambre quadruple), on attend de vous que vous consommiez vos repas (toujours chers car les denrées sont montées à dos de mules) au même endroit ! Les personnes avec lesquelles vous passerez l’après-midi et la soirée sont donc en général celles qui résident dans la même teahouse.

Troisième jour : Low Camp (2970m) – High Camp (3540m)

Ce matin, avant de se mettre en route, on convient avec Lucile et Laurie de se retrouver le soir même à la teahouse. Shiba promet qu’il nous réservera une chambre à l’hôtel « Pistel », le meilleur de High Camp. Etrange nom, mais on trouvera bien…

C’est parti, sur un sentier qui grimpe fortement dans la forêt. Après une grosse heure de marche, on quitte les bois. Le sentier continue sur une crête dégagée, nous avons atteint la zone où seule la végétation d’altitude subsiste. Depuis lundi, le temps est couvert. On se réveille chaque matin sous un ciel lumineux, avec des vues imprenables sur la chaine des Annapurnas. Dès 9h cependant, les nuages gris brumeux roulent sur les flancs de la montagne. Le coté positif, c’est que nous ne sommes pas accablés par le soleil et la chaleur. Mais sur cette crête dégagée, tout ce que nous voyons est un doux brouillard cotonneux. Et lorsque que le gérant de la Panoramic Guesthouse, où nous nous faisons une pause-café (un vrai café, préparé avec une machine italienne, à 3300m d’altitude !), nous affirme que son établissement dispose de la plus belle vue sur les Annapurnas, nous ne pouvons que le croire sur parole !

On continue un long moment sur la crête, la pente est désormais plus douce. L’étape est relativement courte et facile, nous atteignons High Camp (3540m) en début d’après-midi. On repère rapidement l’hôtel « Fishtail » (eh oui, nous avions mal décodé l’accent de Shiba) et on s’y installe pour le déjeuner. Après le repas, on se détend et on hésite à repartir dans le froid pour une petite randonnée d’acclimatation. Nous ne sommes pas fatigués, loin de là, mais l’engourdissement, la chaleur de la pièce commune… Finalement, on s’ébroue, on enfile les gants et les doudounes et on part accompagner Lucile, Laurie et Shiba pour une balade de 2h, qui, accessoirement, nous permettra de repérer le trajet du lendemain matin. Retour à la teahouse à la tombée de la nuit, repas assez animé avec les guides qui chantent et qui dansent, on se couche tôt car le réveil sonnera le lendemain à 3h30 !

Quatrième jour : High Camp (3540m) – Mardi Himal Base Camp (4500m) – High Camp (3540m) – Low Camp (2970m)

Départ à 4h du matin. Ce n’est pas tant que nous tenons à ce fameux lever de soleil sur les Annapurnas, mais l’expérience nous a montré qu’il faut atteindre le point de vue avant 9h du matin si l’on veut devancer les nuages ! C’est donc en pleine nuit, lampe-torche à la main, que nous partons à l’assaut de la montagne. Nous sommes heureux d’avoir effectué un repérage des sentiers la veille. L’un des chemins qui mène au sommet escalade une paroi en ligne droite. De jour, il est assez périlleux. De nuit, avec les enfants, il serait particulièrement risqué. Par chance, il existe une autre voie, un sentier plus long mais plus facile qui longe la montagne par la droite. On invite un couple de retraités, rencontrés deux jours plus tôt à la teahouse, à nous suivre : en petit groupe, c’est plus sûr.

Nous progressons sereinement, à la lueur de nos torches. Au-dessus de nos têtes, la voute étoilée du ciel. Au loin, à notre droite, les lumières de la ville de Pokhara. Devant nous sur la montagne, les quelques petits lumignons des randonneurs qui nous précèdent. Ayant suivi le chemin le plus long, nous fermons la marche. Nous marchons ainsi plus d’une heure, avant d’entamer la longue ascension des escaliers qui mènent au premier point de vue. Le ciel a blanchi, les premières lueurs du jour apparaissent à notre droite. Nous marchons sans sac à dos, sauf moi qui ai emporté nos provisions d’eau et de biscuits ainsi que quelques vêtements chauds pour le sommet. Mon sac ne doit pas peser plus de 6 kg, mais, à cette altitude, le porter est un effort supplémentaire. Je demande parfois à Lise de me relayer pour souffler un peu.

On monte, on monte, on monte… On distingue maintenant le chemin sans l’aide d’une torche, nous sommes presque arrivés. A 6h passé de quelques minutes, alors que les premiers rayons du soleil éclairent les crêtes des montagnes, nous atteignons le point de vue. La plupart des randonneurs, essoufflés, s’arrêtent ici pour contempler la vue incroyable sur cette chaine de sommets, dominée par l’aiguille du Machhapuchhre, montagne sacrée.

Nous ne faisons pas de halte car nous sommes décidés à gagner le second point de vue 2 km plus loin. Il fait jour désormais et le paysage sur la crête, cerné de sommets qui s’illuminent, est splendide. On marche d’un bon pas, la pente est plus douce. A 7h, nous sommes arrivés. On s’arrête un instant, on se sent tous en forme, on se dit qu’il serait dommage de ne pas continuer jusqu’au camp de base du Mardi Himal, même si la vue n’y est pas plus spectaculaire, juste pour se dire qu’on l’a fait, qu’on est allé au bout. On n’hésite pas longtemps, on se remet rapidement en marche. Une demi-heure plus tard, Lucie commence à montrer des signes de fatigue, on l’encourage, on y est presque, plus que 600m, 300m, 100m… Nous y voilà !

Un écriteau de bois « Mardi Himal Base Camp, 4500m », des drapeaux de prière, une hutte désertée…

Nous avons atteint le but ultime de ce trek, la fin du sentier ! Nous retrouvons Nathalie, Alban et Lucile, les seuls randonneurs qui ont poussé l’aventure jusqu’ici. Bien couverts, on profite du ciel dégagé, du soleil franc, on scrute les glaciers au loin. On discute, on prend des photos, on s’émerveille, on improvise un petit déjeuner de biscuits et d’eau, on fait signe aux touristes fortunés qui frôlent la crête à bord de l’hélico qui les déposera sans efforts au camp de base de l’Annapurna. 

Aux environs de 9h du matin, c’est reparti, il y a encore quelques milliers de mètres à dégringoler aujourd’hui. Les premiers lambeaux de nuage apparaissent dans le ciel jusque-là immaculé, tandis que nous progressons en direction du campement que nous avons quitté ce matin. Nous l’apercevons au loin, mais le chemin est encore long. Il est 11h30 lorsque nous parvenons à High Camp. Nous faisons une longue halte dans la salle commune pour manger et nous reposer un peu. Vers 14h, nous récupérons nos sacs à dos et repartons car nous voulons atteindre Low Camp avant la nuit.

Sur le chemin du retour, nous constatons que nous bien fait d’entamer notre trek pendant les fêtes de Diwali car, les festivités finies, les randonneurs sont bien plus nombreux sur les sentiers. On croise notamment des groupes de népalais visiblement peu entrainés à la marche et assez sous-équipés. Il faut aussi régulièrement laisser la place aux troupeaux de yaks qui circulent sur la montagne ou aux convois de mulets qui acheminent les provisions vers les camps d’altitude.

Nous descendons d’abord le long de la crête, désormais nimbée de nuages, puis à travers la forêt et atteignons Low Camp vers 16h. Nous avons bien fait de réserver notre hébergement la veille en quittant les lieux, car l’hôtel affiche complet ce soir ! Nous dinons encore une fois en compagnie de nos amis randonneurs, puis allons nous coucher relativement tôt. Lorsque je jette un œil dans la chambre à 20h, les trois enfants sont déjà endormis. Ce n’est guère étonnant : mis à part quelques haltes bienvenues, nous avons passé une dizaine d’heures sur les sentiers aujourd’hui !

Cinquième jour : Low Camp (2970m) – Sidding (1700m)

Nouvelle journée de marche, la plus difficile de toute pour les adultes : il s’agit de dévaler les pentes de la montagne jusqu’à la vallée et le village de Sidding. Soit plus de 1200 mètres de dénivelé à descendre, en suivant un sentier assez raide, à travers bois, tout en évitant soigneusement de trébucher sur les cailloux, rochers et racines… Nous ne profitons guère des paysages lors de cette étape, tous occupés à assurer nos pas.

Déception lorsque nous apercevons les premières maisons de Sidding : nous n’y sommes pas encore, il ne s’agit ici que de fermes isolées, le village est encore plus bas. Nous peinons un peu à trouver le sentier qui y mène, mais après avoir demandé à quelques passants, nous entamons la dernière demi-heure de descente. Nous avons rendez-vous avec nos amis à l’auberge « Luxury » et nous y parvenons en tout début d’après-midi. Grand repas en commun, puis quelques parties de cartes et de « puissance 4 », mais il est encore tôt, aussi allons nous ensemble explorer le village à pied.

Nous rentrons de cette agréable balade à la tombée de la nuit. Cette fois-ci, nous profitons un peu plus longtemps de la soirée, il fait bon et la randonnée qui nous attend le lendemain sera résolument plus facile.

Sixième jour : Sidding (1700m) – Lumre 

La marche de cette journée tient plus de la balade que de la randonnée. La difficulté majeure est de trouver le bon chemin car les cartes (même les digitales) sont parfois imprécises. Aucun risque de se perdre cependant, il suffit de suivre le cours de la rivière, dans la vallée. Nous quittons l’auberge assez tardivement : Lucile, Laurie et Shiba sont déjà partis mais Nathalie et Alban nous accompagnent pendant la balade. II faut nous déchausser pour traverser des gués, grimper sur l’échelle d’un ancien barrage, traverser quelques villages et finalement parcourir un magnifique pont suspendu pour atteindre le village de Lumre.

De là, nous négocions un trajet en jeep collective pour rejoindre la ville de Pokhara. Nous retrouvons notre petit homestay en début d’après-midi, prenons tous une longue douche chaude, rangeons nos équipements de randonnée. Nous avons rendez-vous à 17h avec notre groupe de randonneurs, au café « The juicery » sur la rive nord du lac de Pokhara, pour une dernière soirée ensemble. Après le repas, on se dirige vers le « Disneyland » de la ville, une fête foraine aux attractions très rustiques. Malheureusement, vers 22h, Loïc se blesse sur une attraction, la soirée est écourtée, direction l’hôpital. Rien de grave, heureusement, aucune fracture, juste un choc sur le bras… et les enfants ont quand même passé une chouette soirée !

Bilan de la randonnée : tout le monde a adoré. Nous n’avons croisé aucune famille sur le trajet (mis à part une famille française qui faisait une excursion à la journée autour d’Australian Camp), pourtant les enfants n’ont pas eu de difficultés pendant le trek. Non seulement, ils n’ont émis aucune plainte, mais ils nous demandent déjà de revenir au Népal pour un trek plus long !


En pratique : 

Nous avions choisi le trek du Mardi Himal, car il est assez « modulable ». Il y a de nombreuses « teahouses » sur le sentier, nous avions donc la possibilité de raccourcir les étapes si nécessaire. Dans les faits, nous avons suivi le parcours classique, dans les mêmes temps que la plupart des randonneurs. Il existe un sentier qui descend directement de High Camp à Sidding et évite ainsi de revenir sur ses pas vers Low Camp. Nous ne l’avons pas emprunté car nous avions laissé un sac à dos à Low Camp. Avec le recul, nous n’avons pas regretté de fractionner ainsi la très longue descente en 2 étapes.

L’équipement : Nous avions déjà pas mal d’équipement avec nous, chaussures de randonnée, chaussettes, gros pulls, doudounes… Nous avons complété par quelques petits achats à Kathmandu, notamment des gants ! (On trouve de tout à Kathmandu, essentiellement des copies – malheureusement – de grandes marques de sport.) Nous avons également acheté une carte de randonnée, qui s’est avérée inutile : le sentier est facile à suivre et les cartes digitales (maps.me) sont suffisamment détaillées. Enfin, nous avons loué à Pokhara les duvets et les bâtons de marche (environ 1,5 USD par duvet et par jour). Les duvets étaient en bon état et bien chauds, cependant nous ne les avons quasiment pas utilisés car chaque teahouse avait des couvertures chaudes en suffisance lors de notre passage. A moins d’une très forte affluence et d’une pénurie de couvertures, les duvets sont plutôt superflus. Mais comment le savoir à l’avance ?

Les permis : Il faut remplir 2 formulaires pour obtenir les permis TIMS et ACAP. Rien de compliqué, mais c’est un peu long et il est préférable de bien connaitre son itinéraire, ses adresses de contact, son numéro de police d’assurance, etc. Un argument pour randonner avec des enfants : les permis sont gratuits pour les moins de 10 ans.

La météo : Sans le savoir, nous étions au Népal en haute saison, fin octobre-début novembre, la saison idéale pour les treks. Pas de pluie, du soleil le matin et des nuages ensuite, un temps idéal pour randonner, même si nous aurions aimé profiter de la vue en journée !

Le budget : Sans guide et sans porteur, le budget s’allège considérablement. Une fois payés les frais de permis, il ne reste plus qu’à débourser nos roupies pour l’hébergement (très bon marché, surtout qu’il y a souvent une belle marge de négociation, sauf si tout est complet) et la nourriture (de plus en plus chère, au fur et à mesure qu’on monte). Finalement, le plus gros poste du trek, c’est le budget nourriture ! Une astuce : nous avions acheté un peu de pain, de beurre de cacahouète, quelques bananes à Pokhara avant de partir. Remplacer deux repas de midi par des pique-niques nous a permis quelques économies (et un gain de temps pendant les pauses).

La nourriture et l’eau : Comme mentionné plus haut, la nourriture est chère en altitude. Heureusement, elle est copieuse et plutôt bonne. Tout est préparé sur place avec des produits frais, par les quelques personnes qui gèrent le refuge. Les temps d’attente peuvent être très longs et il n’est pas rare de voir les guides donner un coup de main en cuisine ! Pour l’eau, nous avons utilisé notre gourde filtrante de 3L. Nous remplissons à chaque pause, c’était largement suffisamment pour toute la famille.

Le condor passe… (le canyon de Colca)

A 200 kilomètres au nord d’Arequipa se trouve le canyon de Colca, l’un des plus profonds du monde. Ce canyon est très prisé des touristes, réputé pour la beauté de ses paysages, pour ses randonnées et  les nombreux condors qui planent au-dessus du précipice.

Nous avons beaucoup hésité avant de nous rendre au (célèbre au Pérou) canyon. Le moyen le plus courant de le visiter est de réserver une excursion depuis Arequipa. C’est facile, plutôt rapide et cela permet de « tout » voir. C’est surtout très onéreux pour une famille. Le moyen le plus économique est de prendre un bus local pour le village de Cabanaconde, sans pouvoir cependant s’arrêter à sa guise le long du chemin. Nous optons pour la location d’un véhicule tout-terrain, meilleur marché que les excursions « tout compris », et surtout offrant la flexibilité que nous désirons.

C’est parti pour trois jours sur les routes du Pérou. Lucie a un peu de fièvre le matin du départ, mais rien d’inquiétant. Elle dormira dans la voiture. Nous quittons Arequipa, contournons le majestueux volcan Chachani, pénétrons dans la réserve naturelle de Salinas y Aguada Blanca. Dans la pampa à 4300 mètres d’altitude paissent de nombreux troupeaux de lamas et d’alpagas sauvages, ainsi que des vigognes, une espèce menacée de camélidés. Les vigognes sont craintives, et nous observons les troupeaux à l’aide de jumelles. Après cette escale dans la pampa, nous grimpons à 4910 mètres d’altitude pour une pause-déjeuner avec vue splendide sur les volcans. Retour dans la vallée à 3500 mètres d’altitude, au village de Yanque, pour une balade de 3 heures sur les traces des civilisations pré-incas. La rivière de Colca tient son nom des « colcas », sorte de garde-manger construits au fond du canyon afin de conserver les aliments à l’abri de la chaleur et du soleil. Nous visitons les ruines du site antique de Uyo-Uyo, puis terminons notre randonnée par un plongeon dans les sources d’eau chaude qui jaillissent au fond de la vallée. En fait, seuls Lise et Loïc sont assez courageux pour cela. Si les sources sont agréablement chaudes, à la nuit tombante un vent piquant glace ceux qui ne se sont pas jetés à l’eau. De retour à l’hôtel, nous profitons du ciel dégagé et de l’absence de pollution lumineuse pour une leçon d’astronomie dans l’observatoire de l’établissement. Une première pour les petits bourlingueurs, nous contemplons le ciel à l’aide d’un télescope.

Le lendemain, nous partons pour une nouvelle randonnée, hors des sentiers battus. Depuis la rive droite du canyon, ignorée des touristes, nous grimpons un sentier en lacet jusqu’à une forteresse construite sur la crête par les indiens Collaguas. A presque 4000 mètres d’altitude, la vue est extraordinaire: à notre gauche, la vallée de Colca, ses verdoyantes cultures en terrasse, à notre droite, les pentes escarpées d’un des canyons les plus profonds du monde. Après cette superbe balade, nous redescendons dans la vallée pour traverser la rivière sur l’un des rares ponts qui l’enjambe et passons la nuit dans le village de Cabanaconde.

Le lendemain, lever de bonne heure pour essayer d’admirer le vol du condor. Nous nous arrêtons d’abord boire un thé à la terrasse d’un café isolé, accroché à la falaise, dans l’espoir d’apercevoir les majestueux oiseaux. Peine perdue, seul un aigle nous fait l’honneur de sa visite. Nous nous rendons donc à la Croix du Condor, le mirador où s’amassent les touristes en quête du condor. Il est 9h15 du matin, les minibus emplis de touristes quittent peu à peu les lieux: les condors ont l’habitude de prendre leur envol entre 8h et 9h du matin, puis se réfugient dans la falaise pour se reposer. Pas de vol du condor donc, nous restons cependant encore quelques instants pour profiter de la vue. Alors que le lieu est pratiquement désert, plusieurs condors, oublieux de leurs habitudes, passent, tournoient, nous frôlent quasiment. C’est un spectacle magnifique!

Il est temps de retourner en direction d’Arequipa, avec quelques arrêts cependant, un premier dans le village de Yanque pour visiter son église et son petit musée. Pour le second, nous quittons la route asphaltée pour nous engager sur les pistes de la pampa de Toccra, à 4300 mètres d’altitude, direction: le village abandonné de Sumbay. Au fond d’une cueva sculptée par la rivière Sumbay, nous découvrons des peintures rupestres dessinées il y a plus de 8000 ans et un animal furtif et rare, le viscache.

Petits villages traditionnels accueillant, paysages époustouflants, randonnées agréables, découverte de la faune et la flore, notre séjour au Colca fut en tous points une réussite!


Les astuces des petits bourlingueurs:

Pour ceux d’entre vous que la découverte du Colca tente, voici quelques infos pratiques.

La location d’une voiture n’est pas la solution la plus économique pour atteindre le canyon, mais c’est la plus pratique avec des enfants. Il y plusieurs agences sérieuses de location à Arequipa (Hertz, DTG, Genesis) et, à moins de mentir sur votre destination, toutes les agences vous proposerons un véhicule  tout-terrain. Le tout-terrain s’avère utile si vous voulez sortir des sentiers battus (forteresse de Chimpa, art rupestre de Sumbay…). Prix moyen d’une location: 90 USD par jour (250km inclus, suffisant pour faire l’aller-retour sur 2 jours). Attention, le carburant est cher dans le Colca, faites le plein au départ d’Arequipa et au retour.

Le billet d’entrée au Colca est très cher (70 soles, soit une vingtaine d’euros par personne). Les familles ne sont heureusement pas pénalisées car les billets pour les enfants sont bon marché (5 soles, soit un peu plus d’un euro). Les jeunes enfants ne paient pas. il y a de nombreux contrôles des billets, difficile de resquiller (même si nous l’avons involontairement fait).

Hébergement: il existe un camping, à la Granja del Colca, malheureusement fermé en basse saison. Nous nous sommes rabattus sur des logements confortable et bien plus chers: l’hôtel Tradicion Colca à Yanque, pour sa chambre triple, son parking, mais surtout sa randonnée guidée vers Uyo Uyo et sa leçon d’astronomie et l’hôtel Kuntur Wasi à Cabanaconde, qui en basse saison, nous a fait une belle réduction sur sa chambre triple. Si vous logez ailleurs à Cabanaconde, pensez à garer votre véhicule au poste de police pour éviter les vols.

Idées randos:

  • la randonnée vers Uyo-Uyo est facile à pratiquer en individuel depuis le village de Yanque. Dirigez-vous vers le pont suspendu, traversez la rivière, prenez à gauche et suivez les indications « Uyo-Uyo ».
  • pour monter à la forteresse de Chimpa, longez la rive droite du Colca en voiture. Au village de Madrigal, suivez les indications « fortaleza de Chimpa ». Après 8 kilomètres de piste, vous y êtes!

Une journée à Nong kiaw

C’est notre dernier jour à Nong kiaw. Nous partons le 31/12 pour Luang Prabang, LA ville historique du Laos.

Deux sites intéressants sont accessibles facilement à pied depuis le village : les grottes de Tham Pha Thok, et le point de vue. Nous commençons par les grottes qui sont accessibles par la route. Comme il y a très peu de trafic au Laos, le balade est agréable, sous le soleil de midi. Nous arrivons à la grotte principale, qui servait, pendant la guerre du Vietnam, à abriter le gouvernement communiste de la province de Luang Prabang. C’est une grande grotte, composée de plusieurs salles. Les enfants découvrent, jouent avec la lampe de poche, bref, les grottes, c’est toujours un succès.

Nous dinons sur place, nous avions emportés un pique-nique avec nous : saucisses grillées et nems accompagnés d’une sauce aux cacahuètes – un délice!

Nous reprenons ensuite la route en sens inverse, 3 km vers le village. Peu avant le village, nous entamons l’ascension vers le point de vue. Un panneau  indique l’ascension est longue de 2 km et qu’il faut 1 heure 30 pour parvenir au sommet. Nous mettrons 1h45 pour grimper, le chemin est escarpé. Pour certains passages, nous devons nous aider d’une corde attachée aux rochers. Papa porte Lucie, qui, après les 6 kms parcourus le matin, dort paisiblement dans le sac à dos.

Au sommet, la vue à 360 degrés est extraordinaire. Notre GPS nous indique 1.5km de montée pour 450m de dénivelé! Nous profitons de cette vue pendant presque une heure. Les enfants sont émerveillés et restent assis plusieurs minutes à regarder le paysage.

Le temps passe, il est 17h. Le soleil se couche dans une demi-heure. Nous entamons la descente qui va durer 1h15, et que nous terminons à la lueur d’une lampe de poche. Après cette marche difficile, les enfants sont bien fatigués mais très contents de leur journée.

 

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Une randonnée aux 100 cascades

Nong Khiaw n’est qu’à une vingtaine de kilomètres de Muang Ngoy, le lieu de notre étape précédente. Nous avons cependant décidé d’y rester quelques jours. D’une certaine manière, c’est un retour à la civilisation: à Nong Khiaw, il y a une route, un pont, des distributeurs de billets (fort heureusement, car nous avons terminé le séjour à Muang Ngoy avec seulement 130000 kips en poche, c’est à dire moins de 15 euros). Nong Khiaw est moins languide que Muang Ngoy, mais son décor est tout aussi spectaculaire.

Nous réservons rapidement une randonnée guidée pour nous rendre aux 100 cascades le lendemain. Impossible d’effectuer la randonnée par nos propres moyens, celle-ci débute par un trajet d’une heure en bateau puis suis des sentiers non balisés au pied de la montagne. Il fait un temps splendide, le trajet en bateau est agréable. Arrivés au village, point de départ de la randonnée proprement dite, nous continuons notre chemin à pied à travers forêts et rizières. Il faut traverser plusieurs cours d’eau à gué, les sandales sont déjà mouillées. Après une heure de marche, nous voici déjà au pied des cascades. Nous entamons l’ascension, les pieds dans l’eau. Escalader les roches, se faire éclabousser par les chutes, les enfants adorent! Excepté Lucie qui s’est réfugiée dans le sac à dos: la montée est trop difficile pour elle car, là où nous avons de l’eau jusqu’aux mollets, elle serait immergée jusqu’à la taille.

Une heure d’ascension au coeur de la cascade, certaines portions de roches sont difficiles à grimper, mais les enfants s’en tirent à merveille. Arrivés au sommet, on admire la vue, on déjeune et on se sèche au soleil. Nous redescendons, au sec, par un sentier dans la montagne. Une magnifique randonnée très originale et rafraîchissante!

Une longue étape à Muang Ngoy

Muang Ngoy est un petit village de quelque milles âmes, au bord de la rivière Nam Ou. On ne peut y accéder que par bateau. Le village est un curieux mélange d’authenticité laotienne et de petites infrastructures touristiques. Des bungalows en bambou bordent le rivage, pour accueillir les voyageurs qui paressent sur les terrasses en sirotant des cocktails. Le long de l’unique rue du village, on trouve des restaurants, des bars et des petites échoppes.

C’est un lieu qui invite à la nonchalance; nous y avons d’ailleurs passé deux jours à jouer et à lézarder sans contraintes. C’est aussi un endroit magnifique qui mérite d’être exploré. La première balade, effectuée le lendemain de notre arrivée, nous a emmenés au sommet d’une colline, pour admirer un superbe point de vue sur la rivière et le village. Une heure de grimpette, raide, à flanc de montagne, en escaladant rochers, échelles de bois et de bambous, pour parvenir au sommet: la vue en valait la peine! Nous avons même exploré deux grottes sombres et très longues à mi-chemin de l’ascension.

La deuxième balade était plus conséquente: nous avons suivi l’unique piste qui sort du village, longé la rivière, traversé à gué, parcouru le sentier au milieu des rizières pour atteindre le hameau de Ban Na. 12 kilomètres aller-retour mais quel plaisir de déguster un café à la terrasse de l’unique restaurant du village en contemplant les montagnes et les rizières!

Après 5 jours passé à Muang Ngoy, nous reprenons demain le bateau en direction de Nong Khiaw, un village à peine plus grand mais un peu plus touristique.

Trois jours de trek dans les montagnes du Nord

Avec quelques jours de délai, voici le récit de notre excursion au Nord du Laos!

En effet, depuis le début du voyage, nous avons effectué de nombreuses randonnées. Arrivés à Muang Khua, un petit village dans le nord du Laos,à proximité de la frontière vietnamienne, nous nous renseignons immédiatement sur les possibilités de randonner dans les montagnes environnantes. Nous sommes particulièrement attirés par les propositions de treks de plusieurs jours. Nous hésitons quand même un peu, les prix sont un peu élevés, supérieurs à notre budget, l’expérience vaut-elle de dépenser autant?

Nous l’avons tenté et nous en sommes ravis. Des paysages magnifiques, des sentiers superbes, la découverte de villages isolés… Un confort très spartiate aussi: on se lave à l’eau froide à l’unique point d’eau du village, on s’éloigne un peu dans la forêt pour aller aux toilettes et on dort sur des nattes en bambous dans l’unique pièce de la maison. Les villageois sont étonnés de nous voir, peu de touristes passent dans ces villages. Particulièrement les enfants sont curieux, Lise a eu beaucoup de succès avec sa corde à sauter!

Plus de détails sur ces trois jours formidables en images:

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L’ascension du mont Lang Biang

Aujourd’hui, nous nous lançons à l’assaut du mont Lang Biang, l’un des points culminants aux alentours de Da Lat, un sommet à 2167 mètres d’altitude. De prime abord, notre guide semble avoir peu confiance en les capacités physiques des enfants et nous demande plusieurs fois si nous n’avons pas fait erreur dans notre choix d’excursion. L’ascension, dit-il, est ardue, en particulier dans le dernier kilomètre, lorsque le sentier monte à pic.

Prêts à grimper: le mont Lang Biang est juste derrière nous.
Prêts à grimper: le mont Lang Biang est juste derrière nous.

Peu importe, nous sommes décidés à tenter l’aventure: les petits bourlingueurs sont courageux! Le sentier grimpe d’abord doucement au milieu des plantations de café, puis plus abruptement dans un forêt de pin. Lucie a parfois du mal à suivre, mais elle continue pas à pas, tandis que nous l’encourageons avec des chansons et histoires. Trois kilomètres et une heure trente de marche plus tard, nous atteignons un crête boisée, c’est l’heure de la pause-déjeuner.

Plus qu'un kilomètre à parcourir avec quelques 300 mètres de dénivelé.
Plus qu’un kilomètre à parcourir avec quelques 300 mètres de dénivelé.

Après un pique-nique copieux, les enfants sont pleins d’énergie pour entamer le dernier kilomètre de l’ascension sur un sentier étroit, garni de planches de bois qui forment les marches hautes et irrégulières d’un escalier raide. A 400 mètres du sommet, Lucie abandonne, épuisée: les marches, qui sont parfois presque à sa hauteur, sont extrêmement difficile à gravir pour un petit enfant. Elle continue l’ascension sur le dos de son papa et s’endort en quelques secondes. Lise et Loïc atteignent le sommet sans encombre. Le temps est resté beau, la vue est dégagée, splendide.

Bilan de la randonnée: 3h30  de montée, 2h de descente, 10 kilomètres parcourus, et surtout 670 mètres de dénivelé grimpés. Lise et Loïc ont marché sans difficulté, Lucie a marché quelques 7 kilomètres et monté environ 550 mètres de dénivelé. Bravo les petits bourlingueurs!

Une grande randonnée aux abords de la ville

Nous avons débuté notre séjour à Da Lat par une exploration de la ville et une grande balade de 11 kilomètres autour du lac proche du centre-ville. Le temps oscille entre soleil et crachin, mais quel plaisir de marcher sans souffrir d’une chaleur étouffante! Dans le paysage montagnard, quelques touches « kitsch » nous rappellent que nous sommes en Asie: des calèches aux allures de carrosse de Cendrillon promènent les touristes vietnamiens et des pédalos en forme de cygnes ornent les rives du lac. A mi-chemin, nous faisons un petit détour par le « Jardin des fleurs », un parc floral lui aussi un peu kitsch mais magnifiquement planté de parterres superbes.

La balade se termine avec une visite de la « Maison folle », qui mérite à elle seule un article. Mention spéciale à la cadette des bourlingueuses, Lucie, pas encore trois ans, qui a parcouru les 11 kilomètres à pieds!

Infatigables bourlingueurs!
Infatigables bourlingueurs!