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La cité inca

Pour visiter la célèbre cité inca du Machu Picchu, il vous faut disposer soit d’une petite fortune, soit de beaucoup de temps (voire, de préférence, d’une belle somme des deux). Une petite fortune vous permet de voyager confortablement à bord du train de Cuzco à Aguas Calientes, d’embarquer ensuite dans un bus à destination de la forteresse. Les voyageurs désargentés, ou plus aventureux, choisissent la marche à pied pour gagner la ville d’Aguas Calientes, aussi surnommée « Machu Picchu Pueblo », puis grimper à l’assaut de la citadelle.

Depuis Cuzco, donc, il faut d’abord compter une belle journée de route, une route splendide qui serpente à l’infini à travers les montagnes jusqu’au village de Santa Maria. S’ensuit une vingtaine de kilomètres de piste vertigineuse à flanc de montagne, pour arriver à la tombée de la nuit au village de Santa Teresa. Nous faisons une halte d’une journée à Santa Teresa, journée consacrée à paresser dans un hamac et à profiter des sources d’eau chaude des thermes voisins.

Le lendemain, nous laissons notre véhicule au camping et nous entassons dans un taxi à destination de la station ferroviaire de Hidroelectrica, 10 kilomètres plus loin. Impossible de continuer, la piste prend fin ici.

C’est un secret partagé entre routards du monde entier qu’une marche de 10 kilomètres le long de la voie ferrée permet d’atteindre Aguas Calientes sans débourser les quelques dizaines, voire centaines de dollars américains nécessaires pour le court voyage en train. De ce fait, lors la tranquille randonnée le long des rails, nous croisons bien plus de marcheurs que de convois ferroviaires. Une agréable balade, facile, au terme de laquelle nous pénétrons dans une bourgade sans charme, entièrement dédiée au tourisme, au fond d’une vallée encaissée.

Après une courte nuit, lever à 3h30 du matin afin d’être parmi les premiers à se lancer à l’assaut de la montagne aux flancs de laquelle s’accroche la cité inca. Les plus petits bourlingueurs (accompagnés d’un grand bourlingueur) grimpent en bus tandis que trois happy hoppers et une bourlingueuse gravissent à la lueur d’une lampe torche les marches irrégulières. Grimper, grimper, sans s’arrêter, sans faiblir, alors que le jour se lève et révèle peu à peu un paysage époustouflant; à 6h05, quelques minutes à peine après l’ouverture du site, nous y sommes, nous pénétrons enfin dans le Machu Picchu. On s’octroie quelques minutes de pause et un petit-déjeuner avant de repartir pour l’ascension de la montagne qui surplombe le site. Nous nous étions imaginé cette randonnée, accessible seulement sur réservation, comme une petite balade menant à un beau point de vue. Il s’agit en réalité d’une rude grimpée d’une heure trente, encore plus de 600 mètres de dénivelé à gravir sur de hautes marches en pierre. C’est éreintant mais au sommet, la vue panoramique à 360° est fabuleuse. Il est 10h du matin, nous sommes à 3100 mètres, 1100 mètres plus haut que notre point de départ.

Redescendus au Machu Picchu, on s’octroie une longue pause à l’ombre des vieilles pierres alors que le site est envahit par les touristes. Nous reprenons notre visite en début d’après-midi, lorsque les groupes se font moins nombreux. Le site est suffisamment vaste pour que l’on puisse l’apprécier à sa juste valeur, sans être bousculés. La fin de journée est moins belle, les nuages s’amoncellent, tant pis pour les photos dans la lueur du soleil couchant, nous entamons notre descente. Arrivés au pied de la montagne, nous ne sommes pas fâchés d’avoir pris la peine de réserver une nuit supplémentaire au village et de ne continuer la balade le long de la voie ferrée que le lendemain.

Nous retournons vers Santa Teresa, ravis d’avoir pu profiter pleinement de la majesté du site et de son cadre extraordinaire!


Le Machu Picchu en vaut-il la peine? 

Voici une question que nous nous posions depuis nos premiers pas en Amérique du Sud: est-il vraiment nécessaire consacrer beaucoup de temps et d’argent à la visite du Machu Picchu? Le site en vaut-il réellement la peine?  Tous les voyageurs rencontrés nous avaient répondu par l’affirmative. Plus riches de l’expérience de 2 jours de trajets sur des routes sinueuses ou vertigineuses, et de plusieurs heures de marche, nous sommes également ravis de notre excursion. Paradoxalement, cette expédition nous a aidé à pleinement apprécier le site. Arrivés au terme d’un confortable trajet en train et en bus, nous n’aurions peut-être rien vu de plus que des vieilles pierres. Suer pour gravir les hautes marches, apercevoir l’esquisse d’une tour ou d’un mur, si haut, si loin, lors de la marche le long de la voie; le site nous a semblé inaccessible, majestueux et sa réalisation une prouesse technique!

A savoir:

  • les billets d’accès au site peuvent s’acheter en ligne – sauf les billets enfants ou étudiants à prix réduits. Les familles sont donc contraintes, comme nous, d’acheter leurs billets en personne à Cuzco et, en pleine saison, de patienter quelques jours pour obtenir une place. Heureusement, les enfants de moins de 8 ans ne paient pas.
  • cela vaut quand même la peine de débourser quelques dollars (8 par enfant, 12 par adulte) pour grimper au site en bus le matin, depuis le village. A 5 h du matin, l’ascension aurait été trop rude pour des petites jambes. Attention, il faut arriver très tôt, les files pour prendre le bus sont interminables! Pour cette raison (files interminables), il est plus avantageux de descendre à pied en fin de journée.
  • l’ascension de la « montana » (visite payante, à réserver lors de l’achat du billet pour le site) est accessible aux enfants mais assez difficile physiquement. Mieux vaut le savoir.
  • l’étape au village de Santa Teresa s’est révélée plus agréable que prévue. En tente ou camping-car, préférez le camping « La Hacienda » en contrebas du village, près de la rivière, plus calme, plus propre, plus accueillant que l’autre camping du village. Sinon, l’hostal « Yacumama » est excellent! A ne pas manquer non plus, les thermes de Cocalmayo, à 2 kilomètres du village, très fréquentés mais vraiment agréables (accès 10 sol par adultes, tarif variable – trois fois rien – pour les enfants).
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Vers le Machu Picchu

Pour la suite de notre voyage, nous faisons le choix de remonter rapidement vers le nord du continent, pour redescendre ensuite plus tranquillement vers le sud et Santiago du Chili, notre destination finale sur le continent. Nous décidons cependant d’accompagner les 5 happy hoppers dans leur visite du célèbre Machu Picchu. Direction donc Santa Teresa, village du Pérou situé à 20 kilomètres de la cité inca, quelques 800 kilomètres au nord de notre position actuelle.

Pour la première fois depuis le début de notre périple, nous éprouvons des difficultés à franchir une frontière ; en cause une faute de frappe dans l’orthographe de mon nom de famille, sur les papiers officiels du véhicule. Après de longues argumentations, nous pouvons continuer notre route.

Il est déjà tard lorsque nous franchissons enfin la frontière et la route est encore longue. Nous atteignons de nuit notre lieu de bivouac, au creux du canyon de Tinajani, où l’on devine dans l’obscurité les silhouettes spectrales des rochers. Au réveil, les températures sont négatives et le paysage magnifique ! Cela sera l’occasion d’une belle balade matinale à travers les formations rocheuses.

Nous reprenons ensuite notre route vers Cusco, pour y acquérir nos billets d’entrée pour le site le plus touristique du Pérou, le Machu Picchu. Cusco est une belle surprise, une magnifique ville coloniale où nous nous plaisons à flâner.

Nous sommes mercredi, nos billets tant convoités sont valables pour le lundi suivant, il nous reste quelques jours et 200 kilomètres à parcourir pour relier le village de Santa Teresa, point de départ de notre excursion vers la cité inca.

 


Pour l’hébergement:

  • le canyon de Tinajani (à proximité de la ville d’Ayaviri) est un endroit fabuleux (et presque gratuit – contribution volontaire) pour camper. 
  • l’hotel Illariy (peut se réserver sur booking.com) à Cusco est pratique, très bon marché, simple et propre. A 12 USD la chambre double, le tarif est imbattable et le parking de l’auberge peut aussi accueillir un camping-car!

Rencontre avec les Happy Six

Nous sommes toujours heureux de rencontrer d’autres familles en voyage et nous avons été ravis de passer deux jours à Arequipa en compagnie des Happy Six (et des grands-parents)! Ou comment retrouver presque par hasard des connaissances de notre enfance (en l’occurrence de l’enfance de Joëlle) à l’autre bout du monde. Pour rencontrer vous aussi les Happy Six, suivez leur blog.

Bonne route et à bientôt!

Les enfants au petit déjeuner
Les enfants au petit déjeuner

Le condor passe… (le canyon de Colca)

A 200 kilomètres au nord d’Arequipa se trouve le canyon de Colca, l’un des plus profonds du monde. Ce canyon est très prisé des touristes, réputé pour la beauté de ses paysages, pour ses randonnées et  les nombreux condors qui planent au-dessus du précipice.

Nous avons beaucoup hésité avant de nous rendre au (célèbre au Pérou) canyon. Le moyen le plus courant de le visiter est de réserver une excursion depuis Arequipa. C’est facile, plutôt rapide et cela permet de « tout » voir. C’est surtout très onéreux pour une famille. Le moyen le plus économique est de prendre un bus local pour le village de Cabanaconde, sans pouvoir cependant s’arrêter à sa guise le long du chemin. Nous optons pour la location d’un véhicule tout-terrain, meilleur marché que les excursions « tout compris », et surtout offrant la flexibilité que nous désirons.

C’est parti pour trois jours sur les routes du Pérou. Lucie a un peu de fièvre le matin du départ, mais rien d’inquiétant. Elle dormira dans la voiture. Nous quittons Arequipa, contournons le majestueux volcan Chachani, pénétrons dans la réserve naturelle de Salinas y Aguada Blanca. Dans la pampa à 4300 mètres d’altitude paissent de nombreux troupeaux de lamas et d’alpagas sauvages, ainsi que des vigognes, une espèce menacée de camélidés. Les vigognes sont craintives, et nous observons les troupeaux à l’aide de jumelles. Après cette escale dans la pampa, nous grimpons à 4910 mètres d’altitude pour une pause-déjeuner avec vue splendide sur les volcans. Retour dans la vallée à 3500 mètres d’altitude, au village de Yanque, pour une balade de 3 heures sur les traces des civilisations pré-incas. La rivière de Colca tient son nom des « colcas », sorte de garde-manger construits au fond du canyon afin de conserver les aliments à l’abri de la chaleur et du soleil. Nous visitons les ruines du site antique de Uyo-Uyo, puis terminons notre randonnée par un plongeon dans les sources d’eau chaude qui jaillissent au fond de la vallée. En fait, seuls Lise et Loïc sont assez courageux pour cela. Si les sources sont agréablement chaudes, à la nuit tombante un vent piquant glace ceux qui ne se sont pas jetés à l’eau. De retour à l’hôtel, nous profitons du ciel dégagé et de l’absence de pollution lumineuse pour une leçon d’astronomie dans l’observatoire de l’établissement. Une première pour les petits bourlingueurs, nous contemplons le ciel à l’aide d’un télescope.

Le lendemain, nous partons pour une nouvelle randonnée, hors des sentiers battus. Depuis la rive droite du canyon, ignorée des touristes, nous grimpons un sentier en lacet jusqu’à une forteresse construite sur la crête par les indiens Collaguas. A presque 4000 mètres d’altitude, la vue est extraordinaire: à notre gauche, la vallée de Colca, ses verdoyantes cultures en terrasse, à notre droite, les pentes escarpées d’un des canyons les plus profonds du monde. Après cette superbe balade, nous redescendons dans la vallée pour traverser la rivière sur l’un des rares ponts qui l’enjambe et passons la nuit dans le village de Cabanaconde.

Le lendemain, lever de bonne heure pour essayer d’admirer le vol du condor. Nous nous arrêtons d’abord boire un thé à la terrasse d’un café isolé, accroché à la falaise, dans l’espoir d’apercevoir les majestueux oiseaux. Peine perdue, seul un aigle nous fait l’honneur de sa visite. Nous nous rendons donc à la Croix du Condor, le mirador où s’amassent les touristes en quête du condor. Il est 9h15 du matin, les minibus emplis de touristes quittent peu à peu les lieux: les condors ont l’habitude de prendre leur envol entre 8h et 9h du matin, puis se réfugient dans la falaise pour se reposer. Pas de vol du condor donc, nous restons cependant encore quelques instants pour profiter de la vue. Alors que le lieu est pratiquement désert, plusieurs condors, oublieux de leurs habitudes, passent, tournoient, nous frôlent quasiment. C’est un spectacle magnifique!

Il est temps de retourner en direction d’Arequipa, avec quelques arrêts cependant, un premier dans le village de Yanque pour visiter son église et son petit musée. Pour le second, nous quittons la route asphaltée pour nous engager sur les pistes de la pampa de Toccra, à 4300 mètres d’altitude, direction: le village abandonné de Sumbay. Au fond d’une cueva sculptée par la rivière Sumbay, nous découvrons des peintures rupestres dessinées il y a plus de 8000 ans et un animal furtif et rare, le viscache.

Petits villages traditionnels accueillant, paysages époustouflants, randonnées agréables, découverte de la faune et la flore, notre séjour au Colca fut en tous points une réussite!


Les astuces des petits bourlingueurs:

Pour ceux d’entre vous que la découverte du Colca tente, voici quelques infos pratiques.

La location d’une voiture n’est pas la solution la plus économique pour atteindre le canyon, mais c’est la plus pratique avec des enfants. Il y plusieurs agences sérieuses de location à Arequipa (Hertz, DTG, Genesis) et, à moins de mentir sur votre destination, toutes les agences vous proposerons un véhicule  tout-terrain. Le tout-terrain s’avère utile si vous voulez sortir des sentiers battus (forteresse de Chimpa, art rupestre de Sumbay…). Prix moyen d’une location: 90 USD par jour (250km inclus, suffisant pour faire l’aller-retour sur 2 jours). Attention, le carburant est cher dans le Colca, faites le plein au départ d’Arequipa et au retour.

Le billet d’entrée au Colca est très cher (70 soles, soit une vingtaine d’euros par personne). Les familles ne sont heureusement pas pénalisées car les billets pour les enfants sont bon marché (5 soles, soit un peu plus d’un euro). Les jeunes enfants ne paient pas. il y a de nombreux contrôles des billets, difficile de resquiller (même si nous l’avons involontairement fait).

Hébergement: il existe un camping, à la Granja del Colca, malheureusement fermé en basse saison. Nous nous sommes rabattus sur des logements confortable et bien plus chers: l’hôtel Tradicion Colca à Yanque, pour sa chambre triple, son parking, mais surtout sa randonnée guidée vers Uyo Uyo et sa leçon d’astronomie et l’hôtel Kuntur Wasi à Cabanaconde, qui en basse saison, nous a fait une belle réduction sur sa chambre triple. Si vous logez ailleurs à Cabanaconde, pensez à garer votre véhicule au poste de police pour éviter les vols.

Idées randos:

  • la randonnée vers Uyo-Uyo est facile à pratiquer en individuel depuis le village de Yanque. Dirigez-vous vers le pont suspendu, traversez la rivière, prenez à gauche et suivez les indications « Uyo-Uyo ».
  • pour monter à la forteresse de Chimpa, longez la rive droite du Colca en voiture. Au village de Madrigal, suivez les indications « fortaleza de Chimpa ». Après 8 kilomètres de piste, vous y êtes!

Visites guidées des monuments d’Arequipa

Comme mentionné dans un article précédent, la ville d’Arequipa possède de nombreux sites historiques. Les visites sont payantes, parfois plutôt chères (40 soles pour la visite du monastère de Santa Catalina, soit plus de 10 euros par personne) mais très intéressantes car guidées et en français, s’il vous plaît! Soulagés de ne pas devoir jouer les guides et les interprètes, les parents peuvent aussi se concentrer sur la visite. On vous emmène donc faire un petit tour dans certains monuments et musées d’Arequipa.

Le monastère de Santa Teresa et son musée d’art

La seule visite qui ne fut pas guidée nous a amenés dans un monastère du XVIIème siècle. Entre ces murs vénérables sont exposés de nombreux objets d’art religieux. Plus prosaïquement, les enfants ont adoré le parloir, où un tourniquet permettait aux religieuses de passer messages et colis à l’extérieur, sans toucher ni voir leur visiteur.

Le musée sanctuaire des Andes (Museo Santuarios Andinos)

Une visite en français des plus passionnantes pour les enfants qui sont fascinés par le peuple Inca. En 1995, une momie, ou plus exactement le corps congelé d’une jeune fille, a été découverte au sommet du volcan Ampato, haut de 6300 mètres. Il s’agissait  d’une jeune noble Inca, sacrifiée pour apaiser la colère des dieux. Les archéologues ont découvert dix-huit corps de jeunes filles sacrifiées dans les Andes mais Juanita, telle qu’elle a été surnommée, est la mieux conservée.

Quelques faits passionnants autour de Juanita: les sacrifices humains n’étaient pas fréquents chez le peuple Inca, mais perpétrés lorsque des phénomènes météorologique (tels que El Nino) inquiétait la population. Ces sacrifices étaient soigneusement préparés, parfois pendant plusieurs années.  Le tombeau de glace de Juanita était garni d’objets tels que petites poteries et statuettes en or. Ces statuettes représentent des lamas ou des alpagas et elles sont souvent partiellement fondues sous l’effet de la foudre. En effet, ces statuettes permettaient d’attirer la foudre sur le lieu du sacrifice, signifiant ainsi que les dieux acceptaient le sacrifice. Juanita, encore adolescente, et les hommes qui l’accompagnaient, ont marché plusieurs jours, tels des alpinistes accomplis, pour atteindre le sommet du volcan à plus de 6000 mètres d’altitude. Juanita étaient probablement fière d’avoir été choisie pour honorer les dieux et espérait elle-même accéder au statut divin.

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Photo d’une copie de Juanita

Le monastère de Santa Catalina

Autre visite guidée en Français dans un lieu extraordinaire: un monastère du XVIème siècle, parfaitement conservé, immense, une petite ville dans la ville. Le monastère a été fondé en 1579 par Maria de Guzman, une riche veuve très pieuse. Elle en est d’ailleurs devenue la première mère supérieure. A partir du XVIIème siècle et ce jusqu’à ce que le pape y mette fin en 1871, les nonnes, issues des riches familles d’Arequipa, vivaient dans un luxe plutôt incompatible avec leurs (supposées) aspirations religieuses: petites maisons avec chambres particulières, servantes, argenterie, porcelaine de Limoge ou de Delft…

Le monastère, parfaitement restauré, est véritablement magnifique.

La cathédrale d’Arequipa

De l’extérieur, la cathédrale, qui occupe tout un pan de la place d’Armes, est vraiment remarquable. L’intérieur est plus sobre et nous avons apprécié d’avoir un guide pour faire découvrir les trésors de la cathédrale et de son musée. De l’orgue aux milliers de tuyaux, de fabrication belge, aux joyaux étincelants qui servaient à orner les statues, en passant par le magnifique panorama vu du toit du monument, ce fut de nouveau une belle visite.

Dulce o truco

« Dulce o truco » est la version espagnole de « trick or treat », « des bonbons ou un sort » en français. L’an dernier, nous avions fêté Halloween à Dalat, au Vietnam, dans une école d’anglais car les enfants vietnamiens ne célèbrent pas Halloween. Au Pérou, l’influence de la culture nord-américaine est plus forte, et nombres d’enfants sont déguisés en ce 31 octobre.

Les enfants se réjouissent de se déguiser et nous avons préparé des costumes pour l’occasion. Après une matinée de cours, direction le centre commercial: la tradition du porte-à-porte pour réclamer des bonbons n’est pas très répandue au Pérou, si ce n’est dans les centres commerciaux. Il est 16h, l’endroit est bondé, des groupes d’enfants déguisés vont de commerce en commerce pour récolter des douceurs. Nos petits bourlingueurs font une belle récolte.

Le soir, alors qu’elles sont sorties pour faire une petite course, Lise et Joëlle croisent un groupe d’enfants ( et leurs mamans) qui écument les maisons du quartier résidentiel où nous habitons.  Sorcières et fantômes acceptent que nous nous joignons à eux et nous voici parties pour crier en coeur « dulce o truco » dans les interphones! Une petite heure et une dizaine de bonbons plus tard, nous quittons nos amies sorcières pour un repos bien mérité.

Découverte d’Arequipa

Nous avons déjà passé dix jours dans la région d’Arequipa. La ville, située à 2337 mètres d’altitude, ne manque pas d’attraits pour les petits bourlingueurs.

Tout d’abord, c’est une cité coloniale magnifique, dont le centre est parfaitement conservé. Des églises, des monastères, des façades sculptées, des bâtiments parfois superbement restaurés, parfois maltraités par les âges… Pour les enfants avides de nouvelles découvertes, il y a une multitude de sites passionnants à visiter!

Ensuite, la ville présente tous les avantages d’une cité touristique, mais sans les excès: des petites boutiques, des bons restaurants (dans la version de luxe, nous avons testé le restaurant ZigZag et ses délicieuses viandes cuites sur pierre volcanique, dans la version locale, nous nous régalons à petits prix au restaurant Festejo sur l’avenue Ejercito), de véritables chocolats belges (Ocacao dans la rue Palacio Viejo), du bon café (Chaqchao, rue Santa Catalina)… Pour Lise, notre rat de bibliothèque, la plus belle découverte est celle de l’Alliance Française, dont la librairie a des allures de caverne d’Ali Baba. Il y a une centaine de livres pour enfants que le personnel accepte gentiment de nous prêter gratuitement!

Enfin, la ville est située dans un lieu magnifique, dominée par trois volcans aux sommets enneigés. Ce sera pour nous l’occasion d’une superbe excursion sur les hauts plateaux et dans le canyon de Colca.

Pour ne rien gâcher, nous pouvons profiter du confort d’une petite maison dans un quartier calme de la ville. Un très chaleureux merci à Karen et à ses parents qui nous hébergent à Arequipa!

Une visite de Lima

Bien que l’architecture de Lima soit assez hétéroclite, la ville comporte néanmoins un grand nombre de monuments remarquables et beaucoup d’attractions touristiques. Nous avons mis à profit notre séjour de dix jours dans la capitale pour découvrir certains de ces sites.

Les musées:

Il y a une multitude de musées en ville. Qu’ils soient grands et sophistiqués ou petits et gratuits, tous sont parfaitement entretenus et plutôt instructifs. Nous sommes loin des musées sombres et poussiéreux d’Asie du Sud-Est!

Parmi les musées gratuits, nous avons visité:

  • le Musée de l’Inquisition, un petit musée avec des souterrains et des statues de cire effrayantes,
  • la Casa de la Bodega, une maison restaurée, dont la cour abrite des vestiges de l’ancienne cité espagnole,
  • le Musée de la Banque Centrale du Pérou, qui possède de belles collections d’artisanat péruviens, d’art pré-colombien et de peintures
  • et enfin la Maison de la Littérature Péruvienne, une bibliothèque-musée installée dans l’ancienne gare centrale de Lima.

Nous avons également prolongé notre séjour pour profiter du « jeudi populaire », jour pendant lequel l’accès au musée des Beaux-Arts est entièrement gratuit. Cela en valait le peine car le musée récemment restauré et réouvert depuis peu est absolument magnifique! Toutes les pièces, qu’elles soit d’art pré-colombien ou de style espagnol sont parfaitement mises en valeur et bien documentées.

Comme nos petits bourlingueurs sont toujours avides d’en apprendre plus sur l’art, l’histoire, la culture, nous avons également visité quelques autres musées dont l’accès était payant mais heureusement bon marché:

  • le Musée Andres del Castillo, dans une superbe maison coloniale restaurée, une superbe collections de minéraux. Les sous-sols du Pérou sont extrêmement riches en minerais, des cristaux magnifiques sont exposés. Dans un registre moins scientifique, les enfants ont adoré la salle obscure où les rayons ultra-violets faisaient luire minéraux mais aussi vêtements et accessoires…
  • le Musée de la Gastronomie Péruvienne, dont les explications (malheureusement uniquement en espagnol) sont très didactiques pour les enfants.

Les monastères et les églises:

Nous n’avons pas vu tous les musées de Lima, loin s’en faut, mais nous avons ajouté à notre palmarès de visites quelques églises et monastères.

  • Le monastère de San Francisco est tout fait remarquable: sa bibliothèque, vieille de 400 ans, ses magnifiques plafonds ouvragés en cèdre du Nicaragua, et ses catacombes où s’entassent depuis des siècles les restes des citadins défavorisés. Impressionnant!
  • Le monastère de San Isidoro est également magnifique. Il abrite les restes des premiers saints péruviens de l’époque coloniale.

Les sites pré-colombiens:

De la fenêtre de notre appartement, situé dans le quartier résidentiel de Miraflores, nous apercevons une colline désertique, un tas de terre isolé parmi les immeubles. Il s’agit en fait du site de Huella Pucllana, un temple millénaire, érigé par les indiens Wari vers l’an 400 après J-C. Une visite guidée passionnante pendant laquelle nous en apprenons beaucoup sur les rites cérémoniels des indiens.

Les parcs et espaces verts:

Outre de longues balades dans le centre historique, nous avons également trouvé le temps de flâner dans certains des nombreux parcs et espaces verts de la ville, tous parfaitement entretenus. Le parc Kennedy, proche de notre appartement, sert de refuge à de nombreux chats, tous très dociles et visiblement bien soignés (par la municipalité?).

Plus loin, une promenade et une piste cyclable longent les bords de mer, au sommet des falaises. C’est un lieu agréable pour se balader le week-end et admirer les parapentistes s’élancer du bord de la falaise!

Enfin, un soir, nous avons attendu la tombée de la nuit pour parcourir le Circuit Magique de l’Eau, ultra-kitsch mais très amusant. Des dizaines de fontaines illuminées de toutes les couleurs et un spectacle son et lumière sur l’eau qui a beaucoup plu aux enfants.

Nos quelques jours à Lima furent bien occupés!

Premiers pas au Pérou

Voici déjà dix jours que nous avons quitté la France pour partir à la découverte de l’Amérique du sud.

Nous sommes arrivés à Lima, la capitale du Pérou, après un long voyage de 28 heures. La capitale péruvienne est très différente de celles que nous connaissons déjà. Dans les quartiers populaires, peu de commerces, mais des immeubles inachevés et délabrés. Dans les quartiers résidentiels, tel le quartier de Miraflores où nous résidons, des grands immeubles, un peu datés, des trottoirs larges, des pistes cyclables, des petits parcs très bien entretenus, quelques commerces…

La ville n’a rien de commun avec les grandes métropoles ultra-modernes d’Asie, si ce n’est le trafic, dense sur les grands axes et chaotique aux heures de pointes.

Voici en quelques points, nos premières impressions de Lima:

  • La météo: il fait bon en ce mois d’octobre, en moyenne un vingtaine de degrés. Le brouillard qui enveloppe régulièrement la ville durant les mois d’hiver est présent certains jours. Parfois, il se mue en une pluie très fine, si fine qu’elle ne suffit pas à irriguer cette région aride. Les jours ensoleillés sont plus chauds et toujours très agréables.
  • La nourriture: si les restaurants sont assez chers, nous avons vite fait de repérer les petites cantines où l’on mange un repas complet (entrée, plat et boisson) pour 2-3 euros. Autre constat, les portions sont si généreuses qu’il nous suffit de commander deux menus pour tous les cinq. C’est bon et très nourrissant: du riz, des pommes de terre, du maïs, du poulet… Nous dégustons aussi la délicieuse spécialité de Lima, le ceviche, une marinade de poisson cru au citron.

    Nos cantines préférées: le « Sabor y Vida », un resto végétarien à deux pas de notre appartement, dans la rue Recaverren à Miraflores, et le marché central où l’on s’attable à proximité des poissonneries  pour déguster un ceviche ultra-frais. Et puis, à une cinquantaine de mètres du « Sabor y Vida », le café « Arabica » sert l’un des meilleurs espressos que nous ayons jamais goûté!

  • L’atmosphère: la ville comporte de nombreux monuments superbes, mais l’urbanisation anarchique ne mets pas toujours en valeur ces bâtiments. Néanmoins, c’est une ville agréable et pleine d’attraits. Les citadins sont également très cordiaux et l’immersion linguistique est totale car presque personne ne parle anglais!