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Le parc des bouddhas

Après un trajet mouvementé en bus, pour parcourir 180 kilomètres de sinueuses routes de montagne, nous avons séjourné trois jours dans la petite ville de Vang Vieng, idéalement située sur la route de Luang Prabang à Vientiane et surtout nichée au coeur de paysages spectaculaires. Nous avions résolu d’explorer la campagne environnante et d’atteindre grottes, cascades, points de vue au volant de petites motos. Hélas, la météo en a décidé autrement; nos aventures se sont résumées à des parties de cartes, des leçons de français ou des séances de bricolage. Eh oui, il pleut aussi en Asie!

Qu’à cela ne tienne: trois jours plus tard, nous débarquons à Vientiane après un cours trajet en bus. Il fait un temps splendide et nous trouvons rapidement des motos à louer. Première étape de notre expédition: le consulat de Thaïlande pour nos demandes de visa. Nos visa laotiens arrivent à leur terme, nous entrerons en Thaïlande le 15 janvier. Au consulat, guichet 1, nous patientons une heure avant de remettre passeports et formulaires, guichet 6, encore une heure d’attente pour le paiement et à 11 heures, nous voilà sortis! En route pour notre deuxième étape, une géocache dans la banlieue de Vientiane. Lise trouve la cache rapidement et nous repartons en direction du parc des bouddhas, un parc de sculpture situé à un vingtaine de kilomètres de la capitale. Nous longeons le Mékong et nous apercevons la Thaïlande proche, jusqu’aux bâtiments de la guesthouse où nous séjournerons bientôt.Pour l’instant, nous sommes toujours au Laos et nous découvrons le parc des bouddhas, frère jumeau de celui que nous avions visité l’an passé en Thaïlande. Les deux parcs sont l’oeuvre d’un moine illuminé qui a réalisé de gigantesque oeuvres en béton en l’honneur de bouddha et de divinités hindoues. Le parc laotien est plus ancien et plus petit que son voisin thaïlandais, mais il vaut aussi le coup d’oeil! Les enfants adorent se balader au milieu des statues, on peut les toucher et grimper sur certaines!

De retour en ville, on profite des motos pour faire un détour et dénicher une géocache au sommet du Patuxai, l’arc de triomphe laotien. Encore un détour pour aller admirer le stupa d’or, le monument emblématique de Vientiane, puis nous rentrons à l’hotel en fin d’après-midi. C’est l’heure de pointe, si on peut utiliser cette expression, car le trafic dans la capitale laotienne est loin d’être aussi chaotique qu’au Vietnam! C’est un plaisir de se promener à moto!

La galette des rois

La galette des rois n’est pas vraiment une tradition bouddhiste. Malgré tout, et grâce à la boulangerie « Le Banneton » de Luang Prabang, nous avons dégusté une délicieuse galette des rois, feuilletée et fourrée de crème, juste cuite et encore tiède, un délice! Comme toujours, les enfants ne prennent pas vraiment le temps de la déguster, mais l’avalent en 3 bouchées en espérant y trouver la fève. Papa avait coupé la galette en 6. La fève se trouvait apparemment dans le dernier morceau! Le dernier morceau coupé en trois, c’est finalement Loïc qui croque dans la fève. Lise n’est pas vraiment déçue (elle a quand même presque 8 ans), et Lucie s’en fiche royalement, ce qui importe pour elle, c’est de manger! Loïc choisit bien sûr sa maman comme reine – Joëlle, ceci peut te renseigner sur ses intentions!

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Les enfants sont impatients
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Le roi Loïc

UXO

Après une série impressionnante de cours ce matin avec Lise, nous décidons d’aller visiter le centre d’information UXO. UXO signifie UneXploded Ordnance. Ce terme désigne les bombes, mines, grenades et autre engins explosifs (2 millions de tonnes au total) qui ont été largués ou abandonnés lors de la guerre du Vietnam, principalement dans le nord du Laos et dans les régions frontalières du Vietnam. Les substances explosives de ces engins sont potentiellement encore actives et constituent une menace pour les habitants, particulièrement les paysans qui souhaitent cultiver de nouvelles terres et les enfants qui sont souvent attirés par ces objets aux formes étranges.

UXO Lao est un organisme gouvernemental chargé de déminer les zones infestées d’explosifs et de neutraliser les engins découverts accidentellement. Grâce à ses équipes, plusieurs milliers de mètres carrés de terrain sont nettoyés chaque année de toute substance explosive. Aujourd’hui, un des rôles majeurs de cet organisme est également d’éduquer les villageois aux dangers que représentent les engins non-explosés, surtout pour les enfants qui en sont les premières victimes.

Nos petits bourlingueurs sont impressionnés par les objets exposés dans le centre d’information et encore plus par un petit reportage éducatif reprenant les témoignages d’enfants victimes d’UXO. Lise est un peu effrayée par ces témoignages et commentera à la fin de la visite: « c’est très bien mais ça fait très peur ».

Balades à Luang Prabang

Vientiane est la capitale du Laos. Mais Luang Prabang demeura pendant longtemps le fief du pouvoir royal. La ville était un des postes favoris des colons français. Elle est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Il y fait très calme, il y a peu de circulation. Les petits bourlingueurs s’y sentent à l’aise. La petite cité est située au confluent du Mékong et du fleuve Nam Khan. Elle ne comporte pas de grands immeubles, mais principalement des villas traditionnelles, souvent construites en bois.

Notre hôtel est en plein centre-ville, tout proche du Mékong. Nous flânons avec plaisir dans les ruelles alentour. Nous explorons la péninsule, bordée de deux fleuves, à notre guise. Nous nous rendons tout d’abord au plus grand monastère de la ville, le Wat Xiang Thong. Il s’organise autour d’un magnifique « sim » (temple) de 1560, à l’architecture local très classique. Les toits descendent en s’arrondissant, presque jusqu’au sol. L’arbre de vie orne sa façade ouest. Autour du sim se dressent plusieurs stupas et quelques petites chapelles. Le Hohng Kep Mien abrite, quant à lui, le char  cérémoniel conçu pour transporter les immenses urnes funéraires en or de la famille royale. La porte du Hohng étant plus petite que le char, Loïc nous pose une question très pragmatique : mais comment le sort-on?

Nous continuons notre promenade le long du fleuve Nam Khan jusqu’au pied du mont Phu Si. Le mont Phu Si surplombe la ville et est d’une hauteur de cent mètres. Plusieurs chemins y accèdent. Nous prenons le moins empruntés de tous. Nous passons, en cours d’ascension, par un petit temple où est dissimulée une empreinte de pied qui, selon la légende, aurait été formée par Bouddha. L’empreinte est immense, ce Bouddha devait avoir la taille d’un géant! La montagne est parsemée de temples, nous descendons quelques pas dans une petite grotte qui abrite également un Bouddha.

De retour sur le sentier principal, nous gravissons les 329 marches et passons devant un bouddha couché. Cette représentation de Bouddha est classique mais reste toutefois assez rare. Nous atteignons enfin le sommet, envahi de touristes venus admirer le coucher de soleil. Nous n’attendons pas si longtemps et après avoir admiré la vue à 360°, nous redescendons rapidement par le coté nord, pour arriver directement en ville. Il est temps de manger, nous dégustons un buffet végétarien au marché de nuit pour 15.000 kips (environ 1,5 euro) par personne!

Une autre balade dans la ville nous mène au musée national. Il est situé dans le palais, qui fut la résidence royale jusqu’en 1975. Les salles d’apparat sont richement décorées, les chambres privées sont beaucoup plus modestes. Au mur, des tableaux content des légendes, Lise se passionne pour ces histoires.

Il nous reste de nombreux temples à explorer, nous profitons pleinement de ces jours passés en ville.

Tat Kuang Si

Ce matin du 1er janvier, après une nuit passée dans un hôtel sans charme aux abords de la ville, nous trouvons une chambre très simple dans un hôtel plus traditionnel, en plein centre de Luang Prabang. Nous prenons un tuk-tuk pour transférer nos bagages. Nous les déposons rapidement dans notre petite guest house, et nous profitons directement d’un lift vers les chutes de Kuang Si, situées à 30km de la ville.

Nous arrivons après 1/2h de trajet aux cascades de Kuang Si. Après un rapide repas composé de poisson grillé, nous pénétrons dans le parc. Tout d’abord, nous visitons un centre de conservation de l’Ours. Il y en avait effectivement plusieurs, dont un qui avait l’air très interessé par Lucie, je pense qu’il en aurait bien fait son repas. Ce sont des ours confisqués à des braconniers et gardés pour les protéger d’un sort funeste.
Après viennent les chutes, sur plusieurs niveaux. La dernière fait 25m de haut. Une passerelle permet d’admirer cette chute assez impressionnante. Pour y arriver, nous longeons plusieurs petites cascades. Entre chaque chute se forme un bassin où il est possible de se baigner. L’eau est de couleur turquoise. C’est superbe.
Peu de personnes se baignent. Vous nous connaissez, nous enfilons nos maillots et nous plongeons dans cette eau assez fraiche. Loïc n’y trempera que ses pieds, il n’est pas pourvu comme papa d’une petite bouée naturelle qui le tient bien au chaud! Papa et Lucie se baigne ensemble, brrrr, c’est vrai qu’elle est fraiche.
Nous repartons ensuite vers le tuk-tuk qui nous ramènera à bon port. “Une journée bien remplie, c’est le plus important pour une petite famille” (dixit Lise).

Tak bak : la procession des moines à Luang Prabang

Nous sommes arrivés depuis quelques jours à Luang Prabang, moyenne ville de 70.000 habitants. C’est une ville historique, et ancienne capitale du Laos, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle séduit par son rythme nonchalant et son charme intangible, et de plus est située au confluent du Mékong et de la rivière Nam Khan. Les points de vue sont superbes, notamment depuis la colline Phu Si, et les temples se comptent par dizaines et sont tous habités par des moines. Luang Prabang est une ville très monastique.

Tous les matins, à l’aube, les bonzes (les moines) sortent en ville pied nus et en robe safran. Ils parcourent les rues de la ville, où des fidèles remplissent leurs bols à aumône de boulettes de riz gluant principalement, mais aussi de biscuits et même d’argent. Ces processions ont lieu dans tout le pays mais elles sont particulièrement impressionnantes à Luang Prabang, qui compte plusieurs milliers de bonzes. Les photos sont autorisées, mais seulement sans flash. Malheureusement de plus en plus de touristes n’hésitent pas à braquer leur caméra à quelques centimètres des bonzes et font fonctionner leur flash. Nous sommes toujours très étonnés de voir que beaucoup de touristes ne connaissent pas les règles les plus basiques hors de son pays : nous les lisons chaque fois avant d’aller dans un pays. Par exemple au Laos, on ne met jamais ses pieds en direction de bouddha, on ne touche pas la tête des gens… Nous avions bien lu avec les enfants les consignes à retenir pour assister à cette procession. Nous les avons bien évidemment suivies à la lettre.
Papa, Lise et Loïc se sont levés à 5h30. Nous sommes ensuite partis en ville et avons assisté à la procession dans plusieurs rues de la ville. C’était impressionnant de voir tous ces bonzes faire l’aumône dans un calme “assourdissant”!
Nous nous sommes ensuite rendus à la seule vraie boulangerie française de la ville, “le Banneton”. Nous avons fait une surprise à maman et Lucie et avons rapporté des croissants aux amandes, des chaussons à la poire-chocolat, et même un Kouign-Amann!

Une journée à Nong kiaw

C’est notre dernier jour à Nong kiaw. Nous partons le 31/12 pour Luang Prabang, LA ville historique du Laos.

Deux sites intéressants sont accessibles facilement à pied depuis le village : les grottes de Tham Pha Thok, et le point de vue. Nous commençons par les grottes qui sont accessibles par la route. Comme il y a très peu de trafic au Laos, le balade est agréable, sous le soleil de midi. Nous arrivons à la grotte principale, qui servait, pendant la guerre du Vietnam, à abriter le gouvernement communiste de la province de Luang Prabang. C’est une grande grotte, composée de plusieurs salles. Les enfants découvrent, jouent avec la lampe de poche, bref, les grottes, c’est toujours un succès.

Nous dinons sur place, nous avions emportés un pique-nique avec nous : saucisses grillées et nems accompagnés d’une sauce aux cacahuètes – un délice!

Nous reprenons ensuite la route en sens inverse, 3 km vers le village. Peu avant le village, nous entamons l’ascension vers le point de vue. Un panneau  indique l’ascension est longue de 2 km et qu’il faut 1 heure 30 pour parvenir au sommet. Nous mettrons 1h45 pour grimper, le chemin est escarpé. Pour certains passages, nous devons nous aider d’une corde attachée aux rochers. Papa porte Lucie, qui, après les 6 kms parcourus le matin, dort paisiblement dans le sac à dos.

Au sommet, la vue à 360 degrés est extraordinaire. Notre GPS nous indique 1.5km de montée pour 450m de dénivelé! Nous profitons de cette vue pendant presque une heure. Les enfants sont émerveillés et restent assis plusieurs minutes à regarder le paysage.

Le temps passe, il est 17h. Le soleil se couche dans une demi-heure. Nous entamons la descente qui va durer 1h15, et que nous terminons à la lueur d’une lampe de poche. Après cette marche difficile, les enfants sont bien fatigués mais très contents de leur journée.

 

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Une randonnée aux 100 cascades

Nong Khiaw n’est qu’à une vingtaine de kilomètres de Muang Ngoy, le lieu de notre étape précédente. Nous avons cependant décidé d’y rester quelques jours. D’une certaine manière, c’est un retour à la civilisation: à Nong Khiaw, il y a une route, un pont, des distributeurs de billets (fort heureusement, car nous avons terminé le séjour à Muang Ngoy avec seulement 130000 kips en poche, c’est à dire moins de 15 euros). Nong Khiaw est moins languide que Muang Ngoy, mais son décor est tout aussi spectaculaire.

Nous réservons rapidement une randonnée guidée pour nous rendre aux 100 cascades le lendemain. Impossible d’effectuer la randonnée par nos propres moyens, celle-ci débute par un trajet d’une heure en bateau puis suis des sentiers non balisés au pied de la montagne. Il fait un temps splendide, le trajet en bateau est agréable. Arrivés au village, point de départ de la randonnée proprement dite, nous continuons notre chemin à pied à travers forêts et rizières. Il faut traverser plusieurs cours d’eau à gué, les sandales sont déjà mouillées. Après une heure de marche, nous voici déjà au pied des cascades. Nous entamons l’ascension, les pieds dans l’eau. Escalader les roches, se faire éclabousser par les chutes, les enfants adorent! Excepté Lucie qui s’est réfugiée dans le sac à dos: la montée est trop difficile pour elle car, là où nous avons de l’eau jusqu’aux mollets, elle serait immergée jusqu’à la taille.

Une heure d’ascension au coeur de la cascade, certaines portions de roches sont difficiles à grimper, mais les enfants s’en tirent à merveille. Arrivés au sommet, on admire la vue, on déjeune et on se sèche au soleil. Nous redescendons, au sec, par un sentier dans la montagne. Une magnifique randonnée très originale et rafraîchissante!

Une longue étape à Muang Ngoy

Muang Ngoy est un petit village de quelque milles âmes, au bord de la rivière Nam Ou. On ne peut y accéder que par bateau. Le village est un curieux mélange d’authenticité laotienne et de petites infrastructures touristiques. Des bungalows en bambou bordent le rivage, pour accueillir les voyageurs qui paressent sur les terrasses en sirotant des cocktails. Le long de l’unique rue du village, on trouve des restaurants, des bars et des petites échoppes.

C’est un lieu qui invite à la nonchalance; nous y avons d’ailleurs passé deux jours à jouer et à lézarder sans contraintes. C’est aussi un endroit magnifique qui mérite d’être exploré. La première balade, effectuée le lendemain de notre arrivée, nous a emmenés au sommet d’une colline, pour admirer un superbe point de vue sur la rivière et le village. Une heure de grimpette, raide, à flanc de montagne, en escaladant rochers, échelles de bois et de bambous, pour parvenir au sommet: la vue en valait la peine! Nous avons même exploré deux grottes sombres et très longues à mi-chemin de l’ascension.

La deuxième balade était plus conséquente: nous avons suivi l’unique piste qui sort du village, longé la rivière, traversé à gué, parcouru le sentier au milieu des rizières pour atteindre le hameau de Ban Na. 12 kilomètres aller-retour mais quel plaisir de déguster un café à la terrasse de l’unique restaurant du village en contemplant les montagnes et les rizières!

Après 5 jours passé à Muang Ngoy, nous reprenons demain le bateau en direction de Nong Khiaw, un village à peine plus grand mais un peu plus touristique.