Archives de Tag: Chili

L’oasis de San Pedro

L’oasis de San Pedro de Atacama était l’une des destinations incontournables de notre voyage. Nous gardions un excellent souvenir des éblouissants paysages du désert, admirés un dizaine d’années plus tôt. Reste à savoir quelle influence le développement touristique de cette décennie aura eu sur la petite ville et ses alentours, déjà fort prisés en 2002. Côte positif, la ville a conservé un charme tranquille, malgré la prolifération d’hôtels, de restaurants, de boutiques de souvenirs. Maisons basses d’adobe, ruelles piétonnes en terre battue, l’atmosphère est propice à la détente. Côté négatif, il faut désormais souvent s’acquitter d’un droit d’entrée, parfois élevé, pour accéder aux nombreux sites naturels d’exception des environs. Voilà qui limitera un peu notre champs d’action pendant ces quelques jours.

De toutes manières, suite à notre récent périple dans des conditions extrêmes, nous ne sommes pas fâchés de prendre un peu de repos. Dans notre petit camping, nous faisons la connaissance d’un couple de retraités français, Jeanne et Michel, qui nous mettent à leur tour en contact avec une famille de voyageurs. Comme toujours, les enfants sont ravis de trouver de nouveaux compagnons de jeu. Ensembles, nous explorons les environs à pied ou à vélo.

Mais notre voyage s’achève bientôt et nous devons partir à nouveau en direction du sud. Dernière excursion incontournable et très matinale, nous nous levons avant l’aube pour aller admirer le site des geysers d’El Tatio, à une centaine de kilomètres de San Pedro. Au lever du soleil, à plus de 4000 mètres d’altitude, les jets d’eau brûlante jaillissent par centaines. Arrivés tôt, nous sommes quasiment seuls à jouir du spectacle, avant l’arrivée des nombreux minibus emplis de touristes.

De retour à San Pedro, nous faisons encore une halte pour contempler les étonnants paysages de la Vallée de la Lune. La courte promenade qui se faufile dans des galeries naturellement creusées dans le sel enchante les enfants. Mais la fatigue d’un réveil trop matinal se fait rapidement sentir et seul Loïc continue la balade pour parvenir au sommet de l’immense dune de sable. La matinée touche à sa fin et nous devons nous remettre en route. En effet, nous avons rendez-vous pour une visite de l’observatoire européen le lendemain, il nous reste 400 kilomètres à parcourir.


Notre hébergement : Camping Casa Campestre à San Pedro de Atacama, 8000 pesos par adulte, moitié prix pour les enfants. Camping très confortable, petits emplacements ombragés, magnifique cuisine et beau salon pour jouer et se détendre.

Location de vélos : nombreuses offres dans la rue principale mais seule la boutique située dans la cour de l’agence Latchir propose des remorques pour les enfants. Prix de la location 3000 pesos par vélo/accessoire. L’équipement est loin d’être neuf et en parfait état, mais cela convient pour un petit tour. La balade nous a conduits à la Garganta del Diablo, un petit canyon au nord de San Pedro, facile d’accès depuis la ville.

Advertisements

Des lagunes et des salars – I

Road-trip à travers les immensités désertiques de l’Altiplano: après 7 jours de pause à Arica, nous voici repartis. Il ne nous reste que quelques semaines avant le retour en Europe. Nous décidons donc de gravir d’une traite un dénivelé de 4600 mètres puis de parcourir en une semaine les pistes qui longent les frontières chilienne et bolivienne pour atteindre enfin le désert d’Atacama.

Premier jour

Nous quittons Arica et l’oasis d’Azapa pour emprunter la route qui s’élève doucement vers la cordillère, à travers les bosquets de cactus-candélabres. Arrivés aux portes du parc national Lauca, nous apercevons un camping-car portant les couleurs françaises. Il s’agit d’une famille franco-australienne en voyage de l’Alaska à la Patagonie. Nous ajustons notre itinéraire pour passer un peu de temps avec eux. Les enfants pataugent ensemble dans une petite source d’eau chaude, puis nous bravons tous l’altitude et le froid pour nous installer dans le rudimentaire camping du parc. Au bord de la laguna Chungara, le volcan Parinacota se mire dans l’eau, les flamands roses somnolent, le soleil couchant enflamme l’horizon. Dans ce cadre idyllique, nous passons tous une nuit épouvantable, insomniaques en raison du manque d’oxygène.

Deuxième jour

Après un dernier petit déjeuner en compagnie de nos amis franco-australiens, nous repartons et quittons désormais la route asphaltée pour nous engager sur la piste qui longe la frontière. Nous traversons la réserve des vignognes, non sans apercevoir de nombreux troupeaux de ces camellidés. Nous atteignons le salar de Surire que nous contournons par l’est. Etonnante palette de couleurs, l’azur de la lagune, la pureté blanche du sel, les tons dégradés du rivage, du jaune sable à l’orange vif et bleu éclatant du ciel, cet endroit isolé offre l’un des plus beaux spectacles du Chili. Nos photos, prises sous le soleil écrasant de la mi-journée ne lui rendent pas entièrement justice. Lamas, vigognes et flamands roses sont quasiment nos seuls compagnons.

Au sud du salar, nous nous accordons une pause dans les thermes de Polloquere: une source chaude dont l’eau soufrée et brûlante jaillit et s’écoule dans le cadre sublime de cet altiplano. Un merveilleux moment de plaisir et de détente.

Après la baignade, nous parcourons encore quelques dizaines de kilomètres avant de rejoindre en fin d’après-midi le poste-frontière de Colchane, notre point de passage vers la Bolivie. Les douaniers chiliens étant en grève, nous décidons de nous offrir une dernière nuit au Chili, dans l’unique hôtel du village.

Troisième jour

Journée difficile et ennuyeuse: Lucie se réveille mal en point, fatiguée, un peu fiévreuse et nauséeuse. Nous profitons du confort de l’hôtel afin qu’elle puisse se reposer mais rien n’y fait: elle est vraiment malade. Nous sommes un peu inquiets quant au risque de mal d’altitude. Pouvons-nous continuer notre voyage à travers la Bolivie ou devons-nous redescendre au niveau de la mer au Chili? Afin de trancher la question, nous nous rendons au petit centre de santé du village. Le médecin est rassurant: Lucie souffre bien d’un mal de l’altitude, mais seul un peu d’oxygène et quelques médicaments seront nécessaires. Nous pouvons continuer sereinement notre périple à travers l’altiplano.

Nous enchainons donc sur d’autres corvées, traversée de la frontière, plutôt rapide malgré la grève car notre petit véhicule se faufile entre les poids lourds à l’arrêt puis difficile quête pour obtenir de l’essence, souvent réservée exclusivement aux véhicules immatriculés en Bolivie. Il nous faudra de beaucoup de force de persuasion pour parvenir à remplir nos bidons. Ayant choisi d’effectuer un détour pour suivre la route asphaltée, nous passons ensuite la nuit dans un village à 150 kilomètres au nord de notre prochaine étape, le salar d’Uyuni.

This slideshow requires JavaScript.

Encore Arica

Arica, ville-frontière, ville du désert, pas vraiment une étape sur les parcours touristiques. C’est peut-être ce qui fait son charme. Arica a des airs de ville du bout du monde, encore au Chili mais déjà presque au Pérou.

Même si cette pause est encore une escale technique, elle n’est pas pour nous déplaire. Nous avions déjà fait étape à Arica, il y a presque un an (souvenirs) et avions visité les quelques sites touristiques, petits mais vraiment intéressants sur le plan historique. Rien à découvrir donc, mais on profite de moments calmes dans le patio lumineux de notre auberge de jeunesse, du soleil, de la proximité de la mer.

Côté corvées, je fais passer la voiture au contrôle technique obligatoire. Une longue file, plus de 7 heures d’attente et des chiliens incroyablement décontractés qui plaisantent et patientent près de leur véhicule. J’enchaîne le lendemain avec une visite à l’administration, pour obtenir enfin mon certificat de propriété du véhicule rectifié (c’est à dire sans faute d’orthographe), une visite chez l’assureur pour obtenir l’assurance obligatoire pour un futur séjour en Bolivie, un passage dans un bureau de change…

Départ le surlendemain, ou plutôt faux départ: après quelques dizaines de kilomètres parcourus en direction de la frontière Bolivienne, notre véhicule semble se comporter anormalement. Rien d’inquiétant, une très légère surchauffe qui suffit cependant à nous faire retourner sur notre pas: difficile en effet d’envisager une longue traversée du quasi-désert de l’altiplano Bolivien sans être absolument certains de la santé technique de notre véhicule. On attend donc le lundi qu’un garagiste nous rassure…  On aime bien Arica, mais on se serait passé de cette prolongation!

Escale technique à Santiago

Un petit effort pour mettre au jour le site, en commençant par nos 20 jours passés à Santiago.
20 jours d’escale dans la capitale du Chili afin de régler certains problèmes administratifs, remettre à neuf notre véhicule et, pour les enfants, progresser dans les leçons. 20 jours également pour découvrir quelques nouveaux aspects de la ville et rendre visite à nos amis.
Les formalités administratives
Côté administratif, Joëlle a obtenu un nouveau passeport, émis par l’ambassade de France au Chili, 32 pages vierges pour plus de voyages! Nous avons également récupéré les papiers officiels et définitifs du véhicule à notre nom, notre carte d’inscription au service des impôts chiliens, renouvelé l’assurance tous-risques du véhicule, l’assurance obligatoire chilienne, le permis de circulation et l’assurance pour le Mercosur.
Remise à neuf du véhicule
Notre véhicule, endommagé en Argentine, a reçu un nouveau pare-choc et un nouveau phare droit. L’aile et la portière ont été redressées et repeintes. Nous lui avons également offert quatre nouveaux pneus “mixtes” pour circuler sur les routes et les pistes et nous avons changé les amortisseurs avants. Enfin, nous avons décoré la carrosserie d’autocollants faits sur-mesure. En effet, nous sommes propriétaires d’un véhicule Nissan X-Trail gris clair, l’un des plus communs au Chili. Tout à fait passe-partout et surtout très convoité par les voleurs de voitures! Quelques autocollants aux couleurs vives auront, on l’espère, un effet dissuasif supplémentaire.
Pour la petite histoire, nous avions changé les amortisseurs pour nous débarrasser d’un bruit persistent à l’avant du véhicule. Au départ de Santiago, quelques tours de roues suffisent pour constater que le bruit, non diminué, semble au contraire amplifié. C’est à Cordoba, en Argentine, qu’un garagiste nous propose enfin un diagnostic adéquat. Il faudra moins d’une heure pour régler définitivement le problème.
Les voyageurs et les expatriés
Au-delà des corvées administratives, nous avons eu le plaisir de passer beaucoup de temps en compagnie d’amis, rencontrés sur la route ou précédemment à Santiago. Côté voyageurs, nous avons le plaisir d’accueillir Delphine et Hervé des “Happy Six” pour quelques jours alors qu’ils finissent leur tour d’Amérique. Côté expat, nous retrouvons Henriette, Sabino, Auriane et Diego pour un repas dans notre appartement de location. C’est la première fois depuis 18 mois que nous invitons des amis “à la maison”!  Nous sommes également invités chez Laure-Anne et faisons connaissance avec son mari et sa fille. Enfin, grâce à Dimitri, Fernanda, Nicolas et Carolina, et leurs enfants franco-chiliens, nous passons d’excellents week-ends “en familles”! Merci à tous, nous nous réjouissons de vous retrouver dans quelques mois!
Les distractions
Les enfants ont mis a profit le temps passé à l’appartement pour progresser en Math et en Français. Une fois les cours achevés, nous avons fait des ballades dans le parc métropolitain, observé la ville du sommet du San Cristobal, flâné dans l’immense cimetière historique, acheté nos fruits et légumes dans le grand marché de La Vega et découvert quelques musées pour le plus grand plaisir des enfants. Ils ont particulièrement apprécié le musée MIM et ses expérience scientifiques interactives!

De Conguillio à Santiago

Après avoir déposé les grands-parents à l’aéroport de Temuco, nous nous attardons encore un peu dans cette ville, alors que nuages et pluie assombrissent le ciel. Petite halte gastronomique, entre les fruits de mer du marché central et un délicieux restaurant de viandes chiliennes…


Nos restos à Temuco: 

  • Don Pedro sur l’avenida San Martin pour la viande et la cave à vin
  •  El Criollito au marché municipal pour les fruits de mer

Dès le retour du beau temps, nous reprenons nos habitudes de bourlingueurs, pour quelques jours de camping dans le magnifique parc Conguillio. Un volcan, encore, de stupéfiants paysages lunaires façonnés par de longues coulées de lave, des lacs d’une eau turquoise, de superbes forêts d’auracarias; nous y effectuerons de très belles randonnées.


Nos randonnées dans le parc national Conguillio:

  • Salto Truful-Truful: cette petite balade très facile à l’entré sud du parc, à peine une demi-heure de marche, offre une jolie vue sur le canyon et la cascade, une oasis de verdure dans le paysage aride des scories volcaniques.
  • Los Carpinteros: c’est le long de cette balade très agréable, un sentier facile qui monte en pente douce à travers une magnifique forêt d’auracarias et de coihues, que nous avons croisé le plus grand nombre d’enfants randonneurs. Nous n’en avons parcouru qu’une petite portion (du poste de garde jusqu’à l’auracaria-mère, vieille de 1800 ans), mais celle-ci en valait la peine. N’oubliez pas vos jumelles, les « carpinteros » (pics-verts) étaient au rendez-vous sur le sentier. Temps de parcours: 2h pour 6 Kms et 250 mètres de dénivelé positif.
  • Las Araucarias: au départ du poste de garde, cette balade très facile de 2 kilomètres vaut surtout si vous pouvez déchiffrer avec les enfants les panneaux didactiques en espagnol.
  • Sierra Nevada: ce fut notre plus belle randonnée dans le parc, avec des vues imprenables sur le volcan Llaima et, au loin, notre cher volcan Villarrica. Temps de parcours: 5h30 pour 13 kms et 700 mètres de dénivelé positif.

 

Il nous reste quelques jours avant de rallier Santiago où notre véhicule partira en réparation. Nous hésitons quant à la prochaine destination. Un autre parc national? Ceux-ci sont fort éloignés de l’axe autoroutier de la panaméricaine, un grand détour pour seulement un jour ou deux de randonnée. Une remontée par la côte? Par les routes sinueuses, cela prendra plus de temps que nous n’en avons.

Nous nous décidons finalement pour une escale atypique, un détour de quelques kilomètres seulement le long de la panaméricaine: les chutes « Salto del Laja », haut-lieu du tourisme populaire chilien. En cette fin d’été aride, les chutes sont peu impressionnantes, l’endroit est relativement calme et le tourisme populaire offre l’avantage d’être bon marché. Nous profitons donc d’un camping avec piscine et mini-golf à petits prix. Les enfants ont adoré!

 

Suite et fin du voyage des grands-parents

Après 12 jours dans la partie touristique de la région des lacs et des volcans, cap à Liquine, 70km au sud de Villarrica. Arrivée dans ce qui devait être notre maison pour les 8 jours restants. Déception : la maison est miteuse, très petite, l’environnement moyen. Après une discussion avec le propriétaire, il accepte rapidement de nous rembourser. Nous y resterons tout de même deux nuits, juste le temps de trouver un autre logement et de  profiter des sources d’eau chaude, nombreuses dans la région. Pendant que les parents et les enfants se prélassent, nous partons toute la journée à la recherche d’un nouveau logement! Après plus de 200km, alors que tous les hotels sont complets, nous dénichons, via l’information touristique de Panguipulli, par le bouche à oreilles… une maison, comment dire, parfaite! Exactement ce que nous cherchions, au milieu de nulle part, 15km de piste pour y arriver, pas de voisins, bien équipée, grande, pourvue d’un quincho. C’est une petite maison dans le jardin pour y manger, avec barbecue et tout ce qu’il faut pour y faire à manger. Et la vue sur le volcan est superbe.

Nous y arrivons donc pour y passer 6 jours. Nous y ferons quelques randonnées. La maison est nichée sur une colline, la rivière est à une demi-heure à pied. Nous nous y rendons le premier jour pour nous baigner, il fait chaud, plus de 30 degrés.

Nous passerons une excellente semaine dans cette maison. Plusieurs randonnées, plusieurs baignades, un peu (trop?) de vin chilien, de bons repas, un peu (pas assez?) de cours donnés aux enfants. De plus, nous avons fêté l’anniversaire de Lise qui a eu 9 ans. FX a confectionné un gateau avec les moyens du bord! Un délicieux savoie au zeste de citron, une crème pâtissière, des myrtilles et des fraises et un peu de colorant bleu!

Un séjour calme et reposant, si ce n’est la dernière mésaventure de Bonne-maman, qui a perdu son passeport quelques heures avant le décollage. Nous l’avons retrouvé in-extremis et tout le monde a pu rentrer sans encombres.

Première semaine avec les grands-parents

Ca y est, nous ne sommes plus seuls! Ce 28 janvier sont arrivés par avion Bonne-Maman, Opa et Oma. FX et Lise sont allés les chercher à leur descente d’avion. Fatigués après un voyage de 28 heures mais contents d’être là! Direction Villarrica, où nous avons loué une maison pour 12 jours, à l’extérieur de la ville. C’est une grande maison en bois confortable!

Après les retrouvailles et des montagnes de cadeaux, il est temps d’aller au lit!

Programme de la semaine et dans le désordre : randonnées, repos, cours pour Lise et Loïc et baignade!

Pour les randonnées, nous en avons déjà fait plusieurs. Le deuxième jour, une rando sur les coulées de lave du volcan Villarrica, puis le lendemain, nous continuerons la balade jusqu’au glacier Voipir, où enfin les enfants pourront toucher la neige! Cela fait plusieurs semaines qu’ils nous le réclament. Cette rando est un peu physique, car marcher sur des coulées de lave demande un certain effort. 10KM et 800 de dénivelé au total! La vue était superbe, le temps magnifique, et nous garderons la même météo toute la semaine. Bravo à Bobo pour sa première mise en jambe!

Nous effectuons aussi une randonnée dite « mirador des cratères ». C’est une balade le long du volcan jusqu’à un point de vue sur la cordillère des andes, pour atteindre ensuite une coulée de lave dans laquelle se sont formés de nombreux cratères parasites. Nous visitons en fin de journée le parc des grottes volcaniques: une immense grotte à l’intérieur d’une ancienne coulée de lave, qui fait 500m de long et descend de 140m.

Rando suivante, pour FX, Joëlle, Opa, Oma et Loic, dans le parc national Huerquehue. La balade des lacs nous emmènent sur 800 de dénivelé et 12KM. Peu de monde, de beaux lacs,  de belles vues, bref une petite rando facile et très agréable à l’ombre des araucarias.

Qu’avons nous fait d’autres? Pas mal de cours pour rattraper le retard! Bonne-maman a été mise à contribution. Lucie a aussi eu sa part de cours avec Oma. Nous nous sommes aussi baignés à plusieurs reprises dans le lac Villarrica, de préférence le matin car les Chiliens envahissent littéralement les plages début d’après-midi!

Nous avons aussi découvert une plantation de myrtilles près de la maison. Nous nous y approvisionnons tous les deux jours par sac de 5 kilos, un délice!

La suite de nos aventures en famille, c’est la semaine prochaine dans la petit village de Liquine…

 

Vers le nord

Après avoir atteint l’extrémité méridionale de la route nationale n°3, près d’Ushuaia, nous suivons maintenant cette même route en direction opposée. Traversée de la terre de feu, passage de la frontière Argentine-Chili, traversée du détroit de Magellan, passage de la frontière Chili-Argentine, nous continuons notre route, en longeant la côte, vers le nord. Une route incroyablement plane, rectiligne, le long de la steppe aride de la Patagonie argentine, des kilomètres avalés dans un paysage invariable… Pour rompre la monotonie, nous effectuons de petites excursions, à droite et à gauche de la route, quand l’occasion se présente.

Km 500, Chili: le parc national de Pali Aike

Pali Aike est un parc étonnant, assez peu fréquenté, à la frontière du Chili et de l’Argentine, une zone que les volcans millénaires, aujourd’hui éteints, ont transformée en un désert de pierre. On se balade de cratères en cratères, sur des sentiers de lave et de roches basaltiques, bousculés par le vent puissant qui souffle sur la plaine.

 

Km 620, Argentine: la ville de Rio Gallegos

La première ville d’importance en Patagonie Argentine nous offre l’occasion de faire le plein d’essence, de provisions (les produits frais ne peuvent traverser les frontières), d’accéder à internet. Nous passons la nuit dans un petit hôtel, afin d’avoir un peu de confort, mais ne pourrons effectuer la visite du musée des Iles Malouines, fermé pendant les vacances d’été. Dommage, car nous aurions aimé en savoir un peu plus sur ce territoire disputé, source d’un conflit déjà oublié en Europe mais si présent dans le coeur des Argentins.

IMG_7381
« Les Malouines sont argentines »: cette photo, prise en terre de feu, illustre bien la persistance de la revendication territoriale.

 

Km 830, Argentine: le parc national de Monte Leon

Le long de la côte de l’Atlantique, le parc national de Monte Leon a pour but de préserver la flore et la faune terrestre et aquatique de cet écosystème fragile . Une balade de 5 kilomètres permet d’accéder à une pinguinera, une colonie de pingouin de Magellan, qui passent les mois d’été sur le rivage pour se reproduire et élever leur petits. En effet, il y a de nombreux jeunes pingouins, au plumage soyeux, à quelques mètres de nous. Quelques kilomètres plus loin, une autre courte balade permet d’observer à la jumelle une colonie de lions de mer. Au camping du parc, un renard gris nous observe, les enfants ne peuvent s’éloigner car de nombreux pumas rodent dans la région. Vraiment, une belle halte pour observer la faune (même si nous n’avons pas rencontré de pumas).

Km 990, Argentine: le musée Nao Victoria de San Julian

Le petit musée de San Julian est en réalité une reproduction à l’échelle d’un des bateaux de la flotte de Magellan, qui passa ici cinq mois d’hivernage en mai 1520. Les enfants adorent explorer le vaisseau et les adultes en apprennent beaucoup sur cet épisode de l’histoire. De ce tour du monde qui dura trois ans, seul un des cinq navires de la flotte et 18 des 265 marins embarqués retrouvèrent les côtes de l’Espagne.

Km 1240, Argentine: le monument national de Bosques Petrificados

Adieu les pulls et les vestes, il fait plus de 30°C dans le semi-désert des bois pétrifiés. Il y a 150.000 ans, cet endroit était une jungle tropicale où poussaient de nombreux araucanias, arbres immenses au tronc gigantesque. Des vents violents ont déraciné les arbres, les cendres de multiples éruptions volcaniques se sont chargées de les pétrifier. Dans ce site isolé, on contemple aujourd’hui les immenses troncs pétrifiés, c’est magnifique.

Au Km 1540, nous quittons définitivement la route n°3 et la côte atlantique pour nous diriger vers l’ouest, retrouver la route n°40 puis passer au Chili.

 

 

Aventures et mésaventures

Le voyage, ce sont des lieux et des paysages magnifiques mais aussi pleins de petites aventures au quotidien: découvrir que les distributeurs de billets sont vides au début d’un week-end alors que nous n’avons pas un sou de monnaie locale en poche, attendre longuement à l’unique station-service d’un village isolé d’Argentine lorsqu’une pénurie d’essence s’annonce…
C’est dans l’une de ces files d’attente que je patiente depuis 45 minutes lorsque la personne me précédant sort de son véhicule en oubliant de serrer son frein à main! Phare et pare-chocs abimés, c’est le premier accident pour notre voiture nouvellement acquise. Heureusement, nous sommes  assurés. Après avoir fait la déclaration au poste de police argentin, je passe plusieurs heures à essayer de contacter mon assurance et à expliquer, en espagnol cela va de soi, mon problème. Etape suivante, nous faisons une déclaration devant la police chilienne au poste-frontière de Cerro Castillo, à quelques dizaines de kilomètres du parc national de Torres del Paine.
Il est déjà plus de vingt heures lorsque nous avons accompli toutes les formalités. Plutôt que de continuer notre route, nous nous renseignons sur les possibilités de logements dans le village frontière. L’unique hôtel est trop coûteux et le vent est bien trop fort pour facilement planter une tente. Nous nous enquérons auprès des officiers de police d’un endroit abrité où nous pourrions camper. Ils nous propose alors de nous installer sur leur terrain, à proximité de l’écurie, puis reviennent une demi-heure plus tard pour nous ouvrir l’écurie afin que nous puissions dormir à l’intérieur. Dans un petite pièce à coté des boxes, trois grands matelas sont entreposés à l’abri de la poussière. Parfait pour passer une bonne nuit! Dans leur élan de générosité, les policiers nous inviterons aussi à prendre un café et une collation tardive, ainsi qu’un petit déjeuner le lendemain matin. On aime vraiment l’hospitalité chilienne! 

Déclaration d’accident oblige, après notre excursion au parc Torres del Paine, nous passerons deux jours dans la petite ville de Punta Arenas, principalement entre le bureau d’assurance et le garage. Mais la mésaventure n’a pas que des aspects négatifs!

Torres del Paine, ou le business de montagnisme

Depuis notre premier séjour au Chili, il y a douze ans de cela, nous avions en tête de parcourir un jour les sentiers du célèbre parc Torres del Paine. Nous nous étions déjà renseignés sur les possibilités d’effectuer des randonnées de plusieurs jours avec de jeunes enfants dans ce lieu mythique.

Notre précédente expédition dans la réserve nationale de Tamango nous a permit de confirmer qu’il est réalisable de randonner pendant plusieurs jours avec tentes et vivres sur le dos, mais également que c’est plutôt épuisant. De fait, nous sommes moins enthousiastes à l’idée de partir pour une expédition de 4 à 5 jours.
Sur place, notre enthousiasme s’amenuise encore. En ces mois d’été, le parc est très, très fréquenté et les services s’en ressentent. On vous déleste prestement de 18000 pesos chiliens par personne (soit une vingtaine d’euro) à l’entrée (heureusement, les enfants de moins de 16 ans ne paient pas, sinon nous aurions passé notre chemin) en vous tendant une médiocre carte des sentiers du parc, sans plus d’explications. Rien de comparable avec l’affabilité des rangers d’autres parcs nationaux. Les campings publics sont bondés, les campings privés sont exécrables, sales, surpeuplés, bruyants. Les paysages sont beaux, certes, mais après un mois de voyage en Patagonie, on ne peut s’empêcher d’avoir une impression de déjà-vu. Les sentiers sont creusés par les bottines des randonneurs, tels des rides sur le visage fatigué d’un parc surexploité.
Nous aurions pu, dû peut-être tourner les talons, pour ne pas accabler ce parc qui supporte déjà mal le fardeau du tourisme. Mais nous en gardons quand même quelques bons souvenirs, une randonnée de 20 kilomètres parcourue sur deux jours, dont 15 sur la même journée, un défi physique pour les petits bourlingueurs, que nous sommes fiers d’avoir relevé, avec pour récompense une vue magnifique sur les célèbres tours!