Un jour de Poya à Anuradhapura

Colombo-Anuradhapura: la distance n’est que de 200 kilomètres mais il nous faudra plus de 4 heures pour la parcourir en train. Nous avons acheté des places assises en seconde classe, nous sommes donc relativement confortablement installés. Cependant, le trajet nous semble particulièrement long. Arrivés en gare d’Anuradhapura, un tuk-tuk nous attend pour nous conduire à notre hotel. Celui-ci est excentré, situé à mi-chemin entre les villes d’Anuradhapura et de Mihintale. L’endroit est idyllique: un ravissant bungalow dans un jardin ombragé. Séduits, nous décidons immédiatement de prolonger notre séjour afin de profiter de moments de détentes à l’écart du chaos de la ville.

Nous prévoyons de visiter quelques temples de la cité millénaire d’Anuradhapura le mardi, jour de Poya, date de la pleine lune. Le Poya, fête bouddhiste, est célébré dans tous le pays : les écoles, les administrations et de nombreux commerces sont fermés. Beaucoup de Sri-Lankais se vêtissent de blanc et se rendent au temple les bras chargés d’offrandes. Nombre de sites de l’antique capitale du Sri-Lanka sont chargés d’histoire et de symbolisme religieux, les pèlerins y viennent en masse pour prier.

Nous débutons notre exploration des lieux sacrés en nous rendant au pied du bodhi tree, l’arbre vénéré, au cœur du temple Sri Maha Bodhi. Ce bodhi tree serait le premier importé d’Inde, peu après l’introduction du bouddhisme au Sri-Lanka. Malgré la foule, l’atmosphère reste sereine, propice au recueillement et à la prière. Les offrandes de fleurs fraîches s’amoncellent, rapidement remplacées. 

Nous suivons ensuite les pèlerins vers le nord à travers un large parc, jusqu’au dagoba de Ruwanwelisaya : un majestueux monument blanc orné de sculptures d’éléphants à sa base. Une fois encore, l’endroit est bondé mais les touristes sont quasiment absents. Seuls les pèlerins se pressent pour déposer leur offrandes et se recueillir.

Nous continuons désormais vers l’est et nous nous perdons dans les sentiers boisés à proximité du dagoba Mirisavatiya. A Anuradhapura, chaque parc, chaque parcelle de forêt recèle quelques vestiges de la civilisation antique qui dominait ici. Ce ne sont souvent que des rectangles de briques au sol, parfois des piliers de pierre qui ont survécu aux dommages du temps. Malgré tout, le nombre de ces ruines impressionne.

Il faut se déchausser avant de pénétrer dans l’enceinte d’un temple. A mesure que le jour avance, le dallage devient brûlant sous le soleil intense. Nous abandonnons désormais nos visites et choisissons de faire une pause sous les galeries ombragées d’une ancienne résidence coloniale aménagée en hôtel. Il est ensuite temps de reprendre le bus pour retourner dans notre hôtel isolé.

Les autres jours passés à Anuradhapura sont consacrés aux leçons et à des parties de jeux dans le jardin de l’hôtel, ainsi qu’à une visite des temples de Mihintale et une balade à vélo à travers Anuradhapura (ces deux dernières visites seront relatées dans d’autres articles).

Notre hôtel : Green Cottage, à 10 kilomètres de la ville d’Anuradhapura mais facilement accessible en bus, superbe endroit.

Les visites mentionnées dans l’article sont gratuites, sauf l’accès à Sri Maha Bodhi qui est parfois payant (200 rs, gratuit le jour de Poya).

Le café de l’hôtel colonial « The sanctuary » est très bon, mais relativement coûteux (400 rs).

Riz et curry

La cuisine sri-lankaise ne nous a pas immédiatement éblouis. Rien d’inconnu, d’étrange ou de déroutant dans les plats qui nous été servis : du riz, des légumes, des lentilles, du poulet ou du poisson en sauce. Au fur et à mesure des dégustations, notre palais s’affine, nos papilles s’accoutument aux saveurs épicées et nous découvrons les nuances subtiles des multiples variations de curries. La gastronomie sri-lankaise est réellement délicieuse.

Le plat national est le « Rice and curry », littéralement riz et curry. Il est souvent servi à midi, dans des buffets généreux où un choix de 5-6 curries différents accompagne une montagne de riz. Il n’est cependant pas difficile de trouver des rice and curry à toute heure de la journée.

Rice and curry : une explosion de saveurs et de couleurs!

Avant de goûter à la cuisine sri-lankaise, nous avions rarement dégusté une telle palette de curries différents, pour la plupart végétariens. Quelques-uns de nos préférés :

  • Le curry de mangue : une saveur fortement acidulée pour ce curry aux tons bruns orangés, cuisiné à base de petites mangues vertes
  • Le curry de jackfruit : ce gros fruit vert à la chair jaune et à l’odeur entêtante devient à la cuisson un met ferme, aux teintes brunes foncées  et à la saveur très douce
  • Le curry de citrouille : orangé et très léger, plus accessible aux enfants
  • Le curry d’aubergine : sucré-salé aux tons pourpres
  • Le curry de courge amère : comme son nom l’indique, l’amertume prononcée de ce plat contraste avec les autres saveurs et surprend les papilles
  • Le curry de lentille, ou dhal : brun clair, un incontournable à tous les repas. Le dhal est souvent plus neutre, moins épicé que les autres curries, ce qui en fait un accompagnement idéal. Il se déguste avec le rice and curry mais aussi le matin, au petit-déjeuner, sur des galettes de nouilles de riz ou de large crêpes nommées « roties »
  • Et tant d’autres…

Le rice and curry s’accompagne aussi de salades de tomates, d’oignons frais coupés, de dés de betteraves cuites, et surtout du délicieux coconut sambol.

Le coconut sambol est une salade de chair de noix de coco fraîchement râpée, pilée avec des oignons et du piment puis arrosé de jus de citron vert. C’est délicieusement rafraîchissant, dangereusement épicé et simplement exquis.

Où manger au Sri Lanka ?

Il n’y a pas vraiment d’échoppes de rue mais un certain nombre de restaurants dits « familiaux », voire de fast-foods, qui offrent des rice and curries à midi et le soir. La plupart des hôteliers proposent de cuisiner pour leurs résidents, ce qui est pratique, souvent délicieux mais généralement 2 à 3 fois plus cher que dans les restaurants familiaux et parfois un peu trop occidentalisé.

La cuisine sri-lankaise est délicieuse, elle est aussi remarquablement bon marché. Dans un restaurant familial, une portion de « rice and curry » coûte entre 200 et 400 Rs (soit environ 1 à 2 euros) et nourrit aisément 2 personnes.

Comment manger ?

Le rice and curry se mange… avec les doigts ! Il faut isoler une petite portion de riz au coin de l’assiette, le malaxer avec le ou les salades et curries sélectionnés, saisir la petite boulette ainsi formée avec les doigts de la main droite et la pousser dans la bouche avec le pouce. Plus facile à dire qu’à faire, nous préférons souvent quémander une cuillère.

Bon appétit !

Nos favoris :

  • Restaurant B-leaf dans la banlieue sud de Colombo
  • Restaurant Matey Hut à Ella

Colombo, métropole moderne en devenir

Nous n’avons pas beaucoup d’attentes en arrivant à Colombo. Les commentaires de voyageurs ne sont pas particulièrement élogieux. Trois jours dans la capitale nous semblent être suffisants pour en explorer les sites remarquables.

Le train longe la côte ouest de l’île. Au travers des fenêtres; des villages, des forêts, la mer, les plages… Un trajet rapide et confortable jusqu’à Mount Lavinia, la banlieue sud de Colombo, un quartier aisé.

Comme souvent au Sri Lanka, l’hôtel n’en est pas véritablement un: il s’agit d’une grande maison particulière dont le dernier étage a été aménagé pour accueillir des hôtes. Belle chambre et surtout magnifique terrasse sous le toit, l’endroit est très agréable. Nous goûtons de nouveau au plaisir de nous mêler à la population locale. Nous sommes les seuls touristes dans le restaurant du quartier, un buffet de riz et curries délicieux pour un prix dérisoire. C’est tellement bon que nous y retournerons chaque jour de notre séjour.

Après quelques péripéties, l’après-midi est déjà bien entamée lorsque nous prenons un transport jusqu’à la capitale (taxi réservé via l’application Pickme, indispensable au Sri Lanka). N’ayant que quelques heures devant nous, notre choix se porte sur une visite du musée national. Le prix d’entrée est assez élevé pour une famille, mais le bâtiment et les pièces exposées sont superbes. L’ensemble est bien mis en valeur, dommage que les explications soient succinctes. Ces dernières sont sans doute jugées superflues: devant nous, une centaine d’écoliers en uniformes blancs traversent à un rythme soutenu chaque pièce, en file indienne, disciplinés, silencieux. Une excursion scolaire bien différente de celles que nos enfants connaissent !

Le lendemain, nous partons plus tôt en direction du temple Gangarayama.  Ce temple bouddhiste est surprenant : un bric-à-brac d’objets religieux précieux, dont un grand bouddha de jade blanc, un autre taillé dans un bloc de rubis brut, un coffret en or censé contenir un cheveu de Bouddha, une minuscule représentation du sage, la plus petite jamais sculptée… A cela s’ajoutent des objets laïques divers tels une collection de voitures anciennes.

Plus loin, nous visitons encore un temple plus petit, sur un îlot du lac Beira Ouest. Il est déjà temps de nous rendre au restaurant de l’hôtel Hilton. Nous y avons réservé une table pour le repas de midi, afin de fêter dignement l’anniversaire de Lise.

On se régale et on découvre par la même occasion que l’espresso servi dans le lobby de l’hôtel offre un des meilleurs rapports qualité-prix de la capitale. Pratique pour une pause au calme loin de la cohue du centre-ville. Après un bon repas, on flâne dans les rues du vieux Colombo, un mélange de bâtiments coloniaux défraichis et de constructions hideuses.

Le troisième jour, nouveau contretemps. Nous voulons voir de plus près la Lotus Tower, la nouvelle construction iconique de la ville, une longue tour verte ornée d’un bulbe rose pâle. Nous nous engageons sur la promenade qui longe le lac Beira Est, une longue avenue piétonne parfaitement aménagée mais déserte. Les tables de piquenique et les arbrisseaux qui la bordent semblent indiquer que cette promenade est destinée à offrir un espace de loisirs aux citadins. Pour l’heure, elle est délaissée. Au pied de la tour, en lieu et place du futur parc, des barricades. Impossible de s’écarter de la promenade, il faut la suivre jusqu’à l’autre rive. Ce sont donc plus de 2 kilomètres que nous avons parcourus le long du lac. 

Nous choisissons de héler un tuktuk (Pickme!) pour regagner le centre-ville. Autour de nous, une succession d’immeubles en construction rivalisent d’audace, commandes pour la plupart d’investisseurs chinois. Le visage de Colombo change, son front de mer se redessine. Après un bon café, nous nous perdons dans les rues de l’immuable quartier populaire de Pettah.

Agréable séjour à Colombo, nous prévoyons déjà d’y faire une autre étape.

Notre logement: Leisure Villa, dans la banlieue sud, réservé sur Booking.com. Grande chambre familiale avec air conditioné et salle de bain privée à 25 USD. Très agréable, petit-déjeuner non compris, coin cuisine et boulangerie locale au coin de la rue.

Notre cantine: Restaurant B-leaf, à une centaine de mètre de Leisure Villa

Achats: Keels, un supermarché à l’assortiment plus « occidental »: produits frais, rayon de produits biologiques et même du chocolat Lindt.

Découverte de Galle

Galle est une petite ville historique située sur la partie sud-ouest de l’île. 

Nous ne sommes guère attirés par les plages et préférons le charme de la vieille cité aux palmiers, étendues de sables et hôtels luxueux de la côte ouest.

L’accès à Galle est particulièrement aisé depuis Matara: il nous suffit de monter dans le train qui longe la côte, lequel n’est pas bondé. Après 3 heures d’un trajet relativement confortable, nous parvenons à Galle et rejoignons l’hôtel que nous avons réservé, situé à l’écart de la vieille ville, dans une banlieue calme.

De nouveau, nous alternons leçons de Français et de mathématiques avec visites et excursions. La ville de Galle offre plus d’attraits que celle de Matara, et nous apprécions notre séjour, que nous prolongeons pour une semaine.

Le premier après-midi est consacré à la découverte de l’enceinte du fort en compagnie de nos amis Sandra et Aron. Nous flânons le long des remparts, pénétrons dans les églises et les bâtiments coloniaux restaurés, arpentons les ruelles bordées d’hôtels, de restaurants et de boutiques chics. Il y a peu de circulation dans l’enceinte, ce qui contribue à rendre la balade plaisante. Nous visiterons les lieux à plusieurs reprises lors des prochains jours, notamment dans le but d’acquérir des petits cadeaux éthiques et écologiques pour l’anniversaire de Lise.

En revanche, pour les consommations courantes, nous préférons nous éloigner du fort et de ses prix corsés, pour manger ou boire des jus de fruits frais au restaurant familial à proximité de notre logement, voire nous concocter nous-mêmes nos petits plats. 

Un second après-midi, nous retrouvons nos amis sur le sable de la plage d’Unawatuna, une plage tropicale comme il y en a tant d’autre, bordée de cocotiers, de chaises longues et de parasols. Baignade et jeux sur la plage ; les derniers moments en compagnie de Sandra et d’Aron qui quittent le Sri Lanka le lendemain.

Une autre excursion nous mène plus loin de Galle, aux abords de la plage d’Hikkaduwa. Cette fois-ci, nous sommes à la recherche des deux petits musées du tsunami, des lieux qui commémorent les conséquences de la catastrophe naturelle de décembre 2004. La petite gare de Telwatte fut le théâtre de la pire catastrophe ferroviaire de tous les temps : 2000 personnes qui avaient trouvé refuge dans les wagons du train stationné en gare furent emportés par la vague.  Le premier musée expose des clichés de la catastrophe, le second dédie sa collection à l’explication scientifique des phénomènes de tsunami. De nombreuses morts auraient pu être évitées si les villageois avaient été conscients des dangers liés aux tsunamis: ignorants du phénomène,  ils n’ont pas tenté de se mettre en sécurité. Le musée veut remédier à ce manque de connaissance : malgré sa didactique d’un autre âge, les enfants se passionnent pour les explications de notre guide.

Dans une note plus optimiste, nous avons fêté les 12 ans de Lise à Galle, avec une après-midi shopping, un bon café et un part de gâteau au Kat’s Coffee d’Unawatuna.

Galle est décidément une de nos escales préférées!

La rue du Hollandais à Matara

Matara n’est pas une destination touristique. La petite ville sur la côte sud du Sri Lanka est une cité universitaire et un centre de commerce. Notre but en y faisant escale est avant tout de ralentir le rythme du voyage et de progresser dans nos leçons de l’enseignement à distance, que nous avons un peu négligées depuis notre départ.

Pour rejoindre Matara depuis Tissa, le moyen de transport le plus facile et économique est le bus. Il suffit de se poster au bord de la grande route et de faire signe au conducteur d’un des nombreux bus rouges ou bleus qui circulent. Le bus ralentit, on annonce au receveur sa destination et on grimpe prestement à bord avant que le bus ne redémarre en trombe. Emotions fortes garanties, le bus accélère, double, ralentit, fait une embardée à gauche, à droite, freine sec pour prendre de nouveaux passagers. Certains d’entre nous font le voyage debout, mieux vaut s’accrocher fermement !

Nous nous installons dans une petite villa à proximité du centre-ville et de la longue promenade qui borde la plage. La plage n’est pas à proprement parler paradisiaque: une étendue de sable crème, bordée d’un bande herbeuse puis de la route d’un côté et d’une mer houleuse de l’autre. L’endroit ne se prête pas à la baignade.

Nous avons occupé nos quatre jours à Matara en faisant des cours intensifs, entrecoupés de récréations sous forme de visites et d’excursions:

  • L’Alliance Française de Matara : les Alliances Françaises sont des organismes indépendants qui promeuvent la langue et la culture francophones dans de nombreux pays et villes du monde. En voyage, nous nous rendons dès que possible dans les Alliances Françaises, afin d’emprunter où de lire sur place un livre ou une bande dessinée en Français, de rencontrer des locaux passionné par la culture francophone, ou des expatriés francophones. Ici, nous sommes chaleureusement accueilli par le directeur, un Sri-Lankais qui a vécu en France et enseigne désormais la religion bouddhique à l’université.
  • Le fort en étoile : un musée minuscule mais intéressant à visiter, à l’intérieur d’un des fortifications en forme d’étoile érigées à l’époque où Matara était un comptoir hollandais.
Le fort hollandais
  • Le temple Weherahena : un temple étrange, dressé il y a une trentaine d’année seulement mais dont les structures en béton et les nombreuses fresques s’effritent ou s’effacent. La partie extérieure est un immense Bouddha en béton coloré, la partie souterraine, plus pittoresque encore, est un labyrinthe dont les murs et le plafond sont couverts de fresques relatant des épisodes de la vie de Bouddha. fascinant mais les donations des rares touristes et des plus nombreux pèlerins ne permettent pas de maintenir l’ensemble en bon état.
  • La fête nationale : nous sommes à Matara le 4 février, jour de la fête nationale. Depuis la promenade le long de la plage, nous observons le défilé des écoliers et écolières en uniformes de parade.
  • La plage de Polhena : à quelques kilomètres à l’ouest de Matara, une plage qui est habituellement calme mais qui, en ce jour de fête nationale, et bondée. C’est à la fois amusant et fatiguant de se mêler à la foule des vacanciers indigènes. En nageant un peu plus loin du rivage, nous parvenons à apercevoir quelques grandes tortues.
  • Enfin, la rue du Hollandais, the Dutchman’s Street, un café-restaurant très agréable situé à proximité de la plage, dans l’ancien quartier colonial. Le lieu dégage une atmosphère plaisante et offre de bons jus de fruits et une connexion internet ultra-rapide. L’endroit idéal pour étudier : nous y viendrons presque quotidiennement, en longeant la longue plage de Matara, les pieds dans l’eau.

Bundala, le paradis des oiseaux

Une fois encore, nous nous levons avant l’aurore pour explorer un parc national.  Le prix élevé des excursions dans les parc nationaux ne nous permettra pas de les visiter tous, nous avons sélectionné Bundala qui est moins réputé et donc moins fréquenté que les parcs nationaux voisins.

Bundala est un parc côtier qui accueille une grande diversité d’oiseaux et d’espèces aquatiques. Nous y parvenons peu après le lever du soleil. Hérons, ibis, paons sauvages,  pélicans, buffles, varans, tortues, crocodiles, singes et même un éléphant (lequel a malheureusement été blessé par des villageois), voici un petit aperçu de notre excursion.

Pour les voyageurs :

Le tarif pour accéder au parc est de 10$ par adulte et 5$ par enfant, auxquels il faut ajouter les frais et taxes, et environ 4000 Rs pour la location d’une jeep avec chauffeur.

Escale à Tissa

Nous quittons Ella et la région des  montagnes en nous offrant le luxe d’un transport privé jusqu’à ville de Tissamaha…, Thissamaraha…, bref Tissa.

Nous arrivons rapidement à destination. En plaine, la chaleur du midi est écrasante. Nous mettons à profit les heures chaudes pour nous plonger dans la piscine de l’hôtel.

Quelques heures de détente avant de partir explorer à pied cette ville peu touristique mais agréable. La balade nous mène le long du lac du réservoir, un refuge pour de nombreux oiseaux, hérons, perruches, cormorans, pélicans….

Un peu à l’écart, nous nous installons pour assister au réveil des myriades de chauve-souris frugivores qui sommeillent encore dans les arbres. Un guide local vient nous conseiller de nous éloigner de la rive : les crocodiles sont nombreux dans cette région du lac. Oups – on s’exécute rapidement.

A la nuit tombée, les chauve-souris s’éveillent une à une et partent en chasse de nourriture. Nous nous mettons également en quête d’un restaurant bon marché, ce qui s’avère plus compliqué que prévu. De retour à l’hôtel, il faut se coucher tôt car nous nous levons avant l’aurore pour explorer le parc national de Bundala.

Pour observer les chauves-souris, le mieux est de s’installer au bord de la petite route au coin sud-ouest du lac. Attention aux crocodiles!

Randonnées à Ella

C’est encore un train bondé qui nous mène de la petite gare de Nanu Oya au village de Ella.

Ella est un village de bourlingueurs comme il semble y en avoir dans chaque pays: des boutiques de souvenirs, des hôtels bon marché, des bars branchés, des cocktails en happy hour, des pizzerias… Ajoutez à cela que la rue principale est très passante et bruyante et vous comprendrez que nous ne sommes pas enthousiasmés par l’ambiance qui règne au coeur du village.

Nous avons cependant passé un excellent séjour à Ella. Notre pension est agréablement située à l’écart du village, à seulement quelques minutes de marche des restaurants et commerce. De la terrasse devant notre chambre confortable, nous avons une vue dégagée sur les collines environnantes. Les randonnées dans les montagnes alentours sont magnifiques, la nourriture dans notre restaurant de prédilection délicieuse.

A peine installés, nous nous mettons en quête d’un dîner. Il est tout juste 18h mais nous avons faim et le restaurant que nous avons choisi, le Matey Hut, est petit et convoité.  Nous ne regrettons pas notre choix : curry de mangues, de citrouille ou d’aubergines, coconut sambol, jus de fruits, tout est délicieux et à des prix démocratiques.

Voici notre routine des prochains jours : petit déjeuner copieux à l’hôtel, randonnée dans la montagne, suivie par un repas du soir anticipé au Matey Hut.

Notre première randonnée nous conduit à Ella’s Rock, un des plus hauts sommets alentours. Le moyen le plus rapide de se déplacer aux abords du village est de marcher sur les traverses de la voie ferrée. Les rares trains qui circulent annoncent bruyamment leur arrivée afin de permettre aux marcheurs de s’écarter à temps. Après 40 minutes de marche, nous bifurquons à gauche, traversons une rivière aux abords d’une cascade et entamons l’ascension du flanc de la montagne opposée, d’abord à travers les plantations de thé puis au cœur de la forêt. D’abord douce, la pente s’intensifie. Notre effort est récompensé par la vue magnifique qui s’offre à nous au sommet. Nous continuons la promenade jusqu’à un second point de vue, encore plus beau, avant de redescendre.

La randonnée du lendemain est plus facile, et donc plus fréquentée. Elle traverse le village et grimpe sur sommet dégagé surnommé Little Adam’s Peak, par analogie avec le mont sacré d’Adam’s Peak, à une centaine de kilomètres de là. Nous redescendons par l’autre versant et continuons la balade pour aller admirer le pont ferroviaire Nine Arch Bridge. Nous y parvenons juste à temps pour être témoins, à distance, du passage du train sur le pont. Il ne nous reste plus qu’à suivre la voie sur plusieurs kilomètres jusqu’au village.

Ella est une destination que nous quittons à regrets.

Pour les voyageurs :

Ella est une destination qui offre beaucoup d’hébergements à un bon rapport qualité-prix. Nous avons été ravis de notre chambre familiale au Cozy Homestay : pièce confortable, petit déjeuner délicieux, famille accueillante.

La cuisine du Matey Hut est si bonne que nous n’avons pas essayé d’autres restaurants. Les plats coûtent environs 400 Rs.

Les randonnées sont faciles, agréables et ne nécessitent pas de guide. Les sentiers ne sont pas balisés mais une simple carte suffit pour vous y retrouver.

La fin du monde

Nuwara Eliya est une petite municipalité nichée dans les montagnes. Des forêts, des lacs, des cascades, des plantations de thé, tout y est frais, humide, aquatique. Proche de la bourgade, dissimulée dans la brume, se trouve la fin du monde…

Notre première excursion nous mène à travers les plantations de thé jusquà la cascade de Ramboda. En chemin, notre guide stoppe pour nous permettre de visiter brièvement quelques plantations. La première, Damro Labookellie, est la plus grande installation du Sri Lanka. A nos yeux, elle apparaît surtout comme une usine à touristes. La visite (gratuite) est rapidement menée, le personnel est courtois mais pressé. La dégustation (gratuite elle aussi) dans le grand salon est plus agréable, malgré l’affluence. Il faut bien avouer que le breuvage est bon. La deuxième plantation est plus attrayante: Blue Fields Tea Estate, un bâtiment bleu délavé, des machines d’un autre âge, un guide qui semble prendre plaisir à répondre à nos questions. Nous ne refusons pas une seconde dégustation.

Le but ultime de notre excursion est la cascade de Ramboda. En ce dimanche après-midi, touristes et Sri-Lankais sont nombreux à grimper le sentier aux marches irrégulières qui longe la rivière jusqu’à une piscine naturelle au pied de la grande cascade. La promenade et la baignade sont plaisantes, mais pas inoubliables.

Réveil à 4h30 le lendemain matin pour admirer la fin du monde. Emmitouflés dans nos vêtements les plus chauds, nous partons en direction du parc national de Horton’s Plains. Nous y parvenons au lever du soleil. Le ciel pâlit, l’air frais et humide nimbe la plaine d’altitude d’un voile de brume. Nous marchons entre plaines et forêts, seuls. Au bout d’une heure, nous atteignons la petite fin du monde. Le plateau d’altitude s’interrompt brutalement et la falaise plonge vers la vallée, quelques 270 mètres plus bas. Nous longeons le plateau encore quelques minutes jusqu’à la plateforme, là où s’achève le monde. 880 mètres plus bas, une forêt tropicale, une rivière, quelques routes, une ferme, minuscules.

Le soleil se lève au dessus des monts, la lumière s’intensifie. Pendant que nous mangeons notre petit-déjeuner à proximité de la plateforme, les touristes commencent à affluer, le charme de l’instant se rompt.

Nous reprenons la promenade à travers les steppes herbeuses. Il fait chaud désormais, les randonneurs sont assez nombreux, les paysages magnifiques, si différents des forêts humides.

Après 9 kilomètres de randonnée, nous nous éloignons un peu du chemin principal par un sentier secondaire pour un second piquenique, puis retournons à notre véhicule, et à l’hôtel.

Pour les voyageurs:

Plantation de thé Damro Labokeellie: visite et dégustation gratuite, très fréquentée.

Plantation de thé Blue Fields Tea: visite gratuite, la dégustation nous a été offerte.

Cascade de Ramboda: accès 50 Rs par personne, gratuit pour les enfants, accès relativement facile après une courte marche en ascension.

Parc national de Horton’s Plains: accès onéreux, comme pour tous les parcs nationaux du Sri Lanka, 15$ par adultes et 8$ par enfants, plus frais et taxes. Le transport depuis Nuwara Eliya nous est revenu à 6000 Rs pour une large jeep. Une visite incontournable!

En train à travers les collines – de Kandy à Nanu Oya

Le trajet ferroviaire entre Kandy et Ella est l’un des plus vantés du Sri Lanka. La plupart des guides touristiques le décrive comme un incontournable de toute découverte du Sri Lanka. Conséquemment, les touristes de tous bords, jeunes voyageurs en sac à dos, globe-trotteurs aguerris, ou larges groupes en voyage organisé, se pressent pour grimper à bord des wagons surchargés.

Le train serpente à flanc de collines et traverse plantations de thé verdoyantes et forêts tropicales touffues. Il longe des crêtes, révélant une vue à 360° sur les vallées alentours. Il s’enfonce à travers les monts dans des tunnels creusés dans la roche.

Hélas, à moins que vous n’ayez décroché un précieux et rare ticket en première classe, il est possible que la seule vue que vous contempliez soit la porte des toilettes ou la nuque en sueur de votre voisin.

Lorsque le train entre en gare de Kandy, les voyageurs se bousculent, l’atmosphère est chargée de l’aggressivité latente des touristes en quête du meilleur poste d’observation. Parvenir à grimper dans le wagon est déjà une gageure, mais nous sommes chanceux et nous nous faufilons malgré nos lourds bagages en tête d’un wagon. Les enfants grapillent un coin de banquette et nous calons les sacs tant bien que mal dans les couloirs. De l’avantage de voyager avec des enfants: au bout de 30 minutes de trajet, deux jeunes Sri Lankais quittent le train et nous cèdent leur banquette, nous sommes désormais parmi les privilégiés qui disposent d’une place assise.

Trois heures et demie plus tard, nous descendons à notre tour en gare de Nanu Oya et embarquons dans un taxi collectif, direction Nuwara Eliya, le village voisin. Nuwara Eliya est un village d’altitude fondé par les colons britanniques en mal de pluie et de fraîcheur. La nuit tombée, il y fait frais, très frais même, nous ressortons les pulls, chaussettes et vestes…