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Vues sur la cordillère blanche: Chavin de Huantar

Après 4 jours passés, seuls dans notre petit camping de Caraz, à explorer la région, nous nous remettons en route vers le sud, non sans prévoir quelques escales supplémentaires dans la cordillère.

Pour une autre vue sur les sommets, nous prenons la route qui part à l’est de Carhuaz et grimpons dans la montagne jusqu’à atteindre le tunnel de Punta Olimpica, le plus long tunnel sous la cordillère des Andes, à 4700 mètres d’altitude. Nous redescendons par le même chemin pour une nuit dans la grande ville de Huaraz, étape sur notre trajet.

Le lendemain, nous continuons en direction de Chavin de Huantar, un petit village à l’est de la cordillère blanche, célèbre pour ses très anciennes ruines de la civilisation dite de Chavin. Nous arrivons sur place un lundi midi, oublieux du fait que le site est fermé ce jour-là. Qu’importe, on profite de la sérénité de ce village, qui n’accueille guère que des touristes journaliers. On déjeune, on se repose, on se rend chez le coiffeur et le cordonnier, une après-midi bien agréable.

Le lendemain matin, nous sommes parmi les premiers visiteurs sur le site archéologique. Un site étrange, bien moins spectaculaire que ceux que nous avons visités jusque là, mais fascinant: il s’agit d’un temple construit entre 900 et 700 ans avant J.-C. Il s’y déroulait d’immenses fêtes en l’honneur des dieux. Le plus étonnant est la manière dont les prêtres, élites de la société, semblaient affirmer leur toute-puissance. Au cours de cérémonies, des novices étaient drogués puis invités à parcourir des labyrinthes sous-terrains, ornés de sculptures de créatures mythiques, dans lesquels des jeux de lumière et des sons étranges produits par des conques créaient une atmosphère terrifiante.

Si les sculptures de pierre ont été pour la plupart déplacées, les labyrinthes sont toujours présents mais bien moins effrayants aujourd’hui. Les explorer est un vrai plaisir pour les enfants. Après cette intéressante visite, il est temps de quitter cette magnifique cordillère blanche que nous avons tant appréciée.


Quelques bonnes adresses:

  • A Carhuaz, les cornets de glace de la heladeria Porvenir, sur la place principale, sont vraiment délicieux.
  • A Huaraz, la ville offre peu d’intérêts mais beaucoup de distractions. Nous avons eu du mal à trouver un hébergement avec parking et avons finalement dormi à l’hostal Bond, impersonnel mais confortable et bon marché (100 Soles pour une triple, avec parking sécurisé).
  • A Chavin, nous avons dormi à l’hostal Chavin Turistico, confortable, 120 soles pour une triple avec petit-déjeuner et parking sécurisé. Sur la place du village, le café Renato a de très bonnes patisseries et la pizzeria voisine est un endroit original et sympa.
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Vues sur la cordillère blanche: Campo Santo

Le 31 mai 1970, la terre a tremblé dans la cordillère. La secousse a provoqué une avalanche qui a dévalé les pentes du mont Huascaran, arrachant les roches et les glaces, écrasant, broyant, anéantissant tout sur son passage. En quelques minutes, le village de Yungay a été enseveli. Quelques 25000 âmes englouties par la montagne, un drame d’une ampleur inouïe.

Progressivement, un village s’est reconstruit quelques mètres plus loin, mais la zone de débris est restée intacte. Les maisons, les voitures, les objets demeurent ensevelis, tout comme les corps des victimes de la montagne. Campo Santo est aujourd’hui un sanctuaire, un monument à la mémoire des disparus, un large parc religieusement fleuri et orné de petites croix blanches.

Nous visitons ce lieu étrange qui rend si tangible les forces de la nature. Un clocher d’église renversé, un autobus broyé et quelques palmiers, dont l’un fleurit encore, unique rescapé de la catastrophe.

Comme pour amplifier le tragique des lieux, lors de notre visite, le vent se lève, le ciel s’assombrit. Sous les premières gouttes d’une pluie battante, nous quittons précipitamment le sanctuaire. Quelques instants plus tard, les caprices de la montagne sont apaisés, le soleil brille à nouveau.


Le site de Campo Santo est situé au sud du village actuel de Yungay, l’accès est payant (5 soles par adulte, 3 soles par enfant).

Découvrir Trujillo

Pressés par le temps, nous avons séjourné moins de 48 heures à Trujillo. Pourtant la ville et ses alentours nous ont séduits par bien des aspects, au-delà de la banalité de ses faubourgs.

Trujillo coloniale

La ville ne charme pas au premier coup d’œil. Il faut s’aventurer dans les rues encombrées, après les quartiers résidentiels et les grands boulevards jusqu’au centre historique, petit mais réellement exceptionnel. La place centrale, bordée de vieilles bâtisses coloniales bariolées est sans doute l’une des plus belles du Pérou. Trujillo coloniale est agréable pour flâner, admirer les étonnantes couleurs et, pourquoi pas, pénétrer plus avant dans les vieilles demeures, souvent transformées en musées.

Les cités pré-colombiennes

La ville moderne, de l’époque coloniale à aujourd’hui, est située dans une oasis fertile, à proximité de l’océan pacifique. Cette région favorisée, dans l’immense désert de la côte péruvienne, a toujours eu la préférence des peuples indigènes.

Les indiens Moche avaient créé une cité à une dizaine de kilomètres au sud de l’actuelle Trujillo. Florissante entre les IIIèmes et IXèmes siècles, la ville s’étendait entre deux immenses tertres, témoins du passé, autrefois temples du soleil et de la lune. Le plus important, le temple de la lune, est aujourd’hui consciencieusement étudié par les archéologues. Le culte de la lune était dominant dans la culture Moche; dans le temple avaient lieu tous les rites sacrés et sacrifices. Une histoire souvent cruelle pour un site exceptionnel.

En effet, en six siècles, les indigènes ont à plusieurs reprises “restauré” le temple en recouvrant simplement les murs d’une nouvelle couche de briques d’adobe. En “épluchant“ les parois, les archéologues mettent à jour les façades antérieures, parfaitement conservées, révélant de splendides fresques et frises moulées en adobe et peintes de pigments minéraux.

Quelques kilomètres et siècles plus loin, au nord de Trujillo, les indiens Chimù avaient établi leur capitale, Chan-Chan, au XIVème siècle. Chan-Chan demeure aujourd’hui la plus grande cité d’adobe jamais construite. Le site est immense ; dans l’étendue du désert sont visibles des centaines de murets fortement endommagés. Seule un infime partie de la cité est restaurée et pourtant, sans les petits panneaux de signalétique, on s’y perdrait. Un lieu réellement fascinant !

Trujillo gastronomique

Ah, la gastronomie péruvienne ! Parmi tous les pays d’Amérique du Sud visités, c’est celle qui nous laissera le meilleur souvenir. Ayant décidé de dîner dans un restaurant gastronomique de la ville, nous nous arrêtons le midi dans une simple « cevicheria » aux abords de Chan-Chan. Nous commandons quelques plats à partager. A notre grande surprise, les portions sont gargantuesques, la cuisine raffinée et délicieuse. Nous gardons cependant un peu d’appétit pour la cuisine fusion péruvienne, le soir même, dans un restaurant chic de la ville, une cuisine de haut niveau à des prix tout à fait raisonnables.

 


Les musées :

  • Huaca del Sol y de la Luna : les temples Moche et le musée associé valent vraiment le détour. Entrée : 10 Soles pour le site et 5 soles pour le musée (prix réduit pour les enfants de 6 à 12 ans).
  • Chan-Chan : le ticket combiné à 10 Soles (prix réduit pour les enfants de 6 à 12 ans) permet de profiter du site, du musée situé à un kilomètre de là et de deux sites Chimù que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de visiter.

Les restaurants :

  • Cevicheria Don Lucho dans le faubourg de Huanchaco à proximité du musée de Chan-Chan.
  • Restaurant Kaniwa à Trujillo

L’hébergement :

  • Hôtel El Centurion, chambre quadruple, petit-déjeuner, petit parking sécurisé, 33USD la nuit sur booking.com

 

Halte à Cuenca

En quittant Banos par la route des volcans, nous hésitons à faire une halte dans le parc national Sangay. La météo décide pour nous : alors que nous longeons le parc par la montagne, nous traversons d’épaisses nappes de brouillard mêlées de pluie.

Nous préférons donc poursuivre notre route jusqu’à la ville coloniale de Cuenca. Outre de belles rues bordées de bâtiments anciens, la cité propose quelques musées intéressants. Nous commençons par le musée Pumapongo, qui abrite plusieurs sections : un musée de la numismatique, des premières monnaies à la dollarisation et à la disparition du Sucre en Equateur, le passionnant musée ethnologique, qui expose même quelques têtes réduites des indiens Shuars (ou Jivaros), et un grand parc où se trouvent les ruines de la cité inca de Tomebamba.

Après une promenade dans la ville, nous visitons encore le musée des Arts Indigènes, un petit musée qui abrite une impressionnante collection privée d’objets d’art pré-colombien. Pas d’éclairage hi-tech ou de vitrines anti-vol, on se croirait plutôt dans un grenier plein de trésors.

Enfin, au matin de notre départ, nous visitons encore une fabrique de chapeau. Le célèbre panama est en réalité un chapeau équatorien, aujourd’hui fabriqué principalement à la main dans la région de Cuenca. Nous qui n’achetons jamais de souvenirs faisons une exception et nous encombrons d’immenses boîtes à chapeaux !

Pour l’anecdote :

  • Le Sucre n’est pas un édulcorant mais bien l’ancienne monnaie de l’Equateur, qui a disparu à la faveur du dollar américain en l’an 2000.
  • La loi équatorienne interdit aujourd’hui aux indiens Shuar de pratiquer le rituel de confection de « têtes réduites » à partir de têtes humaines, mais ils sont libres de pratiquer ce rituel sacré sur des animaux tels que les singes.
  • L’origine du nom « Panama » pour désigner le célèbre chapeau viendrait du fait que les colons espagnols faisaient transiter le commerce du chapeau en question par l’isthme du même nom.

Notre hébergement : à proximité du musée Pumapongo, l’hôtel Alternative est très propre, presque stérile mais bon marché (32 USD pour une chambre triple).

Les musées: le musée Pumapongo est entièrement gratuit et vaut le détour. Le musée des Arts Indigènes est payant, nous avons déboursé une somme modique, inférieur au prix affiché… La fabrique de Panama Homero Ortega est un haut lieu du tourisme local, la visite est entièrement gratuite puisqu’elle se termine dans la boutique du fabricant. Pour les amateurs de chapeaux, difficile de résister…

 

 

Les démons de pierre de San Agustin

Visages grimaçants au sourire carnivore, yeux de poissons, dents de chauve-souris, griffes de puma, insolites mais point menaçantes, les divinités de San Agustin ont gardé tout leur mystère. Nul n’est capable aujourd’hui de dire quelques peuples les ont érigées ni d’expliquer leur rôle dans la société antique. Gardiens des tombeaux, messagers de l’au-delà, les statues de pierre sont tombées dans l’oubli avant que les archéologues ne se penchent sur leur destin.

Au début du XXème siècle, les monstres de pierre ornaient la place du petit village de San Agustin ou servaient de pierre d’angle à une maison. Certaines statues, dérobées, ont par la suite été retrouvées en France ou au Danemark. Dans un effort pour sauvegarder le patrimoine archéologique de la Colombie, les autorités se sont efforcées de restituer l’authenticité du lieu de culte. Certaines statues ont été replacées sur leur site d’origine, d’autres ont été regroupées dans un bois, à proximité des tombeaux, surnommé le « bois de statues ». Les dernières, enfin, ont été excavées et redressées à l’endroit même où elles furent découvertes.

La visite du site principal est une petite promenade à travers bois et collines, d’un site à l’autre, d’un dolmen à une source, d’une figure de singe à celle d’un oiseau. Certaines représentations sont admirablement conservées, fascinantes dans la richesse et parfois l’insolite des détails.

Le lendemain, nous sélectionnons un site moins fréquenté, sauvage et majestueux, à quelques trois kilomètres de notre hôtel. C’est donc à pied que nous nous y rendons. La déesse Chaquira, gravée dans la pierre, mains levées vers le ciel, veille sur le lieu, époustouflant: le canyon ruisselant de verdure de la rivière Esmeralda.

L’après-midi, c’est à bord de notre 4X4 que nous nous rendons par la piste au site de l' »Alto de los Idolos ». Ici, les statues de pierre, plus récemment découvertes, n’ont jamais été déplacées, simplement redressées ou consolidées. Le site est merveilleusement serein et agréable.

Il reste des sites à explorer, mais notre troisième jour, dans le cadre bucolique de notre hôtel, est studieux afin de se mettre à jour dans les leçons. Les enfants ont très bien travaillé, bravo!


Pour les voyageurs:

  • Notre hébergement: La Casa de François, hôtel très réputé, à juste titre. Les chambres sont charmantes et bon marché, le jardin est agréable, le restaurant est délicieux. Nous avons payé 110.000 COP pour une cabane de 5 personnes (prix négocié). Service de laverie (linge) bon marché sur place.
  • En ville, sur la place du village, le café Macizo ne sert pas d’expresso digne de ce nom, mais de délicieuses boissons glacées à base de café, ainsi qu’une très bonne infusion de fruit (aromatizada de frutas).
  • La boulangerie-pâtisserie française du village est définitivement fermée.

Tierradentro

Tierradentro, la terre intérieure… Le site archéologique est éloigné de toutes villes, assez difficilement accessible, au bout d’une piste abimée. Les trésors qu’il recèle sont sublimés par le cadre magnifique de montagnes verdoyantes.

Pour visiter le site de Tierradentro, il nous faut chausser nos bottines de randonnée et partir pour une balade de 14 kilomètres, qui grimpe à flanc de montagne, redescend légèrement vers un village, grimpe à nouveau vers une crête, puis une autre, pour dévaler à pic vers notre point de départ. Au cours de la balade, tels des explorateurs, on découvre des tombes, des cavités souterraines sombres dans lesquelles il faut s’aventurer pour apercevoir peintures et sculptures séculaires, tracées et gravées par des peuples dont on ignore tout aujourd’hui encore.

A la lueur d’un lampe torche, on gravit dans un sens puis dans l’autre de larges marches irrégulières, espérant chaque fois découvrir quelque nouveau détail. Certaines tombes sont très endommagées, vierges de tout motif mais d’autres sont encore magnifiques.

Trois sites et quelques dizaines de tombes plus tard, nous voici parvenus au village de San Andres, assez proche de notre point de départ. Afin de profiter de la piscine de notre hôtel et de progresser dans les leçons, on décide d’écourter la promenade et de parcourir les 7 kms restants le lendemain.

Seulement le lendemain… il pleut! Nous mettons le mauvais temps à profit pour visiter les deux petits musées du site, puis préparons vestes et pantalons pour se rendre malgré tout au site de San Andres, facilement accessible depuis le village. Petite pause-déjeuner au village, avant de se mettre en route, pause pendant laquelle la pluie cesse et le ciel s’éclaircit.

On explore donc les tombes du site de San Andres et puis on se sépare: Lucie et papa décide de profiter d’une après-midi calme, tandis que le reste de la famille part à l’assaut de deux petits sommets qu’il faut gravir pour accéder au dernier site, El Aguacate… le plus beau de tous si l’on se réfère à sa situation géographique! Les dizaines de tombes ont été aménagées le long d’une crête, la vue aux alentours est fabuleuse. Les petits aventuriers ne sont pas en reste, les efforts fournis pour grimper sont vite oubliés, car ici, contrairement aux autres sites, les tombeaux ne sont pas scellés mais simplement protégés des intempéries par une toiture. Les enfants en explorent chaque recoin comme s’il dissimulait un trésor. Après une heure de découverte archéologique, il est temps de descendre par un sentier qui suit la crête avant de dégringoler à flanc de montagne.

Seul déception: le site n’était pas gardé ce jour-là, les enfants n’ont pas pu obtenir  le dernier tampon qui leur manquait dans le passeport qui fait office de ticket d’entrée pour le site.

En résumé, toute la famille a adoré Tierradentro, un site magnifique à découvrir!


Pour les voyageurs:

  • Nous avons logé à l’hôtel El Refugio: d’apparence luxueuse, il est en fait plutôt bon marché (106 000 COP la chambre quadruple, avec une délicieuse douche chaude), le cadre et la piscine sont très agréables. Pour les petits budgets, on peut aussi y camper. Attention, la piscine fait en quelque sorte office de piscine municipale et est envahie par les familles colombiennes le week-end! C’est sympathique mais plutôt mouvementé.
  • Bon rapport qualité-prix pour les repas (et jus de fruits délicieux) à l’hôtel-restaurant La Portada, dans le village de San Andres.

Pour les randonneurs: la randonnée fait 14 km dans son entièreté, elle est magnifique. Pas de difficultés particulières, mais ça grimpe bien par moment!

Les musées de Bogota

Même si on ne se languit pas de passer quelques temps dans une grande ville, Bogota est une escale incontournable, ne serait-ce que pour y effectuer l’entretien de notre véhicule. La capitale de la Colombie est plutôt chaotique, mélange de sites attractifs et de bâtiments inintéressants: une place centrale austère, une longue rue commerçante bordée d’hideux immeubles, quelques vieilles bâtisses dans le centre historique et des montagnes alentours, que nous aurions aimé explorer. Avec la pluie qui domine, nous nous réfugions dans ces bâtiments qui sont peut-être ce que la capitale a de mieux à offrir: ses musées. Peu coûteux voire gratuits, inventifs, bien agencés, mettant en valeur des monuments historiques originaux et exposant des oeuvres inestimables, les musées de Bogota nous ont ravis.

Nous commençons par le complexe de musées englobant le musée Botero et la maison de la monnaie (Casa de la Moneda), parmi les rares musées ouverts un lundi. Les enfants sont contents de retrouver leur artiste colombien favori, Fernando Botero, ses oeuvres généreuses, et sa collection impressionnante d’oeuvres d’art allant de Renoir à Picasso en passant par Delvaux ou Chagall.

Un pas plus loin, la Casa de la Moneda est sise dans un joli bâtiment de l’époque coloniale et expose une belle collection numismatique.

Le lendemain, nous entreprenons la visite du musée le plus célèbre de Colombie, le musée de l’or. Agencées de façon thématique, les pièces sont superbement mises en valeur, fascinantes.

Nous continuons par une visite du musée de la police, guidés par un jeune volontaire qui effectue ici son service militaire. Il nous expose moult détails sur le passé tourmenté de la Colombie moderne.

Nous finissons notre séjour par une visite le mercredi du musée national, sis dans une ancienne prison, dont les oeuvres éclectiques, art, histoire, patrimoine, sont magnifiquement mises en valeur par l’aménagement intérieur du bâtiment atypique.

Notre séjour à Bogota a offert d’autres belles découvertes. Au détour d’une petite balade, nous sommes entrés dans un café qui a détrôné le café Arabica de Lima pour offrir, à notre goût (corsé, amer et parfumé), le « meilleur café du monde ».

Et surtout, nous y avons rencontré, ou retrouvé, des connaissances d’enfance, la famille et les enfants Noël, avec qui nous avons passé d’excellentes fins d’après-midi et soirées. Merci encore pour l’accueil!


Nos musées à Bogota: pas de coup de coeur, on les a tous adorés!

  • Le musée Botero et la Casa de la Moneda, ouverts tlj, gratuits pour tous, très bien agencés
  • Le musée de la police, ouvert du mardi au dimanche, gratuit, visite guidée très informative en espagnol ou en anglais par de jeunes volontaires de la police
  • Le musée de l’or, incontournable et splendide, pour seulement 3000 COP la visite (gratuit pour les enfants)
  • Le musée national, gratuit et très intéressant à visiter, pour la beauté des lieux (une ancienne prison) et les collections diversifiées

LE café: Arte y Passion Café Escuela de Barista, commandez l’expresso simple!

Notre hébergement: nous avons profité d’une promo pour louer un appartement tout confort (qui s’appelle d’ailleurs Luxury department, sur booking.com).

 

Entre palmiers et caféiers

Avant de faire halte à Medellin, nous prenons le temps de séjourner dans la « zona cafetera ». Cette région est ainsi nommée car on y produit la majorité du célèbre café colombien. A la recherche de notre or noir, nous ne pouvions manquer de nous y arrêter. Nous choisissons de séjourner près du village de Filandia, réputé moins touristique que d’autres dans la région.

Perché sur une colline aux pentes verdoyantes, Filandia est un beau village aux maisons colorées, habituellement paisible. Seulement, nous y parvenons justement lors de la fête du village. Le temps d’un soir, on apprécie l’atmosphère festive, les stands de nourriture et de boisson, les maïs et les saucisses grillées, les attractions foraines et on se mêle avec plaisir à la foule des colombiens amusés.

Les jours suivants, nous aurions aimé déguster l’excellent ristretto du café Jahn, sur la place du village, avec plus de sérénité mais cela sera pour un autre voyage…

Des caféiers…

Revenons au café, les plantations sont nombreuses dans la région et nous aimerions bien sûr en visiter une. Fête du village oblige, l’activité touristique tourne au ralenti. Il y a bien une agence de voyage qui nous propose un tour organisé mais on trouve un peu ridicule de se faire promener en jeep à travers les caféiers, alors que nous possédons notre propre 4×4. De fil en aiguille, en discutant avec les habitants, nous finissons par prendre rendez-vous avec Don Javier qui nous accueillera dans sa finca, à une dizaine de kilomètres de Filandia.

La finca de Don Javier est un peu particulière: son propriétaire est passionné par les héliconiacées, plantes cousines des bananiers, et pratique une agriculture mixte, entre café, bananes et vaches laitières, écologique et respectueuse du bien-être animal. Entre fleurs d’héliconias, caféiers et forêt native au pied de la colline, nous faisons une  jolie promenade pédestre en compagnie du fermier. On finit par une agréable dégustation de café dans la cuisine de la ferme ou par un grand verre de lait très très frais pour les enfants. Evidemment, nous en profitons également pour acheter du café, histoire d’étrenner la petite cafetière italienne acquise quelques heures plus tôt dans le village.


Pour plus d’informations, la finca La Divisa possède un site internet. Nous avons payé 30.000 COP pour la visite.


Et des palmiers!

Le café est certes le but premier de notre visite dans la région de Filandia. Mais il serait  dommage de négliger d’autres sites proches, à la beauté naturelle indiscutée. Dimanche matin, nous mettons donc le cap vers la vallée de Cocora, à 30 kilomètres de Filandia, tôt car le site très réputé sera bientôt envahi de touristes. A 8h30, lors de notre départ, il n’y a encore personne sur place. C’est parti pour une nouvelle randonnée!

La vallée de Cocora est une réserve naturelle qui abrite de nombreux palmiers de cire, espèce rare de palmiers géants dont les troncs peuvent atteindre 60 mètres de haut. Aujourd’hui, tourmentés par le vent puissant, les arbres graciles semblent prêts à rompre!

Nous empruntons un sentier vers la droite qui pénètre rapidement dans une forêt dense et humide. A la grande joie des enfants, le sentier serpente le long de la rivière et nous contraint à emprunter de nombreux gués, ponts de cordes et ponts de singes, plus ou moins branlants. Après cinq kilomètres d’ascension en pente douce, nous préférons un petit détour pour grimper à travers la forêt jusqu’à la réserve d’Acaime, une réserve privée où l’on peut observer les colibris. La pente est plus raide mais l’ascension est courte. Nous faisons une pause à la réserve en admirant les oiseaux-mouches colorés et en dégustant une tasse d »agua de panela », un jus parfumé de sucre de canne, servi chaud.

Nous redescendons un kilomètre jusqu’à la précédente intersection puis empruntons le sentier qui grimpe la montagne. Cette fois-ci, l’ascension est plus rude, en lacets à travers la forêt puis la prairie jusqu’à atteindre une maisonnette d’altitude, la « finca montana » où nous faisons une seconde pause, consacrée celle-ci au pique-nique. La finca montana sert justement de l’agua de panela, à laquelle nous avons pris goût, avec de larges tranches de fromage.

Le repas avalé, il nous reste cinq kilomètres à parcourir pour redescendre dans la vallée. La balade continue par un large chemin, alors que la forêt fait place aux prairies et aux palmiers. A courte distance de l’arrivée, nous décidons d’emprunter un raccourci, non parce que nous sommes fatigués, mais parce que le sentier, solitaire, dégringole joliment les pentes d’un pré au beau milieu des palmiers de cire. Nous sommes parvenus au bout du chemin, les touristes sont maintenant nombreux qui explorent la vallée en son sentier principal, à pied ou à cheval. Un rapide coup d’oeil à notre GPS nous apprend que nous avons parcouru 11 km et surtout grimpé 670 mètres de dénivelé. Pas mal pour une balade que nous avons jugée facile…


Notre randonnée: la promenade est décrite ci-dessus mais voici un récapitulatif

  • Avant l’interruption de la route goudronnée, prendre le sentier à droite en direction de la réserve Acaime.
  • Suivre le sentier pendant 4-5 km jusqu’au panneau de bois indiquant « Acaime 1km ». De là, il y a possibilité de faire l’aller-retour jusqu’à la réserve ou de prendre directement à gauche le sentier qui grimpe vers la finca montana.
  • De la finca montana, c’est un large sentier qui descend vers la vallée. Quelques sentiers plus aventureux partent à droite ou à gauche pour allonger ou raccourcir le parcours.
  • L’entrée de la réserve Acaime est payante pour les adultes (5000 COP, boisson comprise), gratuite pour les enfants
  • L’entrée du bois de palmiers est payante (3000 COP par personne) mais par nos sentiers détournés, nous avons habilement, et pourtant sans intention aucune, esquivé la billetterie…

Visites guidées de Popayan

Surnommée « la ville blanche », Popayan est une petite ville de Colombie, à environ 300 kilomètres de la frontière avec l’équateur. Nous y parvenons en fin d’après-midi, après une étape nocturne à Pasto, plus au sud, et un long trajet sur des routes sinueuses.

Nous tombons immédiatement sous le charme de cette ville aux maisons blanches, aux églises ouvragées, aux ruelles animées de piétons, mobylettes et vendeurs de rue. A la fois paisible à l’ombre des immenses feuillus de la place centrale, pleine de vie et de saveurs dans les nombreux cafés et lieux gastronomiques, chargée d’histoire et de sciences dans les multiples églises et universités, la ville nous enchante au point d’y prolonger notre séjour.

Retour à nos amours pour la culture et l’histoire du pays, nous bénéficierons de plusieurs visites guidées de lieux emblématiques de la ville, certaines organisées, comme le tour à pied dans le centre historique, d’autres improvisées comme la visite des locaux de l’université avec Rodolfo, qui y a enseigné.

Quelques aperçus et enseignements de nos visites:

  • La ville a acquis son surnom de ville blanche suite à une invasion de rats. Pour combattre ce fléau, le maire a ordonné de chauler tous les murs des maisons, églises et autres bâtiments. Les rats sont partis et la ville a gagné son surnom.

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    La ville blanche
  • La tour de l’horloge, emblème de la ville, a été plusieurs fois « raccourcie », conséquence des tremblements de terre successifs (le dernier a d’ailleurs été fatal au mécanisme horloger).

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    La tour de l’horloge
  • Le dernier tremblement de terre majeur a eu lieu en 1983 et a fortement endommagé la cathédrale. Le pape Jean-Paul II s’est rendu dans la ville quelques jours après la catastrophe pour encourager la reconstruction du site, comme en témoigne ce vitrail:

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    Hommage au pape Jean-Paul II
  • Popoyan est aussi surnommée la Jérusalem de l’Amérique du sud en raison de ses multiples églises et de ses traditions catholiques. La procession de la semaine sainte y est spectaculaire et surpassée seulement par celle de Séville, en Espagne.IMG_0085

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    Eglises de Popayan
  • L’oeuvre relatant la légende de Popayan et exposée à huis-clos dans les locaux de l’université est la plus grande oeuvre peinte sur une unique pièce de lin au monde. L’artiste mit 30 ans à l’achever.

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    La ville blanche
  • Certaines maisons anciennes sont équipées de chasse-sorcières, gouttières acérées auxquelles les sorcières accrochaient leur longues robes. Toute femme aperçue vêtue d’une robe déchirée ou abimée était immédiatement suspectée de sorcellerie!

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    Un chasse-sorcière

Nous avons appris encore bien d’autres choses en visitant les musées d’art religieux (dont la conservatrice n’a eu de cesse d’admirer l’intérêt et l’enthousiasme des enfants) et d’histoire naturelle.

Enfin, l’un des attraits, et non des moindres, de Popayan est sa gastronomie: empenaditas de pipian, champus, helados de paila, aplanchados… Nous nous sommes régalés!

Encore quelques images:


Quelques bonnes adresses:

  • Hotel Popayan Inn, tranquille, agréable, bien situé – 90.000 COP pour une chambre quadruple, parking gardé (10.000 COP) en face
  • Café Santo Domingo, pour le café et le super accueil
  • La Fresa pour déguster les empenaditas de pipian
  • Dona Chepa pour les aplanchados
  • Helados de Paila la Novena pour les délicieuses glaces

N’oubliez pas de vous renseigner pour les visites de la ville, guidées, gratuites et en Français à l’office du tourisme, sur la place.

Escale à Quito

Nouveau pays, nouveaux tampons dans les passeports, les formalités frontalières sont facilement exécutées, mais c’est long, très long. Nous sommes dimanche et la file des voyageurs qui attendent pour présenter leur passeport à la douane est interminable. Presque deux heures d’attente dans un hall surchauffé pour mettre nos papiers en règle, nous avons la surprise de croiser brièvement les happy hoppers à la frontière alors que nous avions quitté Zorritos au Pérou quelques heures avant eux.

Première escale à Machala, le temps d’une nuit, grosse ville moderne, capitale de la banane, nous sommes bien en Equateur! Autour de la ville, des plantations de bananiers à perte de vue le long de la route… Nous retrouvons la sensation que procure la chaleur moite et lourde des tropiques, pour quelques heures seulement, car notre route grimpe pour traverser les Andes. Par temps frais et à plus de deux milles mètres d’altitude, on se croirait cependant dans les pré-alpes tant les paysages sont paisibles et verdoyants. Nous traversons le pays assez rapidement, avec pour objectif de mieux prendre le temps de  découvrir ses richesses lors de notre retour de Colombie.

On s’octroie pourtant une belle escale à Quito, une capitale vraiment plaisante, qui semble avoir concentré le meilleur des villes sud-américaines: de beaux espaces verts comme à Santiago, de beaux musées comme à Buenos Aires ou Lima, de beaux bâtiments coloniaux comme à Arequipa ou Sucre… Une ville animée sans être chaotique, propre et moderne sans être aseptisée, pleine d’attractions culturelles sans être envahie de touristes, Quito a décidément beaucoup de charme.

On flâne dans le Quito colonial, on agrémente la balade de quelques visites de musées (le musée de la ville), de sites religieux (le couvent des carmélites), de monuments historiques (la maison du Maréchal Sucre), d’un délicieux café équatorien ou d’une glace aux parfums exotiques envoûtants. On essaie aussi de profiter de l’escale pour se procurer ce qui nous fait défaut, des bonbonnes de gaz pour le camping et des chaussures de marche pour Loïc. On fait donc un détour par l’ultra-moderne centre commercial Quicentro, avant d’enchaîner sur une balade dans le grand parc Metropolitano, presque une forêt sauvage, puis de rejoindre la magnifique maison-musée-chapelle du peintre équatorien Oswaldo Guayasamin. Que de contrastes, de découvertes, de plaisirs! Après de nombreux mois de voyage, on s’émerveille encore!

Nous aurions aimé prolonger ce séjour, mais il faut nous résigner à ne pas prolonger indéfiniment chaque étape. Demain, nous quitterons l’hémisphère sud…


En pratique pour les voyageurs:

  • nous partageons une chambre triple (36 USD) à la Casona De Mario (conseillée par le Guide du Routard, le Lonely Planet, iOverlander – on ne risquait pas de la rater), dans une vieille maison dont les planchers craquent. Idéal pour les familles, il y une cuisine, un salon, un jardin, un place de parking pour notre voiture…
  • il est très facile de se déplacer en bus à Quito, c’est rapide et cela ne coûte que 0,25 USD pour les adultes (gratuit pour les enfants)
  • il a pas mal de musées et sites à visiter mais beaucoup sont payants pour les enfants aussi. Non que cela soit très cher (3-4 USD par adulte, 1 USD par enfant), mais à 5, cela modifie le budget. Notre coup de coeur est le musée Guayasamin (8 USD par adulte, gratuit pour les enfants).