Archives de Catégorie: Randonnée

L’oasis de San Pedro

L’oasis de San Pedro de Atacama était l’une des destinations incontournables de notre voyage. Nous gardions un excellent souvenir des éblouissants paysages du désert, admirés un dizaine d’années plus tôt. Reste à savoir quelle influence le développement touristique de cette décennie aura eu sur la petite ville et ses alentours, déjà fort prisés en 2002. Côte positif, la ville a conservé un charme tranquille, malgré la prolifération d’hôtels, de restaurants, de boutiques de souvenirs. Maisons basses d’adobe, ruelles piétonnes en terre battue, l’atmosphère est propice à la détente. Côté négatif, il faut désormais souvent s’acquitter d’un droit d’entrée, parfois élevé, pour accéder aux nombreux sites naturels d’exception des environs. Voilà qui limitera un peu notre champs d’action pendant ces quelques jours.

De toutes manières, suite à notre récent périple dans des conditions extrêmes, nous ne sommes pas fâchés de prendre un peu de repos. Dans notre petit camping, nous faisons la connaissance d’un couple de retraités français, Jeanne et Michel, qui nous mettent à leur tour en contact avec une famille de voyageurs. Comme toujours, les enfants sont ravis de trouver de nouveaux compagnons de jeu. Ensembles, nous explorons les environs à pied ou à vélo.

Mais notre voyage s’achève bientôt et nous devons partir à nouveau en direction du sud. Dernière excursion incontournable et très matinale, nous nous levons avant l’aube pour aller admirer le site des geysers d’El Tatio, à une centaine de kilomètres de San Pedro. Au lever du soleil, à plus de 4000 mètres d’altitude, les jets d’eau brûlante jaillissent par centaines. Arrivés tôt, nous sommes quasiment seuls à jouir du spectacle, avant l’arrivée des nombreux minibus emplis de touristes.

De retour à San Pedro, nous faisons encore une halte pour contempler les étonnants paysages de la Vallée de la Lune. La courte promenade qui se faufile dans des galeries naturellement creusées dans le sel enchante les enfants. Mais la fatigue d’un réveil trop matinal se fait rapidement sentir et seul Loïc continue la balade pour parvenir au sommet de l’immense dune de sable. La matinée touche à sa fin et nous devons nous remettre en route. En effet, nous avons rendez-vous pour une visite de l’observatoire européen le lendemain, il nous reste 400 kilomètres à parcourir.


Notre hébergement : Camping Casa Campestre à San Pedro de Atacama, 8000 pesos par adulte, moitié prix pour les enfants. Camping très confortable, petits emplacements ombragés, magnifique cuisine et beau salon pour jouer et se détendre.

Location de vélos : nombreuses offres dans la rue principale mais seule la boutique située dans la cour de l’agence Latchir propose des remorques pour les enfants. Prix de la location 3000 pesos par vélo/accessoire. L’équipement est loin d’être neuf et en parfait état, mais cela convient pour un petit tour. La balade nous a conduits à la Garganta del Diablo, un petit canyon au nord de San Pedro, facile d’accès depuis la ville.

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Vues sur la cordillère blanche: la randonnée de la Laguna 69

Se fier ou ne pas se fier aux conseils et aux avis d’autres voyageurs? Le soir de notre arrivée au camping de Caraz, je me renseigne auprès d’un jeune couple d’allemands sur les excursions à effectuer dans la région. Les jeunes voyageurs sont peu enthousiastes. Ils ont parcouru la randonnée de la lagune 69 qu’ils nous décrivent comme banale.

Ravis de notre balade autour de la laguna Paron, nous décidons cependant de nous forger notre propre avis. Nous partons tôt le matin, une heure de route est nécessaire pour rallier le point de départ de la randonnée, à 3800 mètres d’altitude. La randonnée de la lagune 69 est l’une des plus populaires de la région, plusieurs marcheurs sont également au départ.

La balade commence à un rythme tranquille, nous montons en pente très douce dans une large prairie, le long d’une rivière. Autour de nous, des pics enneigés, des glaciers, des torrents, des cascades. La promenade est agréable, le paysage enchanteur.

Après deux kilomètres, la pente s’accentue, nous grimpons désormais en lacets à flanc de montagne entre les chutes d’eau, longues, laiteuses, d’une blancheur étincelante. La pente diminue à nouveau, le chemin s’incurve à gauche. Une nouvelle grimpée en lacets pour parvenir au sommet de la roche d’où s’échappe le torrent et un autre paysage s’offre à nous: une prairie de haute altitude, moins douce, moins verte que la précédente, des herbes courtes, serrées, drues, un lac aux eaux foncées et des marécages.

Les glaciers semblent désormais à portée de main, mais la marche sur le haut plateau n’est qu’un répit, une pause bienvenue avant d’entamer la dernière ascension, la seule difficulté du parcours, un petit mur qu’il faut gravir en lacets serrés pour passer de 4300 à 4500 mètres d’altitude. Nous y sommes presque et pourtant la fatigue se fait sentir. Nous devons encourager les enfants pour qu’ils fournissent le dernier effort. Enfin, nous voilà au sommet, quelques dizaines de mètres encore et la lagune apparait, bleu pur, cernée de glaciers. Nous reprenons notre souffle et déjeunons au bord de l’eau.

La descente est aisée et permet d’apprécier pleinement les paysages grandioses qui nous entourent.

Banale, la randonnée de la lagune 69? On s’étonne de ces voyageurs au long cours qui semblent avoir usé leur capacité à s’émerveiller. Nous, on ne se lasse pas de ces décors fabuleux…


Le départ de la randonnée Laguna 69 se trouve au delà des lagunes de Llanganuco, à l’est du village de Yungay, au bout d’une piste de qualité moyenne. L’accès est payant (parc national Huascaran) 10 soles par adulte, 3 soles par enfant de plus de 6 ans. Beaucoup de voyageurs font l’excursion au départ de Huaraz mais pour éviter les temps de trajets (déjà longs), il parait plus logique de partir de Yungay ou Caraz. On peut aussi camper dans le parc national.

La randonnée est de difficulté moyenne, plutôt facile au début puis un peu plus corsée, à condition bien sûr de supporter l’altitude. Compter 3h pour monter et un peu plus de 2h pour descendre, 700 mètres de dénivelé positif pour environ 7 kilomètres aller simple.

 

Vues sur la cordillère blanche: la Laguna Paron

Caraz est une petite ville lovée dans la longue vallée qui s’étend entre la cordillère blanche et la cordillère noire. Une ville peu touristique, un point de départ pour ceux qui veulent s’aventurer vers les sommets des cordillères.

Retardés par des travaux sur le trajet, nous y parvenons alors que le soir tombe. Il fait sombre et il pleut désormais. Dommage, nous avions prévu de camper. Après quelques hésitations, nous décidons de tenter notre chance et plantons notre tente sur un petit terrain à l’extérieur de la ville. Les prévisions météorologiques sont pourtant pessimistes pour les jours prochains.

Nous passons donc la nuit sous la tente et sous la pluie, pour nous réveiller le lendemain matin sous un ciel radieux. Le beau temps nous accompagnera pour le reste de notre séjour.

La cordillère blanche et ses sommets à plus de 6000 mètres d’altitude est aussi belle qu’inaccessible. Chaque tentative d’excursion débute par un long parcours en voiture pour pouvoir s’approcher au plus près des glaciers, lacs, prairies d’altitude. Ainsi en est-il pour admirer la Laguna Paron, située à seulement 30 kilomètres de Caraz, mais au bout d’un interminable chemin de terre et de cailloux et d’une ascension de quelques 2000 mètres.

Seulement, au bout de la piste, il y a la lagune, un miroir d’eau turquoise entouré de pics enneigés. Un sentier longe le rivage sur quatre kilomètres. On s’y engage, émerveillés à chaque instant par la beauté du paysage, les jeux de lumière dans le bleu des glaciers, les nuages cotonneux qui s’accrochent dans les pics, les nuances d’azur dans les eaux pures du lac. La randonnée est à la fois aisée et magnifique, à plus de 4200 mètres d’altitude.


En pratique: le camping Guadalupe se situe à 1,5 kilomètre au sud de Caraz. Agréable et bon marché (15 soles par personne, réduction pour les enfants).

La randonnée: La Laguna Paron est située dans le parc national Huascaran. L’entrée du parc national coûte 5 soles par personnes (moins pour les enfants). La lagune est accessible en voiture, on peut aussi y camper. La randonnée au bord du lac est relativement facile pour les personnes acclimatées à l’altitude et peut se prolonger (ou se raccourcir) en amont vers un autre lac d’altitude ou en aval vers l’entrée du parc.

Podocarpus

C’est ce parc national au nom rigolo (le podocarpus est en fait l’unique conifère natif de l’Equateur) qui nous a attiré dans le sud de l’Equateur. Une biodiversité extraordinaire, une faune et une flore unique au monde… Nos plans de randonnée ont malheureusement été bouleversés par une attaque de chiens !

La première, magnifique, randonnée aux environs de Vilcabamba, qui nous a menés au sommet du Cerro Mandango puis le long de crêtes vertigineuses, s’est malheureusement soldée par une morsure. Quelques jours de repos et de leçons ont suivi pour les filles.

La randonnée du Cerro Mandango à Vilcabamba:

Enfin, le dernier jour avant le retour des garçons, nous oublions la paresse pour nous rendre malgré tout dans le fameux parc national. Quelle bonne décision ! La météo, qui dans cette région du monde et à cette altitude passe en quelques instants d’un soleil radieux au brouillard ou à la pluie battante, ne nous a pas permit de parcourir dans leur entièreté les 5 kilomètres du sentier des miradors. Mais l’ascension jusqu’au premier mirador en valait la peine : des vues splendides sur la région, une végétation exceptionnelle qui passe de la luxuriante forêt humide aux bosquets d’altitude.

Le sentier des miradors au parc national Podocarpus:


L’hébergement à Vilcabamba: nous avons bénéficié d’un tarif spécial dans l’hôtel le Rendez-Vous (38USD la chambre quadruple avec petit-déjeuner), un hôtel très confortable avec un jardin magnifique.

Les randonnées :

  • La randonnée du Cerro Mandango est aisément accessible depuis le village de Vilcabamba. La première partie (jusqu’à la croix) est assez facile, la suite se complique car les sentiers ne sont pas balisés et il devient possible de se perdre.
  • Il y a de nombreuses autres possibilités de randonnées autour du village.
  • Randonner dans le parc national Podocarpus est une merveilleuse expérience. Il y a peu de sentiers balisés, seules deux randonnées (les miradors, 3h et la laguna, 8h) sont proposées. L’accès au parc national est gratuit et on peut y camper.

La lagune de Quilotoa

Connue des randonneurs, la région de Quilotoa est montagneuse, creusée de canyons, parsemée de villages et de fermes isolées. Les marcheurs viennent y effectuer une randonnée de plusieurs jours, connue comme « la boucle de Quilotoa ».

De notre côté, nous choisissons de prendre pour base une auberge dans le petit village d’Isinlivi et d’effectuer nos randonnées à la journée au départ de celle-ci. Le lieu est réellement idyllique et les enfants passent leur première journée à jouer dans le jardin avec quelques enfants du village. Tant pis pour la première randonnée!

Nous planifions une excursion plus longue le lendemain: départ à 9h30 du matin avec le « lechero », le camion de lait, en direction du village de Sigchos, à 14 kilomètres de là, petites emplettes au marché du dimanche, puis retour à pied, à travers champs et montagnes.

Le lechero est un moyen de transport pour le moins original, certes ni rapide ni confortable, mais bon marché et très typique! Entassés à une vingtaine dans la benne du camion de lait, entre les immenses jarres, nous progressons lentement sur les pistes cahoteuses. Le camion s’arrête régulièrement, près d’une ferme ou d’une maison, pour collecter l’un ou l’autre seau de lait que le conducteur déverse dans les jarres de métal. L’odeur du lait frais et gras domine celle de la poussière des chemins.

Arrivés enfin à Sigchos, nous faisons quelques provisions pour notre randonnée puis nous mettons en chemin vers notre auberge. Le sentier commence par une longue descente au creux de la vallée, continue quelques kilomètres le long de la rivière puis remonte abruptement sur les derniers kilomètres. Rien d’insurmontable, mais nous sommes tout de même contents d’arriver!

Un peu pressés par le temps, nous quittons à regret notre hôtel le lendemain, pour reprendre la route en direction du sud. On ne néglige pas cependant de s’arrêter pour admirer la superbe lagune de Quilotoa, un splendide lac d’altitude niché au creux du cratère d’un volcan. La vue est magnifique depuis les crêtes, le ciel est dégagé. Nous flânons un peu pour profiter de la vue avant de continuer notre chemin. La randonnée de 6 heures qui longe les crêtes surplombant le cratère sera pour un autre voyage…


Nous avons planté notre tente dans le jardin de l’hostal « Llullu Llama ». Le prix, 12USD par adulte et 5USD par enfant de plus de 5 ans, comprend également le repas du soir et le petit-déjeuner, tous deux excellents.

L’hostal « Llullu Llama »  propose plusieurs activités ainsi que des cartes des randonnées et des circuits fléchés pour randonneurs de tous niveaux.

L’accès à la Laguna de Quilotoa est payant au point d’accès principal (2USD par personnes, négociez pour les enfants).

Au pied du Cotopaxi

De l’Amazonie colombienne aux glaciers d’Equateur il n’y a que quelques centaines de kilomètres. Le passage de la frontière, au sud de Mocoa , s’effectue sans aucune difficulté. La région traversée était pourtant jusque récemment une zone de conflit très active.

De retour en Equateur, nous décidons de ne pas nous attarder en Amazonie. Manque de temps, budget limité, nous allons favoriser les randonnées dans les parcs volcaniques équatoriens. Nous roulons d’une traite de Lago Agrio, ville industrielle au coeur de l’Amazonie équatorienne, à Quito, la capitale nichée dans les montagnes. Petite pause studieuse à Quito avant de prendre la direction des volcans.

Nous plantons enfin notre tente au pied du Cotopaxi, volcan majestueux , situé à 80 kilomètres au sud de Quito. Les infrastructures du parc national fonctionnent au ralenti depuis l’éruption du volcan en Septembre 2015. Cependant, plusieurs courtes randonnées sont accessibles aux visiteurs.

Nous profitons de la sérénité de cet endroit sauvage. Près de la lagune, une belle randonnée permet d’observer les oiseaux aquatiques, la faune et la flore des prairies d’altitude. Le soir, un vieux loup gris en quête de nourriture vient rôder autour de notre tente. Les volcans se font timides en Equateur, souvent dissimulés par un voile épais de nuages. Le temps est capricieux, passe du soleil à la pluie et à la grêle, en quelques instants. Nous aurons quand même le plaisir d’apercevoir furtivement le sommet enneigé du Cotopaxi, ses glaciers hérissés de pics et de crevasses. Impossible de grimper jusqu’au sommet en raison du risque volcanique actuel mais l’ascension jusqu’au refuge, difficile à cette altitude, offre des vues splendides.


L’accès au parc national du Cotopaxi et le camping du parc sont entièrement gratuits.

Aux portes de l’Amazonie

Dernière étape de notre périple en Colombie, nous voici aux portes de l’Amazonie. Notre itinéraire se modifie au fur et à mesure de notre progression dans le pays. Nous étions persuadés qu’il nous faudrait quitter la Colombie par l’unique poste-frontière vers l’Equateur, à Ipiales, le long de la panaméricaine.

Pourtant, il existe un autre poste-frontière entre les deux pays, plus à l’est, peu fréquenté… car il se situe en pleine zone de guérilla! Certes, mais la guérilla est officiellement finie et les accords de paix seront définitivement signés ce lundi 26 septembre 2016.

C’est donc sans craintes que nous bifurquons, quelques kilomètres après la ville de Mocoa, vers le sud  et le poste-frontière de San Miguel. Ultime escale pour la nuit à quelques pas de Mocoa et nouvelle hésitation: nous n’avons pas la certitude que le poste-frontière isolé offrira un service de douane un dimanche. Notre  dernier hôtel en Colombie est plaisant, très bon marché, ne vaut-il mieux pas prolonger notre séjour d’une nuit et franchir la frontière un lundi?

L’Amazonie est à notre porte, sans aucun doute, à en juger par la multitude d’insectes aux couleurs et formes étranges que l’on côtoie. Plutôt qu’un franchissement de frontière, nous partons donc pour une balade dominicale aux environs de Mocoa. La promenade promet d’être facile, 45 minutes de marche, selon les locaux. Nous avions oublié ce qu’est une excursion dans la jungle.

Dès les premiers pas, la chaleur moite, étouffante nous pèse. Nous progressons, trempés de sueur, du premier sentier de gravier au sentier de rondins vermoulus, détrempés, enfouis sous la boue; nous franchissons des gués et des ponts suspendus précaires. Après un heure d’ascension vient la descente, au milieu des lianes, des racines et des rochers, aidés d’une corde, pour parvenir au pied la cascade.

La balade n’a rien d’une petite promenade de santé mais la cascade est belle et la baignade délicieusement rafraîchissante. Après avoir profité d’une douche naturelle vivifiante et rempli nos gourdes dans la rivière, nous repartons à l’assaut de la roche. La douche sous la cascade était agréable mais superflue: il pleut désormais à torrents et c’est sous l’averse tropicale que nous regagnons notre domicile provisoire!


Notre hébergement:

Des 3 hôtels situés au sud de Mocoa, l’hostal El Portal del Fin del Mundo offre indéniablement le meilleur rapport qualité-prix: chambre double avec ventilateur (et bientôt douches chaudes) à 35000 COP, cuisine, jardin, Wi-Fi performant, propriétaires sympathiques…

Pour les randonneurs:

La balade de la cascade « El fin del mundo » dure 45 minutes et débute à quelques pas de l’hôtel. Seul inconvénient: il y a beaucoup de monde le week-end. Nous avons donc préféré aller à la cascade d’Hornocayo, très belle mais moins accessible en raison du mauvais état du sentier. En contrepartie, nous étions peu nombreux sur le site, même un dimanche. Il n’y a pas de balisage à proprement parler mais quelques indications qui sont suffisantes pour ne pas s’égarer.

Les démons de pierre de San Agustin

Visages grimaçants au sourire carnivore, yeux de poissons, dents de chauve-souris, griffes de puma, insolites mais point menaçantes, les divinités de San Agustin ont gardé tout leur mystère. Nul n’est capable aujourd’hui de dire quelques peuples les ont érigées ni d’expliquer leur rôle dans la société antique. Gardiens des tombeaux, messagers de l’au-delà, les statues de pierre sont tombées dans l’oubli avant que les archéologues ne se penchent sur leur destin.

Au début du XXème siècle, les monstres de pierre ornaient la place du petit village de San Agustin ou servaient de pierre d’angle à une maison. Certaines statues, dérobées, ont par la suite été retrouvées en France ou au Danemark. Dans un effort pour sauvegarder le patrimoine archéologique de la Colombie, les autorités se sont efforcées de restituer l’authenticité du lieu de culte. Certaines statues ont été replacées sur leur site d’origine, d’autres ont été regroupées dans un bois, à proximité des tombeaux, surnommé le « bois de statues ». Les dernières, enfin, ont été excavées et redressées à l’endroit même où elles furent découvertes.

La visite du site principal est une petite promenade à travers bois et collines, d’un site à l’autre, d’un dolmen à une source, d’une figure de singe à celle d’un oiseau. Certaines représentations sont admirablement conservées, fascinantes dans la richesse et parfois l’insolite des détails.

Le lendemain, nous sélectionnons un site moins fréquenté, sauvage et majestueux, à quelques trois kilomètres de notre hôtel. C’est donc à pied que nous nous y rendons. La déesse Chaquira, gravée dans la pierre, mains levées vers le ciel, veille sur le lieu, époustouflant: le canyon ruisselant de verdure de la rivière Esmeralda.

L’après-midi, c’est à bord de notre 4X4 que nous nous rendons par la piste au site de l' »Alto de los Idolos ». Ici, les statues de pierre, plus récemment découvertes, n’ont jamais été déplacées, simplement redressées ou consolidées. Le site est merveilleusement serein et agréable.

Il reste des sites à explorer, mais notre troisième jour, dans le cadre bucolique de notre hôtel, est studieux afin de se mettre à jour dans les leçons. Les enfants ont très bien travaillé, bravo!


Pour les voyageurs:

  • Notre hébergement: La Casa de François, hôtel très réputé, à juste titre. Les chambres sont charmantes et bon marché, le jardin est agréable, le restaurant est délicieux. Nous avons payé 110.000 COP pour une cabane de 5 personnes (prix négocié). Service de laverie (linge) bon marché sur place.
  • En ville, sur la place du village, le café Macizo ne sert pas d’expresso digne de ce nom, mais de délicieuses boissons glacées à base de café, ainsi qu’une très bonne infusion de fruit (aromatizada de frutas).
  • La boulangerie-pâtisserie française du village est définitivement fermée.

Tierradentro

Tierradentro, la terre intérieure… Le site archéologique est éloigné de toutes villes, assez difficilement accessible, au bout d’une piste abimée. Les trésors qu’il recèle sont sublimés par le cadre magnifique de montagnes verdoyantes.

Pour visiter le site de Tierradentro, il nous faut chausser nos bottines de randonnée et partir pour une balade de 14 kilomètres, qui grimpe à flanc de montagne, redescend légèrement vers un village, grimpe à nouveau vers une crête, puis une autre, pour dévaler à pic vers notre point de départ. Au cours de la balade, tels des explorateurs, on découvre des tombes, des cavités souterraines sombres dans lesquelles il faut s’aventurer pour apercevoir peintures et sculptures séculaires, tracées et gravées par des peuples dont on ignore tout aujourd’hui encore.

A la lueur d’un lampe torche, on gravit dans un sens puis dans l’autre de larges marches irrégulières, espérant chaque fois découvrir quelque nouveau détail. Certaines tombes sont très endommagées, vierges de tout motif mais d’autres sont encore magnifiques.

Trois sites et quelques dizaines de tombes plus tard, nous voici parvenus au village de San Andres, assez proche de notre point de départ. Afin de profiter de la piscine de notre hôtel et de progresser dans les leçons, on décide d’écourter la promenade et de parcourir les 7 kms restants le lendemain.

Seulement le lendemain… il pleut! Nous mettons le mauvais temps à profit pour visiter les deux petits musées du site, puis préparons vestes et pantalons pour se rendre malgré tout au site de San Andres, facilement accessible depuis le village. Petite pause-déjeuner au village, avant de se mettre en route, pause pendant laquelle la pluie cesse et le ciel s’éclaircit.

On explore donc les tombes du site de San Andres et puis on se sépare: Lucie et papa décide de profiter d’une après-midi calme, tandis que le reste de la famille part à l’assaut de deux petits sommets qu’il faut gravir pour accéder au dernier site, El Aguacate… le plus beau de tous si l’on se réfère à sa situation géographique! Les dizaines de tombes ont été aménagées le long d’une crête, la vue aux alentours est fabuleuse. Les petits aventuriers ne sont pas en reste, les efforts fournis pour grimper sont vite oubliés, car ici, contrairement aux autres sites, les tombeaux ne sont pas scellés mais simplement protégés des intempéries par une toiture. Les enfants en explorent chaque recoin comme s’il dissimulait un trésor. Après une heure de découverte archéologique, il est temps de descendre par un sentier qui suit la crête avant de dégringoler à flanc de montagne.

Seul déception: le site n’était pas gardé ce jour-là, les enfants n’ont pas pu obtenir  le dernier tampon qui leur manquait dans le passeport qui fait office de ticket d’entrée pour le site.

En résumé, toute la famille a adoré Tierradentro, un site magnifique à découvrir!


Pour les voyageurs:

  • Nous avons logé à l’hôtel El Refugio: d’apparence luxueuse, il est en fait plutôt bon marché (106 000 COP la chambre quadruple, avec une délicieuse douche chaude), le cadre et la piscine sont très agréables. Pour les petits budgets, on peut aussi y camper. Attention, la piscine fait en quelque sorte office de piscine municipale et est envahie par les familles colombiennes le week-end! C’est sympathique mais plutôt mouvementé.
  • Bon rapport qualité-prix pour les repas (et jus de fruits délicieux) à l’hôtel-restaurant La Portada, dans le village de San Andres.

Pour les randonneurs: la randonnée fait 14 km dans son entièreté, elle est magnifique. Pas de difficultés particulières, mais ça grimpe bien par moment!

Des fourmis à Barichara

Nous repartons de Bucaramanga avec le projet de faire une halte à la Mesa de Los Santos, un endroit spectaculaire au bord du canyon de la Chicamocha. Arrivés au canyon, dans un cadre effectivement remarquable, nous nous mettons en quête d’un hébergement. En vain, car ici, à 80 kilomètres à peine d’une grande métropole, les auberges sont plutôt coûteuses. Comme le temps est également maussade, nous choisissons de passer notre chemin et de continuer la route vers notre prochaine étape.

L’étape suivante est le petit village de Barichara. Nous y trouvons rapidement un petit hôtel à notre goût et dans notre budget. Barichara est un lieu idyllique, un village dans lequel nous serions avec plaisir demeurés quelques jours, voire quelques semaines de plus, si nous n’étions désormais pressés par le temps: des maisons blanches rehaussées d’une joyeuse touche de couleur, des rues tranquilles pavées de larges dalles de pierre, une atmosphère paisible, hors du temps et des tumultes de la ville. Nous y retrouvons le plaisir de ne rien faire, allongés dans les hamacs du patio, au milieu des fleurs et des grenadiers.

Pas trop nonchalants tout de même, nous partons pour effectuer la randonnée du « camino real », très renommée, une promenade facile de 5,5 kilomètres, le long d’un sentier historique reliant le village de Barichara à celui de Guane, une agréable balade avec les enfants.

Et les fourmis? Les « hormigas culonas », des fourmis géantes, se dégustent grillées et sont la spécialité culinaire de la région. Elles sont une friandise plutôt coûteuse dont nous en achetons un petit pot dans une épicerie sur la place du village. Après les grillons, les vers à soie, les cafards et les tarentules déjà dégustés en Asie, voici donc l’occasion d’une nouvelle expérience gustative. Et quelle expérience! Les fourmis sont croquantes, légèrement salées, avec un parfum prononcé de noisette; on se régale! Barichara est décidément un lieu que nous quittons avec regrets.


Pour les voyageurs:

Notre hôtel était le « Color de hormiga », à quelques pas de la place principale. Pas de parking sur place (mais possibilité de se garer dans un parking privé à deux rues de là, dans la carrera 5). Bon marché, très propre, très bien tenu avec une belle cuisine et un superbe patio.

Pour les randonneurs:

La promenade du Camino réal (5,5km) est très facile et bien signalisée. Des vues splendides et un chemin aisé à parcourir. Pour le retour, il suffit de prendre le bus qui circule toutes les heures et 15 minutes entre Guane et Barichara . Il y beaucoup d’autres possibilités de randonnées dans la région, avec ou sans guide, que nous n’avons pas explorées.