Archives de Catégorie: Birmanie

Merci!

Comme certains le savent, je suis revenu, avec Lise, pendant 15 jours, en Belgique. La raison était que ma maman devait faire un séjour à l’hôpital. Nous avons passé du temps avec elle, et aussi du temps chez plein de gens qui ont eu la gentillesse de nous inviter. Je tenais ici, de manière exhaustive, à remercier chacun d’entre vous.

En premier lieu, le personnel de l’excellente assurance Mondiale assistance (assurance Cap aventure achetée chez Chapka direct), qui, en 2 heures, nous ont trouvé un billet Mandalay (Birmanie) – Bangkok, puis Bangkok – Bruxelles en direct et retour. Je tiens vraiment à les remercier car que ce soit tant au niveau des quelques frais de médecin sur place (à Bangkok et Hanoi) ainsi que du retour suite à l’hospitalisation de ma maman, ils ont vraiment été toujours très efficaces.

Maman, qui nous a accueillit chez elle. Oups, elle était surprise de nous voir devant sa porte un samedi matin!

Marie-Noëlle, qui est venu nous chercher et nous reconduire à l’aéroport.

Anne-Catherine et Manu, qui ont accueillit Lise chez eux.

Jean-Marc et Leila, qui ont aussi accueillit Lise.

Bernadette et Frank, Aude et Laurent, pareil!

Mimi, chez qui nous sommes passés à Waterloo.

Johan, Sylvie, Alice, William et Claire. J’ai vu pour la première fois ma filleule qui est née en janvier, quel plaisir! Merci aussi de m’avoir logé et nourrit à plusieurs reprises!

Régis et Stéphanie, qui m’ont invité à partager l’agneau pascal.

Fanny et Boris, qui m’ont logé et nourri dans leur château en pleine rénovation. A cette occasion j’ai aussi revu Nicolas et Val, c’était aussi un plaisir!

Yves et Nadia, qui m’ont nourri et logé – merci pour le très bon morceau de bidoche!

David et Aurélie, qui m’ont invité à manger et chez qui, aussi, j’ai mangé de la très bonne viande!

Capucine, avec qui j’ai passé quelques soirées et qui m’a prêté son divan.

Chantal, Michel et (St-)Nicolas, qui nous ont très gentiment offert le restaurant à moi et à maman.

Eric, qui m’a véhiculé a plusieurs reprises, et qui m’a logé dans d’excellentes conditions!

Sébastien et Régine, qui m’ont invité à manger.

Thibaut et Tania chez qui j’ai passé une bonne soirée.

Pascal du Bon.Comme à Walhain, qui m’a offert du pain et du pain à la grecque, que j’ai ramenés à Bangkok au plus grand plaisir de nous tous. Merci aussi à Gaëtan pour son pain au chocolat!

Les parents de Joëlle ainsi que Anne-Karine et Nicolas, qui ont accueilli Lise pendant un week-end.

Nicoles et Jacques que j’ai croisé par deux fois durant ces 15 jours.

Jèrome, le papa de Elisa, Kate, la maman de Leya, Capucine, la maman de Clara et Emeline, qui ont accueilli Lise

Groly et Valérie chez qui j’ai dégusté, entre autre chose, le meilleur chicon au gratin que j’ai jamais mangé de toute ma vie.

Plein d’amis que j’ai eu au téléphone mais que je n’ai malheureusement pas eu le temps de voir (Patrice, Solenn, Rebecca, Véronique U…)

Xavier, Charles, Thibaut, Jean-Jacques, Fabrice, Philippe, Pouss, Clarence,  que j’ai eu plaisir à revoir et à battre aux cartes!

Etienne, mon ami pâtissier, que j’ai revu à l’école, ainsi que son collègue Carl.

Dirk et Françoise (Le Délit gourmand, Jambes), chez qui je suis allé manger avec Johan (merci d’ailleurs). Les rognons étaient comme toujours excellents.

Laurence, la directrice de l’école primaire, qui a accueilli Lise au sein de l’école une semaine, et qui lui a donné un pull (il faisait froid en Belgique, on n’était pas vraiment équipés).

Les « Madames » de l’école maternelle et primaire que j’ai revu avec plaisir.

Isabelle, Rufus et Elisa, que j’ai eu plaisir à revoir en passant à l’improviste.

Géraldine, avec qui nous avons partagé un repas à Kokuban à Bruxelles, en compagnie de Lise, Marie-Noëlle, Cyril et Maman.

Les parents d’élèves que j’ai croisés.

Olga et Bruno qui étaient aussi surpris de me voir et que Loïc se réjouit de revoir dans quelques mois.

Si j’ai oublié quelqu’un, pardon! J’accepte les insultes par email uniquement!

Merci à tous, on se reverra en septembre.

Les parcs et les pagodes de Yangon

La dernière étape de notre voyage en Birmanie est l’ancienne capitale du pays, Yangon. Avec ses quatre millions d’habitants, Yangon est la plus grande métropole du pays.

Notre auberge est idéalement située en plein coeur de Downtown, le centre historique de la ville coloniale. Comme les deux-roues sont interdits à Yangon (une des bizarreries de la dictature), la circulation au centre-ville est incroyablement dense, chaotique. Les rues, pourtant larges, sont encombrées de véhicules stationnés souvent perpendiculairement au trottoir. Les nombreux bus s’arrêtent en double, triple file. Le contrôleur surgit alors par la portière, et hurle en birman, énumérant probablement les prochains arrêts du bus. Lorsque plusieurs bus sont stationnés, le vacarme est assourdissant. Les trottoirs sont également animés, parsemés d’échoppes ambulantes, de stands offrant de la nourriture. Nous avons peu eu l’occasion d’apprécier la nourriture de rue en Birmanie, nous nous asseyons donc avec plaisir sur des tabourets en plastique, autour d’une table couverte de diverses brochettes. Le principle est simple: on se sert à volonté et, à la fin du repas, la vendeuse compte le nombre de brochettes consommées en recensant les petites piques en bois puis annonce le prix final. Pour une vingtaine de brochettes, nous payons 1800 kyats, soit environ 1 Euro 50. C’est bon et bon marché.

Nous nous baladons un peu dans downtown. C’est un quartier populaire, bruyant et vivant. Les immeubles sont délabrés, les nombreux bâtiments coloniaux sont soit superbement rénovés, s’ils abritent aujourd’hui une banque ou un hôtel de luxe, soit à l’abandon. En plein coeur de la ville, les immenses et magnifiques bâtiments ministériels ont été désertés du jour au lendemain lors du déménagement vers la nouvelle capitale et tombent désormais en ruine. L’animation de downtown est agréable le soir, mais dans la chaleur du jour, nous y échappons en nous réfugiant dans le calme des pagodes et des parcs de la ville.

Il y a l’immense pagode Shwedagon, bien sûr, magnifique au soleil. Comme il fait très chaud, on progresse d’espace ombragé en espace ombragé et on court, pieds nus sur les dalles brûlantes, d’un espace à l’autre. Il nous faudra presque deux heures pour visiter cette large esplanade. Ensuite, on se balade dans le people’s park, très bien entretenu, et doté d’un mini parc d’attraction.

Le lendemain, on choisit la fraîcheur du musée national. Le trône du roi Thibaw est très impressionnant, les enfants  apprécient également beaucoup la collection d’instruments traditionnels (dont un xylophone en forme de crocodile). Cependant le musée est peu entretenu, l’air conditionné fonctionne mal et il fait de plus en plus chaud à mesure que l’on gravit les étages. Après la visite, on dirige donc vers un nouveau parc, celui du lac Kandawgyi. Il y a une petite plaine de jeux, et un longue passerelle en bois contourne le lac. En suivant celle-ci, nous marchons plusieurs kilomètres.

Pour notre dernier jour, avant de prendre l’avion pour Bangkok, nous choisissons de nous rendre dans un parc à proximité de notre hôtel, le parc Maha Bandoola. De nouveau, celui-ci est magnifiquement entretenu, ce qui est surprenant au coeur du chaos de downtown. La petite plaine de jeux est en parfait état, mais il fait trop chaud pour y jouer longtemps. D’ailleurs, il est déjà temps de nous rendre à l’aéroport.

En train de nuit

L’une des difficultés du voyage en Birmanie, c’est la lenteur des transports. Les véhicules, trains, bus, voitures, peuvent rarement circuler à plus de 30 km/h, en raison du mauvais état des voies et des routes. En conséquence, pour parcourir les 600 kilomètres qui séparent Bagan de Yangon, nous choisissons d’expérimenter le train de nuit. 18 heures de trajet, sans compter les retards, mais avec l’espoir d’une bonne nuit de sommeil. Le billet est bon marché, environ 16 dollars pour une couchette, tout en faisant l’économie d’une nuit d’hôtel. Le train étant prévu à 17 heures, nous arrivons à la gare avec un peu d’avance. Notre chauffeur de taxi dépose nos bagages dans la salle d’attente pour touristes: c’est une pièce immense, à l’air conditionné, pourvue seulement de trois fauteuils en rotin. Etrange… Commence alors l’incertitude de l’attente. Combien de minutes de retard notre train aura-t-il? Ces préoccupations ne tracassent pas Lucie et Loïc qui jouent avec une petite voiture télécommandée empruntée au personnel de la gare. A 17h40, le train entre en gare. Nous montons dans l’unique wagon-couchette. Le train est vieillot mais le compartiment très large et les lits plutôt comfortables. De plus, coup de chance, nous serons les seuls occupants de ce compartiment.

Dans le compartiment
Dans le compartiment

Le train s’ébranle et part en cahotant. Les fenêtres ouvertes pallient à l’absence d’air conditionné. Nous traversons des petites villes, des villages. De nombreux enfants nous font signe au passage.  La nuit tombe, Lucie et Loïc s’endorment rapidement. Allongé sur la couchette, on peut voir les étoiles par la fenêtre ouverte. Réveil à 8h30, à l’arrêt dans une gare. Nous achetons le petit déjeuner aux vendeurs ambulants qui nous tendent leur marchandise à travers la fenêtre: oeufs de caille, beignets salés et une bouteille d’eau fraîche. Il reste plus de 200 kilomètres à parcourir. Les gares se succèdent. La matinée s’écoule, il fait de plus en plus chaud dans le compartiment. Finalement, nous atteignons Yangon, avec deux heures de retard, à 13 heures. Un trajet plutôt agréable, même si un peu trop long!

Les temples de Bagan

Bagan est probablement le site le plus touristique de Birmanie. Je redoutais un peu de me frotter aux innombrables touristes qui fréquentent les temples centenaires de cette plaine aride du centre du pays. Quel plaisir donc de constater que les visiteurs ne sont pas si nombreux que cela!

Tout d’abord parce que la période de l’année se prête peu au tourisme: nous sommes au coeur de la saison chaude, peu avant la saison des pluies, et il fait effectivement chaud, très chaud. Plus de 40 degrés centigrade, quotidiennement.. Ensuite, parce que le site est si grand qu’il est facile de s’éloigner des sentiers battus et de visiter des temples à l’écart de toute foule.

Après un trajet nocturne éprouvant dans un bus bondé, doté de sièges vaguement inclinables, nous atteignons notre hôtel, situé dans la petite ville de Nyaung U, toute proche de Bagan, à 5h30 du matin. Heureusement, notre chambre est déjà disponible et nous avons l’opportunité de nous reposer encore un peu avant d’entamer une première journée de visite.

Comme le site de Bagan est plat et étendu, il se visite de préférence à vélo, et, comme il fait très chaud, la majorité des loueurs de bicyclettes propose également des deux-roues électriques. C’est donc à trois sur un vélo électrique que nous partons visiter les temples, à l’aventure. Pas de carte, on se laisse guider par notre instinct et on s’arrête quand un temple nous séduit. Les temples les moins visités sont parfois les plus intéressants pour les enfants, car ce sont les seuls dont les terrasses sont accessibles. On grimpe tels des aventuriers par d’étroits escaliers dans les murs de brique. En haut, la vue est magnifique. Au hasard de notre exploration, on découvre quand même certains temples célèbres ou on s’enlise dans les chemins de sable.

Le troisième jour, pour éviter la routine de nos balades, je décide de louer les services d’un taxi pour nous rendre au Mont Popa, une montagne sacrée située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bagan. Les enfants ne sont pas enchantés de prime abord, car ils aiment nos flâneries à vélo. Ils apprécient tout de même l’excursion et la nouvelle ascension. Le lendemain, ils sont cependant ravis de faire une dernière balade à vélo.

A 16h, il nous faut quitter la ville, direction la gare. Suite à l’expérience du bus de nuit, bondé et inconfortable, nous avons décidé de parcourir le trajet suivant en train-couchette. Départ de Bagan à 17h (sans compter les retards légendaires sur la ligne, notre train entrera en gare à 17h40), arrivée prévue à Yangon le lendemain à 11h du matin…

Rando et vélo à Hsipaw

Quelques articles pour vous relater les dernières semaines de nos aventures en Birmanie…

Après la frénésie de Mandalay, c’est un plaisir de découvrir la petite ville de Hsipaw, presque un village, dans l’état du Shan. Hsipaw est en altitude, il y fait un peu moins chaud. Les rues sont calmes, le marché animé.

Hsipaw est entourée de petites montagnes où vivent de nombreuses ethnies. A peine arrivés, nous organisons une randonnée guidée de deux jours pour découvrir les montagne environnantes. Départ à 7h30 le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner. La première heure de randonnée se fait sur un terrain relativement plat, facile. Après une courte pause dans un village Shan, l’ascension commence, la pente se fait plus raide. Par chance, il fait gris et la chaleur est supportable. Le guide est plein d’entrain, invente avec moi des jeux pour motiver les enfants. Quant l’ascension se fait trop ardue, nous nous relayons pour porter Lucie dans le sac à dos. Après 6 heures de marche, nous sommes arrivés au premier sommet, un peu de répit avant une nouvelle ascension. Il reste environ une heure de marche pour atteindre notre but, un village de l’ethnie Palaung où nous passerons la nuit. Lucie n’a déjà plus très envie de marcher lorsqu’une moto s’arrête à notre hauteur. Des villageoises rentrent chez elles après avoir fait des achats en ville. Lucie s’installe gaiement entre les dames et les paquets, et la voici partie, toute heureuse. Evidemment Loïc est jaloux, mais il faut peu de temps pour que l’on arrête un deuxième deux-roues qui accepte de le prendre en stop. Restés seuls, les adultes peuvent accélérer le pas pour atteindre le village de Pankam trois quarts d’heure plus tard.

Le village est assez grand, plus de 100 familles. Chaque foyer a sa propre installation solaire qui lui permet de produire l’électricité dont il a besoin. Il y a deux points d’eau, dont un a été installé récemment avec l’aide d’une organisation non-gouvernementale. L’école, un bâtiment assez large, est close aujourd’hui: ce sont les vacances scolaires. Les Palaung sont d’excellent cultivateurs de thé, qu’ils appellent “l’herbe de l’immortalité”. C’est la saison de la récolte: en nous promenant dans le village, nous croisons de nombreux groupes de cueilleurs qui rentrent au village chargés d’un panier rempli de feuilles vertes.

Une fois récoltées, les feuilles de thé sont déposées en vrac sur de larges nattes de bambous. Le soir venu, famille et voisins se réunissent pour l’opération de “roulage” du thé. Les feuilles sont d’abord étuvées pendant une dizaine de minutes puis déposées, fumantes, sur une table garnie d’un tapis de bambou. Chaque participant saisit alors un petit tas d’herbes brûlantes et entreprends de le rouler, un peu comme s’il abaissait une pâte avec un rouleau à pâtisserie imaginaire. L’opération de roulage ne dure que quelques minutes mais est essentielle pour minimiser l’amertume du thé. Certaines familles utilisent une petite machine pour rouler le thé; cela amuse beaucoup Loïc. Après le roulage, le thé est emballé pour être vendu en ville.

Nous dormons dans la maison du chef du village. Le confort est sommaire mais acceptable, les repas végétariens sont tout simplement délicieux. La salade de feuilles de thé vert est une merveille. Pas d’alcool, je vous laisse deviner quelle est la boisson que l’on nous offre chaque fois que nous sommes invités à franchir le pas d’une porte…

Le lendemain, nous repartons tôt en direction de la ville, nous avons plusieurs heures de marche devant nous. Nous prenons un sentier escarpé vers le sud. Après l’orage de la veille, il fait maintenant beau et chaud, un peu trop pour des randonneurs. Heureusement, nous ne faisons que dévaler la montagne. Nous sommes de retour à l’hôtel en début d’après-midi.

Après cette belle randonnée, le reste de notre séjour à Hsipaw sera consacré à l’exploration oisive des environs de la ville à vélo. Sous la chaleur, chargée des deux enfants sur le porte-bagage, difficile d’envisager une longue excursion. On commence par longer la rivière vers le sud, on traverse des villages, on retourne en ville juste à temps pour éviter l’averse. On s’installe sous un abri, à la terrasse d’un café, et on contemple le déluge sur la rivière en dégustant un délicieux café Shan et un bon gâteau au chocolat. Le lendemain, on s’aventure au nord, on visite un monastère, des temples en ruine et on s’arrête pour paresser et jouer dans le grand jardin ombragé d’un petit restaurant familial. Vers 16h, il est tant de rentrer pour se préparer à l’épreuve du bus de nuit en direction de Bagan, dans le centre de la Birmanie.

Encore Mandalay

Quelques lignes pour raconter la suite de nos aventures à Mandalay. Nous avons choisi de passer deux journées calmes, avec visites le matin seulement et jeux et études l’après-midi.

La première matinée, notre chauffeur de taxi nous propose de visiter le monastère aux serpents, à une vingtaine de kilomètres au sud de Mandalay. Le monastère abrite trois pythons;  nous arrivons juste à temps pour assister à la cérémonie du bain. Les pythons sont hors de leur sanctuaire. Nous pourrons les photographier, les toucher et même les nourrir.
A quelques centaines de mètres du monastère se trouve en site étrange, mi à l’abandon où se dresse des dizaines de stupas très anciens, certains restaurés, la plupart en ruine. C’est magnifique.
Ensuite, nous retournons en ville pour visiter l’un des temples les plus célèbres de Mandalay, la pagode Mahamuni. Les fidèles se pressent pour déposer des feuilles d’or sur la statue du Bouddha, qui est désormais recouvert d’une solide couche du métal précieux. On profite encore de notre véhicule pour aller visiter une fabrique de feuilles d’or. Les ouvriers tapent avec une masse sur des rubans d’or pendant plus de cinq heures pour créer ces délicates feuilles.
La seconde matinée, nous nous rendons à pied à un monastère qui abrite un petit rocher d’or. Un défilé de nonnes et des chants attirent notre attention. Nous nous dirigeons vers une salle qui s’avère être le réfectoire. Une dame s’avance vers nous. C’est elle qui offre le repas aux quelques 500 nonnes du monastère. Dans la religion bouddhique, il importe d’améliorer son esprit, son kharma, par de bonnes actions. Cette dame propose un repas aux nonnes 4 fois par mois et leur fait distribuer également des objets de première nécessité comme du savon ou de la lessive. Nous sommes invités à partager le repas. Certaines nonnes ne sont pas plus âgées que Lise ou Loïc. Ce sont des enfants issus de famille pauvres, ou des orphelins, qui reçoivent un toit, de la nourriture et une éducation au monastère. Nous découvrons ici un autre aspect de la société birmane.

Autour de Mandalay

Etrangement, le royaume birman n’a cessé de changer de capitale au cours des siècles. Il y a eu, dans le désordre, Sagaing, Inwa, Amarapura et Mandalay.  Chaque dynastie établissait sa légitimité en créant une nouvelle capitale, parfois à quelques kilomètres de l’ancienne. Difficile de s’y retrouver, mais ce qui est certain, c’est que les sites touristiques abondent aux alentours de Mandalay.

Nous commençons notre excursion à l’aéroport de Mandalay, dans l’espoir d’apercevoir l’avion Solar Impulse, actuellement en escale en Birmanie. C’est peine perdue, l’avion est gardé dans un hangar inaccessible. Un peu déçus, nous continuons notre route vers le site suivant. Notre chauffeur nous arrête devant une pagode en construction. Le bâtiment est presque entièrement recouvert de jade délicatement sculptée. L‘extraction et le commerce de la jade est une des ressources majeures de la Birmanie. Autour de la pagode, d’immenses bâtiments qui abriteront le futur marché de jade.
Quelques kilomètres encore et nous arrivons au pied de la colline de Sagaing. Il s’agit ici aussi d’une colline sacrée qui est parsemée de dizaines de pagodes. L’ascension est assez aisée, mais la vue sur le fleuve Ayerwaddy et les collines environnantes, elles aussi ornées de stupas, est remarquable.
L’après-midi, nous allons visiter Inwa, à quelques kilomètres de Sagaing. La cité est devenue étrangement rurale, seuls subsistent les murs d’enceintes et quelques monuments dissimulés. A Inwa, il n’y a plus à proprement parler de ville et pas de routes ni de taxis. Pour s’y rendre, on traverse d’abord un bras de fleuve en bateau. De l’autre côté du fleuve, de nombreuses charrettes à cheval attendent les touristes, afin de les promener d’un site à l’autre à travers la campagne. Nous hésitons un peu puis décidons de faire la balade à pied. Les conducteurs de charrette paraissent déroutés; il semble que fort peu de touristes choisissent cette option. C’est pourtant une magnifique balade d’une dizaine de kilomètres, tantôt le long des chemins empruntés par les chevaux, tantôt solitaire à travers les rizières.
Pour finir la journée, nous nous rendons à Amarapura. L’attraction majeure de cette cité, c’est l’immense pont en teak, long de 1,3 kilomètres, qui enjambe le lac. Après cette dernière balade, tout le monde est bien fatigué lors du retour vers Mandalay!

Visite de Mandalay

Après un long trajet en train, somme toute pas désagréable, nous sommes arrivés dans le Nord de la Birmanie, à Mandalay. Mandalay est une grande ville d’un million d’habitants. C’est surprenant de retrouver ici l’ambiance des grandes métropoles; immeubles, centres commerciaux, feux rouges… Notre hôtel offre aussi tout le confort d’un établissement à l’occidentale.

Mandalay est une ancienne capitale du royaume birman: pour notre première journée, nous choisissons de visiter les vestiges de l’ancienne capitale, situés au nord de la ville. Nous commençons par l’ascension, à pieds nus car il s’agit d’un lieu de culte, de la colline de Mandalay. L’unique butte de la ville est parsemée de bouddhas, de pagodes et de monastères. On y grimpe par un réseau d’escaliers couverts, plus de 900 marches jusqu’au sommet. On admire la vue à 360° sur la plaine, et particulièrement l’immense enceinte fortifiée de l’ancien palais royal. De retour au pied de la colline, nous continuons notre promenade, chaussés cette fois-ci, en direction de deux temples qui abritent le plus grand livre du monde: des milliers de stèles de marbre sur lesquelles sont gravés les enseignements de bouddha.

Nous marchons ensuite vers le sud pour admirer un splendide monastère en bois de teck. Déplacé hors de l’enceinte du palais royal sur les ordre d’un monarque superstitieux, le monastère a ainsi échappé aux bombes larguées sur le palais en 1945. Du palais royal, il ne restait après la guerre que l’enceinte. Les principaux bâtiments ont cependant été reconstruits à l’identique en 1990. L’ensemble reconstitué se visite et nous parcourons encore trois kilomètres pour l’admirer. C’est particulièrement du haut de la tour de garde délabrée que l’on contemple la plus belle vue sur les toits ciselés du palais et sur l’immense parc qui l’entoure.

Après cette grande balade, il est temps de rentrer à l’hôtel, en taxi cette fois.

Escale à Toungoo

Les moyens de transports sont particulièrement lents en Birmanie et nous essayons d’entrecouper les longs trajets d’étapes hors des sentiers battus. Nous avions envie d’avoir un aperçu de Naypyitaw, la capitale fantôme du Myanmar, une ville immense, dépeuplée, construite en quelques mois sur base de prédictions astrologiques. Cependant, la ville est compliquée à visiter : les touristes ne sont autorisés à pénétrer que dans certaines zones, les hôtels sont chers, excentrés, les transports publics sont inexistants et les prix des courses en taxi est exorbitant pour le pays. Pour éviter d’y laisser notre portefeuille, nous décidons finalement de faire escale 200 kilomètres au sud de Naypyitaw, dans la petite ville de Toungoo.

Toungoo n’est pas vraiment une étape touristique. Les voyageurs s’y arrêtent parfois une nuit, en route pour Mandalay ou le lac Inle. Pour nous, cette escale est l’occasion de se détendre quelques jours au calme et de découvrir la vie rurale en Birmanie. Notre hôtel, luxueux par les standards birmans, est situé en bordure de la ville, à proximité d’un petit village. Nous espérions du calme, mais la première nuit est courte, en raison de bruyantes festivités dans le village voisin.

Le lendemain, après un petit déjeuner gargantuesque pris à l’hôtel, nous décidons de visiter ce même village. Nous découvrons rapidement la cause du tintamarre. Dans la première maison du village a lieu une fête familiale (un mariage ?). Les villageois nous invitent immédiatement à nous joindre à eux et nous servent un plat de nouilles de riz agrémentées d’une soupe de pois. Nous n’avons pas vraiment faim, mais mangeons un peu, par politesse. C’est vraiment délicieux. La fête se termine, la musique s’est tue et nous prenons congé quelques minutes plus tard. Nous continuons notre promenade dans le village. Les villageois, et particulièrement les enfants, viennent nous saluer tandis que nous marchons jusqu’au petit monastère du village. Ce sont les vacances scolaires en Birmanie et beaucoup de petits garçons profitent des trois mois de congé pour effectuer leur noviciat au monastère. Dans la cour du lieu de culte, il y a de nombreux enfants, crânes rasés, enveloppés dans la robe brune des moines birmans. Un adulte nous invite à entrer dans la salle commune et nous offre de partager le repas des moines. De nouveau, cela à l’air délicieux, mais nous déclinons poliment, rassasiés. Nous acceptons cependant une tasse de thé, qui sera, pour les enfants, accompagnée des bananes, raisins et biscuits. Le repas des moines terminé, nous quittons le monastère et continuons notre balade. Au sortir du village, deux adolescentes nous accostent. Elles parlent un bon anglais et nous invitent dans la maison familiale. Elles nous expliquent qu’elles apprennent l’anglais en regardant la télévision. Elles sont ravies de bavarder, nous offre un verre d’eau et nous invitent, de nouveau, à manger, offre que nous déclinons. Après avoir salué la famille, nous repartons en direction de l’hôtel où les enfant passeront l’après-midi à étudier et à jouer.

Les temples de Bago

Notre arrêt à Kyaitko, planifié pour aller admirer le célèbre rocher d’or a été supprimé de notre parcours. A Hpa-An, nous sommes montés dans le bus en direction de Yangon, avec arrêt à Kyaitko. Seulement, on vous l’a dit, voyager en Birmanie est un peu plus compliqué qu’ailleurs: le bus ne s’est pas arrêté à Kyaitko et nous a déposé presque 200 kilomètres plus loin, dans la ville de Bago.

Nous avions songé faire halte à Bago, nous y sommes arrivés avec un jour d’avance. Le rocher d’or? Nous n’avons pas trop de regrets; c’est une escale très touristique, chère, et que certains voyageurs nous ont dit avoir peu apprécié.

La première impression de Bago n’est pas la meilleure. La ville est traversée par une ancienne autoroute, une voie large, encombrée, bruyante, polluée et extrêmement dangereuse. Nous nous mettons en quête d’un hôtel, dans la chaleur et le bruit. La plupart des établissements visités sont vétustes, les chambres sont chères. Nous finissons par trouver une chambre triple convenable pour 35 dollars la nuit, ce qui est acceptable en Birmanie.

Le lendemain, nous commençons la journée sous de meilleurs auspices, par un excellent petit déjeuner au café Hadaya, à quelques pas de notre hôtel : un délicieux thé aux épices et de nombreuses pâtisseries, sucrées ou salées, d’inspiration indienne. Nous commençons ensuite notre exploration de la ville.

Bago comporte plusieurs sites historiques très anciens. La tenancière de notre petit hôtel se fait un plaisir d’expliquer aux touristes comment visiter les sites sans s’acquitter de la « taxe archéologique » de 10 dollars, due à l’entrée de certains, ceci tant par souci d’économie que pour éviter d’enrichir les membres du gouvernement qui empochent la taxe. Nous commençons donc la visite par la découverte des sites placés à l’est de la ville : la remarquable pagode Shwemawdaw, dont seul l’accès ouest est gardé et payant. Nous entrons par le nord, contournons la pagode, et ressortons par l’est. Une longue voie couverte relie la pagode Shwemawdaw à la pagode Hintha Gon; la balade, calme et ombragée, est agréable. Seuls des moines et des novices empruntent la voie.

Après la visite de Hintha Gon, nous hésitons un peu quant à savoir par quel moyen rallier les sites au sud de la ville. Il fait désormais trop chaud pour parcourir aisément les deux kilomètres à pied. Nous sommes invités à grimper à l’arrière d’un pickup, en compagnie de touristes birmans. Le pickup nous dépose à proximité du monastère du serpent. Nous sommes surpris de découvrir qu’il se nomme ainsi non pour des raisons mythologiques, mais parce qu’il abrite un immense python! L’animal dort paisiblement, indifférent aux pèlerins qui déposent des billets sur ses écailles.

De là, nous marchons quelques centaines de mètres, pour atteindre le belvédère de la pagode Shwe Taung Yoe. De là, la vue sur les monuments de la ville est magnifique. On aperçoit au loin la pagode Mahazedi, située à six kilomètres, à l’ouest de la ville. Pour nous y rendre, nous hélons un tuk-tuk. Il est quinze heures lorsque nous arrivons au pied du stupa Mahazedi.

Comme partout en Birmanie, il faut ôter ses chaussures pour pénétrer sur le site. La visite à pieds nus est difficile, car la faïence chauffée par le soleil brûle la plante des pieds. Cela n’empêchera François-Xavier et Loïc (et Lise) de grimper au sommet du majestueux stupa, ascension que seuls les hommes sont autorisés à entreprendre. Notre chauffeur nous emmène ensuite visiter deux sites proches : un magnifique et ancien (même si récemment rénové) bouddha couché décoré de mosaïques et un autre, construit en 2002. Les petits bourlingueurs ne se lassent pas de découvrir des édifices religieux, tous différents et remarquables.

Cependant, il est déjà tard et il nous faut encore acquérir notre billet de train et manger notre repas du soir, tôt, comme de nombreux birmans. Le lendemain, nous devrons nous lever tôt pour attraper notre train en direction du nord.