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A travers le Paraguay

Nous continuons notre route à travers le Paraguay. Ce pays est l’un des plus pauvres du monde. Mobylettes, stands de rue, marchés municipaux animés, nous y retrouvons l’ambiance de  certains pays d’Asie du Sud-Est.

Notre progression est lente; les routes sont en piteux état, encombrées, les contrôles de polices sont fréquents. Avant que la nuit ne tombe, nous improvisons un arrêt dans la petite ville de Coronel Oviedo. La ville ne présente pas d’intérêt touristique mais nous avons repéré un hébergement possible grâce à une application (iOverlander) où les voyageurs partagent leurs astuces. En fait d’hôtel, il s’agit d’une habitation privée où Walter, un retraité allemand, mécanicien bricoleur, grand bourlingueur, accueille avec plaisir les autres voyageurs. Nous bénéficions ainsi de l’accueil chaleureux de Walter, de ses bons plans pour la suite du voyage et nous utilisons son atelier pour aménager le toit de notre véhicule et y installer nos bidons d’essence.

L’étape suivante devait être la réserve naturelle de la Laguna Blanca. La piste qui mène à la lagune est très endommagée. Les camions y ont creusé de larges ornières, inondées par les pluies torrentielles. Notre véhicule tout-terrain parvient à franchir les mares boueuses, non sans dommages: la masse de boue a partiellement arraché la plaque d’immatriculation avant et une pièce s’est détachée sous le véhicule. Nous décidons de faire demi-tour afin de nettoyer le véhicule pour vérifier s’il n’y a pas de dégâts plus importants. Il est ensuite trop tard pour reprendre la route. Tant pis pour la lagune!

Nous continuons le lendemain en direction du parc national de Cerro Cora. Un paysage boisé, parsemé de pics rocheux, se substitue à la plaine. Les aménagements du parc sont plutôt sommaires mais l’endroit est agréable. Nous y passons une après-midi ensoleillée, suivons les courts sentiers de promenade et terminons la journée par un grand feu de camp. La pluie nous chasse le lendemain matin.

Il est désormais temps de quitter le Paraguay. Le passage de frontière s’apparente cette fois à un jeu de piste. Sans nous en apercevoir, nous franchissons la frontière et nous retrouvons dans la ville brésilienne de Ponta Pora. Nous nous renseignons auprès d’un pompiste afin de dénicher les services de l’immigration paraguayenne, un bâtiment gris semi-abandonné. Vingt minutes plus tard, nous nous mettons en quête de la douane paraguayenne, afin de signifier la sortie du territoire de notre véhicule. La douane se trouve à quelques kilomètres de là, mais l’édifice semble tout à fait abandonné. Les portes sont verrouillées, l’endroit parait désert. Finalement, nous trouvons une personne qui nous ouvre les portes et prend de nos mains le papier bleu permettant la circulation temporaire du véhicule au Paraguay. Voilà les formalités accomplies côté paraguayen! Nous traversons alors la rue pour nous rendre dans l’ultra-moderne douane brésilienne. Nous sommes bien au bon endroit mais il nous faut d’abord effectuer les formalités d’immigration des personnes au Brésil.  Celles-ci s’accomplissent uniquement à l’aéroport. En route pour l’aéroport, puis une demi-heure plus tard, retour en centre-ville pour achever les formalités liées à l’importation temporaire du véhicule. Accueil en Portugais uniquement, mais très professionnel, nous sommes en règles, officiellement immigrés au Brésil, il est midi et nous retournons allègrement au Paraguay pour y déjeuner!

Itaipu ou les hasards du voyage

A quelques dizaines de kilomètres d’Iguaçu, sur le rio Parana, à cheval entre le Brésil et le Paraguay se trouve l’immense barrage d’Itaipu, le second plus grand au monde. L’entreprise gestionnaire de l’hydro-électricité organise des visites guidées du barrage et gère aussi un petit musée, un centre de conservation des animaux et une réserve naturelle. Côté paraguayen, l’accès aux visites et à la réserve naturelle est entièrement gratuit. Nous décidons d’en profiter, visitons le petit musée et jardin zoologique puis installons notre tente dans le camping de la réserve naturelle de Tati Yupi.

Par beau temps, la réserve est un endroit idéal pour les familles. De nombreuses activités y sont organisées, petites balades à cheval, en charrette ou à vélo. Sous la pluie, la terre rouge de la réserve se transforme en boue épaisse et les activités cessent. Nous profitons de la balade équestre le lendemain de notre arrivée, avant que les averses ne détrempent le sol. Les nombreuses et violentes averses des jours prochains ne permettront pas aux activités de reprendre leur cours. Pourtant, nous sommes restés une semaine dans la réserve par un temps invariablement maussade. Ce sont là les hasards du voyage…

Lors de ce que nous pensons être notre dernière nuit à Tati Yupi, nous remarquons qu’un camping-car français s’est également installé dans le camping. Nous allons à la rencontre de ses occupants : il s’agit d’Adeline, Olivier, leurs enfants et Stéphanie, la sœur d’Olivier. Nous les avions brièvement rencontrés à Santiago, alors que nous accueillions nos amis communs Delphine et Hervé! Nous décidons alors de prolonger notre séjour, entre la visite du barrage et les parties de cartes endiablées sous l’abri du quincho.

Quelques jours plus tard, nouveau faux départ : alors que nous nous apprêtons à replier la tente, nous recevons un message d’une famille de Belges voyageurs (les 5Happyhoppers, Frank, Inge, Isabelle, William et Adrian) avec lesquels nous avons un ami commun en Belgique. Ils voyagent en compagnie d’une famille suisse, Michael, Luzia et leurs enfants, que nous avions rencontré à Buenos Aires, et arrivent à Tati Yupi dans les prochaines heures. Changement de programme, nous décidons de les attendre et resterons deux jours de plus dans la réserve. A ce rythme-là, nous n’atteindrons jamais le bout du voyage ! Quel plaisir cependant de rencontrer d’autres voyageurs et de se faire de nouveaux amis !


La visite du barrage d’Itaipu, le séjour dans la réserve de Tati Yupi, les courtes balades à cheval, en vélo, la visite de la réserve d’animaux… tout est gratuit! Il suffit juste de s’inscrire pour profiter du camping et de toutes les activités. Renseignez-vous à l’accueil, situé à proximité du musée et de la réserve d’animaux, au nord de la ville de Ciudad del Este.