Archives de Catégorie: Argentine

Tigre

Après avoir dit au revoir à Marie-Noëlle et à Cyril, nous séjournons encore quelques jours dans la banlieue de Buenos Aires. Si la municipalité se nomme Tigre, c’est parce qu’il y a bien longtemps, les félins étaient nombreux dans la plaine marécageuse du delta. Quelques siècles plus tard, au début du XXème siècle, Tigre est devenu le lieu de villégiature des portenos (habitants de Buenos Aires) aisés. De cette période, le centre-ville a conservé quelques bâtiments remarquables, clubs d’avirons ou casino belle-époque.

Malheureusement, la météo ne nous est pas favorable et nous ne profiterons guère, ni du jardin qui entoure notre maison de location, ni des villes proches de Buenos Aires et Tigre. Il pleut, il pleut et il pleut encore pendant notre séjour, inondant le delta et les rives du fleuve de la Plata. Des leçons, un petite sortie sur les canaux du Delta lors de l’unique jour d’éclaircies, une très chouette visite au petit musée du Mate de Tigre, une excursion au musée des Beaux-Arts de Buenos Aires, quelques rencontres avec des voyageurs en camping-car qui campent à proximité de notre maison et une agréable soirée en compagnie d’amis portenos rencontrés lors du voyage résument notre séjour en quelques mots.

Une petite ville argentine

La nature: voilà ce qui attire principalement les touristes en Argentine. Les grands espaces. Les montagnes, les glaciers. Les déserts, les steppes…

Les villes sont souvent d’un intérêt mineur, mis à part les monuments d’héritage colonial de quelques grandes cités. Notre guide de voyage décrit San Antonio de Areco, petite bourgade située à une centaine de kilomètres de Buenos Aires, comme « l’une des plus jolies villes d’Argentine ». Pas sûr que cela soit un gage de qualité, mais allons voir quand même…

Sur place, nous sommes agréablement surpris. La ville est réellement charmante, petite, à peine un gros village, et très accueillante. Autour d’une belle place carrée, des bâtiments d’inspiration coloniale, de maisons basses, blanches. Peu de traffic, pas d’immeubles. Un peu plus loin, le long de la rivière, un grand parc très soigné, une ombre rafraîchissante. Tout est propre, ordonné. Peu de tourisme tape-à-l’oeil, mais de multiples petites boutiques d’artisanat. Areco est réputée pour son artisanat; du cuir mais surtout de l’argenterie. C’est la « capitale des gauchos », la ville où les descendants des nomades argentins achètent leurs dagues, leurs éperons d’apparat, leur ceinture traditionnelle. Mélange de traditions et de romanesque, on peut y acheter toutes sortes d’objets ciselés en argent.

Certes, Areco est touristique, mais cela n’affecte en rien la bonne humeur des habitants! Du petit artisan qui prend le temps d’expliquer toutes les étapes du travail de l’argent aux enfants à l’orfèvre réputé qui répare – gratuitement, cela va sans dire – les petits pendants d’oreilles de Lise, nous avons toujours été admirablement accueillis.

This slideshow requires JavaScript.


A voir à San Antonio de Areco: 

  • Les bâtiments de la vieille ville, l’église, les bords de rivière, le plus vieux pont à péage (désormais gratuit) d’Argentine
  • Le musée Gauchesco Ricardo Güiraldes, de l’autre coté du pont, dans un magnifique cadre verdoyant
  • Le musée-atelier Draghi, quoique nous ayons préféré la visite improvisée chez un petit artisan installé au coin de la rue Général Paz et de la rue Ruiz de Arellano
  • Et bien d’autres choses encore…

Bon à savoir: l’office du tourisme sur la place met des bicyclettes gratuitement à la disposition des touristes. Parfait pour explorer la ville!

Enfin, nos recommendations de gastronomes: le restaurant Ramos Générales pour une cuisine typique (merci Marie-Noëlle pour l’invitation!) et le glacier Calabrono de la rue Valentin Alsina. Miam!

 

Déambulations dans Buenos Aires

De Cordoba, nous entamons une route sans encombres, 700 kilomètres d’autoroute, en direction de Buenos Aires.
La maison que nous avons louée pour quelques jours est un bel havre de paix au coeur d’un quartier branché de la capitale. 24 heures après notre arrivée, nous y accueillons Marie-Noëlle et Cyril, fraîchement débarqués d’Europe pour passer les vacances avec nous.
Première balade dans Buenos Aires, dans les rues animées du quartier San Telmo, transformé en ce dimanche après-midi en un immense marché touristique.
Le lendemain, nous continuons la promenade dans le quartier de Puerto Madero, ancien quartier des docks magnifiquement restauré, qui abrite aujourd’hui des restaurants chics et des ambassades.
Comparée à la moderne Santiago, Buenos Aires est une ville plus bohème, désordonnée. Nous apprécions les visites, bien qu’en deux jours, nous n’avons qu’effleuré la surface de la vie citadine.

L’héritage Jésuite de Cordoba

Avant de rallier Buenos Aires, nous choisissons de faire un détour par Cordoba, la deuxième agglomération du pays, afin de découvrir la ville et ses environs.

A peine arrivés dans la région, nous faisons l’expérience de la générosité belgo-argentine: Gérald, un Belge installé en Argentine depuis 46 ans nous offre l’hospitalité dans sa petite maison de campagne. Mieux encore, il nous invite pour un repas traditionnel en famille, le dimanche, notre premier asado argentin. Délicieux et très convivial!

IMG_6268

Les jours suivants, nous alternons cours et visites de sites historiques environnants. La région de Cordoba s’est fortement développée au XVIIème siècle grâce aux communautés Jésuites, qui ont créé de larges estancias, des fermes qui ont rapidement prospéré. Les Jésuites ont également contribué au développement culturel et artistique de la région.

Nous flânons dans le centre historique de Cordoba, visitons quelques musées et monuments historiques, ou prenons la route pour découvrir des estancias plus lointaines.

Voici un aperçu en quelques images de nos visites. Merci encore à Gérald et à sa famille pour l’accueil!

Nos impressions des estancias et monuments Jésuites visités:

  • l’estancia Santa Catalina: éloignée de Cordoba, nous apprécions la visite guidée et le cadre bucolique qui nous donne le sentiment d’être revenus quelques siècles en arrière
  • l’estancia Jesus Maria: non loin de l’estancia précédente, un agréable détour pour une visite gratuite et non guidée lors de notre passage
  • la Manzana Jesuitica de Cordoba: dans le centre historique de la ville, incontournable lorsque l’on visite la ville
  • l’estancia de Alta Gracia: très jolie église et petit musée, la visite préférée des enfants car, dans chaque pièce du musée, on trouve une notice explicative en Français

Certaines visites sont guidées (en espagnol ou en anglais), d’autres pas, mais toutes sont gratuites pour les enfants. Pas d’excuses donc pour ne pas les découvrir en famille!

Entre deux visites, nous avons également escaladé le pain de sucre (à pied!), du sommet duquel nous avions une vue à 360° sur les environs, découvert une géocache dans un parc de la ville, et visité le musée de la mémoire où les argentins s’apprêtaient à commémorer l’anniversaire du coup d’état qui débuta la « guerre sale ».

 

Western dans la Sierra

L’escale technique à Santiago ayant duré plus longtemps que prévu, il ne nous reste qu’une dizaine de jours pour rallier Buenos Aires, où nous devons retrouver Marie-Noëlle, la soeur de François-Xavier. Quelques 1400 kilomètres à parcourir d’ici là, mais surtout quelques beaux endroits à découvrir…

Nous passons la frontière dans les Andes. Passage de frontière assez long car il y a beaucoup de monde. Les formalités achevées, le soleil se couche et il est désormais trop tard pour aller admirer le Cerro Aconcagua, le sommet le plus haut d’Amérique du sud. Dommage…
Nous poursuivons donc notre route vers Uspallata, puis le lendemain Mendoza, pour nous arrêter quelques centaines de kilomètres plus loin, dans le parc national Sierra de Las Quijadas. Dans ce parc isolé, où nous serons les uniques campeurs, nous découvrons des paysages extraordinaires, un décor de western à l’Argentine qui a beaucoup inspiré les enfants.
On vous livre quelques images  du parc et de la balade des Guanacos, très belle balade de 5 kilomètres et on précise qu’il faisait plus de 35°C lorsqu’on l’a effectuée!
En exclusivité, voici aussi la bande-annonce du western des petits bourlingueurs:

Plus d’informations sur le Parque Nacional Sierra de las Quijadas:

  • Entrée: 120 pesos par adulte, enfants gratuits
  • Camping gratuit – avec douches et eau chaude!
  • Possibilité de courtes randonnées en individuel, ou de longues randonnées guidées (et payantes).

A la fin du monde

Depuis Punta Arenas, nous continuons notre route et traversons le détroit de Magellan en son endroit le plus étroit. De là, c’est un “petit” détour de 500 kilomètres pour atteindre la cité australe d’Ushuaia.

Les grands bourlingueurs connaissent déjà Ushuaia, qu’ils ont visité douze ans plus tôt. Ils en gardent le souvenir d’une grande ville mi-industrielle mi-touristique, dans un bel environnement naturel. Logement et nourriture y étaient très bon marché. Douze ans plus tard, le tourisme s’est fortement développé et les prix ont explosé. C’est la haute saison et nous avons beaucoup de mal à trouver un logement, à défaut d’un logement bon marché.
C’est l’été, il fait beau mais les températures sont assez basses, pas plus d’une dizaine de degrés la journée. Heureusement, le lendemain de notre arrivée, les températures grimpent et nous décidons d’aller nous balader et camper dans le parc naturel de la terre de feu. D’abord une belle balade facile, le long d’un lac, jusqu’à la borne-frontière qui délimite les territoires chiliens et argentins, puis nous enchainons le soir sur une promenade dans les tourbières, jusqu’à un barrage de castors. Les castors sont une espèce invasive introduite au milieu de XXème siècle pour des besoins d’élevage, qui crée de grands dommages à l’écosystème fragile de la terre de feu.
Le parc naturel est vraiment beau mais on regrette un peu que beaucoup d’activités en ville soient désormais hors de portée pour les voyageurs à petit budget. Le camping sauvage en terre de feu, au bord de l’océan Atlantique, reste un magnifique souvenir. Nous quittons cependant assez rapidement la province pour remonter vers le nord et rejoindre les grands-parents.

Les vents de la Patagonie argentine

Après le passage de frontière, nous quittons les verdoyants paysages de la patagonie chilienne et traversons la pampa aride de l’Argentine. Nous rejoignons la célèbre route 40, qui relie de nombreux sites touristiques du nord au sud de l’Argentine, sans guère d’autres attraits, une longue voie rectiligne à perte de vue, balayée par des vents violents, aucune ville ni aucun village sur plusieurs centaines de kilomètres.
Faute de mieux, nous passons une nuit dans le camping sommaire mais gratuit de l’ennuyeuse petite ville de Gobernador Gregores et arrivons le lendemain à El Chalten. Cette ville s’est développée uniquement autour du tourisme et regorge d’auberges confortables, de restaurants raffinés, de spas, de magasins de sport, de pubs branchés pour randonneurs fatigués. Après plus de 15 jours passés sur la carretera austral, très peu fréquentée, nous sommes peu accoutumés à cette ambiance touristico-commerciale, dans un lieu où un oeuf coûtait 50 pesos argentins (soit plus de 3 euros pièce) lors de notre passage.
Cependant, il faut bien l’avouer, le cadre et la météo sont exceptionnellement beaux ces jours-là. La première journée sera consacrée aux jeux et à l’école, la deuxième journée nous permettra quant à elle d’effectuer une magnifique randonnée de 9 kilomètres qui nous semble vraiment aisée après nos expéditions chiliennes.
El Chalten n’est certes pas un joyau caché (comme l’est la vallée Chacabuco), mais vaut le détour pour ses belles randonnées dans le parc national des glaciers.
De El Chalten, il faut encore parcourir plusieurs centaines de kilomètres sur l’ennuyeuse route 40 pour accéder à la partie sud du parc national, où se trouve le célèbre glacier Perito Moreno. De nouveau, il faut mettre la main au portefeuille pour pouvoir contempler le glacier, mais de nouveau, cela en vaut la peine. Le Perito Moreno est l’un des rares glaciers au monde à ne pas, ou peu, souffrir du réchauffement climatique. A quelques mètres seulement de la falaise de glace, nous l’entendons grogner et gronder, c’est magique!
Après cette courte incursion de quelques jours en Argentine, nous retournons au Chili pour visiter l’un de ses parc les plus célèbres, le fameux Torres del Paine.