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Des étoiles dans le désert

Le désert de la Tatacoa n’est pas un authentique désert, mais une zone semi-aride à environ 300 kilomètres au sud de Bogota. En quelques heures, nous passons de la douceur humide des températures à Bogota à la chaleur tropicale de la plaine, torride dans le désert.

Nous pensons arriver dans le désert au terme d’une longue étape journalière, mais le trajet n’est pas si facile. Départ de Bogota retardé: avant de partir, nous devons renouveler l’assurance de notre véhicule. Une démarche qui nous avait pris 5 minutes à la frontière colombienne mais qui se complique contre toutes attentes à Bogota. On nous conseille d’acheter notre assurance au grand supermarché à la sortie de la ville. Acheter ses assurances au supermarché? Banal en Amérique du Sud!

Sauf que nous sommes un jeudi et que les assurances, comme les avocats (comestibles), sont en promotion aujourd’hui. Il me faut donc patienter une heure au guichet de l’assureur, pris d’assaut, pour constater ensuite que son ordinateur ne permet pas de souscrire un contrat pour un véhicule avec une plaque étrangère. Demi-tour donc et direction le centre de Bogota pour souscrire l’assurance directement au siège social de la compagnie: heureusement il n’y a pas trop de traffic et la démarche est plutôt rapidement effectuée. En quittant Bogota à 15h, une escale s’impose, nous nous arrêtons pour la nuit à Girardot, au pied des montagnes.

Il fait désormais très chaud et la piscine de l’hôtel confortable que nous avons sélectionné est appréciée, au point que nous ne repartirons le lendemain qu’en fin de matinée, après quelques heures de jeux dans l’eau.

Il ne reste qu’une centaine de kilomètres avant de parvenir à la Tatacoa. Nous quittons la route pour bifurquer sur la piste, passons quelques tunnels avant de rencontrer un nouvel obstacle: un camion est tombé en panne et entrave la piste. Il nous faut encore patienter une heure avant de pouvoir continuer notre route. C’est donc en fin d’après-midi que nous atteignons le désert.

Il fait une chaleur étouffante, nous nous installons et dînons bien vite, afin d’être à l’heure à pour l’observation des étoiles. Le désert abrite en effet un observatoire, en raison de sa situation géographique idéale, très proche de la ligne de l’équateur. Il est possible d’y contempler les constellations des deux hémisphères. Des séances d’observation y sont également organisées pour les touristes. C’est passionnant, et si les enfants s’ennuient un peu pendant la première partie, un exposé pourtant très didactique sur l’astronomie, il sont surexcités au moment de coller leur oeil sur le téléscope! Les cratères de la lune, les anneaux de Saturne, la couleur rouge de la planète Mars, les étoiles jumelles d’Alpha du Centaure n’ont plus de secrets pour les petits bourlingueurs.

Ecrasés par la chaleur, nous choisissons de quitter le désert le lendemain, non sans avoir effectué une courte randonnée au milieu des formations rocheuses. C’est magnifique, mais il ne faut guère s’éterniser si l’on ne veut pas bruler au soleil. Le labyrinthe de Cusco porte d’ailleurs bien son nom, nous avons eu quelques difficultés à en trouver la sortie!


Notre hébergement à Girardot: Hôtel 1910, un peu plus cher que nos hébergements habituels mais très bon rapport qualité-prix et très belle piscine.

Dans le désert, nous avons logé à la Casa de Campo: chambres confortables (ventilateurs, douches) et bon marché chez un couple charmant, 2-3km au-delà de l’observatoire.

Visite guidée des étoiles à partir de 7 heures du soir à l’observatoire, 10.000 COP par personne pour les plus de 7 ans.

Des fourmis à Barichara

Nous repartons de Bucaramanga avec le projet de faire une halte à la Mesa de Los Santos, un endroit spectaculaire au bord du canyon de la Chicamocha. Arrivés au canyon, dans un cadre effectivement remarquable, nous nous mettons en quête d’un hébergement. En vain, car ici, à 80 kilomètres à peine d’une grande métropole, les auberges sont plutôt coûteuses. Comme le temps est également maussade, nous choisissons de passer notre chemin et de continuer la route vers notre prochaine étape.

L’étape suivante est le petit village de Barichara. Nous y trouvons rapidement un petit hôtel à notre goût et dans notre budget. Barichara est un lieu idyllique, un village dans lequel nous serions avec plaisir demeurés quelques jours, voire quelques semaines de plus, si nous n’étions désormais pressés par le temps: des maisons blanches rehaussées d’une joyeuse touche de couleur, des rues tranquilles pavées de larges dalles de pierre, une atmosphère paisible, hors du temps et des tumultes de la ville. Nous y retrouvons le plaisir de ne rien faire, allongés dans les hamacs du patio, au milieu des fleurs et des grenadiers.

Pas trop nonchalants tout de même, nous partons pour effectuer la randonnée du « camino real », très renommée, une promenade facile de 5,5 kilomètres, le long d’un sentier historique reliant le village de Barichara à celui de Guane, une agréable balade avec les enfants.

Et les fourmis? Les « hormigas culonas », des fourmis géantes, se dégustent grillées et sont la spécialité culinaire de la région. Elles sont une friandise plutôt coûteuse dont nous en achetons un petit pot dans une épicerie sur la place du village. Après les grillons, les vers à soie, les cafards et les tarentules déjà dégustés en Asie, voici donc l’occasion d’une nouvelle expérience gustative. Et quelle expérience! Les fourmis sont croquantes, légèrement salées, avec un parfum prononcé de noisette; on se régale! Barichara est décidément un lieu que nous quittons avec regrets.


Pour les voyageurs:

Notre hôtel était le « Color de hormiga », à quelques pas de la place principale. Pas de parking sur place (mais possibilité de se garer dans un parking privé à deux rues de là, dans la carrera 5). Bon marché, très propre, très bien tenu avec une belle cuisine et un superbe patio.

Pour les randonneurs:

La promenade du Camino réal (5,5km) est très facile et bien signalisée. Des vues splendides et un chemin aisé à parcourir. Pour le retour, il suffit de prendre le bus qui circule toutes les heures et 15 minutes entre Guane et Barichara . Il y beaucoup d’autres possibilités de randonnées dans la région, avec ou sans guide, que nous n’avons pas explorées.

 

En wake-board à Bucaramanga

Au cours de notre voyage, nous avons souvent fait des escales inattendues. Comme à Bucaramanga, grosse métropole colombienne que nous ne voulions que traverser. Après un long trajet en voiture, nous parvenons en fin d’après-midi aux abords de la ville et décidons de nous mettre en quête d’un hôtel pour y passer la nuit.

La quête s’avère difficile: les hôtels sont coûteux et, à cause des nombreux travaux, nous nous perdons à plusieurs reprises dans la banlieue de la ville. Ce n’est que 3 heures plus tard que nous nous arrêtons devant un logement potentiel, lequel semble fermé. Nous nous apprêtons à repartir quand le propriétaire nous rejoint in-extremis: oui, nous pouvons bien passer la nuit chez lui. Le hasard fait bien les choses: Quentin est Belge, installé à Bucaramanga avec sa femme colombienne, Luz et sa fille de 10 ans, Marie. Marie est ravie d’accueillir chez elle des compagnons de jeu! De plus, Quentin est installateur d’infrastructures de « wake-park » ou « câble-parc », un loisir dans lequel nous voulons justement (nous) investir.

Nous décidons donc de prolonger notre séjour d’une nuit, afin de nous initier au wake-board et de profiter un peu du parc aquatique, malgré le temps gris et pluvieux. Ce sera aussi pour les enfants l’occasion d’une longue après-midi de jeux avec Marie. Une belle escale!

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Lise dans l’eau!


Notre hébergement à Florida Blanca est disponible sur booking.com

Le barrage de Guatape

Fraîchement débarqués de notre avion, nous reprenons la route en direction du village de Guatape, à environ 80 kilomètres à l’est de Medellin.

Situé au bord d’un immense lac artificiel, Guatape est un lieu de villégiature pour citadins aisés, qui échappent à l’agitation de Medellin le temps d’un week-end. Nous y arrivons justement un samedi après-midi, l’animation est à son comble et la quête d’un logement bon marché, parmi les multiples établissements plutôt luxueux qui bordent le lac, commence. Quelques échecs avant de dénicher la perle rare, une maisonnette de trois chambres sur un terrain qui surplombe le lac, avec vue sur le rocher immense qui domine la région. Le lieu est agréable, loin de l’agitation du village, au point que nous prolongerons notre séjour de deux nuits.

Entre la reprise des cours et les jeux dans le jardin, nous entreprenons tout de même l’ascension du rocher voisin, nommé la pierre de Penol. C’est une pierre immense de 200 mètres de haut dont l’ascension, rendue possible grâce à quelques volées d’escaliers bâtis dans une faille, est une attraction touristique majeure de la région, plutôt kitsch et assez chère. Cependant, il faut bien avouer que la vue du sommet est magnifique.

Quite à s’immerger dans les attractions touristiques, nous allons vérifier si la tyrolienne qui s’étend d’une berge à l’autre du lac est accessible aux enfants. Déception pour Lise, elle n’a pas âge requis pour s’y lancer. Lucie et Loïc sont par contre ravis de pouvoir glisser sur un fil plus court, installé spécialement pour les enfants!


Informations pratiques:

  • Hébergement: Cabanas Castillo del Lago, 35000 COP par personne, réduction pour les enfants
  • Piedra de Penol: accès payant pour tous, 15000 COP par personne y compris les enfants de plus d’un mètre
  • Guatape est un joli village aux maisons bariolées, bien plus calme en semaine que le week-end

 

La côte caraïbe

Les routes colombiennes étant parfois pénibles à parcourir, c’est en avion que nous irons découvrir la côte caraïbe, profitant de l’existence d’une compagnie d’aviation colombienne « low-cost ».

La côte caraïbe… cela évoque sans doute des images de plages paradisiaques, de cocotiers et de sable fin. En réalité, la côte colombienne est plutôt tourmentée, avec des courants violents qui empêchent de se baigner en de nombreux endroits. Elle a mauvaise réputation parmi les Colombiens, est prétendument sale et désordonnée.

Ni paradisiaque, ni laide, la côte que nous découvrirons a certains atouts, sans avoir imprimé en nos mémoires un souvenir inoubliable. Sans véhicule, nous ne pourrons d’ailleurs guère nous éloigner des sentiers battus.

Nous commençons le périple à Santa Marta, grande ville dont la promenade en bord de mer est fort plaisante au coucher du soleil. Nous continuons par une excursion au parc  national Tayrona, qui propose des randonnées, belles mais difficiles à effectuer en raison de la chaleur. Nous nous contentons d’une baignade sur l’une des rares plages où celle-ci est autorisée et offrons aux enfants le plaisir d’une petite randonnée à cheval plutôt qu’une marche éreintante. Les deux jours suivant sont consacrés aux repos dans un grand hôtel proche de Santa Marta, doté d’une belle piscine et proche de la plage. Enfin, nous prenons la route en direction de Carthagène, une des plus belles villes de Colombie. Le centre-ville est presque parfaitement conservé et vraiment superbe. On explore les rues, quelques musées dont le musée de l’or et le musée d’art moderne, quelques églises et le fort espagnol. Deux jours sont suffisants pour arpenter le centre-ville; nous reprenons ensuite un vol pour rejoindre la région de Medellin.


Quelques astuces de voyageurs:

  • Le « malecon », la promenade le long de la plage à Santa Marta est très agréable le soir. Les nombreuses échoppes de rues y vendent des jus de fruits, grillades, arepas, bon marchés et délicieux.
  • Dans le parc national Tayrona, nous avons logé au camping « Don Pedro » à l’écart de la plage d’Arrecifes. Simple, mais plutôt bon marché.
  • A ne pas manquer à proximité de la plage d’Arrecifes, la « panaderia Bere » offre de bons pains, arepas, jus de fruits. C’est sans prétention mais délicieux et à peine plus cher qu’en ville…
  • A Carthagena, nous avons logé dans le quartier de Getsemani, à l’hôtel San Roque. Pas trop cher, bon rapport qualité-prix.
  • Dans le quartier de Getsemani, le soir, la plaza de la Trinidad s’anime: de multiples stands de rue proposent de la nourriture bon marché, touristes et colombiens se mèlent pour déguster patacon et hamburgers.
  • Avec des enfants, ne manquez pas le musée de l’or Zenu, au coeur de Carthagena. L’entrée est gratuite et le musée, bien que petit, est bien agencé et a beaucoup plu aux petits bourlingueurs.

Medellin

Le nom de Medellin est universellement connu, pas forcément pour les bonnes raisons. Beaucoup l’associent aux cartels de la drogue, aux crimes et à la violence. Certains se rappellent aussi que Fernando Botero, l’enfant du pays, est devenu un artiste mondialement reconnu. Ses oeuvres, ses statues aux formes voluptueuses, reflètent bien mieux le visage de la Colombie actuelle, plaisante et épanouie, que ne le fait la sinistre légende de Pablo Escobar.

Nous passons quelques jours à Medellin pour y fêter dignement les 7 ans de Loïc. Medellin est une grande ville moderne, fonctionnelle, propre, pas forcément très belle, mais facile à vivre et à explorer, peu d’attraits historiques mais de nombreuses activités culturelles ou sportives. On y déniche les cadeaux d’anniversaire de Loïc (des Legos, bien sûr!) ainsi que des paires de sandales et de lunettes de soleil pour les enfants et on profite des attractions de la ville.

Le musée Antioquia

Situé dans le minuscule centre historique, le musée Antioquia nous a beaucoup plu: de nombreuse oeuvres d’art de toutes époques, d’artistes colombiens ou autres, mais surtout, au troisième étage, une magnifique collection d’art moderne, autrefois collection privée de l’artiste Fernando Botero, ainsi que de nombreuses oeuvres de Botero lui-même, généreusement offertes par l’artiste. Les enfants adorent, d’autant que le musée s’est enrichi de deux petites salles de jeux sur le thème des oeuvres de Botero.

Le parque Explora

Pour ses 6 ans, nous avions offert à Loïc une journée au parc Legoland Malaysia. Cette année, nous emmenons toute la famille au parque Explora, un complexe dédié aux enfants sur le thème de la découverte de la science. Illusions d’optique, expériences interactives, jeux de logique, c’est un grand succès pour les trois enfants.

Le jardin botanique

La troisième journée se passe calmement, avec une seule petite excursion au jardin botanique, pas exceptionnel mais calme et agréable.

Le parque Arvi

L’un des atouts de Medellin est son excellent réseau de transports en commun d’autant que ce réseau ne relie pas seulement la ville à ses banlieues mais s’étend au-delà jusqu’à une réserve naturelle sur les sommets environnants la cité. 20 minutes de téléphérique et nous voici en pleine nature, dans le parc Arvi. Le temps est maussade et frais à cette altitude, nous choisissons donc de limiter la randonnée à un petit tour de 5 kilomètres le long des sentiers.

Il est temps désormais de quitter Medellin  pour découvrir d’autres aspects de la Colombie. Cette ville moderne est certes agréable mais manque un peu de charme et de fantaisie.


En pratique:

  • Nous avons séjourné dans une immense chambre triple de l’hôtel 61Prado: bien situé, bon rapport qualité-prix, parking gratuit sur réservation (mieux vaut cependant prendre ses repas à l’extérieur pour faire des économies).
  • Le musée Antioquia est vraiment chouette à faire avec des enfants (et gratuit pour eux).
  • Dans une gamme de prix plus élevée (23000 COP/personne, enfants inclus), le parque Explora est très intéressant.
  • Le métro est payant pour les enfants de plus d’un mètre, ce qui revient parfois plus cher qu’un court trajet en taxi! Ne pas manquer tout de même le trajet en téléphérique.

 

Entre palmiers et caféiers

Avant de faire halte à Medellin, nous prenons le temps de séjourner dans la « zona cafetera ». Cette région est ainsi nommée car on y produit la majorité du célèbre café colombien. A la recherche de notre or noir, nous ne pouvions manquer de nous y arrêter. Nous choisissons de séjourner près du village de Filandia, réputé moins touristique que d’autres dans la région.

Perché sur une colline aux pentes verdoyantes, Filandia est un beau village aux maisons colorées, habituellement paisible. Seulement, nous y parvenons justement lors de la fête du village. Le temps d’un soir, on apprécie l’atmosphère festive, les stands de nourriture et de boisson, les maïs et les saucisses grillées, les attractions foraines et on se mêle avec plaisir à la foule des colombiens amusés.

Les jours suivants, nous aurions aimé déguster l’excellent ristretto du café Jahn, sur la place du village, avec plus de sérénité mais cela sera pour un autre voyage…

Des caféiers…

Revenons au café, les plantations sont nombreuses dans la région et nous aimerions bien sûr en visiter une. Fête du village oblige, l’activité touristique tourne au ralenti. Il y a bien une agence de voyage qui nous propose un tour organisé mais on trouve un peu ridicule de se faire promener en jeep à travers les caféiers, alors que nous possédons notre propre 4×4. De fil en aiguille, en discutant avec les habitants, nous finissons par prendre rendez-vous avec Don Javier qui nous accueillera dans sa finca, à une dizaine de kilomètres de Filandia.

La finca de Don Javier est un peu particulière: son propriétaire est passionné par les héliconiacées, plantes cousines des bananiers, et pratique une agriculture mixte, entre café, bananes et vaches laitières, écologique et respectueuse du bien-être animal. Entre fleurs d’héliconias, caféiers et forêt native au pied de la colline, nous faisons une  jolie promenade pédestre en compagnie du fermier. On finit par une agréable dégustation de café dans la cuisine de la ferme ou par un grand verre de lait très très frais pour les enfants. Evidemment, nous en profitons également pour acheter du café, histoire d’étrenner la petite cafetière italienne acquise quelques heures plus tôt dans le village.


Pour plus d’informations, la finca La Divisa possède un site internet. Nous avons payé 30.000 COP pour la visite.


Et des palmiers!

Le café est certes le but premier de notre visite dans la région de Filandia. Mais il serait  dommage de négliger d’autres sites proches, à la beauté naturelle indiscutée. Dimanche matin, nous mettons donc le cap vers la vallée de Cocora, à 30 kilomètres de Filandia, tôt car le site très réputé sera bientôt envahi de touristes. A 8h30, lors de notre départ, il n’y a encore personne sur place. C’est parti pour une nouvelle randonnée!

La vallée de Cocora est une réserve naturelle qui abrite de nombreux palmiers de cire, espèce rare de palmiers géants dont les troncs peuvent atteindre 60 mètres de haut. Aujourd’hui, tourmentés par le vent puissant, les arbres graciles semblent prêts à rompre!

Nous empruntons un sentier vers la droite qui pénètre rapidement dans une forêt dense et humide. A la grande joie des enfants, le sentier serpente le long de la rivière et nous contraint à emprunter de nombreux gués, ponts de cordes et ponts de singes, plus ou moins branlants. Après cinq kilomètres d’ascension en pente douce, nous préférons un petit détour pour grimper à travers la forêt jusqu’à la réserve d’Acaime, une réserve privée où l’on peut observer les colibris. La pente est plus raide mais l’ascension est courte. Nous faisons une pause à la réserve en admirant les oiseaux-mouches colorés et en dégustant une tasse d »agua de panela », un jus parfumé de sucre de canne, servi chaud.

Nous redescendons un kilomètre jusqu’à la précédente intersection puis empruntons le sentier qui grimpe la montagne. Cette fois-ci, l’ascension est plus rude, en lacets à travers la forêt puis la prairie jusqu’à atteindre une maisonnette d’altitude, la « finca montana » où nous faisons une seconde pause, consacrée celle-ci au pique-nique. La finca montana sert justement de l’agua de panela, à laquelle nous avons pris goût, avec de larges tranches de fromage.

Le repas avalé, il nous reste cinq kilomètres à parcourir pour redescendre dans la vallée. La balade continue par un large chemin, alors que la forêt fait place aux prairies et aux palmiers. A courte distance de l’arrivée, nous décidons d’emprunter un raccourci, non parce que nous sommes fatigués, mais parce que le sentier, solitaire, dégringole joliment les pentes d’un pré au beau milieu des palmiers de cire. Nous sommes parvenus au bout du chemin, les touristes sont maintenant nombreux qui explorent la vallée en son sentier principal, à pied ou à cheval. Un rapide coup d’oeil à notre GPS nous apprend que nous avons parcouru 11 km et surtout grimpé 670 mètres de dénivelé. Pas mal pour une balade que nous avons jugée facile…


Notre randonnée: la promenade est décrite ci-dessus mais voici un récapitulatif

  • Avant l’interruption de la route goudronnée, prendre le sentier à droite en direction de la réserve Acaime.
  • Suivre le sentier pendant 4-5 km jusqu’au panneau de bois indiquant « Acaime 1km ». De là, il y a possibilité de faire l’aller-retour jusqu’à la réserve ou de prendre directement à gauche le sentier qui grimpe vers la finca montana.
  • De la finca montana, c’est un large sentier qui descend vers la vallée. Quelques sentiers plus aventureux partent à droite ou à gauche pour allonger ou raccourcir le parcours.
  • L’entrée de la réserve Acaime est payante pour les adultes (5000 COP, boisson comprise), gratuite pour les enfants
  • L’entrée du bois de palmiers est payante (3000 COP par personne) mais par nos sentiers détournés, nous avons habilement, et pourtant sans intention aucune, esquivé la billetterie…

Du centre de la terre à la Colombie

Après 5 jours passés à Quito, nous reprenons la route, toujours plus au nord. Nous gardons les yeux fixés sur le GPS, qui nous indique latitude et longitude, car bientôt, dans une soixantaine de kilomètres et pour la première fois depuis 10 mois, nous traverserons la ligne symbolique de l’équateur et serons de retour dans l’hémisphère nord.

C’est à proximité de la ville de Cayambe que nous passons la fameuse ligne. Dommage que le site, au bord de la route principale, soit payant; cela pour un lieu purement symbolique. Nous nous contentons de photos prises depuis le bord de la route et d’essayer de capter sur notre GPS la position 0°0’0″, tâche difficile car le GPS n’a une précision que de quelques mètres. C’est ainsi que l’on perçoit le défi que représentait l’expédition géodésique du Chevalier de La Condamine au XVIIIème siècle!

On profite de l’arrêt à Cayambe pour déguster la spécialité locale, les bizcochos, sorte de longs biscuits presque salés, et on continue notre route en direction de la Colombie. Halte pour la nuit près de la ville de Ibarra, nous franchissons la frontière le lendemain, après – record battu – une longue attente de 4 heures pour accomplir toute les formalités administratives. Ca y est, nous sommes en Colombie, dernier pays de notre périple vers le nord!

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Délices tropicaux!

Premiers pas dans les marchés et supermarchés d’Equateur et découverte d’odeurs, de saveurs et de couleurs que nous n’attendions pas: les étals regorgent de fruits exotiques qui nous sont tout à fait inconnus.

Après 22 mois à bourlinguer, nous n’avons encore et toujours pas tout vu, pas tout essayé, pas tout savouré. Nous achetons donc des quantités astronomiques de fruits aux noms étranges que l’on explore à la maison. Faut-il peler, éplucher, presser ce fruit? Se mange t-il cru ou cuit? Le taxo à la saveur corsée, un peu fumée, le babaco doux et sucré, la naranjilla, fortement acidulée; on se régale!

 

Escale à Quito

Nouveau pays, nouveaux tampons dans les passeports, les formalités frontalières sont facilement exécutées, mais c’est long, très long. Nous sommes dimanche et la file des voyageurs qui attendent pour présenter leur passeport à la douane est interminable. Presque deux heures d’attente dans un hall surchauffé pour mettre nos papiers en règle, nous avons la surprise de croiser brièvement les happy hoppers à la frontière alors que nous avions quitté Zorritos au Pérou quelques heures avant eux.

Première escale à Machala, le temps d’une nuit, grosse ville moderne, capitale de la banane, nous sommes bien en Equateur! Autour de la ville, des plantations de bananiers à perte de vue le long de la route… Nous retrouvons la sensation que procure la chaleur moite et lourde des tropiques, pour quelques heures seulement, car notre route grimpe pour traverser les Andes. Par temps frais et à plus de deux milles mètres d’altitude, on se croirait cependant dans les pré-alpes tant les paysages sont paisibles et verdoyants. Nous traversons le pays assez rapidement, avec pour objectif de mieux prendre le temps de  découvrir ses richesses lors de notre retour de Colombie.

On s’octroie pourtant une belle escale à Quito, une capitale vraiment plaisante, qui semble avoir concentré le meilleur des villes sud-américaines: de beaux espaces verts comme à Santiago, de beaux musées comme à Buenos Aires ou Lima, de beaux bâtiments coloniaux comme à Arequipa ou Sucre… Une ville animée sans être chaotique, propre et moderne sans être aseptisée, pleine d’attractions culturelles sans être envahie de touristes, Quito a décidément beaucoup de charme.

On flâne dans le Quito colonial, on agrémente la balade de quelques visites de musées (le musée de la ville), de sites religieux (le couvent des carmélites), de monuments historiques (la maison du Maréchal Sucre), d’un délicieux café équatorien ou d’une glace aux parfums exotiques envoûtants. On essaie aussi de profiter de l’escale pour se procurer ce qui nous fait défaut, des bonbonnes de gaz pour le camping et des chaussures de marche pour Loïc. On fait donc un détour par l’ultra-moderne centre commercial Quicentro, avant d’enchaîner sur une balade dans le grand parc Metropolitano, presque une forêt sauvage, puis de rejoindre la magnifique maison-musée-chapelle du peintre équatorien Oswaldo Guayasamin. Que de contrastes, de découvertes, de plaisirs! Après de nombreux mois de voyage, on s’émerveille encore!

Nous aurions aimé prolonger ce séjour, mais il faut nous résigner à ne pas prolonger indéfiniment chaque étape. Demain, nous quitterons l’hémisphère sud…


En pratique pour les voyageurs:

  • nous partageons une chambre triple (36 USD) à la Casona De Mario (conseillée par le Guide du Routard, le Lonely Planet, iOverlander – on ne risquait pas de la rater), dans une vieille maison dont les planchers craquent. Idéal pour les familles, il y une cuisine, un salon, un jardin, un place de parking pour notre voiture…
  • il est très facile de se déplacer en bus à Quito, c’est rapide et cela ne coûte que 0,25 USD pour les adultes (gratuit pour les enfants)
  • il a pas mal de musées et sites à visiter mais beaucoup sont payants pour les enfants aussi. Non que cela soit très cher (3-4 USD par adulte, 1 USD par enfant), mais à 5, cela modifie le budget. Notre coup de coeur est le musée Guayasamin (8 USD par adulte, gratuit pour les enfants).