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Siem Reap et les temples d’Angkor

(Re-)découverte des temples d’Angkor en famille : au lendemain de notre road-trip dans le sud de la Thaïlande, nous embarquons dans un bus à destination du Cambodge. Nous avons choisi la formule la plus pratique: un bus tout confort qui nous transporte du centre de la ville de Bangkok à celui de Siem Reap au Cambodge. Pas de transferts ni de changement à la frontière.

On anticipe un passage de frontière sans histoire, puisque nous avons pris soin d’obtenir un visa pour le Cambodge au préalable (e-visa, formalités très simple en ligne pour les ressortissants belges ou français, 37 USD pour un mois).

Ce passage de frontière sera pourtant l’un des plus difficiles de notre vie de voyageurs. Le hall des contrôles de passeport pour la sortie du territoire thaïlandais subit une panne de courant, climatisation et ventilateurs sont à l’arrêt. A cause des problèmes techniques occurrents ou simplement par mauvaise humeur, les douaniers contrôlent les passeports au compte-goutte. Il fait une chaleur étouffante dans le hall et l’attente s’éternise. 15 minutes, 20 minutes, 30 minutes, 1 heure… On sue, on fond, on souffre. C’est enfin notre tour et on quitte le bâtiment avec soulagement. La suite du voyage se déroule sans encombre. On aborde Siem Reap en fin de journée.

Pour les petits bourlingueurs, c’est le deuxième voyage à Siem Reap, ville-étape pour la visite des temples d’Angkor. Mettant à profit sa proximité avec les ruines célèbres, la ville est une Mecque du tourisme, avec ses bars, ses restaurants, ses hôtels de luxe ou dortoirs. Les voyagistes et tours-operators rivalisent d’imagination pour proposer des activités variées aux visiteurs. Dans ce tourbillon d’offres, plus ou moins alléchantes, il est parfois difficile de se consacrer au choses simples : se régaler d’un repas dans un  restaurant de rue, visiter les ruines à son rythme et sans guide ni contraintes, se promener sans but… En bref, visiter Siem Reap ne vous donnera pas un aperçu du Cambodge, de la culture, de la vie quotidienne du pays. C’est toutefois une ville cosmopolite qui n’est pas forcément déplaisante.

Quelques points positifs ou améliorations notables :

  • En 2013, nous avions eu des difficultés à dénicher des vélos adaptés aux enfants, alors très jeunes. En 2019, nous n’avons aucun mal à trouver notre bonheur : VTC en bon état et bon marché, vélos enfants de toutes tailles, choix de sièges enfants ou de « take-along », unicycles à fixer à un vélo adulte. Nous avons aussi apprécié de pouvoir louer des e-bikes, petits scooters électriques, pour une balade dans les ruines en liberté et sans efforts.
  • Le service de taxi/tuk-tuk/remorque en ligne «Grab » est désormais disponible en ville. Plus besoin de négocier âprement les tarifs, ceux-ci sont fixés par l’application. Grâce à cela, nous avons pu louer un agréable logement chez l’habitant à l’écart de la foule tout en restant mobiles.
  • Même si les restaurants « pour touristes » abondent, des options plus rudimentaires subsistent, pour peu qu’on s’éloigne du centre-ville. Nous avons jeté notre dévolu sur le Chae Ngek, cuisine simple mais savoureuse et plutôt bon marché.
  • On trouve de tout ou presque dans les supermarchés : produits locaux mais aussi occidentaux si besoin est (pour le pique-nique près des ruines par exemple).
  • Même si les prix d’accès aux ruines sont excessifs et ont doublé en 5 ans, celui-ci reste gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Nous voici donc partis pour la visite d’Angkor. On achète le pass valable pour 3 jours, consécutifs ou non, sur une période de 10 jours. Cela nous permettra d’alterner journées de visites intensives des ruines et journées de détente ou de leçons.

Angkor à vélo

Pour notre première journée, nous avons choisi le vélo comme moyen de transport. Nous démarrons à 8 heures, l’agence de location a tout préparé, nous sommes rapidement en selle!

Pourquoi visiter Angkor à vélo ? Pour avoir le plaisir de se faufiler d’un temple à un autre à travers la jungle, par des sentiers moins fréquentés. On entreprend donc la balade dite « du petit circuit » à rebours, en empruntant parfois des chemins détournés. Le petit circuit, très fréquenté par les touristes motorisés, dessine une boucle conséquente, qui relie les temples les plus célèbres. A vélo, on découvre les sites à notre rythme en commençant par le célèbre Angkor Wat.

L’avantage de voyager en saison chaude est que le site est moins fréquenté qu’en haute saison. Nous ne sommes jamais vraiment dérangés par la foule. L’inconvénient, c’est évidemment la chaleur intense qui nous assaille ! Heureusement, l’immense site d’Angkor est plat et ombragé.

Nous découvrons donc les bas-reliefs du temple d’Angkor Wat, les ruines du Banteay Kdei, celles envahies par la jungle du Ta Prohm, le temple de forme pyramidale du Takeo, les ruines isolées et désertes du Ta Nei. Nous finissons la boucle par une traversée rapide des temples d’Angkor Thom : il est tard, nous sommes épuisés et nous devons écourter la fin de la visite pour regagner la ville avant la tombée de la nuit. Nous avons parcouru près de 50 kilomètres. On constate avec soulagement la présence d’une filiale de notre agence de location de vélo à côté de notre restaurant favori. Nous n’aurons donc pas à parcourir les 4 kilomètres supplémentaires qui nous séparent de l’hôtel!

Le plus de la visite en vélo: explorer les sentiers inaccessibles en voiture/tuk-tuk!

Angkor à vélo – en images:

Angkor à vélo – en vidéo:

Angkor en tuk-tuk remorque

Après une journée de repos qui nous a permis également d’avancer dans les leçons, nous voici repartis à la découverte d’Angkor. Cette fois-ci, nous avons choisi de louer un véhicule à la journée pour explorer les sites les plus éloignés. Nous profitons également d’être motorisés pour aller admirer le lever du soleil sur le temple d’Angkor Wat. C’est l’une des activités favorites des touristes et nous sommes nombreux sur le site à 6h du matin. On profite tout de même de la vue sans être trop dérangés.

On repart ensuite en direction du Kbal Spean où une petite randonnée dans la jungle mène à des sculptures gravées dans les rochers du lit d’une rivière. A cette saison, la rivière est à sec, le site perd un peu de sa beauté. 

Nous continuons notre tour pour atteindre le Bantey Srei, sans doute l’un des plus beaux temples d’Angkor, orné de sculptures délicates. Nous descendons enfin jusqu’à l’emplacement des temples de Roluos, les plus anciens, construits au tout début de l’ère Angkorienne. Journée bien remplie, partis à 6 heures du matin, nous sommes de retour à l’hôtel vers 17h.

Le plus de la visite en tuk-tuk: découvrir les sites les plus éloignés – certains sont peu fréquentés et le Bantey Srei est immanquable!

Angkor en tuk-tuk – en images:

Angkor en tuk-tuk – en vidéo:

Angkor en vélo électrique

Pour notre dernier jour de visite, nous choisissons la liberté sans effort grâce à des e-bikes, sorte de petits scooters électriques. Cette fois-ci, nous parcourons le grand circuit et prenons le temps de visiter les temples d’Angkor Thom, comme le célèbre Bayon, le temple aux multiples visages de pierre.

Nous faisons un aller-retour en ville pour aller manger et recharger les batteries de nos véhicules et évitons ainsi la toute première averse de la saison des pluies qui débute.

De retour sur le site, la terre encore chaude dégage une légère brume qui nimbe la jungle et les temples de mystère. L’orage a cassé des branches et la pluie a chassé la plupart des touristes, nous sommes presque seuls dans le temple Preah Khan. Nous continuons la visite mais l’heure tourne et les temples suivants sont assez éloignés. On visite encore le temple Pre Rup, l’un des rares à être accessible après 17h. Ici, de nombreux touristes se préparent à admirer le coucher du soleil du haut de la plateforme. Le temps est couvert et nous choisissons de ne pas attendre la tombée de la nuit.

Nous quittons donc pour la dernière fois Angkor.

Le plus de la visite en e-bike: les enfants ont adoré conduire les vélos!

Angkor en vélo électrique – en images:

Angkor en vélo électrique – en vidéo:

Et Siem Reap?

Comme mentionné précédemment, Siem Reap offre un foultitude d’activités pour les touristes, en particulier ceux disposés à mettre la main au portefeuille. Parmi les activités gratuites, nous avons aimé admirer le travail des Artisans d’Angkor, une école d’artisanat ouverte au public. L’organisme gère également une fabrique traditionnelle de soie, qu’il fait gracieusement visiter. Il suffit pour cela de réserver une place dans la navette gratuite qui dessert la fabrique deux fois par jour. Nous visitons les lieux un jour férié, il y a peu de travailleurs mais la visite demeure très intéressante pour les adultes et les enfants.

Les informations pratiques :

Notre hébergement : Sihariddh Angkor Villa, un logement chez l’habitant sympatique pour une dizaine d’euro la chambre double.

La visite d’Angkor : 62 USD le pass de 3 jours (valable sur une période de 10 jours), gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Nos restaurants :

  • Chae Ngek, simple, savoureux et bon marché
  • Marum, plus haut de gamme. Plats délicieux à un prix raisonnable, cadre agréable. Un restaurant de l’association caritative « Friends International ». Il y également une petite boutique d’artisanat, pleine d’objets fabriqués en matériaux recyclés.

Tandem

Polonnaruwa : comme Anuradhapura, la cité est une ancienne capitale du Sri Lanka. Les vestiges de la citadelle et des bâtiments administratifs et religieux parsèment la plaine ombragée aux abords du lac Parakrama Samudraya. Le royaume de Polonnaruwa succède à celui d’Anuradhapura, la plupart des ruines datent du XIIème siècle.

Nous profitons tout d’abord d’une journée calme dans la petite ville et nous contentons d’une petite promenade en fin d’après-midi, après une matinée studieuse. Nous nous dirigeons vers le petit parc archéologique qui borde le lac. Suivez Lucie pour découvrir les vestiges du palais du roi Nissankamalla !

Le lendemain, nous partons pour une grande expédition : nous souhaitons explorer l’ensemble du parc archéologique. Pour cette longue balade, nous dénichons des tandems : un moyen de transport original !

Nous commençons l’excursion pr une visite du musée, visite très informative car on peut y voir des reconstitutions des bâtiments en ruines. Ensuite, c’est parti pour une quinzaine de kilomètres en tandem!

Quelques impressions de cette journée :

Petite question subsidiaire: quel est le nom du roi qui fit construire la plupart des bâtiments de Polonnaruwa?

Réponse dans notre prochaine vidéo.


Notre hôtel: Thisal Guest House, basique mais bien situé à quelques centaines de mètres du complexe archéologique. 3222 rs pour une petite chambre quadruple. Restaurant: Dineth, au coin de la rue, un endroit où les Sri Lankais vont se restaurer, très simple et bon marché.

Location de tandems: au coin de la rue principale et de celle qui mène au musée. 700 rs par tandem. Parc archéologique Island Park: accès gratuitParc archéologique de Polonnaruwa: accès 25 USD par adulte, 12.5 USD par enfants. Attention, il y peu d’options pour se restaurer dans le parc (quelques vendeurs de snacks), il vaut mieux prévoir le picnic. On peut remplir sa gourde près du temple Gal Vihara.

Podocarpus

C’est ce parc national au nom rigolo (le podocarpus est en fait l’unique conifère natif de l’Equateur) qui nous a attiré dans le sud de l’Equateur. Une biodiversité extraordinaire, une faune et une flore unique au monde… Nos plans de randonnée ont malheureusement été bouleversés par une attaque de chiens !

La première, magnifique, randonnée aux environs de Vilcabamba, qui nous a menés au sommet du Cerro Mandango puis le long de crêtes vertigineuses, s’est malheureusement soldée par une morsure. Quelques jours de repos et de leçons ont suivi pour les filles.

La randonnée du Cerro Mandango à Vilcabamba:

Enfin, le dernier jour avant le retour des garçons, nous oublions la paresse pour nous rendre malgré tout dans le fameux parc national. Quelle bonne décision ! La météo, qui dans cette région du monde et à cette altitude passe en quelques instants d’un soleil radieux au brouillard ou à la pluie battante, ne nous a pas permit de parcourir dans leur entièreté les 5 kilomètres du sentier des miradors. Mais l’ascension jusqu’au premier mirador en valait la peine : des vues splendides sur la région, une végétation exceptionnelle qui passe de la luxuriante forêt humide aux bosquets d’altitude.

Le sentier des miradors au parc national Podocarpus:


L’hébergement à Vilcabamba: nous avons bénéficié d’un tarif spécial dans l’hôtel le Rendez-Vous (38USD la chambre quadruple avec petit-déjeuner), un hôtel très confortable avec un jardin magnifique.

Les randonnées :

  • La randonnée du Cerro Mandango est aisément accessible depuis le village de Vilcabamba. La première partie (jusqu’à la croix) est assez facile, la suite se complique car les sentiers ne sont pas balisés et il devient possible de se perdre.
  • Il y a de nombreuses autres possibilités de randonnées autour du village.
  • Randonner dans le parc national Podocarpus est une merveilleuse expérience. Il y a peu de sentiers balisés, seules deux randonnées (les miradors, 3h et la laguna, 8h) sont proposées. L’accès au parc national est gratuit et on peut y camper.

La rage

Il ne s’agit pas ici d’un accès de fureur, mais bien de la maladie redoutée. Lors d’une randonnée dans le sud de l’Equateur, à Vilcabamba, Loïc et François-Xavier se font attaquer par une meute de chiens. La morsure sur la jambe de Loïc est légère mais suffisante pour nous inquiéter. Nous voici donc aux urgences de l’hôpital de Vilcabamba, afin de faire désinfecter la blessure. Les soins sont entièrement gratuits en Equateur!

Les choses se compliquent le lendemain, alors que nous nous rendons au centre de vaccinations pour obtenir le vaccin contre la rage. Ayant déjà été vaccinés avant de partir en voyage, seule une double dose est nécessaire pour renforcer le système immunitaire. Seulement, l’Equateur a une politique sanitaire très stricte : toute vaccination antirabique doit être précédée d’une enquête qui détermine l’état de santé de l’animal responsable de la morsure. Nos explications et nos requêtes auprès de différents hôpitaux, puis de la branche locale du ministère de la santé n’y font rien, le vaccin n’est pas disponible à court terme.

Nous faisons donc appel à notre assurance : notre interlocuteur comprend immédiatement l’urgence de la situation et réserve aussitôt un vol pour Quito afin que Loïc et François-Xavier puissent se faire vacciner dans un hôpital privé de la capitale. Les filles resteront donc quelques jours à Vilcabamba pendant que les garçons passeront 4 jours à Quito afin d’être soignés! Entre deux injections à l’hôpital, les garçons profitent bien de la capitale: séance de lecture à l’Alliance Française, goûter dans une bonne pâtisserie et balades.


Pour info : pour nos soins de santé, nous sommes assurés en France par un contrat « Cap Aventure » du courtier Chapka Direct. Nous avons à plusieurs reprises fait appel à l’assurance et nous avons à chaque fois été entièrement satisfaits par la qualité du service !

Halte à Cuenca

En quittant Banos par la route des volcans, nous hésitons à faire une halte dans le parc national Sangay. La météo décide pour nous : alors que nous longeons le parc par la montagne, nous traversons d’épaisses nappes de brouillard mêlées de pluie.

Nous préférons donc poursuivre notre route jusqu’à la ville coloniale de Cuenca. Outre de belles rues bordées de bâtiments anciens, la cité propose quelques musées intéressants. Nous commençons par le musée Pumapongo, qui abrite plusieurs sections : un musée de la numismatique, des premières monnaies à la dollarisation et à la disparition du Sucre en Equateur, le passionnant musée ethnologique, qui expose même quelques têtes réduites des indiens Shuars (ou Jivaros), et un grand parc où se trouvent les ruines de la cité inca de Tomebamba.

Après une promenade dans la ville, nous visitons encore le musée des Arts Indigènes, un petit musée qui abrite une impressionnante collection privée d’objets d’art pré-colombien. Pas d’éclairage hi-tech ou de vitrines anti-vol, on se croirait plutôt dans un grenier plein de trésors.

Enfin, au matin de notre départ, nous visitons encore une fabrique de chapeau. Le célèbre panama est en réalité un chapeau équatorien, aujourd’hui fabriqué principalement à la main dans la région de Cuenca. Nous qui n’achetons jamais de souvenirs faisons une exception et nous encombrons d’immenses boîtes à chapeaux !

Pour l’anecdote :

  • Le Sucre n’est pas un édulcorant mais bien l’ancienne monnaie de l’Equateur, qui a disparu à la faveur du dollar américain en l’an 2000.
  • La loi équatorienne interdit aujourd’hui aux indiens Shuar de pratiquer le rituel de confection de « têtes réduites » à partir de têtes humaines, mais ils sont libres de pratiquer ce rituel sacré sur des animaux tels que les singes.
  • L’origine du nom « Panama » pour désigner le célèbre chapeau viendrait du fait que les colons espagnols faisaient transiter le commerce du chapeau en question par l’isthme du même nom.

Notre hébergement : à proximité du musée Pumapongo, l’hôtel Alternative est très propre, presque stérile mais bon marché (32 USD pour une chambre triple).

Les musées: le musée Pumapongo est entièrement gratuit et vaut le détour. Le musée des Arts Indigènes est payant, nous avons déboursé une somme modique, inférieur au prix affiché… La fabrique de Panama Homero Ortega est un haut lieu du tourisme local, la visite est entièrement gratuite puisqu’elle se termine dans la boutique du fabricant. Pour les amateurs de chapeaux, difficile de résister…

 

 

S’envoler à Banos

Cernée par un volcan, creusée de gorges vertigineuses, dotée d’une abondante végétation semi-tropicale, de cascades qui dévalent en rugissant les flancs de la montagne, la région de Banos attire les touristes en quête de nature, d’aventures et de sports extrêmes: randonnées, VTT, balades à cheval, mais aussi rafting et tyroliennes.

La ville thermale de Banos est un centre touristique animé et sans grand charme, aussi préférons nous nous installer plus loin, à proximité du village de Rio Verde et de la cascade Pailon del Diablo. La visite du site de la cascade a déjà un parfum d’aventure pour les enfants; pour s’approcher au plus près de l’eau grondante qui dévale les parois, on rampe dans les cavités rocheuses… Mieux vaut être équipé d’un bon imperméable!

Le lendemain, nous nous rendons en bus à Banos, puis choisissons de gravir les pentes abruptes qui mènent au site de la Casa de Arbol – en bus également. La Casa de Arbol est une cabane perchée au sommet d’un arbre, lui même perché sur la montagne qui domine la ville. A la branche de l’arbre, une balançoire. A chaque mouvement de balancier, on s’envole, les pieds dans le vide, la tête dans les nuages. Des balançoires aux mini-tyroliennes et aux jeux d’équilibre, les enfants s’amusent comme des fous.

On prolonge encore un peu notre séjour à Banos afin de profiter de la convivialité de notre auberge, où les soirées commencent par un grand repas en commun et se terminent par des parties de cartes. Cette journée supplémentaire est aussi l’occasion de tester les tarabitas, petites nacelles qui permettent de rejoindre l’autre rive du canyon, et pourquoi pas les tyroliennes!

Mention spéciale à Loïc pour sa témérité et à Lise qui a surmonté sa peur pour s’élancer… et qui a adoré!


Nos astuces: le camping Pequeno Paraiso à proximité de Rio Verde offre diverses possibilités d’hébergement, du camping à la chambre privée tout comfort, à des prix raisonnables.

A Banos, le marché central est l’endroit idéal pour manger le midi, 2,5 USD pour un menu complet. Juste en face, le café Ponche Suizo offre de bons expressos et sa spécialité, le Ponche Suizo, un dessert délicieux mais ultra-calorique.

Mieux vaut prendre le bus ou le taxi pour grimper jusqu’au site de la Casa de Arbol, l’ascension est extrêment ardue aux dires d’autres voyageurs. Il y a plusieurs bus par jour au départ de Banos, le tarif est de 1USD par adulte et moitié-prix pour les enfants. L’accès au site Casa de Arbol est payant lui aussi (1USD par adulte et moitié-prix pour les enfants), le site est très agréable à visiter en famille, les enfants se sont beaucoup amusés.

 

La lagune de Quilotoa

Connue des randonneurs, la région de Quilotoa est montagneuse, creusée de canyons, parsemée de villages et de fermes isolées. Les marcheurs viennent y effectuer une randonnée de plusieurs jours, connue comme « la boucle de Quilotoa ».

De notre côté, nous choisissons de prendre pour base une auberge dans le petit village d’Isinlivi et d’effectuer nos randonnées à la journée au départ de celle-ci. Le lieu est réellement idyllique et les enfants passent leur première journée à jouer dans le jardin avec quelques enfants du village. Tant pis pour la première randonnée!

Nous planifions une excursion plus longue le lendemain: départ à 9h30 du matin avec le « lechero », le camion de lait, en direction du village de Sigchos, à 14 kilomètres de là, petites emplettes au marché du dimanche, puis retour à pied, à travers champs et montagnes.

Le lechero est un moyen de transport pour le moins original, certes ni rapide ni confortable, mais bon marché et très typique! Entassés à une vingtaine dans la benne du camion de lait, entre les immenses jarres, nous progressons lentement sur les pistes cahoteuses. Le camion s’arrête régulièrement, près d’une ferme ou d’une maison, pour collecter l’un ou l’autre seau de lait que le conducteur déverse dans les jarres de métal. L’odeur du lait frais et gras domine celle de la poussière des chemins.

Arrivés enfin à Sigchos, nous faisons quelques provisions pour notre randonnée puis nous mettons en chemin vers notre auberge. Le sentier commence par une longue descente au creux de la vallée, continue quelques kilomètres le long de la rivière puis remonte abruptement sur les derniers kilomètres. Rien d’insurmontable, mais nous sommes tout de même contents d’arriver!

Un peu pressés par le temps, nous quittons à regret notre hôtel le lendemain, pour reprendre la route en direction du sud. On ne néglige pas cependant de s’arrêter pour admirer la superbe lagune de Quilotoa, un splendide lac d’altitude niché au creux du cratère d’un volcan. La vue est magnifique depuis les crêtes, le ciel est dégagé. Nous flânons un peu pour profiter de la vue avant de continuer notre chemin. La randonnée de 6 heures qui longe les crêtes surplombant le cratère sera pour un autre voyage…


Nous avons planté notre tente dans le jardin de l’hostal « Llullu Llama ». Le prix, 12USD par adulte et 5USD par enfant de plus de 5 ans, comprend également le repas du soir et le petit-déjeuner, tous deux excellents.

L’hostal « Llullu Llama »  propose plusieurs activités ainsi que des cartes des randonnées et des circuits fléchés pour randonneurs de tous niveaux.

L’accès à la Laguna de Quilotoa est payant au point d’accès principal (2USD par personnes, négociez pour les enfants).

Au pied du Cotopaxi

De l’Amazonie colombienne aux glaciers d’Equateur il n’y a que quelques centaines de kilomètres. Le passage de la frontière, au sud de Mocoa , s’effectue sans aucune difficulté. La région traversée était pourtant jusque récemment une zone de conflit très active.

De retour en Equateur, nous décidons de ne pas nous attarder en Amazonie. Manque de temps, budget limité, nous allons favoriser les randonnées dans les parcs volcaniques équatoriens. Nous roulons d’une traite de Lago Agrio, ville industrielle au coeur de l’Amazonie équatorienne, à Quito, la capitale nichée dans les montagnes. Petite pause studieuse à Quito avant de prendre la direction des volcans.

Nous plantons enfin notre tente au pied du Cotopaxi, volcan majestueux , situé à 80 kilomètres au sud de Quito. Les infrastructures du parc national fonctionnent au ralenti depuis l’éruption du volcan en Septembre 2015. Cependant, plusieurs courtes randonnées sont accessibles aux visiteurs.

Nous profitons de la sérénité de cet endroit sauvage. Près de la lagune, une belle randonnée permet d’observer les oiseaux aquatiques, la faune et la flore des prairies d’altitude. Le soir, un vieux loup gris en quête de nourriture vient rôder autour de notre tente. Les volcans se font timides en Equateur, souvent dissimulés par un voile épais de nuages. Le temps est capricieux, passe du soleil à la pluie et à la grêle, en quelques instants. Nous aurons quand même le plaisir d’apercevoir furtivement le sommet enneigé du Cotopaxi, ses glaciers hérissés de pics et de crevasses. Impossible de grimper jusqu’au sommet en raison du risque volcanique actuel mais l’ascension jusqu’au refuge, difficile à cette altitude, offre des vues splendides.


L’accès au parc national du Cotopaxi et le camping du parc sont entièrement gratuits.

Aux portes de l’Amazonie

Dernière étape de notre périple en Colombie, nous voici aux portes de l’Amazonie. Notre itinéraire se modifie au fur et à mesure de notre progression dans le pays. Nous étions persuadés qu’il nous faudrait quitter la Colombie par l’unique poste-frontière vers l’Equateur, à Ipiales, le long de la panaméricaine.

Pourtant, il existe un autre poste-frontière entre les deux pays, plus à l’est, peu fréquenté… car il se situe en pleine zone de guérilla! Certes, mais la guérilla est officiellement finie et les accords de paix seront définitivement signés ce lundi 26 septembre 2016.

C’est donc sans craintes que nous bifurquons, quelques kilomètres après la ville de Mocoa, vers le sud  et le poste-frontière de San Miguel. Ultime escale pour la nuit à quelques pas de Mocoa et nouvelle hésitation: nous n’avons pas la certitude que le poste-frontière isolé offrira un service de douane un dimanche. Notre  dernier hôtel en Colombie est plaisant, très bon marché, ne vaut-il mieux pas prolonger notre séjour d’une nuit et franchir la frontière un lundi?

L’Amazonie est à notre porte, sans aucun doute, à en juger par la multitude d’insectes aux couleurs et formes étranges que l’on côtoie. Plutôt qu’un franchissement de frontière, nous partons donc pour une balade dominicale aux environs de Mocoa. La promenade promet d’être facile, 45 minutes de marche, selon les locaux. Nous avions oublié ce qu’est une excursion dans la jungle.

Dès les premiers pas, la chaleur moite, étouffante nous pèse. Nous progressons, trempés de sueur, du premier sentier de gravier au sentier de rondins vermoulus, détrempés, enfouis sous la boue; nous franchissons des gués et des ponts suspendus précaires. Après un heure d’ascension vient la descente, au milieu des lianes, des racines et des rochers, aidés d’une corde, pour parvenir au pied la cascade.

La balade n’a rien d’une petite promenade de santé mais la cascade est belle et la baignade délicieusement rafraîchissante. Après avoir profité d’une douche naturelle vivifiante et rempli nos gourdes dans la rivière, nous repartons à l’assaut de la roche. La douche sous la cascade était agréable mais superflue: il pleut désormais à torrents et c’est sous l’averse tropicale que nous regagnons notre domicile provisoire!


Notre hébergement:

Des 3 hôtels situés au sud de Mocoa, l’hostal El Portal del Fin del Mundo offre indéniablement le meilleur rapport qualité-prix: chambre double avec ventilateur (et bientôt douches chaudes) à 35000 COP, cuisine, jardin, Wi-Fi performant, propriétaires sympathiques…

Pour les randonneurs:

La balade de la cascade « El fin del mundo » dure 45 minutes et débute à quelques pas de l’hôtel. Seul inconvénient: il y a beaucoup de monde le week-end. Nous avons donc préféré aller à la cascade d’Hornocayo, très belle mais moins accessible en raison du mauvais état du sentier. En contrepartie, nous étions peu nombreux sur le site, même un dimanche. Il n’y a pas de balisage à proprement parler mais quelques indications qui sont suffisantes pour ne pas s’égarer.

Les démons de pierre de San Agustin

Visages grimaçants au sourire carnivore, yeux de poissons, dents de chauve-souris, griffes de puma, insolites mais point menaçantes, les divinités de San Agustin ont gardé tout leur mystère. Nul n’est capable aujourd’hui de dire quelques peuples les ont érigées ni d’expliquer leur rôle dans la société antique. Gardiens des tombeaux, messagers de l’au-delà, les statues de pierre sont tombées dans l’oubli avant que les archéologues ne se penchent sur leur destin.

Au début du XXème siècle, les monstres de pierre ornaient la place du petit village de San Agustin ou servaient de pierre d’angle à une maison. Certaines statues, dérobées, ont par la suite été retrouvées en France ou au Danemark. Dans un effort pour sauvegarder le patrimoine archéologique de la Colombie, les autorités se sont efforcées de restituer l’authenticité du lieu de culte. Certaines statues ont été replacées sur leur site d’origine, d’autres ont été regroupées dans un bois, à proximité des tombeaux, surnommé le « bois de statues ». Les dernières, enfin, ont été excavées et redressées à l’endroit même où elles furent découvertes.

La visite du site principal est une petite promenade à travers bois et collines, d’un site à l’autre, d’un dolmen à une source, d’une figure de singe à celle d’un oiseau. Certaines représentations sont admirablement conservées, fascinantes dans la richesse et parfois l’insolite des détails.

Le lendemain, nous sélectionnons un site moins fréquenté, sauvage et majestueux, à quelques trois kilomètres de notre hôtel. C’est donc à pied que nous nous y rendons. La déesse Chaquira, gravée dans la pierre, mains levées vers le ciel, veille sur le lieu, époustouflant: le canyon ruisselant de verdure de la rivière Esmeralda.

L’après-midi, c’est à bord de notre 4X4 que nous nous rendons par la piste au site de l' »Alto de los Idolos ». Ici, les statues de pierre, plus récemment découvertes, n’ont jamais été déplacées, simplement redressées ou consolidées. Le site est merveilleusement serein et agréable.

Il reste des sites à explorer, mais notre troisième jour, dans le cadre bucolique de notre hôtel, est studieux afin de se mettre à jour dans les leçons. Les enfants ont très bien travaillé, bravo!


Pour les voyageurs:

  • Notre hébergement: La Casa de François, hôtel très réputé, à juste titre. Les chambres sont charmantes et bon marché, le jardin est agréable, le restaurant est délicieux. Nous avons payé 110.000 COP pour une cabane de 5 personnes (prix négocié). Service de laverie (linge) bon marché sur place.
  • En ville, sur la place du village, le café Macizo ne sert pas d’expresso digne de ce nom, mais de délicieuses boissons glacées à base de café, ainsi qu’une très bonne infusion de fruit (aromatizada de frutas).
  • La boulangerie-pâtisserie française du village est définitivement fermée.