Découverte de Hampi

Il nous est un peu difficile de quitter Cochin. Encore une fois, la combinaison de train ou de bus pour nous rendre à notre prochaine destination est un vrai casse-tête et nous choisissons… l’avion! En général, nous préfèrons des moyens de transports plus écologiques, mais comme nous sommes un peu plus pressés que d’habitude et que les transports terrestres sont très lents et vite complets, la solution de l’avion apparait vite comme la seule raisonnable.

Pas si simple toutefois: d’abord, il y a l’incertitude de savoir si l’aéroport de Cochin, fermé en raison des risques d’inondations causées par la mousson réouvrira à temps pour notre départ. Le service se rétablit la veille de notre voyage. Nouveau vol à bord d’un petit avion, cette fois-ci à destination de l’aéroport de Hubli. De là, il nous faut prendre un train pendant plusieurs heures à destination de Hosapete. Enfin, un taxi nous fait parcourir les 15 kilomètres qui nous séparent de notre destination finale, Hampi.

Hampi est un site archéologique remarquable. Des dizaines et des dizaines de temples éparpillés dans une zone semi-aride entre des blocs de granit massifs et un végétation d’arbustes et d’épineux. Certains temples sont entretenus et fréquentés, d’autres sont isolés, abandonnés ou ignorés des touristes. Quelques grandes balades à pied nous permettent de découvrir quelques sites au hasard des chemins. Nous louons également des scooters pour nous rendre sur les sites plus éloignés. Enfin, près du village de Hampi, quelques monuments sont facilement accessibles, tels le temple Virupaksha, encore en activité, où une éléphante très douée bénit les fidèles en échange d’un petit billet!

Hampi est une escale un peu hors des sentiers battus. Nous y croiserons relativement peu de touristes indiens et quasi aucun touriste étranger. C’est étonnant car le site et son environnement naturel sont magnifiques. Témoignage de ce désintérêt des touristes: on trouve assez peu d’hôtels et de restaurants aux environs.

Voici en images, notre découverte d’Hampi:

Pour quitter Hampi, c’est de nouveau toute une saga. Les rares trains de nuit  directs pour Goa sont complets, nous devons combiner un train de jour et un train de nuit. Retour donc en taxi jusqu’à la gare de Hosapete. Là, on apprend que le train qui doit nous conduire à Hubli a 2 heures de retard. On prend donc la direction de la gare routière pour essayer d’attraper un bus vers Hubli. A la gare routière, impossible d’obtenir des informations claires: de quel quai part le bus pour Hubli? A quelle heure? Nous attendons une demi-heure un hypothétique bus qui ne viendra jamais, avant qu’un autre voyageur ne nous signale que le départ est annulé. Retour à la gare ferroviaire pour attraper notre train en retard de 2 heures, lequel arrive bien au moment annoncé.  Heureusement que nous avions anticipé et prévu un large laps de temps entre nos deux trains. Nous embarquons sans problème dans le train de nuit pour Goa dans une couchette tout confort de 3ème classe.


Hébergements à Hampi: 

Les hébergements de qualité sont plutôt rares à Hampi. Nous avons profité d’une promo pour louer deux chambres doubles au Clark’s Inn de Kamalapura, un hôtel 3 étoiles plutôt fané. Même avec la promo, le rapport qualité-prix n’était pas extraordinaire (seule la petite piscine aurait pu faire la différence, mais il ne faisait pas suffisamment chaud pour en profiter vraiment!).

Nous avons franchement préféré notre deuxième hébergement, un homestay simple mais grand, tout neuf et ultra-propre. Pas encore de nom pour cet hébergement, il faut se renseigner auprès du propriétaire du restaurant Mango Tree dans le village de Hampi.

La mousson dans le Kerala

De Mysore, nous souhaitons nous rendre dans le Kerala, la province du Sud-Ouest du pays. Pour nous épargner de longues heures de train ou de bus, on déniche un vol Mysore-Cochin à un prix très compétitif: moins de 16 euros par personne. On débarque bien trop tôt à l’aéroport: celui-ci est minuscule et n’offre aucun service. Pas de boutiques, ou même de café pour prendre le petit déjeuner. On attend longuement; on parvient tout de même à se faire livrer un petit-déjeuner par un coursier! Le personnel de l’aéroport arrive peu à peu, on passe les contrôles de sécurité et on attend encore. Le vol est retardé. L’avion arrive enfin, c’est un coucou récent mais minuscule. Le vol sera ponctué de belles turbulences, comme on les aime.

A Cochin, on grimpe dans le bus pour la vieille ville (le fort) et on pose nos bagages dans une pension fantastique. On part découvrir la ville à pied. Fort petite et pas particulièrement attrayante au premier abord, elle recèle de nombreux trésors: de multiples églises, une très ancienne synagoge, un palais aux fresques splendides… Et aussi, quelques petits restaurants simples mais délicieux, des cafés agréables et une boulangerie française dont les propriétaires sont originaires de Pont l’Abbé, en Bretagne. On apprécie vraiment cette escale!

La mousson nous rejoint. Il pleut d’abord par intermittence, de violentes averses, pendant lesquelles on se réfugie dans un café ou un musée. Puis il pleut une journée entière, durant laquelle on se repose et on assiste à un spectacle de danse traditionnelle.

Dans l’espoir d’une éclaircie, on part quelques kilomètres plus au sud, à proximité d’Allepey, une région réputée pour les belles balades en bateau qu’elle offre sur ses canaux. Hélas, il pleut toujours. Une demi-journée de temps gris mais sec nous permettra tout de même de nous baigner dans un mer déchaînée, au milieu de menaçants rouleaux noirs qui se fracassent sur le rivage. Quelques heures de répit aussi, le temps de grimper au sommet du phare de la ville. On chercher une autre activité à faire par temps pluvieux et on finit par visiter une petite fabrique qui exploite la fibre de coco. Très intéressant.

A cause de la mousson, nous n’avons pas pu pleinement profiter de la région mais nous gardons tout de même un agréable souvenir de Cochin.


Hébergement à Cochin: Aron Homestay, peut-être notre meilleur logement en inde

Hébergement à Allepey (Marari Beach): très agréable, et à deux pas d’une plage magnifique.

De Bangalore à Mysore

De Pondicherry, nous prenons le train de nuit pour atteindre Bangalore: un trajet dans la classe inférieure, les couchettes les plus simples. C’est assez bruyant mais le trajet se passe sans encombres. Nous prenons possession d’un charmant petit appartement, loué sur AirBnB, situé dans le nord de la ville.

La terrasse de notre appartement

Bangalore

Bangalore… relativement propre et bien organisée, la ville moderne ne dépayse pas les européens. François-Xavier nous quitte deux jours pour aller chercher Perrine à l’aéroport de Mumbai. Les enfants et moi en profitons pour faire des activités moins touristiques: le musée de la science et le planetarium. Un réel plaisir!

Perrine nous rejoint pour notre dernière journée dans la ville, journée que nous consacrons à des visites plus culturelles: le temple Iskcon, le palais de Bangalore, le parc Cubbon et le petit musée régional qui s’y trouve.

Un peu atypique en Inde, Bangalore offre tous les avantages d’une grande ville, mais reste agréable à parcourir et à découvrir.

  • Le musée de la science (Visvesvaraya Industrial and Technological Museum): cet espace, un peu vieillot, a ravi les enfants avec ses expériences amusantes sur la mécanique, l’optique, l’électrité… Tout est expliqué en anglais.
  • Le Planétarium: Pour seulement 25 roupies par personne (tarif réduit pour les enfants), on profite d’un spectacle dans une belle salle sphérique. La séance est en anglais, intéressante même si les enfants ne comprennent pas tout.
En chemin vers le planétarium
  • Le temple Iskcon: un temple de la communauté Hare Krishna. Très grand, tout neuf et très fréquenté, c’est un lieu mystique et étrange. L’accès est gratuit, mais des adeptes ont quand même essayé de nous vendre des tickets “VIP” à l’entrée!
  • Le palais de Bangalore: le palais est assez récent (XIXème siècle), mais la visite (500 rs par adulte, gratuite pour les enfants) vaut le coup pour les magnifiques intérieurs.
  • Le parc et le musée régional: Bangalore est une ville très verte, en témoigne la présence de ce beau parc en plein centre-ville. Le petit musée, très bon marché,  présente des sculptures et peintures spendides dans des vitrines poussiéreuses.

Mysore

En attendant le train.

Nous continuons notre route, toujours en train, en direction de Mysore. La ville, plus petite, abrite un superbe palais. A peine arrivés, deux petites heures de train depuis Bangalore, nous posons nos bagages et allons admirer ce palais. Magnifique visite, ce palais est l’un des plus somptueux du pays.

On décide d’enchaîner par une petite promenade dans la ville, plutôt chaotique. Bien entendu, un chauffeur de rickshaw nous aborde et nous propose de nous déposer au marché tout proche pour la modique de 50 roupies (environ 60 cents). Soupçonnant une arnaque, nous refusons d’abord, puis acceptons en précisant fermement le prix. Nous voici partis, tout d’abord vers une échoppe où nous dégusterons des jus de fruit délicieux (car nous avions émis le souhait de boire un verre avant d’aller au marché), puis vers une fabrique artisanale d’encens (où le vendeur tentera bien, en vain, de nous faire acheter quelques souvenirs) puis enfin, après ces quelques détours, au marché. Prix de la course: 50 roupies, comme convenu!

Le marché est incroyablement animé en ce dimanche après-midi. La foule se presse parmi les étals où s’amoncellent les pétales de fleurs de couleurs variées. C’est à la fois superbe et angoissant.

Sortis du marché, nous avons quelques difficultés à trouver un endroit pour nous reposer et attendre la tombée de la nuit. Dans le quartier aux abords du palais, on ne trouve tout d’abord aucun café ou restaurant. Il y a bien la nourriture de rue, mais on aimerait pouvoir s’asseoir un instant. On déniche une gargotte miteuse où l’on mangera très bien! 

La nuit tombe enfin et avec elle, le palais s’illumine, comme tous les dimanches soir. C’est splendide. On profite du spectacle pendant une petite demi-heure avant que la pluie ne nous chasse.

Le lendemain, le temps est mitigé. Nous commençons par la visite du temple très fréquenté, au somme d’une colline qui surplombe la ville.  

Nous redescendons à pied et sillonons le sud de la ville dans l’après-midi afin de visiter quelques attractions un peu atypiques. Tout d’abord, la fabrique gouvermentale de soie de Mysore: bien que très réglementé (il faut laisser son passeport, son sac et son téléphone au garde à l’entrée), l’accès en est autorisé et gratuit. Nous avons déjà visité des fabriques artisanales, cette petite industrie est différente et fascinante. Quelle dommage que les photos soient interdites, nous aurions aimé montrer les multiples métiers à tisser qui, tels des araignées de métal, tissent en cliquetant des centaines de mètres de tissu moiré!

Plus loin, nous visitons une petite usine de traitement du bois de santal, pour en extraire l’huile, fabriquer de l’encens ou du savon. A noter que lors des deux visites, même si les fabriques possèdent un petit magasin d’usine, on ne nous poussera pas à l’achat, ce qui est fort agréable.

Découvrir Pondicherry

Le nom de Pondicherry est particulièrement évocateur pour les francophones. Le territoire de Pondicherry est resté sous domination française jusqu’en 1954 et l’influence francophile se fait encore sentir de nos jours.

De Mahalibapuram, nous sélectionnons un bus local pour rejoindre Pondicherry. Pour prendre le bus, il faut se poster à l’entrée de la ville, au bord de la voie rapide (le bypass) et héler les bus rouges qui circulent. La distance est courte, le trajet est rapide bien que modérément confortable. Aux abords de Pondicherry, nous avons le plaisir d’être accueillis par Marie-Véronique et son équipe.

Marie-Véronique vient régulièrement à Pondicherry où elle gère une association caritative. C’est grâce à Francine, dont Marie-Véronique a été l’élève, que nous avons le plaisir de faire sa connaissance. Nous apprécions Pondicherry et y serions bien restés plus longtemps si nous n’avions pas été attendus à Bangalore 5 jours plus tard.

Une ville agréable, à taille humaine, où nous avons aimé :

  • découvrir l’atelier de couture géré par Marie-Véronique et voir les employés au travail,
  • nous joindre à une séance d’étude à l’école des devoirs d’un village voisin, où les enfants ont étudié leurs leçons parmi des dizaines d’écoliers de leur âge,
  • louer un scooter et découvrir les environs en deux-roues, notamment la paisible et surprenante Auroville,
  • lire une revue à la bibliothèque de l’Alliance française,
  • nous promener sur l’agréable avenue du front de mer et dans les jolies rues de la ville blanche, l’ancienne cité coloniale,
  • explorer les multiples temples, églises et cathédrales,
  • admirer le minutieux travail des brodeuses dans un magnifique atelier,
  • et plus encore…

Notre hébergement à Pondicherry : un appartement de 2 chambres tout confort, déniché sur AirBnB

Les restaurants : Surguru, notre cantine, à quelques centaines de mètres de l’appartement, Mayam, un très bon restaurant végan sur la route d’Auroville, Eat My Cake, délicieuse pâtisserie et association caritative..