Premiers pas en Inde

Après un bref séjour à Bangkok, nous voici repartis pour une nouvelle destination: l’Inde! Vol de nuit pour Chennai et première difficulté: la compagnie d’aviation nous refuse l’enregistrement tant que nous n’avons pas une preuve de sortie du territoire indien. Heureusement, la technologie moderne est là pour nous aider: alors qu’il est plus de minuit et que tous les guichets des compagnies sont fermés, nous réservons en ligne un billet pour une future destination. Enfin, nous pouvons embarquer!

Arrivée à Chennai à 6h du matin après une très courte nuit. Notre routine est mise à mal: nous avons l’habitude de prendre immédiatement des devises locales au distributeur automatique puis d’acheter une carte SIM afin de pouvoir utiliser l’internet mobile. Or, à l’arrivée à Chennai, il n’y a rien: pas de boutiques, pas de cafés, pas de banques. Sans argent et sans téléphone, nous négocions avec un taxi le transport jusqu’à notre hôtel moyennant un crochet par une banque.

Fatigués, nous passons la plus grande partie de la journée à nous reposer, à étudier et à lire dans notre chambre d’hôtel, avec toutefois une longue pause goûter dans la délicieuse pâtisserie au rez-de-chaussée du bâtiment.

Premier repas en Inde.

L’aventure recommence le lendemain. A vrai dire, nous n’avons pas choisi un mode de transport des plus audacieux : nous avons réservé une voiture privée pour nous conduire à Mahabalipuram, une cinquantaine de kilomètres plus au sud.  Cela nous permet d’éviter de longs trajets en bus à travers les embouteillages de Chennai et de visiter quelques sites sur notre route.

Notre premier arrêt est à la banque des crocodiles. Ce centre de conservation des reptiles abrite plusieurs espèces locales et internationales, dont certaines sont fortement menacées d’extinction. Après une pause déjeuner, nous faisons une seconde halte à la grotte du tigre et découvrons ainsi les premières merveilles archéologiques de la région, des roches sculptées datant de la dynastie des Pallava, au VIIème siècle de notre ère.

Mahabalipuram et une petite ville paisible au bord de l’océan. Les sites archéologiques sont tous situés à une distance raisonnable du petit centre, ce qui nous permet de parcourir la ville à pied. Nous commençons notre journée en visitant les deux sites payants du complexe archéologique : le temple du rivage, « shore temple », joliment dressé sur une petite pointe face à l’océan et le 5 rathas, ou 5 chariots, un peu plus éloignés, 5 magnifiques petits temples délicatement ciselés dans d’énormes blocs de roche.

A la mi-journée, le soleil brille et la chaleur est devenue intense. Nous faisons une longue pause lecture et détente dans un des nombreux cafés de la rue commerçante avant de reprendre notre exploration des sites en fin d’après-midi. Le parc de Mahabalipuram, d’accès libre, abrite de nombreux temples et bas-relief, tous joliment sculptés de divinités, d’éléphants, de singes, de paons. Le talent des artisans de l’époque est indéniable.

En un sens, la tradition se perpétue et les tailleurs de pierre sont nombreux aux alentours de la ville. Nous discutons longuement avec l’un d’eux. Il nous invite visiter son atelier et à boire le thé chaï. Certaines de ses œuvres sont imposantes, d’autres très fines et petites. Les enfants font l’acquisition d’un petit souvenir. Nous repartons le lendemain, direction Pondicherry.


A Mahabalipuram

Notre hébergement : Nashatraa guesthouse, central, correct, sans plus mais bon marché. 

Nos restaurants : Le Yogi, dans l’allée touristique. Idéal pour bouquiner «le routard» en buvant un thé.

Mamalla Bhavan, près de la gare routière, restaurant local bon et bon marché.

Bangkok en famille

Nous voici de retour à la « maison », à Bangkok, notre point de chute en Asie. Nous retrouvons l’appartement que nous louons habituellement, dans « notre » rue, la rue Nakhon Chaisi. Nous retrouvons les stands de nourriture de rue, les jus de fruit, les salades de papaye. Et surtout, nous sommes de nouveau réunis, après 2 mois. Après un court vol, nous nous retrouvons enfin, au hall des arrivées de l’aéroport de Don Muang!

Cette étape n’est qu’une escale, notre vol pour l’Inde est prévu 3 jours plus tard. Nous agrémentons nos journées studieuses de quelques visites encore inédites, alors que nous pensions avoir arpenté Bangkok de long en large.

  • Nous nous rendons à la ferme des serpents de la Croix Rouge. L’endroit abrite un petit serpentarium, une exposition passionnante sur lesdits reptiles et surtout une démonstration de manipulation des serpents. Vraiment impressionnant et intéressant. (Tarif : 200BHT par adulte, 50 pour les enfants)
  • Les enfants vont se faire des frayeurs sur un plancher de verre à 300 mètres de haut au sommet de la tour Mahanakhon. Très spectaculaire!

C’est presqu’à regrets que nous quittons notre ville et notre appartement pour prendre un vol de nuit pour Chennai. 

La famille s’est agrandie le temps d’une photo.

Quelques jours et semaines aux environs de Ninh Binh

Il nous reste un mois avant de quitter le Vietnam et celui-ci sera principalement consacré aux leçons… pour tout le monde, car j’ai également commence une formation en ligne qui me permettra d’enseigner l’anglais.

Après le départ des grands-parents, on reste quelques jours à Hanoï, pour quelques courses, une visite chez le coiffeur… puis on prend le train pour la région de Ninh Binh. La ville de Ninh Binh n’est qu’à 2 heures de train de Hanoï. On s’installe donc dans un petit homestay très isolé. Au bout de quelques jours, après quelques courtes balades en vélo, une excursion en bateau dans la réserve naturelle de Van Long, et plusieurs heures passées au bord de la piscine de l’immense hôtel 5 étoiles qui jouxte notre homestay, on commence à trouver le temps long. Nous sommes vraiment très, très isolés. Il y a peu de restaurants, pas de cafés, quasiment aucun touriste. 

Alors, une fois n’est pas coutume, je me mets en quête d’un endroit plus fréquenté. Je choisis un petit hôtel avec piscine au cœur du site touristique de Tam Coc. Notre ruelle est calme, mais au coin de la rue, il y un café qui sert un délicieux « egg coffee », plusieurs restaurants offrant une cuisine de nationalités variées, un petit snack pour des repas rapides mais sains le midi… Et surtout, il y a de nombreux touristes. Notre désir de rencontrer d’autres personnes est rapidement exaucé. Quelques heures après notre arrivée, une famille canadienne prend possession du bungalow voisin. Les enfants ont respectivement 6 et 9 ans et ils sont en voyage pour 6 mois. Nous passons une excellente semaine en bonne compagnie, entre balades, leçons et jeux dans la piscine ou le bungalow !

Quelques jours encore à Hanoï, le musée des beaux-arts, celui de l’histoire du Vietnam, et même un « escape game » (jeu de logique grandeur nature) avant de prendre l’avion pour Bangkok pour y retrouver François-Xavier.


Hôtels : 

  • Ninh Binh Nature Homestay, près de la réserve de Van Long. Très bien, mais fort isolé.
  • Tam Coc Sunrise Homestay – excellent rapport qualité-prix au cœur de Tam Coc

Visites : Il y a pas mal de choses à voir et à faire dans la région

  • La grotte Hang Mua : superbe point de vue sur la région. Entrée payante, 100.000 VND, gratuit pour les enfants de moins de 1,3m.
  • Les balades en bateau : l’attraction principale de la région. Les tarifs sont fixes, plus ou moins élevés suivant la côte de popularité de l’embarcadère. Nous avons fait une excursion dans la réserve naturelle de Van Long, moins spectaculaire mais bon marché et très agréable. 40.000 VND par personne, plus le pourboire.
  • La pagode de Bich Dong, adorable, à combiner avec une balade dans les rizières. Gratuit.
  • La réserve ornithologique de Thung Nham : cadre splendide et relativement peu fréquentée. Un coup de cœur ! Entrée : 100.000 VND par personne, gratuit pour les enfants de moins de 1,3m.

La beauté sauvage de l’extrême nord du Vietnam

La visite des grands-parents est l’occasion de découvrir des lieux inédits pour les petits bourlingueurs. Les guides de voyage vantent la région de l’extrême nord, encore peu développée touristiquement mais très belle, semble-t’il. Les seuls touristes y sont des jeunes baroudeurs qui effectuent une boucle dans ces régions reculées, juchés sur une moto de location. On les identifie facilement à leur barda, fixé sur la moto, et bien souvent aussi à leurs bandages aux genoux et aux coudes, souvenirs non désirés d’une chevauchée sauvage. 

Peu d’informations sont disponibles concernant un voyage à quatre roues pour une famille et trois générations. Mais rien n’est jamais vraiment compliqué au Vietnam : après une courte recherche sur internet, je contacte par Whatsapp la gérante d’une petite agence de voyage locale. En 10 minutes, tout est réglé : nous disposerons une voiture avec chauffeur pour visiter la région.

Nous quittons donc le village de Ta Van, un peu à regrets : nous étions bien installés dans cette région clémente en été, toute en verdure et en rizières. Il n’y a que 250 kilomètres de Sa Pa à Ha Giang, mais cela se traduit par 8 heures de bus sur des routes tortueuses. Enfin arrivés, notre hôtel offre des chambres d’une simplicité extrême, des matelas posés sur le sol. Pas idéal pour une bonne nuit de sommeil, mais c’est ici que viendra nous chercher notre chauffeur le lendemain matin. Notre maison pour les jours prochains sera un minibus de 12 places, à notre usage exclusif. 

De Ha Giang à Nam Dam

Notre chauffeur ne parle pas d’anglais, mais le parcours a été arrangé à l’hôtel le matin même. Sans que l’on ait besoin de le demander, le chauffeur fait une halte à chaque point de vue remarquable. Le temps est gris, le ciel couvert. Nous grimpons des routes en lacets pour découvrir les paysages du plateau karstique de Dong Van. Des monts de forme conique s’étendent à l’infini.

Après une pause déjeuner dans l’un des rares villages du plateau, nous nous éloignons de la route principale en direction de la grotte de Lung Khuy. Pour accéder à la grotte, il faut marcher sur environ deux kilomètres et grimper la montagne jusqu’à mi-hauteur. Une belle promenade, mais moins facile qu’il n’y paraît : le soleil nous accompagne désormais et il fait très chaud. Outre les vues superbes sur les montagnes environnantes depuis l’entrée de la grotte, la visite donne l’occasion d’admirer de magnifiques concrétions. Les enfants sont également ravis de découvrir un passage secret, un boyau très étroit et non éclairé qui débouche sur un étang souterrain.

De retour à notre véhicule, notre chauffeur nous conduit jusqu’au village touristique de Nam Dam et nous débarque dans un homestay. Il remonte dans le minibus et nous quitte sans plus d’explications. Un peu surpris, nous nous installons malgré tout pour la nuit dans ce homestay rustique mais authentique. Il est encore tôt et nous partons à pied découvrir le village. Nam Dam est un village de l’ethnie des Dao Rouges, qui a fait le pari de subsister grâce au tourisme. Tout en restant fidèles à leurs traditions, de nombreux habitants du village ont transformé leur maison en homestay, offrant aux touristes la possibilité de découvrir leur mode de vie séculaire. 

Dans le village, nous nous arrêtons au petit musée de la maison communale. Derrière, un bâtiment de bains publics permet aux visiteurs de bénéficier des bienfaits des traditionnels bains aux herbes. Renseignements prix, les bains sont ouverts à tous moyennement la modique somme de 3 euros pour une demi-heure. C’est donc l’occasion de tester cette tradition (et de contourner la douche dans les sanitaires très rudimentaires de notre homestay). A notre demande, la préposée remplit donc de larges bassines en bois d’une eau brune et brûlante, chargée de lourdes effluves citronnées. Dans nos cabines respectives, on se déshabille et on s’immerge dans le liquide. C’est si chaud que les enfants ont du mal à rester tranquilles. Assis dans nos bassines de bois, presque des chaudrons, on se fait l’impression d’être l’ingrédient principal d’une soupe parfumée. Plus tard, c’est autour d’un délicieux thé parfumé au gingembre que l’on se réhydrate après cette séance de bains-saunas très efficace.

Presque à point…

De retour dans notre homestay, nous partageons le repas familial avec nos hôtes, arrosé de nombreuses lampées d’alcool de riz. L’alcool de riz est-il servi abondamment dans le but d’alourdir un sommeil maintes fois troublé par les aboiements des chiens, les pleurs du bébé, les chants des coqs? Cette nuit ne fut pas des plus réparatrices, même si nous avons apprécié de partager pour quelques heures le quotidien des habitants.

De Nam Dam à Dong Van

La veille au soir, surprise, nous avons fait la connaissance de notre nouveau chauffeur. Il va nous accompagner jusqu’à la fin du périple, parle quelques mots d’anglais et est très dynamique. Nous n’avons pas perdu au change. Après le petit déjeuner, nous nous mettons en route à travers les montagnes. 

La première halte est dans le village de Sa Phin. Il abrite le palais du roi de l’ethnie Hmong, un puissant monarque et magnat du commerce de l’opium, à l’époque de la colonisation française. Dans ses régions peu accessibles, les colons préféraient visiblement composer avec les autorités locales plutôt que de s’enliser dans des conflits inutiles. Bien qu’un peu décrépi, le palais, plutôt une grosse maison bourgeoise, est un surprenant mélange d’influences chinoises et coloniales. La richesse et la puissante de son propriétaire ne fait aucun doute. La situation de cette maison cossue au milieu des montagnes, éloignée de tout, est singulière. 

A propos d’éloignement, nous nous enfonçons maintenant dans le territoire le plus septentrional du Vietnam. Au sommet d’un col, nous nous arrêtons pour un déjeuné avec une vue époustouflante sur les montagnes. Pour la première fois depuis de longs mois, les enfants réclament un pull pour se couvrir !

La route continue, longeant la frontière avec la Chine. Au détour d’un chemin, une simple barrière de bambou est gardée, à distance, par 2 militaires. Au delà de la barrière, c’est la province du Yunnan. On poursuit côté vietnamien jusqu’au village de Lung Cu. A Lung Cu, au sommet d’une colline, un mat et un drapeau, monumentaux, soulignent la fierté nationale des vietnamiens. Nous avons atteint le bout de la route, l’extrême nord du pays. 

Nous revenons sur nos pas, jusqu’à la petite ville de Dong Van. Soucieux de notre confort, le chauffeur nous conduit au Dong Van Bar Hotel,  un hôtel très agréable un peu à l’écart de la ville. 

De Dong Van à Yen Minh en passant par Meo Vac

Le lendemain matin, il pleut. Ce n’est pas une violente averse tropicale, mais un crachin léger, juste assez pour obstruer les panoramas. Nous visitons la vieille ville de Dong Van sous la pluie. Encore une surprise, cette ville reculée exhibe un centre historique minuscule mais très bien conservé, avec ses magnifiques demeures coloniales agencées autour de la place du marché. 

Nous profitons d’une éclaircie pour grimper au sommet du pic qui domine la ville et où les ruines du fort surveillent les environs. Le mauvais temps nous rattrape et c’est sous une pluie battante que nous atteignons le sommet. Nous nous abritons tant bien que mal dans le fortin en piteux état. Quelques minutes plus tard, le ciel se dégage et nous profitons de la vue dégagée sur la ville et les monts environnants.

Nous reprenons la route et le paysage devient plus sauvage encore. Au passage d’un col, un majestueux monument de marbre rappelle le sacrifice des artisans et jeunes volontaires qui moururent lors de la construction de la voie. Juste après un sentier part sur la droite. C’est le départ du « Sky Walk », le chemin du ciel, un sentier de 8 kilomètres à travers les montagnes. Nous n’en effectuons que les premiers kilomètres, 4000 mètres de marche relativement facile dans un décor splendide.

Nous retrouvons notre voiture à hauteur des gorges de Ma Pi Leng, un canyon vertigineux creusé dans la montagne. Encore une fois, notre chauffeur nous propose une halte bienvenue, pour prendre un déjeuné au bord de la falaise, quelques centaines de mètres au dessus de la rivière. Nous reprenons la route jusqu’à la ville de Meo Vac avant de revenir sur nos pas. Les pluies abondantes des dernières semaines ont endommagé la route, la dernière portion de la boucle est fermée à la circulation. Nous passerons la nuit dans le village de Yen Minh, à mi-chemin entre Dong Van et Ha Giang.

De Yen Minh à Ha Giang

Notre périple se termine bientôt, mais avant cela notre chauffeur nous emmène visiter un petit village où les femmes se spécialisent dans la culture et le tissage du lin. Nous y découvrons toutes les étapes de ce travail artisanal et fastidieux. Quelques arrêts plus tard, pour des points de vue et des photos, nous redescendons dans la plaine aux abords de Ha Giang. Notre chauffeur-guide effectue un détour pour nous permettre découvrir un très joli village de bois et de chaume appartenant à l’ethnie Thay. Enfin, nous voici au terme de notre découverte, dans un petit hôtel à l’écart de la ville.

Ces quatre jours nous ont révélé un autre visage du Vietnam, des paysages plus bruts, plus rudes. Les conditions de vie y sont plus difficiles qu’ailleurs. La région est fascinante.

Le lendemain, nous reprenons le bus en direction de la capitale. Il nous reste une journée pour profiter d’Hanoï et de son magnifique théâtre de marionnettes d’eau, avant de dire « au revoir » aux grands-parents.

Derniers regards sur les montagnes

En pratique :

Voiture (Ford Transit 12 places) avec chauffeur, réservé par l’agence Explore Ha Giang, service impeccable et prix très raisonnable (2500000 VND/jour).