Randonner à Sa Pa

Comment organiser ses randonnées dans la région de Sa Pa ? En préparant ce voyage, je suis rapidement confrontée à un problème récurrent en Asie : la difficulté de planifier et d’organiser ses propres parcours, indépendamment des agences de voyages et autres tour-operators. Si la randonnée est une activité très populaire dans la région, elle s’effectue presque toujours en bandes organisées, sous la direction d’un guide local. Pas de balisage des sentiers, pas d’offices du tourisme, pas de cartes détaillées, pas d’information sur les parcours possibles pour les voyageurs indépendants; il n’est pas aisé de planifier dans ces conditions.

Quant à la ville de Sa Pa, elle a mauvaise réputation: autoroute à randonneurs, piège à touristes, les commentaires des voyageurs qui s’y sont rendu sont parfois peu élogieux. Redoutant la foule, je sélectionne, un peu au hasard, une auberge dans le village de Ta Van, à une dizaine de kilomètres de Sa Pa. Ce choix s’avère excellent : situé au bord du torrent, entouré de rizières, le village est agréable, suffisamment touristique pour offrir cafés, restaurants et supérette pour le ravitaillement des randonneurs, suffisamment isolé pour redevenir calme et serein le soir tombé.

Après un trajet en bus sans encombres, suivi d’un transfert en minibus sur une route dans un état pitoyable, nous nous installons donc dans nos chambres. Un bâtiment de bois, cerclé de rizières en terrasse, avec des milliers de grenouilles pour nous tenir compagnie, l’endroit a beaucoup de charme. Nous y passerons quelques jours agréables, en alternant petites balades et grandes randonnées.

Voici, pour les futurs randonneurs, le détail de nos excursions:

Premier jour : Balade de la cascade de Cau May.

Distance : Boucle d’environ 6 kilomètres.

Difficulté : Facile (mais les sentiers sont parfois très boueux, ce qui ajoute de la difficulté)

C’est une des randonnées les plus populaires de la région. C’est aussi la seule où nous avons croisé de plusieurs groupes de randonneurs. Pas besoin de guide mais vous avez de fortes chances d’être accompagnés par un groupe de femmes locales qui vous indiqueront le chemin. Si vous ne désirez rien acheter à ces femmes, énoncez-le très clairement au début de la balade pour éviter les malentendus !

Au sud du village, presque à la sortie, nous prenons un sentier qui grimpe à droite. Nous quittons rapidement le village et marchons désormais parmi les rizières. Les femmes du village voisin nous ont emboîté le pas, encombrées de leur panier emplit de babioles à vendre, de leur ombrelle, d’un bébé en écharpe. Leur compagnie n’est pas désintéressée, mais elle reste agréable. Ces femmes parlent un anglais assez fluide et conversent avec nous le long du chemin. Elles nous aident dans les passages boueux, nous indiquent quelques plantes comestibles, tressent des couronnes végétales pour les enfants. Nous longeons le flanc de la montagne, grimpons dans un bosquet de bambous, redescendons dans la vallée. A plusieurs reprises, nous nous arrêtons pour prendre des photos, les vues sur la vallée sont splendides. Au bout du trajet, la cascade est assez jolie et bien en eaux après les pluies diluviennes de la veille.  Dans le village suivant, nos « guides » déballent leurs marchandises ; nous achetons quelques menus souvenirs pour les dédommager.

La suite de la balade s’effectue sur la rive Est du torrent, le long de la route principale. C’est la partie la moins agréable du trajet, mais aussi la plus facile, et maintenant nous sommes seuls. La route passe devant un surprenant petit musée : la région abrite une multitude de rochers gravés de la main de l’homme, à une époque lointaine, sans que l’on sache exactement quand et pourquoi ces roches furent striées. Nous sommes de retour dans le village de Ta Van en début d’après-midi.


Deuxième jour : De Ta Van à Cat Cat

Distance : Aller simple de 14 kilomètres.

Dénivelée: 760 mètres

Difficulté : Moyenne

Superbe randonnée avec une grande diversité de paysages.

Du village de Ta Van, nous partons à pied en direction du village de Lao Chai. Nous suivons une petite route tranquille, le long de laquelle on peut voir plusieurs ateliers d’artisans. Arrivés à Lao Chai, après l’école, au lieu de bifurquer vers la droite et la rivière, nous continuons sur une route plus étroite encore. Celle-ci monte doucement et révèle de jolies vues sur la vallée ; tantôt des rizières en rangs serrés, aux ondulations vives, tantôt de larges cercles doux, sur les pentes les moins fortes. On grimpe, on redescend, on traverse un pont, on grimpe à nouveau, sans discontinuer, jusqu’à atteindre un petit col, un croisement marqué par un petit restaurant local. Là, il faut quitter la route principale et prendre à gauche sur une route plus petite encore. 

On redescend d’abord sur plusieurs centaines de mètres, puis on remonte jusqu’à se perdre un peu dans un village : faut-il prendre la route qui monte abruptement à gauche ou celle, à droite, qui se perd derrière une bâtisse et devient un sentier de terre ? Le GPS révèle qu’il faut partir à droite mais on profite de l’occasion pour faire une halte pique-nique dans la bâtisse, un petit café dont la terrasse offre une vue magnifique sur la vallée.

Après cette pause bienvenue, on continue le long du sentier qui descend en pente douce et croise une petite rivière. Ici, le sentier se confond avec les canaux d’irrigations des rizières, lesquels, suite aux pluies récentes, sont devenus des petits torrents. On peine à garder les pieds au sec mais on retrouve heureusement un large sentier qui redescend vers la vallée. Cette fois, il faut traverser un pont puis prendre, sur l’autre rive, un sentier à peine visible qui longe la rivière. 

Le paysage change radicalement : plus de rizières mais les flancs boisés des gorges du torrent. Cette partie-ci est la plus difficile car le sentier disparaît dans la végétation, mais elle est magnifique. Après un peu plus d’un kilomètre, on rejoint le chemin caillouteux qui mène au village de Cat Cat.

Cat Cat est un village touristique à 3 kilomètres de Sa Pa. L’accès en est payant et le village n’est qu’une succession de boutiques de souvenirs. Il est cependant situé dans un endroit splendide, au creux des gorges et au pied d’une cascade. Malgré les hordes de touristes, nous n’avons aucune peine à trouver une place dans un café pour nous rafraîchir après cette longue randonnée. Nous reprenons ensuite notre chemin sur 2 kilomètres, le long des gorges, jusqu’au parking à la sortie du village. De là, nous hélons un taxi qui nous amène à Sa Pa, puis un autre pour regagner Ta Van.


Troisième jour : En direction de Seo My Ty

Distance : Variable, car il suffit de faire demi-tour au moment voulu. Nous avons parcouru 11 kilomètres ce jour-là.

Dénivelée : Variable, nous avons grimpé 400 mètres.

Difficulté : Facile à moyenne

Après une matinée de repos et de leçons, nous déjeunons en ville avant de partir en balade. Pour cette petite randonnée, nous choisissons de grimper la montagne sur notre gauche, le long de la route indiquant Seo My Ty. La piste, asphaltée par endroit, serpente à flanc  de montagne, offrant de nombreuses vues dégagées sur la vallée. La balade serait très facile, s’il ne faisait pas si chaud. Le soleil brille aujourd’hui et la piste n’est pas toujours ombragée. Arrivés à belle hauteur, nous faisons demi-tour et parvenons au village juste avant l’averse, soudaine et violente.


Quatrième jour : En ligne droite, à flanc de montagne, vers Hau Thao

Distance : 12 kilomètres.

Dénivelée : 600 mètres

Difficulté : Difficile

Pour ce quatrième jour, nous voulons nous attaquer au versant opposé de la montagne. D’après ma carte sommaire, il n’existe qu’une seule route pour y accéder et  le départ de cette route se trouve à plusieurs kilomètres de notre hôtel. Comme nous échouons à trouver un taxi dans le village, nous nous rendons sur la voie principale, dans l’espoir d’y arrêter un véhicule. En marchant sur cette voie, après le pont, nous repérons à gauche un sentier qui grimpe en direction du « Zizzi homestay ». Quelques villageoises nous assurent que ce sentier continue jusqu’au village de Hau Thao, notre objective. Nous nous y engageons donc et grimpons rapidement sur une pente accentuée. 

Le chemin longe des maisons, des étables. A la sortie du village, nous hésitons, les paysans nous indiquent un sentier boueux qui monte à pic. Nous arrivons peu après à une petite cascade où nous faisons une halte. Nous repartons à nouveau sur ce sentier très pentu et boueux, traversons des bois, des rizières, des fermes. A certains embranchements, il est difficile de repérer le bon chemin. Nous choisissons toujours celui qui grimpe le plus fort. L’ascension est rude et les sentiers parfois peu praticables. Après plusieurs heures de marche, nous atteignons un sentier plus large, à la pente plus douce. Il nous faudra cependant encore une grosse demi-heure pour atteindre le village. Fatigués, il faut cependant immédiatement songer à redescendre, en suivant cette fois-ci la route pavée. La descente n’est guère plus facile que l’ascension, car la pente est très forte. Enfin, nous regagnons la voie principale, il ne nous reste que 2 kilomètres pour atteindre Ta Van. Une très belle balade, hors des sentiers battus, mais plutôt ardue !


Notre hébergement à Ta Van : Tavan Ecologic Homestay, très bon rapport qualité-prix, petit-déjeuner buffet copieux, restauration de qualité à un prix raisonnable. 

Et le Fan-Si-Pan ? Nous avons hésité pendant notre séjour, à débourser la somme importante de 25 euros par personne pour prendre le téléphérique qui mène au sommet de la plus haute montagne du Vietnam. La météo a décidé pour nous : alors que nous avons bénéficié de belles journées ensoleillées, le Fan-Si-Pan, lui est resté invariablement couvert de nuages gris !

Escale à Cat Ba

Première étape du voyage avec les grands-parents: l’île de Cat Ba. L’île assez grande est située à proximité de la côte et surtout de la baie de Lan Ha, laquelle jouxte la célèbre baie d’Halong. L’île est encore relativement peu fréquentée par les voyageurs occidentaux. Par contre, elle abrite une station balnéaire très prisée des touristes vietnamiens. Peu d’espoir donc d’y passer un séjour solitaire.

Après un trajet agréable de 5 heures, nous débarquons dans la ville de Cat Ba, hideuse agglomération en front de mer, succession de hauts bâtiments hétéroclites, tous destinés à accueillir les nombreux touristes. Et, en cette période de vacances scolaires, les touristes vietnamiens sont légions. Nous nous installons dans notre petit hôtel, idéalement situé dans une ruelle tranquille à proximité de l’artère principale. C’est le calme après la cohue!

Nous ressortons pour dîner, puis allons nous balader un peu le long de la mer, sur une promenade désormais envahie par les familles qui embarquent vers les nombreux restaurants flottants de la baie, les badauds, les vendeurs de babioles et toutes sortes de fêtards. Néons clignotants, musique forte, écrans géants, l’ambiance est à la fête, une fête bruyante et criarde.

Le port, la nuit.

Mais ce n’est pas cela que nous sommes venus chercher à Cat Ba. En dehors de sa ville principale, bondée en cette saison, l’île est un paradis vert, où des centaines de monts arrondis, recouverts de forêt tropicale, se succèdent. Dans la mer, c’est la baie de Lan Ha, toute aussi magnifique, avec ses innombrables îlots émergés.

Balade et plage

Après une bonne nuit de repos, nous partons à pied à la découverte des environs. Malheureusement, les vestiges du fort Français sont temporairement inaccessibles pour cause de rénovation. C’est dommage car celui-ci est situé au sommet d’une colline, la vue sur la baie y est imprenable ! On se contente de grimper sur un autre sommet, plus bas, mais qui offre quand même une belle vue sur la ville. Plus tard dans l’après-midi, nous repartons en directions des petites plages de Cat Cove. Pour cela, on suit un joli chemin aménagé à flanc de falaise. De là, on découvre un autre paysage, encore plus de pics rocheux qui émergent de l’eau. Hélas, les plages que nous voulions rejoindre sont désormais inaccessibles, détruites, remplacées par un grand chantier, un immense projet immobilier où des milliers de chambres, des restaurants et une marina encadreront les petites baies autrefois sauvages. 

On rebrousse chemin vers la première petite baie, elle aussi occupée, mais dans une moindre mesure, par un hôtel et un restaurant. Sous l’assaut des vagues fortes, la plage a presque disparu, mais les vacanciers sont nombreux à s’amuser sur le rivage. Gênés par la foule, les enfants hésitent à se lancer à l’eau, mais après quelques instants, ils s’y jettent avec plaisir. La force des vagues est incroyable ; on est poussés, bousculés, tourneboulés, projetés dans les bras de grands-mères vietnamiennes qui rient aux éclats. Après une demi-heure de baignage, épuisés, nous rentrons à pied à l’hôtel.

Randonnée dans le parc national

Un des joyaux de Cat Ba est son parc national qui couvre une large partie de l’île. Comme souvent en Asie, il offre peu de possibilités de randonnées. Mais peu, c’est mieux que rien et suffisant pour occuper une journée. Aujourd’hui, nous montons donc dans un taxi en direction de l’entrée du parc, à une quinzaine de kilomètres de la ville. En chemin, notre chauffeur nous arrête à la grotte de l’hôpital, pour une très intéressante visite guidée de cet endroit qui abrita les soldats et dirigeants vietnamiens pendant la guerre du Vietnam. La grotte dissimulait habilement un hôpital de campagne que les américains ne découvrirent pas. 

Ensuite, arrivés au parc, nous pique-niquons avant d’entamer l’ascension du mont Ngu Lam, une randonnée de 2-3 heures. L’ascension n’est pas particulièrement difficile, mais la chaleur et la touffeur de la jungle rendent la balade plus ardue qu’il n’y paraît. Après 1h30 de montée, nous voici au sommet, dans une tourelle d’où l’on a une vue magnifique sur les environs : à l’infini des monts coniques, tels un océan de vaguelettes vertes. L’après-midi est déjà avancé lorsque nous retournons à notre voiture et rentrons à notre hôtel.

Croisière dans les baies de Lan Ha et d’Halong

Cat Ba est aussi le point de départ de croisières dans les célèbres baies du Vietnam. Nous optons pour une croisière journalière, départ à 9h du matin. Nous pensions passer une journée tranquille à flâner sur le pont d’un bateau en regardant les îlots défiler. Notre croisière, menée tambour battant par deux jeunes anglais, est d’un style différent. Durant cette journée, nous aurons l’occasion de ramper dans des cavernes pour accéder à une petite plage dissimulée, pagayer à contre-courant pour traverser une grotte en kayak, nager jusqu’à des criques isolées et escalader des roches acérés pour accéder à un point de vue sur la baie de Lan Ha. Une journée bien remplie donc, mais qui nous aura permis de découvrir les baies sous différents angles. Seule ombre au tableau : la pollution, ces déchets plastiques omniprésents, comme partout ailleurs, et tellement dérangeants. Il est dommage que les opérateurs de tourisme se soucient si peu de la protection de l’environnement.

Journée détente à la plage

Pour notre dernière journée à Cat Ba, pas de grande expédition : on se contente de passer quelques heures à la plage en fin de matinée. Cette fois-ci, nous allons à la grande plage qui se trouve à 1 kilomètre à l’ouest de la ville. La marée est basse, la mer calme et la plage déserte. Les enfants s’amusent dans une plaine de jeux aquatique à l’adresse des touristes.

La plage, déserte le matin, est envahie par les vacanciers l’après-midi.

Le lendemain matin, nous quittons Cat Ba en fin de matinée. Nous sommes un dimanche. Nous n’avons pas compté avec le fait que des centaines de vacanciers allaient quitter l’île ce même jour pour retourner à leur quotidien. Les embouteillages monstres au départ du ferry nous retardent un peu, mais le reste du trajet se passe sans encombre et nous sommes de retour à Hanoï avec seulement trois-quart d’heure de retard.


Pour les voyageurs : Le Cat Ba Tropicana Homestay offre des chambres quadruples tout confort à un prix très avantageux.

Retrouvailles à Hanoï

Hanoï est une ville que nous connaissons bien, pour y avoir passé deux semaines en 2014. C’est là que nous retrouvons les grands-parents. En 2014, nous avions dû quitter le pays sans pouvoir en visiter la totalité car notre visa expirait. En 2019, nous accueillons les grands-parents pour partir avec eux à la découverte des paysages du nord.

Après 6 mois de voyages, les enfants sont impatients de retrouver leurs grands-parents. Le premier jour est consacré à une balade dans Hanoï, des ruelles étroites de notre quartier populaire aux avenues des ambassades, jusqu’au célèbre lac de l’Epée, au centre-ville. Le deuxième jour, on se repose de la frénésie de la ville en visitant le serein temple de la littérature, un magnifique temple confucéen, ses cours et jardins au coeur de la ville.

L’étape suivante sera l’île de Cat Ba, proche de la fameuse baie d’Halong.

Arrivée au Vietnam

Arrivée au Vietnam un peu mouvementée. Tôt le matin, nous disons « au revoir » à Xavier et FX qui prennent l’avion pour Bangkok, puis la Belgique. C’est le début de 2 mois de voyage avec une famille restreinte. Un peu tristes, nous prenons le bateau express qui nous amène de Phnom Penh au Chau Doc, dans le delta du Mékong, au Vietnam. Le trajet est rapide et très confortable, nous sommes les seuls passagers du bateau. Le passage de frontière est expédié en 10 minutes et nous voici au Vietnam. Une demi-heure plus tard, nous débarquons à Chau Doc.

Au débarquadère, un vietnamien propose de nous aider. D’abord sympathique, il devient rapidement intrusif. Il nous accompagne à notre hôtel et tient à nous réserver nos billets de bus pour notre prochaine destination… à un prix bien supérieur au tarif officiel! Pour se débarrasser de lui, on finit pas s’enfermer dans la chambre pour n’en ressortir que bien plus tard, lors que l’on est sûr qu’il est bien parti. Je descend alors confirmer ma réservation avec le réceptioniste de l’hôtel et constate que je suis au mauvais endroit! Non seulement malhonnête, la personne qui nous a menés ici s’est trompée d’hôtel. Heureusement, la pension que j’ai réservée n’est qu’à quelques dizaines de mètres, l’erreur est vite réparée.

La suite du voyage s’effectue sans encombre. Nous prenons un bus pour la ville de Can Tho, restons quelques jours dans la région à étudier et à faire des balades, principalement en vélo, puis prenons l’avion pour Hanoi où nous retrouverons bientôt les grands-parents!

Chez nos amis de Green Village Mekong
Sur le bac pour traverser le fleuve

L’île Aux Lapins

Derniers jours dans le sud du Cambodge et excursion sur l’île aux Lapins. La petite île n’est qu’à une courte distance de la ville de Kep, et le tourisme y est encore relativement peu développé.

Nous nous étions déjà rendus sur l’île au Lapins quelques années auparavant. Nous avions apprécié la tranquillité des lieux, même si nous n’y étions resté que quelques heures, par un jour gris d’août.

Cette fois-ci, il fait une temps magnifique et nous nous réjouissons de profiter du calme et de la vue d’un petit bungalow au bord de l’eau. L’île offre la possibilité de loger dans un bungalow près de la plage pour une somme modique.

Tout n’est pas parfait bien sûr, et l’île n’échappe pas au grand fléau de notre époque moderne: la pollution omniprésente, les bouteilles plastiques, cannettes, sachets de chips, et autres déchets qui jonchent les abords des sentiers et les plages.

Notre hôtel est situé à une extrémité de la plage plus propre que le reste des lieux. Sans déchets, l’endroit est charmant: une petite bande de sable bordée de palmiers, une pelouse, des bungalows simples mais confortables. On s’y installe pour lire dans des hamacs, se baigner et ne rien faire, le temps de quelques heures.

Hébergement: On conseille les bungalows de Khim Vouch Lay. Situés en bout de plage, les lieux sont plus propres et calmes qu’ailleurs sur l’île.

Sur la côte de Kampot à Kep

L’anniversaire du roi a quelque peu bouleversé nos plans de voyage. Non, nous n’étions pas invités à une Garden Party, mais nous souhaitions passer quelques jours tranquilles sur la côte. Tout comme quelques milliers de Cambodgiens, en congé pour l’occasion!

Impossible de réserver un hôtel à un prix raisonnable, ni à Kampot, ni à Kep, pendant ces quelques jours. A force de recherches, on déniche tout de même des bungalows dans un hôtel rustique à l’écart de Kep. Nous débarquons donc au « Rusty Keyhole » et passons ainsi de l’hébergement le plus luxueux de notre voyage (le White Mansion de Phnom Penh) à l’hébergement le plus simple. Des cabanes rudimentaires dans un jardin, des sanitaires réduits à leur plus simple expression… Cependant, on s’y adapte rapidement.

A vrai dire, on s’y plait dans ce grand jardin ombragé de manguiers. On apprécie la simplicité des lieux, le goût des petites mangues juteuses que l’on ramasse sur le sol, la convivialité de l’espace commun, l’accueil à la fois bourru et sympathique de nos hôtes australiens, la fraîcheur des bières au fût du bar. On s’y plait tellement que l’on annule nos nuitées dans un hôtel plus central et plus confortable, au profit d’un séjour prolongé dans nos cabanes de Robinsons.

Que faire à Kep? Plein d’activités dans les environs et de lieux à découvrir dans les environs, nous n’en visiterons que quelques-uns.

  • La Plantation: La région de Kampot est célèbre pour ses plantations de poivre. La culture du poivre, florissante sous la domination française, a été largement abandonnée pendant les années sombres de la guerre. Elle connait aujourd’hui un renouveau. Parmi les nombreuses plantations, nous choisissons de visiter celle nommée tout simplement « La Plantation ». Cette exploitation, relativement récente, a été fondée par deux retraités belges. C’est une entreprise à caractère social, où la culture du poivre répond au cahier des charges très strict de l’agriculture biologique. La Plantation est située à une vingtaine de kilomètres de Kep, dans un lieu idyllique surplombant un petit lac. Retardés par une pluie tropicale, nous arrivons sur place aux environs de midi et nous commençons par déjeuner dans le restaurant du site. Les préparations sont d’inspirations khmères ou françaises mais toutes mettent à l’honneur la saveur de différents poivres de la plantation. Le repas est délicieux. Nous goûtons notamment à une création locale, le poivre au sel, des grains de poivre noir marinés dans le sel. C’est incroyablement bon! Après le repas, nous rejoignons un petit groupe pour une visite guidée en français de la plantation. Lucie fait beaucoup rire les dames qui égrainent les grappes de poivre vert, en faisant la grimace lorsqu’elle goûte un grain. Un bel endroit à découvrir!
  • Les grottes: la région abrite de nombreuses grottes qui se visitent aisément. Par manque de temps, nous n’en avons visité qu’une, sur la route du retour de la plantation, mais il y en a bien d’autres.
  • Le parc national de Kep: l’une des collines qui surplombe la mer abrite un petit parc national. Quelques sentiers le sillonnent; nous partons donc pour une boucle de 8 kilomètres dans le parc. La balade offre des points de vue superbes sur les environs, nous croisons également quelques représentants de la faune locale, un singe et un magnifique iguane!
  • La ferme aux papillons: Non loin du parc national se trouve une petite ferme d’élevage de papillons. Nous avons déjà visité une ferme semblable aux environs d’Angkor, mais celle-ci est tout aussi charmante et située dans un très bel environnement.
  • La plage: La plage de Kep est plutôt petite et, en cette période de congés, envahie par les vacanciers. Nous lui préfererons une excursion sur l’Ile aux Lapins. Ceci fera l’objet d’un prochain article…

Notre hébergement: Rusty Keyhole à Kep, bungalows très simples mais ambiance agréable.

Phnom Penh entre bonheurs et horreur

Nous embarquons de nouveau dans un bus pour un trajet plutôt court et inconfortable vers la capitale du Cambodge.

Notre bonheur dans la capitale, c’est de loger dans l’un des plus beaux hôtels que l’on a visités en Asie. Le White Mansion se situe assez proche du Palais Royal. Le magnifique bâtiment est l’ancienne résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Phnom Penh. L’hôtel est plutôt luxueux mais étonnamment bon marché pour les familles, car les enfants séjournent gratuitement dans la chambre des parents. Nous profitons donc des grandes chambres lumineuses, de la belle piscine et du superbe petit-déjeuné de la boulangerie française attenante.

Un autre bonheur, c’est de faire la connaissance de Sann, une jeune cambodgienne vivant à Phnom Penh. Ma rencontre avec Sann est le fruit d’un incroyable hasard. Sann a grandi dans un village au Nord-Ouest de la capitale. Comme sa maman, traumatisée par les années de guerre, ne parvenait plus à s’occuper d’elle, Sann est entrée dans un orphelinat à l’âge de 12 ans. Elle a rapidement été parrainée par une dame française et elle a pu entreprendre des études, en secondaire puis à l’université pour obtenir son diplôme de Français. Aujourd’hui, Sann travaille comme assistante au lycée français de Phnom Penh. Mais comment nous sommes-nous rencontrées?

Chose surprenante, car mon patronyme est assez rare, la marraine de Sann et moi avons le même nom! C’est donc en cherchant à joindre sa marraine sur Facebook que Sans m’a accidentellement contactée. Une heureuse méprise; nous avons pris beaucoup de plaisir à discuter ensemble lors de mon passage à Phnom Penh.

Quelques jours agréables donc, entrecoupés des visites terrifiantes de lieux de mémoire: la prison S-21 et les Killing Fields, où furent exécutées des milliers de victimes du régime Khmer Rouge. Des visites bouleversantes, où l’effroi se mèle à l’incompréhension.

La prison Tuol Sleng – S21

Il y a bien d’autres lieux à visiter dans la capitale, mais nous souhaitons encore profiter de quelques jours à la côte, et nous quittons donc Phnom Penh pour la petite ville de Kep.


Pour les familles voyageuses: Hotel White Mansion à Phnom Penh. Réservez directement sur le site pour des tarifs très avantageux!