Une halte à Kratie

Sur la route du sud du Cambodge, nous faisons halte à Kratie. Nous avons gardé un très bon souvenir de cette ville paisible en bordure du Mékong. La cité n’a pas changé. L’hôtel Balcony, lui, a changé de bâtiment mais pas de nom ni de propriétaire. Il dispose toujours d’une agréable situation, face au Mékong. Nous y posons nos valises pour 2 nuits. 

Il nous reste une après-midi entière à occuper et, malgré le temps menaçant, nous louons des vélos pour aller explorer l’île toute proche de Koh Trong. Les vélos ne sont pas récents et les soucis techniques nous font perdre du temps. On parvient malgré tout à attraper le bateau qui effectue la traversée. Certains bourlingueurs (la majorité heureusement) parviennent même à parcourir dans son entièreté la piste cyclable qui longe les bords du Mékong. L’île n’est qu’à quelques dizaines de mètres de la ville, mais en l’explorant, on pénètre dans un autre monde. Un monde rural et paisible fait de villages, de maisons sur pilotis, de jardins riches de vergers fertiles ; comme si l’on avait traversé à la fois l’espace et le temps. Le ciel est moins paisible, se fait plus menaçant, la traversée en direction de la ville s’effectue sous la tempête. Encore quelques tours de roues pour atteindre l’hôtel avant la pluie tropicale, torrentielle.

Le lendemain, la matinée est radieuse. Nous louons des scooters pour découvrir les environs. Plus que la destination, c’est la promenade qui nous importe, le long du Mékong, sur des routes peu fréquentées, à travers les villages. On grimpe le mont sacré de Phnom Sambok, on continue jusqu’au temple aux milles colonnes. On visite la petit centre de conservation des tortues attenants, on s’arrête pour déguster la spécialité locale, du riz gluant à la noix de coco, cuit dans une tige de bambou. On découvre encore quelques temples avant de rentrer à l’hôtel et de préparer nos bagages. Prochaine étape : Phnom Penh.

Incursion au Ratanakiri

Nous quittons à nouveau Siem Reap pour aller explorer le Ratanakiri. Cette région au nord-est du Cambodge est plus sauvage et moins fréquentée par les touristes. Après un trajet en minibus confortable de la compagnie Virak Buntham, nous atteignons Banlung, la principale bourgade du Ratanakiri, dans l’après-midi.

L’activité touristique principale dans le Ratanakiri, ce sont les randonnées dans la jungle dense, plus au nord. Après quelques hésitations, on choisit de ne pas tenter l’aventure. On veut encore avoir le temps de profiter du sud du Cambodge, de plus, notre budget a été un peu mis à mal par nos découvertes des temples Angkoriens.

On s’installe donc dans une petite chambre d’hôte pour un court séjour plutôt relaxant. Notre hôte est instituteur dans l’école communale de Banlung ; il nous invite à visiter sa classe. Nous nous présentons à l’école en fin de matinée. L’instituteur invite les petits bourlingueurs à s’asseoir dans la classe. Lise va au tableau pour enseigner à des enfants de classe primaire comment compter en Français. Elle s’en sort très bien. A midi, le gong (ou plutôt la jante de voiture) sonne et les enfants se précipitent hors de l’école. A la sortie, nombreux sont ceux qui achètent pour quelques centimes un esquimau très artisanal, un gros glaçon râpé, moulé et aromatisé d’un sirop très coloré.

Nous continuons notre balade, juchés sur nos scooters de location : un chemin assez inégal nous mène jusqu’à une première cascade puis une deuxième. Les chutes d’eau sont jolies mais pas particulièrement remarquables. Cependant, la balade en scooter est agréable. Nous retournons en ville pour déjeuner avant de prendre la direction du lac du cratère, un lac profond, parfaitement circulaire, entouré d’une forêt dense. On clôture ainsi l’après-midi par une belle baignade. 

Nous avions un instant songé à organiser une excursion à la journée pour aller explorer la jungle alentour. On recule devant la logistique compliquée. Nous passerons finalement cette deuxième journée à Banlung à ne rien faire et à profiter de la piscine d’une auberge voisine. 


Notre hébergement : Ratanak Tep Rithea homestay, bungalow agréable et famille accueillante 

Road-trip insolite dans le Nord-Ouest du Cambodge

Après 6 jours passés aux environs de Siem Reap, nous embarquons pour un road-trip insolite au Cambodge. Pourquoi insolite? Parce qu’il n’est pas courant pour des étrangers de louer une voiture sans chauffeur au Cambodge et que notre séjour sera rocambolesque à bien des égards.

Cela commence le jour de la location. L’unique loueur de Siem Reap nous garantit que la voiture que nous avons réservée sera prête à 10h du matin. Effectivement, elle est prête. A l’agence de Phnom Penh. Il faut encore compter 5 à 6h de route pour l’acheminer à Siem Reap. On annule donc notre première journée de réservation et nous nous présentons à l’agence le lendemain matin. La voiture est là: en lieu et place des modèles japonais ou coréens que l’on obtient habituellement chez Europcar, celle-ci est de marque inconnue, d’origine chinoise. Une “Hawtai” que l’on surnomme bientôt “Atchoum” en référence à sa fiabilité douteuse. Le moteur est faible et poussif, le confort est déplorable. Les voyants d’alerte se déclenchent aléatoirement, ce qui favorise les plaisanteries (“Tiens, on a encooore perdu une roue?”). En bref, ce n’est pas le véhicule idéal pour explorer les contrées reculées du Cambodge.

A l’agence, le personnel parle peu d’anglais et n’est pas en mesure d’affirmer que nous pouvons légalement circuler au Cambodge. Le permis international de François-Xavier est-il valable? A Siem Reap, non, ailleurs dans la province, oui, nous disent-ils. Ah? Bon. Nous quittons donc rapidement Siem Reap en direction du Nord.

La première halte nous permet de visiter la petite ferme des papillons à proximité du temple Bantey Srei et de déguster un délicieux num banh chok (soupe de nouilles et de fleurs de bananes) dans le village voisin.

On continue ensuite en direction d’Anlong Veng, à la fontière avec la Thaïlande. Cette région fut le dernier refuge du régime des Khmers Rouges. Est-ce le fruit de notre imagination ou la région dégage-t-elle réellement encore aujourd’hui une atmosphère malsaine? On s’approche du lieu où fut incinéré Pol Pot. Soudain, une dame surgit et nous réclame les droits d’accès. Il n’y a pas de panneau, ni de tickets et nous refusons de payer, croyant à une arnaque. On donne malgré tout une petite somme, la dame nous réclame plus, devient agressive, presque violente. On s’enfuit! (Nous apprendrons plus tard que le site était réellement payant, un lieu à éviter à tout prix!). A proximité, il y a la frontière avec la Thaïlande et un immense casino au milieu de nulle part, où les Thaïlandais viennent se dépouiller de leur fortune dans une ambiance délétère. A Along Veng, l’hôtel dans lequel nous faisons halte à la tombée de la nuit est propre, mais désert et fantomatique, ce qui accentue la sensation de malaise. Nous sommes heureux de continuer notre route le lendemain matin.

Enfin, nous voici au pied du Preah Vihear, l’un des sites les plus remarquables de l’ère Angkorienne. Après nous être acquittés du droit d’accès, nous entamons la route vers le sommet. Ca grimpe, ça grimpe fort, très, très fort : notre Atchoum déclare forfait. C’est donc à pied que nous parcourons le dernier kilomètre, sous un soleil de plomb. Le jeu en vaut la chandelle, le site  est magnifique. Nous sommes quasiment les seuls visiteurs, le temple est immense et la vue aux alentours splendide. Le site vaut vraiment le détour.

Nous repartons en milieu d’après-midi et  décidons de profiter de la luminosité pour parcourir une centaine de kilomètres jusqu’à la ville de Preah Vihear (qui est considérablement distante du temple). A Preah Vihear, nous dénichons un hôtel tout confort, dont le restaurant et le café attenant sont tout à fait recommandables. On apprécie de retrouver la civilisation.

Ces retrouvailles sont de courte durée. Le lendemain, nous enfonçons dans la campagne sur des routes tantôt récemment asphaltées, tantôt défoncées. La route devient bientôt de la piste, en bon état heureusement. Après plus d’une heure de trajet, nous parvenons dans la jungle, au site de Preah Khan. Ce site était l’un des plus grands et des plus beaux d’Angkor jusqu’au milieu des années 90, quand des pillards n’ont pas hésité à dynamiter les constructions millénaires pour s’emparer de précieuses statues. En attente de restauration, le site est désormais partiellement laissé à l’abandon et envahi par la végétation. En flânant sur les lieux, on se sent l’âme d’un explorateur du XIXème siècle. Nous sommes absolument seuls sur le site.

Repartir de Preah Khan est plus compliqué. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau du lac Tonlé Sap où nous voulons faire notre prochaine étape. Cependant, nous ignorons l’état des pistes et nous n’avons aucune confiance en notre véhicule de location. Nous décidons donc de rebrousser chemin pour regagner la route principale, ce qui allonge notre trajet d’une bonne centaine de kilomètres. En chemin, nous nous enquerrons d’un endroit pour passer la nuit. Si les hôtels abondent à Siem Reap, il n’y en a presque pas dans les villages alentour. On contacte l’unique « homestay » du village de Kampong Khleang. Bonne nouvelle : en cette basse saison, la chambre d’hôte est disponible pour nous accueillir. Cap sur Kampong Khleang, donc.

Encore une expérience atypique: en fin d’après-midi, on s’avance sur l’unique route surélevée qui permet d’accéder au village, en saison sèche uniquement. La route est étroite et bordée de cahutes de part et d’autre. Si le dénuement de la population est perceptible dans les campagnes, aux abords du lac, c’est la misère qui nous assaille. De très jeunes enfants dénudés et malingres qui jouent sur la route étroite, des baraquements aux allures de bidonville : la pauvreté évidente des lieux déclenche à nouveau une sensation de malaise, suivi par un fou rire. Qu’allons-nous donc faire dans cette galère?

On continue malgré tout. De toute façon, il est impossible de faire demi-tour sur  cette piste interminable qui s’enfonce dans les marais jouxtant le lac. Quelques embranchements, puis un pont, et nous voici au pied de maisons sur pilotis, dans une rue inondée en saison des pluies. Un panneau «homestay»: on grimpe les hautes marches jusqu’au perron de l’unique pièce. L’accueil est chaleureux et le cadre est plaisant. Un véritable homestay puisque nous partageons l’unique espace de vie avec la famille, grands-parents, parents et bébé, qui y résident.  Cependant, l’espace est aménagé avec goût et confort pour accommoder les touristes : douches chaudes, toilettes à l’occidentale. Les repas sont délicieux, les lits surprenants car suspendus au plafond (ça balance!) mais confortables. Le propriétaire est un ancien cuisinier qui a à cœur de créer un lieu agréable pour les touristes. Malgré nos craintes, nous avons passé un excellent séjour à Kampong Khleang. Une adresse à redécouvrir en saison des pluies, quand les rues et ponts du village sont immergés!

De Kampong Khleang, il n’y a qu’une cinquantaine de kilomètres pour regagner Siem Reap où nous retournons la voiture.


En pratique :

Location de voiture : Europcar via Rentalcars – à l’aéroport de Siem Reap

Hébergements : 

  • A Anlong Veng, Monorom Villa, passable en cas de nécessité.
  • A Preah Vihear City, Ly Huot guesthouse, restaurant et café, très agréable
  • A Kampong Khleang, ST 63 Homestay, belle adresse qui sort de l’ordinaire.

Siem Reap et les temples d’Angkor

(Re-)découverte des temples d’Angkor en famille : au lendemain de notre road-trip dans le sud de la Thaïlande, nous embarquons dans un bus à destination du Cambodge. Nous avons choisi la formule la plus pratique: un bus tout confort qui nous transporte du centre de la ville de Bangkok à celui de Siem Reap au Cambodge. Pas de transferts ni de changement à la frontière.

On anticipe un passage de frontière sans histoire, puisque nous avons pris soin d’obtenir un visa pour le Cambodge au préalable (e-visa, formalités très simple en ligne pour les ressortissants belges ou français, 37 USD pour un mois).

Ce passage de frontière sera pourtant l’un des plus difficiles de notre vie de voyageurs. Le hall des contrôles de passeport pour la sortie du territoire thaïlandais subit une panne de courant, climatisation et ventilateurs sont à l’arrêt. A cause des problèmes techniques occurrents ou simplement par mauvaise humeur, les douaniers contrôlent les passeports au compte-goutte. Il fait une chaleur étouffante dans le hall et l’attente s’éternise. 15 minutes, 20 minutes, 30 minutes, 1 heure… On sue, on fond, on souffre. C’est enfin notre tour et on quitte le bâtiment avec soulagement. La suite du voyage se déroule sans encombre. On aborde Siem Reap en fin de journée.

Pour les petits bourlingueurs, c’est le deuxième voyage à Siem Reap, ville-étape pour la visite des temples d’Angkor. Mettant à profit sa proximité avec les ruines célèbres, la ville est une Mecque du tourisme, avec ses bars, ses restaurants, ses hôtels de luxe ou dortoirs. Les voyagistes et tours-operators rivalisent d’imagination pour proposer des activités variées aux visiteurs. Dans ce tourbillon d’offres, plus ou moins alléchantes, il est parfois difficile de se consacrer au choses simples : se régaler d’un repas dans un  restaurant de rue, visiter les ruines à son rythme et sans guide ni contraintes, se promener sans but… En bref, visiter Siem Reap ne vous donnera pas un aperçu du Cambodge, de la culture, de la vie quotidienne du pays. C’est toutefois une ville cosmopolite qui n’est pas forcément déplaisante.

Quelques points positifs ou améliorations notables :

  • En 2013, nous avions eu des difficultés à dénicher des vélos adaptés aux enfants, alors très jeunes. En 2019, nous n’avons aucun mal à trouver notre bonheur : VTC en bon état et bon marché, vélos enfants de toutes tailles, choix de sièges enfants ou de « take-along », unicycles à fixer à un vélo adulte. Nous avons aussi apprécié de pouvoir louer des e-bikes, petits scooters électriques, pour une balade dans les ruines en liberté et sans efforts.
  • Le service de taxi/tuk-tuk/remorque en ligne «Grab » est désormais disponible en ville. Plus besoin de négocier âprement les tarifs, ceux-ci sont fixés par l’application. Grâce à cela, nous avons pu louer un agréable logement chez l’habitant à l’écart de la foule tout en restant mobiles.
  • Même si les restaurants « pour touristes » abondent, des options plus rudimentaires subsistent, pour peu qu’on s’éloigne du centre-ville. Nous avons jeté notre dévolu sur le Chae Ngek, cuisine simple mais savoureuse et plutôt bon marché.
  • On trouve de tout ou presque dans les supermarchés : produits locaux mais aussi occidentaux si besoin est (pour le pique-nique près des ruines par exemple).
  • Même si les prix d’accès aux ruines sont excessifs et ont doublé en 5 ans, celui-ci reste gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Nous voici donc partis pour la visite d’Angkor. On achète le pass valable pour 3 jours, consécutifs ou non, sur une période de 10 jours. Cela nous permettra d’alterner journées de visites intensives des ruines et journées de détente ou de leçons.

Angkor à vélo

Pour notre première journée, nous avons choisi le vélo comme moyen de transport. Nous démarrons à 8 heures, l’agence de location a tout préparé, nous sommes rapidement en selle!

Pourquoi visiter Angkor à vélo ? Pour avoir le plaisir de se faufiler d’un temple à un autre à travers la jungle, par des sentiers moins fréquentés. On entreprend donc la balade dite « du petit circuit » à rebours, en empruntant parfois des chemins détournés. Le petit circuit, très fréquenté par les touristes motorisés, dessine une boucle conséquente, qui relie les temples les plus célèbres. A vélo, on découvre les sites à notre rythme en commençant par le célèbre Angkor Wat.

L’avantage de voyager en saison chaude est que le site est moins fréquenté qu’en haute saison. Nous ne sommes jamais vraiment dérangés par la foule. L’inconvénient, c’est évidemment la chaleur intense qui nous assaille ! Heureusement, l’immense site d’Angkor est plat et ombragé.

Nous découvrons donc les bas-reliefs du temple d’Angkor Wat, les ruines du Banteay Kdei, celles envahies par la jungle du Ta Prohm, le temple de forme pyramidale du Takeo, les ruines isolées et désertes du Ta Nei. Nous finissons la boucle par une traversée rapide des temples d’Angkor Thom : il est tard, nous sommes épuisés et nous devons écourter la fin de la visite pour regagner la ville avant la tombée de la nuit. Nous avons parcouru près de 50 kilomètres. On constate avec soulagement la présence d’une filiale de notre agence de location de vélo à côté de notre restaurant favori. Nous n’aurons donc pas à parcourir les 4 kilomètres supplémentaires qui nous séparent de l’hôtel!

Le plus de la visite en vélo: explorer les sentiers inaccessibles en voiture/tuk-tuk!

Angkor à vélo – en images:

Angkor à vélo – en vidéo:

Angkor en tuk-tuk remorque

Après une journée de repos qui nous a permis également d’avancer dans les leçons, nous voici repartis à la découverte d’Angkor. Cette fois-ci, nous avons choisi de louer un véhicule à la journée pour explorer les sites les plus éloignés. Nous profitons également d’être motorisés pour aller admirer le lever du soleil sur le temple d’Angkor Wat. C’est l’une des activités favorites des touristes et nous sommes nombreux sur le site à 6h du matin. On profite tout de même de la vue sans être trop dérangés.

On repart ensuite en direction du Kbal Spean où une petite randonnée dans la jungle mène à des sculptures gravées dans les rochers du lit d’une rivière. A cette saison, la rivière est à sec, le site perd un peu de sa beauté. 

Nous continuons notre tour pour atteindre le Bantey Srei, sans doute l’un des plus beaux temples d’Angkor, orné de sculptures délicates. Nous descendons enfin jusqu’à l’emplacement des temples de Roluos, les plus anciens, construits au tout début de l’ère Angkorienne. Journée bien remplie, partis à 6 heures du matin, nous sommes de retour à l’hôtel vers 17h.

Le plus de la visite en tuk-tuk: découvrir les sites les plus éloignés – certains sont peu fréquentés et le Bantey Srei est immanquable!

Angkor en tuk-tuk – en images:

Angkor en tuk-tuk – en vidéo:

Angkor en vélo électrique

Pour notre dernier jour de visite, nous choisissons la liberté sans effort grâce à des e-bikes, sorte de petits scooters électriques. Cette fois-ci, nous parcourons le grand circuit et prenons le temps de visiter les temples d’Angkor Thom, comme le célèbre Bayon, le temple aux multiples visages de pierre.

Nous faisons un aller-retour en ville pour aller manger et recharger les batteries de nos véhicules et évitons ainsi la toute première averse de la saison des pluies qui débute.

De retour sur le site, la terre encore chaude dégage une légère brume qui nimbe la jungle et les temples de mystère. L’orage a cassé des branches et la pluie a chassé la plupart des touristes, nous sommes presque seuls dans le temple Preah Khan. Nous continuons la visite mais l’heure tourne et les temples suivants sont assez éloignés. On visite encore le temple Pre Rup, l’un des rares à être accessible après 17h. Ici, de nombreux touristes se préparent à admirer le coucher du soleil du haut de la plateforme. Le temps est couvert et nous choisissons de ne pas attendre la tombée de la nuit.

Nous quittons donc pour la dernière fois Angkor.

Le plus de la visite en e-bike: les enfants ont adoré conduire les vélos!

Angkor en vélo électrique – en images:

Angkor en vélo électrique – en vidéo:

Et Siem Reap?

Comme mentionné précédemment, Siem Reap offre un foultitude d’activités pour les touristes, en particulier ceux disposés à mettre la main au portefeuille. Parmi les activités gratuites, nous avons aimé admirer le travail des Artisans d’Angkor, une école d’artisanat ouverte au public. L’organisme gère également une fabrique traditionnelle de soie, qu’il fait gracieusement visiter. Il suffit pour cela de réserver une place dans la navette gratuite qui dessert la fabrique deux fois par jour. Nous visitons les lieux un jour férié, il y a peu de travailleurs mais la visite demeure très intéressante pour les adultes et les enfants.

Les informations pratiques :

Notre hébergement : Sihariddh Angkor Villa, un logement chez l’habitant sympatique pour une dizaine d’euro la chambre double.

La visite d’Angkor : 62 USD le pass de 3 jours (valable sur une période de 10 jours), gratuit pour les enfants de moins de 12 ans.

Nos restaurants :

  • Chae Ngek, simple, savoureux et bon marché
  • Marum, plus haut de gamme. Plats délicieux à un prix raisonnable, cadre agréable. Un restaurant de l’association caritative « Friends International ». Il y également une petite boutique d’artisanat, pleine d’objets fabriqués en matériaux recyclés.

Road trip dans le Sud-Ouest de la Thaïlande

Après un mois de vagabondages avec Olivier, il est temps de lui dire au revoir. Il retourne en Belgique, alors que nous continuons notre périple en Thaïlande aux cotés de Capucine.

Nous avons un peu hésité concernant la suite de l’itinéraire. Le circuit le plus classique pour un premier voyage en Thaïlande (pour Capucine) consiste à découvrir le nord du pays. Cependant, la région en question est actuellement confrontée à d’énormes problèmes de pollution atmosphérique. Les voyages dans cette partie de la Thaïlande sont même temporairement déconseillés.

On réfléchit un peu à un itinéraire qui convient à tous et on opte pour un road trip, un parcours qui longe le golfe de Thaïlande en direction du Sud-Ouest. Cette région est moins fréquentée par les touristes occidentaux qui lui préfèrent les plages idylliques des îles du Sud ou les temples du Nord du pays. Pourtant, nous y dessinons un itinéraire qui condense tous les trésors de la Thaïlande sur une distance relativement courte : des stations balnéaires à la mode, de belles plages désertes, des forêts tropicales, des grottes, des temples, anciens et récents, des palais… Aventure, détente et culture sont au rendez-vous, un itinéraire à découvrir !

Notre maison pour 10 jours
Savamment ordonné!

Notre itinéraire.

Nous avions 10 jours pour parcourir la langue de terre à l’Ouest du Golfe de Thaïlande. Nous avons choisi de descendre rapidement le long de la côte pour ensuite remonter à notre rythme en intercalant de nombreux stops.

Quelques conseils pour adapter l’itinéraire en fonction du temps qui vous est imparti : si vous avez 15 jours, continuez votre route jusqu’à Phuket, retournez-y la voiture et rentrez à Bangkok en avion. Si vous n’avez qu’une semaine, contentez-vous de descendre jusqu’à Ban Krut et variez les étapes à l’aller et au retour.


Jour 1 : Bangkok-Surat Thani

Une longue journée de route pour atteindre le point le plus méridional de notre road trip, la ville de Surat Thani, à 1 heure de trajet de notre destination finale, le parc national de Khao Sok. Le trafic est assez dense car nous sommes en période de vacances scolaires et de nombreux Thaïs sont également sur les routes. Après 600 kilomètres parcourus en un peu plus de 10 heures, nous décidons de faire halte avant la nuit dans un hôtel à proximité de l’aéroport de Surat Thani.

Hébergement : The Lephant Hotel, étonnamment confortable et bon marché, sur une aire de repos un peu à l’écart de la chaussée. Chambre triple : 800 THB

Jour 2 : Surat Thani – Khao Sok – Surat Thani

Après avoir avalé un plat de riz dans l’un des nombreux restaurants aux abords de la route, nous partons en direction de l’entrée Est du parc national de Khao Sok, à 60 kilomètres de Surat Thani. Cette zone abrite l’une des attractions principales du parc, l’immense lac de barrage. Une fois sur place, la première impression est plutôt négative : aujourd’hui est un jour férié et l’endroit est bondé de touristes thaïlandais. C’est bruyant, chaotique, peu attrayant. Les hôtels flottants, nombreux sur le lac, sont tous complets. Les grottes naturelles sont temporairement inaccessibles en raison de l’affluence. La possibilité d’une excursion en bateau sur le lac, à la queue-leu-leu avec les nombreux touristes ne nous séduit pas vraiment. Nous sommes à deux doigts de faire demi-tour… et embarquons finalement pour une balade de 2 heures, un peu sceptiques. Au prix assez élevé de la balade s’ajoute le prix d’entrée du parc, l’excursion n’est pas particulièrement bon marché. En vaut-elle la peine?

Notre embarcation longe le barrage et s’éloigne sur le lac. Les environs sont étonnamment calmes. Quelques bateaux certes, mais pas la foule que l’affluence sur la rive laissait craindre. Dans l’eau, on aperçoit les pics karstiques qui font la réputation de la région. Notre barque hoquète, s’arrête quelques instants, puis s’engage dans un défilé entre les pics. La première halte est un minuscule village flottant qui comprend un café et un hôtel. Pendant que les enfants nourrissent les carpes géantes de grains de maïs, notre batelier tente de réparer son moteur défectueux. Une vingtaine de minutes plus tard, nous repartons. Notre embarcation longe les pics les plus spectaculaires, puis s’éloigne sur le lac. Au milieu de celui-ci, c’est la panne. Certains d’entre nous profitent de cette escale inattendue pour sauter dans l’eau, elle est bonne. Au bout de quelques minutes, un bateau vient à notre secours et nous continuons donc la balade à bord d’un autre véhicule. 

Après presque 3 heures de promenade, panne incluse, nous sommes de retour au débarcadère. Au final, la balade était plaisante, même en ce jour d’affluence, et les paysages étaient magnifiques. A refaire un jour, en période creuse!

Il n’est que 12h30 lorsque nous accostons, notre billet d’accès au parc est valable jusqu’au soir. Nous reprenons la voiture et après une pause-déjeuner dans un marché, nous nous dirigeons vers l’entrée Ouest du parc, 60 km plus loin.

C’est de l’entrée Ouest que partent les quelques sentiers de randonnées qui peuvent s’effectuer sans guide. A 15h, nous sommes équipés pour une marche à travers la jungle. Nous longeons la rivière. Les deux premiers kilomètres sont faciles, sur un large sentier de promenade. Le sentier s’étrécit ensuite, nous voici de retour dans la jungle telle que nous la connaissons : la végétation luxuriante, les racines et troncs d’arbre qui obstruent le chemin, le vacarme assourdissant des insectes, l’humidité et la chaleur étouffante. Nous n’irons pas jusqu’au bout du chemin : à mi-parcours, ruisselants de sueur, nous nous plongeons avec bonheur dans une piscine naturelle formée par la rivière!

Après cette pause rafraîchissante, il est temps de rebrousser chemin si nous ne voulons pas être surpris par la nuit. Retour à la voiture à 18h, nous avons tout de même parcouru 12 kilomètres à pied!

Comme nous avons bien profité de cette journée, nous décidons de ne pas payer à nouveau l’accès le lendemain et de quitter la région. Nouvelle nuitée au Lephant hôtel de Surat Thani.

Jour 3 : Surat Thani – Ban Krut

La journée commence de nouveau par quelques heures de voiture. En début d’après-midi, nous atteignons la petite ville balnéaire de Ban Krut. Nous nous installons au Sunshine Paradise Resort, un hôtel à l’écart du bourg, le long d’une belle plage solitaire.

L’endroit est paisible et agréable : une longue plage quasi déserte, quelques kayaks en libre-service, une grande piscine à débordement qui surplombe la mer… On s’installe pour 2 jours de détente.

Hébergement : Sunshine Paradise Resort, 1050 THB la chambre twin.

Jour 4 : Ban Krut

Farniente…

Jour 5 : Prachuap Khiri Khan

Nous en avons fini avec les longs trajets, notre prochaine étape est la ville de Prachuap Khiri Khan, située une soixantaine de kilomètres plus au nord. Nous partons explorer une grotte, nichée dans un pic rocheux au bord de la mer, qui abrite plusieurs statues de Bouddha. Au pied de ce pic rocheux, on découvre également le Wat Ao Noi, un magnifique temple en bois de teck, aux parois finement ciselée.s

De retour en ville, on entreprend de grimper au sommet du mont Khao Chong Krachok, dont le temple bouddhiste domine les environs. L’ascension est un peu difficile, pas tant parce qu’il fait très chaud, mais surtout à cause de la présence de nombreux macaques pas toujours très amicaux.

On termine la journée par un excellent repas au marché de nuit et une petite promenade au soleil couchant sur la jetée du port.

Hébergement : le Monkey Resort Donheang est un établissement soigné avec des chambres agréables.

Jour 6 : Le parc national de Khao Sam Roi Rot

Nous entreprenons à nouveau un trajet assez court pour rejoindre le parc national de Khao Sam Roi Rot et effectuer de petites randonnées. Nous accédons au parc par l’entrée Ouest et récupérons un plan à l’accueil. La première balade est courte mais intense. Il s’agit de grimper un pic rocheux, le Khao Daeng, pour accéder à point de vue sur la baie.

De retour au niveau de la mer, nous reprenons la voiture jusqu’au village de Bang Pu, point de départ de la plus célèbre balade du parc, celle qui mène à la grotte de Phraya Nakhon. On peut facilement se dispenser d’emprunter le bateau (payant) pour rejoindre la plage depuis laquelle le sentier commence à grimper : il y a déjà un sentier qui longe la mer et permet de gagner la plage à pied.

Dès après la plage, l’effort est plus intense pour gravir le sentier: la pente est forte et il fait très chaud. Heureusement, l’ascension est relativement courte et fait apprécier d’autant plus l’arrivée dans la large grotte. La grotte est un lieu de culte réputé pour les bouddhistes. Il y fait calme, un peu plus frais, l’atmosphère est sereine et agréable.

Lorsque nous sommes de retour à notre voiture, l’après-midi est entamée et nous décidons de ne pas entreprendre une troisième balade, mais d’aller à notre prochain hôtel pour y profiter de la petite piscine.

Nous rejoignons  donc la grande station balnéaire du Hua Hin pour y passer la nuit. A Hua Hin, on retrouve les touristes, locaux et occidentaux, le trafic intense et les difficultés pour se garer, les immeubles et grands bâtiments. Nous ne ferons qu’une halte dans cette ville. Nous allons diner sur le marché de nuit, moins attrayant qu’on ne le pensait, au vu de sa réputation.

Jour 7 : Petchaburi

Petite mésaventure au départ de Hua Hin : nous allons prendre notre petit déjeuner dans le « food court » d’un grand centre commercial, facilement accessible en voiture. Il y a de tout, même un comptoir de la célèbre boulangerie française Eric Kayser. Après le petit déjeuner, de retour dans le parking, nous constatons que notre voiture a disparu! On parcourt sans succès les différents étages. Alors que l’on s’apprête à alerter la police, on remarque enfin la présence d’un entresol entre les étages : c’est là qu’est notre voiture. Ouf, c’est un soulagement, nous nous pouvons prendre la route pour Petchaburi.

Petchaburi est une petite ville calme, qui accueille quelques très beaux bâtiments. En particulier, le parc historique de Phra Nakhon Kiri est remarquable. Située au sommet de la colline, cette ancienne résidence royale est un havre de paix, avec son palais, ses temples, son observatoire, disséminés dans un grand parc ombragé. Le site est accessible en funiculaire (ou à pied pour les plus courageux). On apprécie de découvrir les lieux et les bâtiments en parcourant les allées bordées d’arbres en fleurs et on admire la vue spectaculaire sur les environs.

Petchaburi recèle d’autres trésors dont une résidence royale de style art nouveau, qui est malheureusement déjà fermée lors de notre passage. Nous avons tout de même la possibilité de la contempler de l’extérieur (il nous faut montrer notre passeport pour y accéder car le palais se trouve sur un site militaire).

Enfin, au nord de la ville, nous allons explorer la grotte de Tam Khao Luang, belle cavité qui abrite de nombreuses concrétions et un bouddha couché.

Nous quittons Petchaburi pour rejoindre la ville de Maeklong afin d’être tôt sur le marché le lendemain matin.

Jour 8 : Maeklong et Amphawa

Le marché du train de Maeklong est devenu fort prisé des touristes ces dernières années. Sa particularité est d’être installé en parti directement sur la voie de chemin de fer. Les étals sont équipés de roulettes et protégés par des bâches amovibles. Lorsque le train s’annonce en klaxonnant, les bâches sont rétractées, les étals disparaissent en quelques secondes. Les nombreux touristes se pressent  contre les parois des échoppes. Le train passe en klaxonnant, à quelques centimètres de notre corps. C’est très impressionnant.

Levés tôt, nous avalons un petit déjeuner sur le marché après le passage du train, puis parcourons quelques kilomètres jusqu’à la petite ville d’Amphawa. Amphawa est quant à elle réputée pour son marché flottant du week-end. En attendant l’ouverture du marché, qui a lieu l’après-midi, nous partons visiter un temple renommé à quelques kilomètres de la ville. Ce sanctuaire, assez petit, est envahi par les arbres et entièrement recouvert de racines et branchages.

De retour en ville, nous visitons le parc Rama II, un parc-musée ombragé qui abrite quelques reconstitutions de maisons traditionnelles thaïes. Les enfants aiment les mises en scène de la vie traditionnelle.

Nous terminons notre visite d’Amphawa par une découverte du marché flottant. Il est assez petit: il y a peu de barges sur l’eau, la plupart des échoppes sont installées sur les rives du canal. Qu’importe, la balade le long des canaux est vraiment agréable et on garde un bon souvenir de ce marché.

Pour nos derniers jours en Thaïlande, nous contournons la capitale par l’Ouest pour rallier la vieille ville d’Ayutthaya. En chemin, nous effectuons un petit détour par la ville de Nakhon Pathom qui abrite le plus grand stupa au monde.

Jour 9 : Ayutthaya

Ayutthaya, ancienne capitale de l’empire de Siam est l’un des sites majeurs archéologiques de Thaïlande. C’est aussi une ville agréable, bordée par le fleuve Chao Praya et dotée de nombreux parcs qui protègent les ruines. Ayutthaya est un de nos endroits préférés en Thaïlande, nous y séjournons pour la troisième fois. 

Comme nous sommes motorisés, nous en profitons pour visiter quelques temples récents à l’extérieur de la ville. Nous enchainons sur la visite des incontournables, les ruines les plus spectaculaires. Nous clôturons cette journée bien remplie par une escapade au palais d’été du roi, situé à une vingtaine de kilomètres au sud.

Jour 10 : Retour à Bangkok

Notre road-trip s’achève. Petit détour par l’aéroport pour y récupérer Xavier qui va nous accompagner pour la suite du voyage. Dans la circulation de la capitale, nous mettrons plus de 2 heures pour regagner ensuite notre hôtel. Le même jour, c’est à Capucine que nous disons au revoir : ses vacances prennent fin, elle rentre en Belgique.


En pratique: comment louer une voiture en Thaïlande ?

Si vous en êtes en possession d’un permis de conduire international (à demander dans votre pays d’origine), il vous est parfaitement possible de conduire en Thaïlande. Toutes les grandes agences de location de voiture (Europcar, Avis, ou même rentalcars.com) proposent des véhicules et les tarifs sont relativement bon marché. Si vous voyagez en groupe ou avec des enfants, c’est une excellente manière de découvrir le pays à votre rythme et à un prix abordable. Les dites agences de locations peuvent équiper la voiture de sièges bébé ou de rehausseurs. Sur la route, la prudence s’impose: les conditions de trafic sont assez chaotiques et  les routes de Thaïlande sont particulièrement meurtrières. Soyez vigilants et ne négligez pas nous plus de souscrire à une assurance complémentaire qui vous couvrira efficacement en cas de dommages.