L’oasis de San Pedro

L’oasis de San Pedro de Atacama était l’une des destinations incontournables de notre voyage. Nous gardions un excellent souvenir des éblouissants paysages du désert, admirés un dizaine d’années plus tôt. Reste à savoir quelle influence le développement touristique de cette décennie aura eu sur la petite ville et ses alentours, déjà fort prisés en 2002. Côte positif, la ville a conservé un charme tranquille, malgré la prolifération d’hôtels, de restaurants, de boutiques de souvenirs. Maisons basses d’adobe, ruelles piétonnes en terre battue, l’atmosphère est propice à la détente. Côté négatif, il faut désormais souvent s’acquitter d’un droit d’entrée, parfois élevé, pour accéder aux nombreux sites naturels d’exception des environs. Voilà qui limitera un peu notre champs d’action pendant ces quelques jours.

De toutes manières, suite à notre récent périple dans des conditions extrêmes, nous ne sommes pas fâchés de prendre un peu de repos. Dans notre petit camping, nous faisons la connaissance d’un couple de retraités français, Jeanne et Michel, qui nous mettent à leur tour en contact avec une famille de voyageurs. Comme toujours, les enfants sont ravis de trouver de nouveaux compagnons de jeu. Ensembles, nous explorons les environs à pied ou à vélo.

Mais notre voyage s’achève bientôt et nous devons partir à nouveau en direction du sud. Dernière excursion incontournable et très matinale, nous nous levons avant l’aube pour aller admirer le site des geysers d’El Tatio, à une centaine de kilomètres de San Pedro. Au lever du soleil, à plus de 4000 mètres d’altitude, les jets d’eau brûlante jaillissent par centaines. Arrivés tôt, nous sommes quasiment seuls à jouir du spectacle, avant l’arrivée des nombreux minibus emplis de touristes.

De retour à San Pedro, nous faisons encore une halte pour contempler les étonnants paysages de la Vallée de la Lune. La courte promenade qui se faufile dans des galeries naturellement creusées dans le sel enchante les enfants. Mais la fatigue d’un réveil trop matinal se fait rapidement sentir et seul Loïc continue la balade pour parvenir au sommet de l’immense dune de sable. La matinée touche à sa fin et nous devons nous remettre en route. En effet, nous avons rendez-vous pour une visite de l’observatoire européen le lendemain, il nous reste 400 kilomètres à parcourir.


Notre hébergement : Camping Casa Campestre à San Pedro de Atacama, 8000 pesos par adulte, moitié prix pour les enfants. Camping très confortable, petits emplacements ombragés, magnifique cuisine et beau salon pour jouer et se détendre.

Location de vélos : nombreuses offres dans la rue principale mais seule la boutique située dans la cour de l’agence Latchir propose des remorques pour les enfants. Prix de la location 3000 pesos par vélo/accessoire. L’équipement est loin d’être neuf et en parfait état, mais cela convient pour un petit tour. La balade nous a conduits à la Garganta del Diablo, un petit canyon au nord de San Pedro, facile d’accès depuis la ville.

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Des lagunes et des salars – II

Suite et fin de nos pérégrinations à travers l’altiplano Bolivien.

Quatrième jour

Après quelques hésitations, nous sélectionnons un itinéraire alternatif pour nous rendre dans le salar d’Uyuni: nous prenons la direction de l’ouest pour ensuite bifurquer et traverser le salar du nord au sud. Nous espérons ainsi éviter les convois de 4X4 emplis de touristes. L’itinéraire se révèle un bon choix: la route, asphaltée, d’excellente qualité, longe un impressionant cratère de météorite et s’achève dans un village où nous pouvons aisément faire le plein d’essence avant d’aborder les zones désertiques du salar et du Lipez. Quelques kilomètres de piste contournent le volcan Tunupa et déjà l’immense étendue d’une blancheur aveuglante se révèle à nos yeux.

A son nord, le salar est d’une pureté parfaite, immaculée, nous sommes seuls au monde. Les enfants prennent le volant pour piloter sur la piste invariablement lisse et rectiligne. Mis à part une halte sur la très touristique ile des pêcheurs, au centre du salar, nous ne croisons aucun véhicule pendant les 90 kilomètres de traversée du désert blanc.

Il est encore tôt lorsque nous quittons le salar d’Uyuni, nous choisissons donc de continuer notre route en direction de la région du sud-Lipez. La piste se dégrade rapidement au point de devenir dangereuse pour notre petit 4X4. Après quelques sueurs froides, nous abandonnons l’idée de suivre la route des lagunes dans sa totalité, au vu de la mauvaise qualité de la piste.

Cinquième jour

Après une nuit passée dans un village solitaire de l’Altiplano, nous nous engageons sur la piste qui rejoint, plus au sud, la route des lagunes. Paysages exceptionnels se succèdent, lacs, volcans, geysers, parfois à plus de 5000 mètres d’altitude.

La frontière du Chili est proche, notre dernier périple andin s’achève en fin d’après-midi dans la petite oasis chilienne de San Pedro de Atacama.

Quelques photos en attendant la publication de la video des enfants pilotant notre 4X4:

 

Des lagunes et des salars – I

Road-trip à travers les immensités désertiques de l’Altiplano: après 7 jours de pause à Arica, nous voici repartis. Il ne nous reste que quelques semaines avant le retour en Europe. Nous décidons donc de gravir d’une traite un dénivelé de 4600 mètres puis de parcourir en une semaine les pistes qui longent les frontières chilienne et bolivienne pour atteindre enfin le désert d’Atacama.

Premier jour

Nous quittons Arica et l’oasis d’Azapa pour emprunter la route qui s’élève doucement vers la cordillère, à travers les bosquets de cactus-candélabres. Arrivés aux portes du parc national Lauca, nous apercevons un camping-car portant les couleurs françaises. Il s’agit d’une famille franco-australienne en voyage de l’Alaska à la Patagonie. Nous ajustons notre itinéraire pour passer un peu de temps avec eux. Les enfants pataugent ensemble dans une petite source d’eau chaude, puis nous bravons tous l’altitude et le froid pour nous installer dans le rudimentaire camping du parc. Au bord de la laguna Chungara, le volcan Parinacota se mire dans l’eau, les flamands roses somnolent, le soleil couchant enflamme l’horizon. Dans ce cadre idyllique, nous passons tous une nuit épouvantable, insomniaques en raison du manque d’oxygène.

Deuxième jour

Après un dernier petit déjeuner en compagnie de nos amis franco-australiens, nous repartons et quittons désormais la route asphaltée pour nous engager sur la piste qui longe la frontière. Nous traversons la réserve des vignognes, non sans apercevoir de nombreux troupeaux de ces camellidés. Nous atteignons le salar de Surire que nous contournons par l’est. Etonnante palette de couleurs, l’azur de la lagune, la pureté blanche du sel, les tons dégradés du rivage, du jaune sable à l’orange vif et bleu éclatant du ciel, cet endroit isolé offre l’un des plus beaux spectacles du Chili. Nos photos, prises sous le soleil écrasant de la mi-journée ne lui rendent pas entièrement justice. Lamas, vigognes et flamands roses sont quasiment nos seuls compagnons.

Au sud du salar, nous nous accordons une pause dans les thermes de Polloquere: une source chaude dont l’eau soufrée et brûlante jaillit et s’écoule dans le cadre sublime de cet altiplano. Un merveilleux moment de plaisir et de détente.

Après la baignade, nous parcourons encore quelques dizaines de kilomètres avant de rejoindre en fin d’après-midi le poste-frontière de Colchane, notre point de passage vers la Bolivie. Les douaniers chiliens étant en grève, nous décidons de nous offrir une dernière nuit au Chili, dans l’unique hôtel du village.

Troisième jour

Journée difficile et ennuyeuse: Lucie se réveille mal en point, fatiguée, un peu fiévreuse et nauséeuse. Nous profitons du confort de l’hôtel afin qu’elle puisse se reposer mais rien n’y fait: elle est vraiment malade. Nous sommes un peu inquiets quant au risque de mal d’altitude. Pouvons-nous continuer notre voyage à travers la Bolivie ou devons-nous redescendre au niveau de la mer au Chili? Afin de trancher la question, nous nous rendons au petit centre de santé du village. Le médecin est rassurant: Lucie souffre bien d’un mal de l’altitude, mais seul un peu d’oxygène et quelques médicaments seront nécessaires. Nous pouvons continuer sereinement notre périple à travers l’altiplano.

Nous enchainons donc sur d’autres corvées, traversée de la frontière, plutôt rapide malgré la grève car notre petit véhicule se faufile entre les poids lourds à l’arrêt puis difficile quête pour obtenir de l’essence, souvent réservée exclusivement aux véhicules immatriculés en Bolivie. Il nous faudra de beaucoup de force de persuasion pour parvenir à remplir nos bidons. Ayant choisi d’effectuer un détour pour suivre la route asphaltée, nous passons ensuite la nuit dans un village à 150 kilomètres au nord de notre prochaine étape, le salar d’Uyuni.

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