Entre palmiers et caféiers

Avant de faire halte à Medellin, nous prenons le temps de séjourner dans la « zona cafetera ». Cette région est ainsi nommée car on y produit la majorité du célèbre café colombien. A la recherche de notre or noir, nous ne pouvions manquer de nous y arrêter. Nous choisissons de séjourner près du village de Filandia, réputé moins touristique que d’autres dans la région.

Perché sur une colline aux pentes verdoyantes, Filandia est un beau village aux maisons colorées, habituellement paisible. Seulement, nous y parvenons justement lors de la fête du village. Le temps d’un soir, on apprécie l’atmosphère festive, les stands de nourriture et de boisson, les maïs et les saucisses grillées, les attractions foraines et on se mêle avec plaisir à la foule des colombiens amusés.

Les jours suivants, nous aurions aimé déguster l’excellent ristretto du café Jahn, sur la place du village, avec plus de sérénité mais cela sera pour un autre voyage…

Des caféiers…

Revenons au café, les plantations sont nombreuses dans la région et nous aimerions bien sûr en visiter une. Fête du village oblige, l’activité touristique tourne au ralenti. Il y a bien une agence de voyage qui nous propose un tour organisé mais on trouve un peu ridicule de se faire promener en jeep à travers les caféiers, alors que nous possédons notre propre 4×4. De fil en aiguille, en discutant avec les habitants, nous finissons par prendre rendez-vous avec Don Javier qui nous accueillera dans sa finca, à une dizaine de kilomètres de Filandia.

La finca de Don Javier est un peu particulière: son propriétaire est passionné par les héliconiacées, plantes cousines des bananiers, et pratique une agriculture mixte, entre café, bananes et vaches laitières, écologique et respectueuse du bien-être animal. Entre fleurs d’héliconias, caféiers et forêt native au pied de la colline, nous faisons une  jolie promenade pédestre en compagnie du fermier. On finit par une agréable dégustation de café dans la cuisine de la ferme ou par un grand verre de lait très très frais pour les enfants. Evidemment, nous en profitons également pour acheter du café, histoire d’étrenner la petite cafetière italienne acquise quelques heures plus tôt dans le village.


Pour plus d’informations, la finca La Divisa possède un site internet. Nous avons payé 30.000 COP pour la visite.


Et des palmiers!

Le café est certes le but premier de notre visite dans la région de Filandia. Mais il serait  dommage de négliger d’autres sites proches, à la beauté naturelle indiscutée. Dimanche matin, nous mettons donc le cap vers la vallée de Cocora, à 30 kilomètres de Filandia, tôt car le site très réputé sera bientôt envahi de touristes. A 8h30, lors de notre départ, il n’y a encore personne sur place. C’est parti pour une nouvelle randonnée!

La vallée de Cocora est une réserve naturelle qui abrite de nombreux palmiers de cire, espèce rare de palmiers géants dont les troncs peuvent atteindre 60 mètres de haut. Aujourd’hui, tourmentés par le vent puissant, les arbres graciles semblent prêts à rompre!

Nous empruntons un sentier vers la droite qui pénètre rapidement dans une forêt dense et humide. A la grande joie des enfants, le sentier serpente le long de la rivière et nous contraint à emprunter de nombreux gués, ponts de cordes et ponts de singes, plus ou moins branlants. Après cinq kilomètres d’ascension en pente douce, nous préférons un petit détour pour grimper à travers la forêt jusqu’à la réserve d’Acaime, une réserve privée où l’on peut observer les colibris. La pente est plus raide mais l’ascension est courte. Nous faisons une pause à la réserve en admirant les oiseaux-mouches colorés et en dégustant une tasse d »agua de panela », un jus parfumé de sucre de canne, servi chaud.

Nous redescendons un kilomètre jusqu’à la précédente intersection puis empruntons le sentier qui grimpe la montagne. Cette fois-ci, l’ascension est plus rude, en lacets à travers la forêt puis la prairie jusqu’à atteindre une maisonnette d’altitude, la « finca montana » où nous faisons une seconde pause, consacrée celle-ci au pique-nique. La finca montana sert justement de l’agua de panela, à laquelle nous avons pris goût, avec de larges tranches de fromage.

Le repas avalé, il nous reste cinq kilomètres à parcourir pour redescendre dans la vallée. La balade continue par un large chemin, alors que la forêt fait place aux prairies et aux palmiers. A courte distance de l’arrivée, nous décidons d’emprunter un raccourci, non parce que nous sommes fatigués, mais parce que le sentier, solitaire, dégringole joliment les pentes d’un pré au beau milieu des palmiers de cire. Nous sommes parvenus au bout du chemin, les touristes sont maintenant nombreux qui explorent la vallée en son sentier principal, à pied ou à cheval. Un rapide coup d’oeil à notre GPS nous apprend que nous avons parcouru 11 km et surtout grimpé 670 mètres de dénivelé. Pas mal pour une balade que nous avons jugée facile…


Notre randonnée: la promenade est décrite ci-dessus mais voici un récapitulatif

  • Avant l’interruption de la route goudronnée, prendre le sentier à droite en direction de la réserve Acaime.
  • Suivre le sentier pendant 4-5 km jusqu’au panneau de bois indiquant « Acaime 1km ». De là, il y a possibilité de faire l’aller-retour jusqu’à la réserve ou de prendre directement à gauche le sentier qui grimpe vers la finca montana.
  • De la finca montana, c’est un large sentier qui descend vers la vallée. Quelques sentiers plus aventureux partent à droite ou à gauche pour allonger ou raccourcir le parcours.
  • L’entrée de la réserve Acaime est payante pour les adultes (5000 COP, boisson comprise), gratuite pour les enfants
  • L’entrée du bois de palmiers est payante (3000 COP par personne) mais par nos sentiers détournés, nous avons habilement, et pourtant sans intention aucune, esquivé la billetterie…
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Visites guidées de Popayan

Surnommée « la ville blanche », Popayan est une petite ville de Colombie, à environ 300 kilomètres de la frontière avec l’équateur. Nous y parvenons en fin d’après-midi, après une étape nocturne à Pasto, plus au sud, et un long trajet sur des routes sinueuses.

Nous tombons immédiatement sous le charme de cette ville aux maisons blanches, aux églises ouvragées, aux ruelles animées de piétons, mobylettes et vendeurs de rue. A la fois paisible à l’ombre des immenses feuillus de la place centrale, pleine de vie et de saveurs dans les nombreux cafés et lieux gastronomiques, chargée d’histoire et de sciences dans les multiples églises et universités, la ville nous enchante au point d’y prolonger notre séjour.

Retour à nos amours pour la culture et l’histoire du pays, nous bénéficierons de plusieurs visites guidées de lieux emblématiques de la ville, certaines organisées, comme le tour à pied dans le centre historique, d’autres improvisées comme la visite des locaux de l’université avec Rodolfo, qui y a enseigné.

Quelques aperçus et enseignements de nos visites:

  • La ville a acquis son surnom de ville blanche suite à une invasion de rats. Pour combattre ce fléau, le maire a ordonné de chauler tous les murs des maisons, églises et autres bâtiments. Les rats sont partis et la ville a gagné son surnom.

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    La ville blanche
  • La tour de l’horloge, emblème de la ville, a été plusieurs fois « raccourcie », conséquence des tremblements de terre successifs (le dernier a d’ailleurs été fatal au mécanisme horloger).

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    La tour de l’horloge
  • Le dernier tremblement de terre majeur a eu lieu en 1983 et a fortement endommagé la cathédrale. Le pape Jean-Paul II s’est rendu dans la ville quelques jours après la catastrophe pour encourager la reconstruction du site, comme en témoigne ce vitrail:

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    Hommage au pape Jean-Paul II
  • Popoyan est aussi surnommée la Jérusalem de l’Amérique du sud en raison de ses multiples églises et de ses traditions catholiques. La procession de la semaine sainte y est spectaculaire et surpassée seulement par celle de Séville, en Espagne.IMG_0085

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    Eglises de Popayan
  • L’oeuvre relatant la légende de Popayan et exposée à huis-clos dans les locaux de l’université est la plus grande oeuvre peinte sur une unique pièce de lin au monde. L’artiste mit 30 ans à l’achever.

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    La ville blanche
  • Certaines maisons anciennes sont équipées de chasse-sorcières, gouttières acérées auxquelles les sorcières accrochaient leur longues robes. Toute femme aperçue vêtue d’une robe déchirée ou abimée était immédiatement suspectée de sorcellerie!

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    Un chasse-sorcière

Nous avons appris encore bien d’autres choses en visitant les musées d’art religieux (dont la conservatrice n’a eu de cesse d’admirer l’intérêt et l’enthousiasme des enfants) et d’histoire naturelle.

Enfin, l’un des attraits, et non des moindres, de Popayan est sa gastronomie: empenaditas de pipian, champus, helados de paila, aplanchados… Nous nous sommes régalés!

Encore quelques images:


Quelques bonnes adresses:

  • Hotel Popayan Inn, tranquille, agréable, bien situé – 90.000 COP pour une chambre quadruple, parking gardé (10.000 COP) en face
  • Café Santo Domingo, pour le café et le super accueil
  • La Fresa pour déguster les empenaditas de pipian
  • Dona Chepa pour les aplanchados
  • Helados de Paila la Novena pour les délicieuses glaces

N’oubliez pas de vous renseigner pour les visites de la ville, guidées, gratuites et en Français à l’office du tourisme, sur la place.

Du centre de la terre à la Colombie

Après 5 jours passés à Quito, nous reprenons la route, toujours plus au nord. Nous gardons les yeux fixés sur le GPS, qui nous indique latitude et longitude, car bientôt, dans une soixantaine de kilomètres et pour la première fois depuis 10 mois, nous traverserons la ligne symbolique de l’équateur et serons de retour dans l’hémisphère nord.

C’est à proximité de la ville de Cayambe que nous passons la fameuse ligne. Dommage que le site, au bord de la route principale, soit payant; cela pour un lieu purement symbolique. Nous nous contentons de photos prises depuis le bord de la route et d’essayer de capter sur notre GPS la position 0°0’0″, tâche difficile car le GPS n’a une précision que de quelques mètres. C’est ainsi que l’on perçoit le défi que représentait l’expédition géodésique du Chevalier de La Condamine au XVIIIème siècle!

On profite de l’arrêt à Cayambe pour déguster la spécialité locale, les bizcochos, sorte de longs biscuits presque salés, et on continue notre route en direction de la Colombie. Halte pour la nuit près de la ville de Ibarra, nous franchissons la frontière le lendemain, après – record battu – une longue attente de 4 heures pour accomplir toute les formalités administratives. Ca y est, nous sommes en Colombie, dernier pays de notre périple vers le nord!

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Délices tropicaux!

Premiers pas dans les marchés et supermarchés d’Equateur et découverte d’odeurs, de saveurs et de couleurs que nous n’attendions pas: les étals regorgent de fruits exotiques qui nous sont tout à fait inconnus.

Après 22 mois à bourlinguer, nous n’avons encore et toujours pas tout vu, pas tout essayé, pas tout savouré. Nous achetons donc des quantités astronomiques de fruits aux noms étranges que l’on explore à la maison. Faut-il peler, éplucher, presser ce fruit? Se mange t-il cru ou cuit? Le taxo à la saveur corsée, un peu fumée, le babaco doux et sucré, la naranjilla, fortement acidulée; on se régale!

 

Escale à Quito

Nouveau pays, nouveaux tampons dans les passeports, les formalités frontalières sont facilement exécutées, mais c’est long, très long. Nous sommes dimanche et la file des voyageurs qui attendent pour présenter leur passeport à la douane est interminable. Presque deux heures d’attente dans un hall surchauffé pour mettre nos papiers en règle, nous avons la surprise de croiser brièvement les happy hoppers à la frontière alors que nous avions quitté Zorritos au Pérou quelques heures avant eux.

Première escale à Machala, le temps d’une nuit, grosse ville moderne, capitale de la banane, nous sommes bien en Equateur! Autour de la ville, des plantations de bananiers à perte de vue le long de la route… Nous retrouvons la sensation que procure la chaleur moite et lourde des tropiques, pour quelques heures seulement, car notre route grimpe pour traverser les Andes. Par temps frais et à plus de deux milles mètres d’altitude, on se croirait cependant dans les pré-alpes tant les paysages sont paisibles et verdoyants. Nous traversons le pays assez rapidement, avec pour objectif de mieux prendre le temps de  découvrir ses richesses lors de notre retour de Colombie.

On s’octroie pourtant une belle escale à Quito, une capitale vraiment plaisante, qui semble avoir concentré le meilleur des villes sud-américaines: de beaux espaces verts comme à Santiago, de beaux musées comme à Buenos Aires ou Lima, de beaux bâtiments coloniaux comme à Arequipa ou Sucre… Une ville animée sans être chaotique, propre et moderne sans être aseptisée, pleine d’attractions culturelles sans être envahie de touristes, Quito a décidément beaucoup de charme.

On flâne dans le Quito colonial, on agrémente la balade de quelques visites de musées (le musée de la ville), de sites religieux (le couvent des carmélites), de monuments historiques (la maison du Maréchal Sucre), d’un délicieux café équatorien ou d’une glace aux parfums exotiques envoûtants. On essaie aussi de profiter de l’escale pour se procurer ce qui nous fait défaut, des bonbonnes de gaz pour le camping et des chaussures de marche pour Loïc. On fait donc un détour par l’ultra-moderne centre commercial Quicentro, avant d’enchaîner sur une balade dans le grand parc Metropolitano, presque une forêt sauvage, puis de rejoindre la magnifique maison-musée-chapelle du peintre équatorien Oswaldo Guayasamin. Que de contrastes, de découvertes, de plaisirs! Après de nombreux mois de voyage, on s’émerveille encore!

Nous aurions aimé prolonger ce séjour, mais il faut nous résigner à ne pas prolonger indéfiniment chaque étape. Demain, nous quitterons l’hémisphère sud…


En pratique pour les voyageurs:

  • nous partageons une chambre triple (36 USD) à la Casona De Mario (conseillée par le Guide du Routard, le Lonely Planet, iOverlander – on ne risquait pas de la rater), dans une vieille maison dont les planchers craquent. Idéal pour les familles, il y une cuisine, un salon, un jardin, un place de parking pour notre voiture…
  • il est très facile de se déplacer en bus à Quito, c’est rapide et cela ne coûte que 0,25 USD pour les adultes (gratuit pour les enfants)
  • il a pas mal de musées et sites à visiter mais beaucoup sont payants pour les enfants aussi. Non que cela soit très cher (3-4 USD par adulte, 1 USD par enfant), mais à 5, cela modifie le budget. Notre coup de coeur est le musée Guayasamin (8 USD par adulte, gratuit pour les enfants).

Adieux péruviens

Ce n’est pas au Pérou que nous avons dit adieu ces derniers jours (nous retraverserons le pays du nord au sud d’ici deux mois) mais, temporairement, à nos amis les 5 happy hoppers. Ils finissent leur tour du monde au Galapagos puis rentrent en Belgique. Nous les reverrons là-bas en décembre.

C’est installés dans un camping à quelques mètres de la plage et de la mer que nous avons retrouvé notre progéniture et les happy hoppers. Jusqu’ici, nous ne nous sommes pas attardés sur la côte péruvienne, plutôt désertique, parsemée de déchets, dont la mer houleuse fait surtout le bonheur des surfeurs. En voyage, on voit de nombreux sites fabuleux et d’autres qui ont plus de mal à soutenir la comparaison.

Pourtant, nous ne boudons pas notre plaisir: le soleil est largement présent, il fait chaud, la plage, une longue bande de sable clair et épais, est plutôt calme et propre et les énormes rouleaux de la mer font hurler de rire les enfants. Pour nous, ce sont quelques jours assez relaxants, pour les happy hoppers qui doivent rapidement boucler formalités administratives et rangement du camping-car, cela l’est un peu moins.

Nous donnons un coup de main quand nous le pouvons, pendant que les enfants jouent sur la plage à l’ombre des huttes de paille. Tout se passe pour le mieux et, après une dernière séance photo sur la plage, les deux familles se séparent pour continuer leur routes respectives. Evidemment, la certitude de se retrouver en Belgique en décembre a grandement facilité les adieux!


Note aux voyageurs:

Nous avons campé sur la plage du 3 Grillos Eco-hostel. Le camping est un peu cher pour les prestations (15 soles p p/n, moitié-prix pour les enfants)  mais on peut y laisser un véhicule en stationnement pendant plusieurs mois si nécessaire, une fois les formalités douanières accomplies (la douane est à 60 kilomètres de là). C’est un peu compliqué mais les happy hoppers sont incollables sur le sujet!

Maido et Arabica

Après la visite du Machu Picchu, nos compagnons de route, les 5happyhoppers, doivent maintenant relever un nouveau défi: traverser le Pérou en un temps-record pour atteindre au plus vite le sud de l’Equateur et prendre leur vol pour les Galapagos, tout en ayant au préalable accompli les formalités administratives nécessaires au séjour prolongé de leur camping-car au Pérou.

Comme nous souhaitons également accélérer notre rythme de voyage, nous décidons de les accompagner, échange d’enfants en prime. Lise et Loïc sont ravis de continuer leur voyage avec leur compagnon de jeux Adrian, dans un camping-car rempli de jeux et de livres, tandis que Lucie profite de la présence de son nouveau grand-frère d’adoption, William, 16 ans, dans notre voiture. Notre véhicule, plus maniable, plus rapide, prend l’avantage et après 3 jours de route éreintants et une très courte pause près des lignes de Nazca, nous atteignons Lima, notre point de ralliement. Les 5happyhoppers nous rejoignent tard dans la soirée du lendemain.

Nous connaissons déjà Lima que nous avons largement arpentée lors de notre débarquement en Amérique du Sud, neuf mois plus tôt. Notre escale a donc essentiellement une raison pratique: effectuer l’entretien de notre véhicule au garage Nissan. Rendez-vous pris et véhicule déposé, nous passons une agréable journée dominicale avec les happy hoppers, à flâner dans les parcs, le long des falaises du quartier aisé de Lima. Ils nous quittent le soir même, toujours avec Loïc et Lise à bord, afin de gagner la frontière nord du Pérou. Nous attendons pour notre part que notre véhicule soit opérationnel et profitons des charmes de la capitale.

Charmes gustatifs cette fois car Lima est aussi une capitale gastronomique reconnue au niveau mondiale. 3 des « 50 meilleurs restaurants du monde » (the world’s 50 best restaurants) y sont situés, nous avons obtenu une table pour déjeuner dans le restaurant classé n°13, Maido. Cuisine Nikkei, fusion des traditions péruviennes et japonaises, par un chef qui possède les deux nationalités, le repas est excellent.

Seul bémol à cette délicieuse parenthèse gastronomique, le coup de fil du garagiste qui nous annonce qu’il y a pour 2500 euros de frais sur notre voiture! Renseignement pris sur place quelques heures plus tard, nous ne devons engager ces frais que si désirons remettre entièrement à neuf notre véhicule d’occasion. Nous nous contenterons des réparations indispensables et réduirons tout de même la facture de 2 milliers d’euros. Outre la facture, l’autre inconvénient est que nous prenons un jour de retard sur notre calendrier, car nous ne repartirons que le surlendemain, une fois les réparations effectuées. Un peu paresseux, nous ne mettrons pas la journée à profit pour effectuer des visites de Lima mais retrouvons nos lieux favoris de la capitale, le petit restaurant végétarien Sabor y Vida et surtout le délicieux café Arabica. Cette escale est décidément gastronomique.

Départ de Lima un mercredi à 5h30 du matin, et arrivée moins de 48 heures plus tard, à Zorritos, sur la cote nord du Pérou, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière équatorienne.

La cité inca

Pour visiter la célèbre cité inca du Machu Picchu, il vous faut disposer soit d’une petite fortune, soit de beaucoup de temps (voire, de préférence, d’une belle somme des deux). Une petite fortune vous permet de voyager confortablement à bord du train de Cuzco à Aguas Calientes, d’embarquer ensuite dans un bus à destination de la forteresse. Les voyageurs désargentés, ou plus aventureux, choisissent la marche à pied pour gagner la ville d’Aguas Calientes, aussi surnommée « Machu Picchu Pueblo », puis grimper à l’assaut de la citadelle.

Depuis Cuzco, donc, il faut d’abord compter une belle journée de route, une route splendide qui serpente à l’infini à travers les montagnes jusqu’au village de Santa Maria. S’ensuit une vingtaine de kilomètres de piste vertigineuse à flanc de montagne, pour arriver à la tombée de la nuit au village de Santa Teresa. Nous faisons une halte d’une journée à Santa Teresa, journée consacrée à paresser dans un hamac et à profiter des sources d’eau chaude des thermes voisins.

Le lendemain, nous laissons notre véhicule au camping et nous entassons dans un taxi à destination de la station ferroviaire de Hidroelectrica, 10 kilomètres plus loin. Impossible de continuer, la piste prend fin ici.

C’est un secret partagé entre routards du monde entier qu’une marche de 10 kilomètres le long de la voie ferrée permet d’atteindre Aguas Calientes sans débourser les quelques dizaines, voire centaines de dollars américains nécessaires pour le court voyage en train. De ce fait, lors la tranquille randonnée le long des rails, nous croisons bien plus de marcheurs que de convois ferroviaires. Une agréable balade, facile, au terme de laquelle nous pénétrons dans une bourgade sans charme, entièrement dédiée au tourisme, au fond d’une vallée encaissée.

Après une courte nuit, lever à 3h30 du matin afin d’être parmi les premiers à se lancer à l’assaut de la montagne aux flancs de laquelle s’accroche la cité inca. Les plus petits bourlingueurs (accompagnés d’un grand bourlingueur) grimpent en bus tandis que trois happy hoppers et une bourlingueuse gravissent à la lueur d’une lampe torche les marches irrégulières. Grimper, grimper, sans s’arrêter, sans faiblir, alors que le jour se lève et révèle peu à peu un paysage époustouflant; à 6h05, quelques minutes à peine après l’ouverture du site, nous y sommes, nous pénétrons enfin dans le Machu Picchu. On s’octroie quelques minutes de pause et un petit-déjeuner avant de repartir pour l’ascension de la montagne qui surplombe le site. Nous nous étions imaginé cette randonnée, accessible seulement sur réservation, comme une petite balade menant à un beau point de vue. Il s’agit en réalité d’une rude grimpée d’une heure trente, encore plus de 600 mètres de dénivelé à gravir sur de hautes marches en pierre. C’est éreintant mais au sommet, la vue panoramique à 360° est fabuleuse. Il est 10h du matin, nous sommes à 3100 mètres, 1100 mètres plus haut que notre point de départ.

Redescendus au Machu Picchu, on s’octroie une longue pause à l’ombre des vieilles pierres alors que le site est envahit par les touristes. Nous reprenons notre visite en début d’après-midi, lorsque les groupes se font moins nombreux. Le site est suffisamment vaste pour que l’on puisse l’apprécier à sa juste valeur, sans être bousculés. La fin de journée est moins belle, les nuages s’amoncellent, tant pis pour les photos dans la lueur du soleil couchant, nous entamons notre descente. Arrivés au pied de la montagne, nous ne sommes pas fâchés d’avoir pris la peine de réserver une nuit supplémentaire au village et de ne continuer la balade le long de la voie ferrée que le lendemain.

Nous retournons vers Santa Teresa, ravis d’avoir pu profiter pleinement de la majesté du site et de son cadre extraordinaire!


Le Machu Picchu en vaut-il la peine? 

Voici une question que nous nous posions depuis nos premiers pas en Amérique du Sud: est-il vraiment nécessaire consacrer beaucoup de temps et d’argent à la visite du Machu Picchu? Le site en vaut-il réellement la peine?  Tous les voyageurs rencontrés nous avaient répondu par l’affirmative. Plus riches de l’expérience de 2 jours de trajets sur des routes sinueuses ou vertigineuses, et de plusieurs heures de marche, nous sommes également ravis de notre excursion. Paradoxalement, cette expédition nous a aidé à pleinement apprécier le site. Arrivés au terme d’un confortable trajet en train et en bus, nous n’aurions peut-être rien vu de plus que des vieilles pierres. Suer pour gravir les hautes marches, apercevoir l’esquisse d’une tour ou d’un mur, si haut, si loin, lors de la marche le long de la voie; le site nous a semblé inaccessible, majestueux et sa réalisation une prouesse technique!

A savoir:

  • les billets d’accès au site peuvent s’acheter en ligne – sauf les billets enfants ou étudiants à prix réduits. Les familles sont donc contraintes, comme nous, d’acheter leurs billets en personne à Cuzco et, en pleine saison, de patienter quelques jours pour obtenir une place. Heureusement, les enfants de moins de 8 ans ne paient pas.
  • cela vaut quand même la peine de débourser quelques dollars (8 par enfant, 12 par adulte) pour grimper au site en bus le matin, depuis le village. A 5 h du matin, l’ascension aurait été trop rude pour des petites jambes. Attention, il faut arriver très tôt, les files pour prendre le bus sont interminables! Pour cette raison (files interminables), il est plus avantageux de descendre à pied en fin de journée.
  • l’ascension de la « montana » (visite payante, à réserver lors de l’achat du billet pour le site) est accessible aux enfants mais assez difficile physiquement. Mieux vaut le savoir.
  • l’étape au village de Santa Teresa s’est révélée plus agréable que prévue. En tente ou camping-car, préférez le camping « La Hacienda » en contrebas du village, près de la rivière, plus calme, plus propre, plus accueillant que l’autre camping du village. Sinon, l’hostal « Yacumama » est excellent! A ne pas manquer non plus, les thermes de Cocalmayo, à 2 kilomètres du village, très fréquentés mais vraiment agréables (accès 10 sol par adultes, tarif variable – trois fois rien – pour les enfants).

Vers le Machu Picchu

Pour la suite de notre voyage, nous faisons le choix de remonter rapidement vers le nord du continent, pour redescendre ensuite plus tranquillement vers le sud et Santiago du Chili, notre destination finale sur le continent. Nous décidons cependant d’accompagner les 5 happy hoppers dans leur visite du célèbre Machu Picchu. Direction donc Santa Teresa, village du Pérou situé à 20 kilomètres de la cité inca, quelques 800 kilomètres au nord de notre position actuelle.

Pour la première fois depuis le début de notre périple, nous éprouvons des difficultés à franchir une frontière ; en cause une faute de frappe dans l’orthographe de mon nom de famille, sur les papiers officiels du véhicule. Après de longues argumentations, nous pouvons continuer notre route.

Il est déjà tard lorsque nous franchissons enfin la frontière et la route est encore longue. Nous atteignons de nuit notre lieu de bivouac, au creux du canyon de Tinajani, où l’on devine dans l’obscurité les silhouettes spectrales des rochers. Au réveil, les températures sont négatives et le paysage magnifique ! Cela sera l’occasion d’une belle balade matinale à travers les formations rocheuses.

Nous reprenons ensuite notre route vers Cusco, pour y acquérir nos billets d’entrée pour le site le plus touristique du Pérou, le Machu Picchu. Cusco est une belle surprise, une magnifique ville coloniale où nous nous plaisons à flâner.

Nous sommes mercredi, nos billets tant convoités sont valables pour le lundi suivant, il nous reste quelques jours et 200 kilomètres à parcourir pour relier le village de Santa Teresa, point de départ de notre excursion vers la cité inca.

 


Pour l’hébergement:

  • le canyon de Tinajani (à proximité de la ville d’Ayaviri) est un endroit fabuleux (et presque gratuit – contribution volontaire) pour camper. 
  • l’hotel Illariy (peut se réserver sur booking.com) à Cusco est pratique, très bon marché, simple et propre. A 12 USD la chambre double, le tarif est imbattable et le parking de l’auberge peut aussi accueillir un camping-car!