Les aventuriers du Pantanal

Le Pantanal, la plus grande étendue marécageuse au monde, était une découverte très attendue depuis que Géronimo Stilton, le héros de littérature enfantine, y a posé ses pattes.

Pour pénétrer dans le Pantanal, nous empruntons l’Estrada Parque, une des rares pistes qui s’enfonce dans le marécage. Autour la digue surélevée, des étendues d’eau parsemées de verdures, des bosquets, des rivières abritent une myriade d’oiseaux, hérons, martins-pêcheurs, aras, cara-caras, toucans et tant d’autres que nous ne pouvons nommer. Nous ne tardons à apercevoir l’animal que nous sommes impatients d’observer : le caïman.

Nous posons notre tente dans l’un des rares campings du Pantanal, au bord de la rivière et décidons d’embarquer pour une excursion qui nous permettra de découvrir le marais sous l’angle le plus naturel, au fil de l’eau, en barque. Nous voici glissants le long des berges, proches des caïmans qui se chauffent au soleil, des oiseaux qui s’envolent à notre passage. Paisible promenade alors que sous la surface sombre de l’eau se dissimulent de redoutables prédateurs. Arrivés au terme de la balade, nous accrochons de petits morceaux de viande saignante à l’hameçon de notre canne de bambou et lançons l’appât. Etrange façon de pêcher, en quelques secondes notre ligne s’enfonce dans les profondeurs, des poissons voraces déchiquettent la viande crue, les piranhas se régalent. Redoutables, mais plutôt insaisissables, nous parviendrons tout de même à en pêcher suffisamment pour une délicieuse friture le soir même.

Le lendemain, nous reprenons la route à travers le Pantanal, traversons le rio Paraguay pour rejoindre la ville frontière de Corumba. Après un dernier repas au Brésil et quelques formalités douanières, nous voici en Bolivie pour de nouvelles aventures.


Pour les familles d’aventuriers:

La pousada Santa Clara, le long de l’Estrada Parque, est l’une des rares pousadas à offrir un espace de camping (simple mais agréablement situé au bord de la rivière). C’est le point de rendez-vous de tous les bourlingueurs et voyageurs à petits budget: vu les prix prohibitifs de l’hébergement (et des excursions) pratiqués par les autres prestataires de services de la région, il est difficile de faire autrement. Nous avons été satisfaits du rapport qualité-prix: 40 reals par nuit pour planter notre tente en famille, 160 reals pour une excursion en famille de 3 heures, en barque, avec pêche aux piranhas, dégustation et un guide anglophone sympathique.

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Le monde aquatique de Bonito

Notre avant-dernière étape au Brésil, Bonito, est une petite ville du Mato Grosso du Sud. Bonito est situé dans une région boisée, agréable, qui abrite grottes et cascades. Des rivières d’une pureté cristalline naissent et s’écoulent dans les environs, des eaux claires dans lesquelles on se laisse flotter au gré du courant en observant les myriades de poissons.

Arrivés sous la pluie, nous attendons une éclaircie pour pleinement profiter de l’excursion. Installés dans une auberge de jeunesse très sympathique, nous étudions, cuisinons, lessivons, et allons déguster une patisserie en ville ou déjeuner chez de nouveaux amis brésiliens. Une semaine bien agréable, couronnée par une superbe excursion sous un soleil éclatant, dans des eaux transparentes, entourés de centaines de poissons colorés.

Quelques images de Bonito, en attendant une meilleure connection internet pour les videos.

 


Pour les familles de voyageurs:

  • Pour l’hébergement, nous vous conseillons le Bonito HI Hostel: super accueil, très propre, infrastructures en très bon état.
  • L’excursion Aquario Natural est vraiment bien adaptée pour les familles avec de jeunes enfants: équipment très professionnel, dans toutes les tailles, guide très attentif envers les enfants, possibilités de faire un partie du parcours en barque pour les petits nageurs fatigués et tarif favorable aux familles car les enfants ne paient que 10% du prix de l’excursion!

 

A travers le Paraguay

Nous continuons notre route à travers le Paraguay. Ce pays est l’un des plus pauvres du monde. Mobylettes, stands de rue, marchés municipaux animés, nous y retrouvons l’ambiance de  certains pays d’Asie du Sud-Est.

Notre progression est lente; les routes sont en piteux état, encombrées, les contrôles de polices sont fréquents. Avant que la nuit ne tombe, nous improvisons un arrêt dans la petite ville de Coronel Oviedo. La ville ne présente pas d’intérêt touristique mais nous avons repéré un hébergement possible grâce à une application (iOverlander) où les voyageurs partagent leurs astuces. En fait d’hôtel, il s’agit d’une habitation privée où Walter, un retraité allemand, mécanicien bricoleur, grand bourlingueur, accueille avec plaisir les autres voyageurs. Nous bénéficions ainsi de l’accueil chaleureux de Walter, de ses bons plans pour la suite du voyage et nous utilisons son atelier pour aménager le toit de notre véhicule et y installer nos bidons d’essence.

L’étape suivante devait être la réserve naturelle de la Laguna Blanca. La piste qui mène à la lagune est très endommagée. Les camions y ont creusé de larges ornières, inondées par les pluies torrentielles. Notre véhicule tout-terrain parvient à franchir les mares boueuses, non sans dommages: la masse de boue a partiellement arraché la plaque d’immatriculation avant et une pièce s’est détachée sous le véhicule. Nous décidons de faire demi-tour afin de nettoyer le véhicule pour vérifier s’il n’y a pas de dégâts plus importants. Il est ensuite trop tard pour reprendre la route. Tant pis pour la lagune!

Nous continuons le lendemain en direction du parc national de Cerro Cora. Un paysage boisé, parsemé de pics rocheux, se substitue à la plaine. Les aménagements du parc sont plutôt sommaires mais l’endroit est agréable. Nous y passons une après-midi ensoleillée, suivons les courts sentiers de promenade et terminons la journée par un grand feu de camp. La pluie nous chasse le lendemain matin.

Il est désormais temps de quitter le Paraguay. Le passage de frontière s’apparente cette fois à un jeu de piste. Sans nous en apercevoir, nous franchissons la frontière et nous retrouvons dans la ville brésilienne de Ponta Pora. Nous nous renseignons auprès d’un pompiste afin de dénicher les services de l’immigration paraguayenne, un bâtiment gris semi-abandonné. Vingt minutes plus tard, nous nous mettons en quête de la douane paraguayenne, afin de signifier la sortie du territoire de notre véhicule. La douane se trouve à quelques kilomètres de là, mais l’édifice semble tout à fait abandonné. Les portes sont verrouillées, l’endroit parait désert. Finalement, nous trouvons une personne qui nous ouvre les portes et prend de nos mains le papier bleu permettant la circulation temporaire du véhicule au Paraguay. Voilà les formalités accomplies côté paraguayen! Nous traversons alors la rue pour nous rendre dans l’ultra-moderne douane brésilienne. Nous sommes bien au bon endroit mais il nous faut d’abord effectuer les formalités d’immigration des personnes au Brésil.  Celles-ci s’accomplissent uniquement à l’aéroport. En route pour l’aéroport, puis une demi-heure plus tard, retour en centre-ville pour achever les formalités liées à l’importation temporaire du véhicule. Accueil en Portugais uniquement, mais très professionnel, nous sommes en règles, officiellement immigrés au Brésil, il est midi et nous retournons allègrement au Paraguay pour y déjeuner!

Itaipu ou les hasards du voyage

A quelques dizaines de kilomètres d’Iguaçu, sur le rio Parana, à cheval entre le Brésil et le Paraguay se trouve l’immense barrage d’Itaipu, le second plus grand au monde. L’entreprise gestionnaire de l’hydro-électricité organise des visites guidées du barrage et gère aussi un petit musée, un centre de conservation des animaux et une réserve naturelle. Côté paraguayen, l’accès aux visites et à la réserve naturelle est entièrement gratuit. Nous décidons d’en profiter, visitons le petit musée et jardin zoologique puis installons notre tente dans le camping de la réserve naturelle de Tati Yupi.

Par beau temps, la réserve est un endroit idéal pour les familles. De nombreuses activités y sont organisées, petites balades à cheval, en charrette ou à vélo. Sous la pluie, la terre rouge de la réserve se transforme en boue épaisse et les activités cessent. Nous profitons de la balade équestre le lendemain de notre arrivée, avant que les averses ne détrempent le sol. Les nombreuses et violentes averses des jours prochains ne permettront pas aux activités de reprendre leur cours. Pourtant, nous sommes restés une semaine dans la réserve par un temps invariablement maussade. Ce sont là les hasards du voyage…

Lors de ce que nous pensons être notre dernière nuit à Tati Yupi, nous remarquons qu’un camping-car français s’est également installé dans le camping. Nous allons à la rencontre de ses occupants : il s’agit d’Adeline, Olivier, leurs enfants et Stéphanie, la sœur d’Olivier. Nous les avions brièvement rencontrés à Santiago, alors que nous accueillions nos amis communs Delphine et Hervé! Nous décidons alors de prolonger notre séjour, entre la visite du barrage et les parties de cartes endiablées sous l’abri du quincho.

Quelques jours plus tard, nouveau faux départ : alors que nous nous apprêtons à replier la tente, nous recevons un message d’une famille de Belges voyageurs (les 5Happyhoppers, Frank, Inge, Isabelle, William et Adrian) avec lesquels nous avons un ami commun en Belgique. Ils voyagent en compagnie d’une famille suisse, Michael, Luzia et leurs enfants, que nous avions rencontré à Buenos Aires, et arrivent à Tati Yupi dans les prochaines heures. Changement de programme, nous décidons de les attendre et resterons deux jours de plus dans la réserve. A ce rythme-là, nous n’atteindrons jamais le bout du voyage ! Quel plaisir cependant de rencontrer d’autres voyageurs et de se faire de nouveaux amis !


La visite du barrage d’Itaipu, le séjour dans la réserve de Tati Yupi, les courtes balades à cheval, en vélo, la visite de la réserve d’animaux… tout est gratuit! Il suffit juste de s’inscrire pour profiter du camping et de toutes les activités. Renseignez-vous à l’accueil, situé à proximité du musée et de la réserve d’animaux, au nord de la ville de Ciudad del Este.

Quelles magnifiques chuuuuuutes!!!

Le titre de cet article est extrait du livre favori de Loïc (Géronimo Stilton, Bons baisers du Brésil). Les enfants sont impatients de découvrir l’endroit où Géronimo Stilton, le héros de littérature enfantine a fait le grand saut. Les adultes aussi sont impatients, et les attentes ne sont pas déçues. Les chutes sont telles que l’on se l’imagine, majestueuses et magnifiques.

Sur les conseils d’autres voyageurs, nous avons visité, en deux jours, les parcs nationaux qui abritent les chutes, d’abord du côté brésilien puis du côté argentin. Les fabuleuses vues dégagées sur les cataractes côté brésilien et les longues balades dans la jungle agrémentées de nombreux points de vue côté argentin permettent d’apprécier pleinement cette merveille de la nature.

Toujours sur les conseils de voyageurs, nous effectuons la visite du magnifique parc des oiseaux, à proximité de l’entrée du parc national, côté brésilien. Deux très belles journées!

Les cataractes en quelques photos:

 

Au parc des oiseaux:

 

La faune du parc des chutes:


 

Découverte du Brésil: à Curitiba

Curitiba est une ville-étape, sur le trajet qui va nous mener aux chutes d’Iguaçu. Nous mettons à profit cette halte pour visiter le musée Oscar Niemeyer, un musée d’art, d’architecture et de design dans un bâtiment étonnant.

La surprenante architecture met en valeur les oeuvres exposées, des longues pièces à la lumière crue aux puits de lumières. L’étrange oeil de métal perché sur un pilier de béton abrite une exposition d’art moderne. Les enfants se passionnent pour les maquettes reproduisant les bâtiments conçus par le célèbre architecte, à Curitiba, à Brasilia ou ailleurs, et découvrent avec intérêt des oeuvres d’art moderne japonais. Ce musée est vraiment une très belle découverte.

L’après-midi est consacrée à la recherche de chaussures de randonnée pour Loïc. Deux Décathlon et un immense centre commercial plus tard, nous avons enfin trouvé ! Nous sommes prêts pour continuer la route le lendemain en direction des chutes.

 


En pratique pour les voyageurs:

  • Pour l’hébergement, nous avons choisi l’hôtel Ibis Budget. La chambre triple est bon marché (nous y avons dormi à 5), le petit-déjeuner est gratuit pour les jeunes enfants,  le parking de l’hôtel est bon marché et sécurisé.
  • Le musée Oscar Niemeyer est gratuit pour les enfants (24 réals pour les adultes).