Ascension nocturne du volcan Kawah Ijen

Après avoir admiré le volcan Bromo, nous faisons en deux jours un trajet de 280km jusqu’à la ville de Banyuwangi, située à l’extrême est de l’île de Java. Les routes sont extrêmement encombrées sur l’île, la circulation y est très chaotique, les règles n’existent pas. Mais FX est rompu à tous les terrains et c’est sains et saufs que nous arrivons à bon port.

Nous choissisons un hotel très bon marché (5 euros/nuit) pour nous reposer quelques heures. A minuit trente, debout! Il est temps de partir à l’assaut du mont Kawah Ijen. Nous ne savons pas exactement à quoi nous attendre, ni si les enfants vont tenir le coup…

Le volcan culmine à 2386 mètres. On nous promet une ascension d’environ une heure trente jusqu’au bord du cratère, pour ensuite y descendre et y observer un lac, le plus acide du monde (pH 0,2), ainsi que des flammes bleues. Ces flammes ne s’observent que la nuit. Elles résultent des gaz sulfuriques à haute température qui s’enflamment au contact de l’air, produisant des torchères d’un bleu électrique, atteignant parfois cinq mètres de hauteur.

Après une heure trente de voiture, nous arrivons au pied du volcan. Il est presque trois heures du matin, et nous devons absolument atteindre le sommet avant le lever du soleil, vers cinq heures. Nous commençons immédiatement l’ascension. Aron, Sandra, Lise, Loïc et Joëlle prennent les devants, tandis que FX, Capucine, Clara et Emeline montent plus doucement. Il faut dire que la montée est rude et que FX porte Lucie dans le sac à dos.

Après une heure trente d’ascension, les premiers arrivent au bord du cratère. Les fumées de souffre sont denses, les flammes bleues sont invisibles. Nous pensions rester à distance des fumées avec les enfants, mais il serait dommage de rater le spectacle. Malgré l’obscurité, pas d’hésitations, nous nous engageons rapidement sur le sentier rocailleux qui descend abruptement dans le cratère. Seules Capucine, Clara et Emeline préfèrent grimper encore quelques mètres pour mieux observer le volcan depuis le bord du cratère.

Au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, l’atmosphère devient réellement irrespirable. Nous enfilons tous les masques à gaz mis à notre disposition. Nous descendons lentement, sûrement, en nous arrêtant régulièrement pour céder la place aux mineurs qui remontent, chargés de dizaines de kilos de souffre. Lorsque le vent souffle les vapeurs toxiques dans notre direction, nous nous arrêtons, nous accroupissons et fermons les yeux. (FX se fait alors presque insulter par une touriste qui trouve que, non, ce n’est pas un endroit pour les enfants! Pas de soucis pourtant, nous sommes prudents et tous les enfants ont leur masque bien ajusté.)

Arrivés au fond du cratère, le spectacle est magique. De grandes flammes bleues illuminent la nuit. Nous restons plusieurs dizaines de minutes à les observer. Quand le jour se lève, nous découvrons, à quelques mètres seulement, le superbe lac, d’un vert intense. FX, Lucie et Loïc préfère ensuite quitter rapidement l’atmosphère hostile du cratère. Lise, Joëlle, Aron et Sandra s’attardent encore un peu au bord du lac, à proximité des mineurs…

Une dizaine de mineurs s’affairent pour récolter de large plaques de souffre. En effet, les vapeurs de souffre se cristallisent au contact de l’air, formant de grandes plaques jaunes. Les mineurs extraient ce souffre et le transportent, une soixantaine de kilos par trajet, sur leur dos, du fond du cratère au pied du volcan. Là, les acheteurs de souffre les rétribueront pour leur travail. Le prix d’achat de cette matière première est de 0,20 cent par kilos, soit 12 euros par charge, ceci pour effectuer un travail dangereux et exténuant. Le souffre servira à fabriquer des allumettes ou encore à blanchir le sucre.

Lors de notre descente, nous pouvons enfin apercevoir l’éruption du volcan Raung , éruption qui a causé la fermeture de plusieurs aéroports dans la région. Spectacle magique et rare!

L’excursion se termine par un plongeon dans un bassin au pied d’une cascade. Parfait pour se délasser après l’ascension et pour laver la pellicule de souffre qui s’est déposée sur notre peau.

Finalement, tout le monde a réussi l’ascension, malgré le peu d’heures de sommeil. Mention spéciale à Clara et Emeline, qui ne sont pas aussi rompues à la marche que nous, mais qui sont malgré tout arrivées au sommet et ont bien profité du spectacle!

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