Rando et vélo à Hsipaw

Quelques articles pour vous relater les dernières semaines de nos aventures en Birmanie…

Après la frénésie de Mandalay, c’est un plaisir de découvrir la petite ville de Hsipaw, presque un village, dans l’état du Shan. Hsipaw est en altitude, il y fait un peu moins chaud. Les rues sont calmes, le marché animé.

Hsipaw est entourée de petites montagnes où vivent de nombreuses ethnies. A peine arrivés, nous organisons une randonnée guidée de deux jours pour découvrir les montagne environnantes. Départ à 7h30 le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner. La première heure de randonnée se fait sur un terrain relativement plat, facile. Après une courte pause dans un village Shan, l’ascension commence, la pente se fait plus raide. Par chance, il fait gris et la chaleur est supportable. Le guide est plein d’entrain, invente avec moi des jeux pour motiver les enfants. Quant l’ascension se fait trop ardue, nous nous relayons pour porter Lucie dans le sac à dos. Après 6 heures de marche, nous sommes arrivés au premier sommet, un peu de répit avant une nouvelle ascension. Il reste environ une heure de marche pour atteindre notre but, un village de l’ethnie Palaung où nous passerons la nuit. Lucie n’a déjà plus très envie de marcher lorsqu’une moto s’arrête à notre hauteur. Des villageoises rentrent chez elles après avoir fait des achats en ville. Lucie s’installe gaiement entre les dames et les paquets, et la voici partie, toute heureuse. Evidemment Loïc est jaloux, mais il faut peu de temps pour que l’on arrête un deuxième deux-roues qui accepte de le prendre en stop. Restés seuls, les adultes peuvent accélérer le pas pour atteindre le village de Pankam trois quarts d’heure plus tard.

Le village est assez grand, plus de 100 familles. Chaque foyer a sa propre installation solaire qui lui permet de produire l’électricité dont il a besoin. Il y a deux points d’eau, dont un a été installé récemment avec l’aide d’une organisation non-gouvernementale. L’école, un bâtiment assez large, est close aujourd’hui: ce sont les vacances scolaires. Les Palaung sont d’excellent cultivateurs de thé, qu’ils appellent “l’herbe de l’immortalité”. C’est la saison de la récolte: en nous promenant dans le village, nous croisons de nombreux groupes de cueilleurs qui rentrent au village chargés d’un panier rempli de feuilles vertes.

Une fois récoltées, les feuilles de thé sont déposées en vrac sur de larges nattes de bambous. Le soir venu, famille et voisins se réunissent pour l’opération de “roulage” du thé. Les feuilles sont d’abord étuvées pendant une dizaine de minutes puis déposées, fumantes, sur une table garnie d’un tapis de bambou. Chaque participant saisit alors un petit tas d’herbes brûlantes et entreprends de le rouler, un peu comme s’il abaissait une pâte avec un rouleau à pâtisserie imaginaire. L’opération de roulage ne dure que quelques minutes mais est essentielle pour minimiser l’amertume du thé. Certaines familles utilisent une petite machine pour rouler le thé; cela amuse beaucoup Loïc. Après le roulage, le thé est emballé pour être vendu en ville.

Nous dormons dans la maison du chef du village. Le confort est sommaire mais acceptable, les repas végétariens sont tout simplement délicieux. La salade de feuilles de thé vert est une merveille. Pas d’alcool, je vous laisse deviner quelle est la boisson que l’on nous offre chaque fois que nous sommes invités à franchir le pas d’une porte…

Le lendemain, nous repartons tôt en direction de la ville, nous avons plusieurs heures de marche devant nous. Nous prenons un sentier escarpé vers le sud. Après l’orage de la veille, il fait maintenant beau et chaud, un peu trop pour des randonneurs. Heureusement, nous ne faisons que dévaler la montagne. Nous sommes de retour à l’hôtel en début d’après-midi.

Après cette belle randonnée, le reste de notre séjour à Hsipaw sera consacré à l’exploration oisive des environs de la ville à vélo. Sous la chaleur, chargée des deux enfants sur le porte-bagage, difficile d’envisager une longue excursion. On commence par longer la rivière vers le sud, on traverse des villages, on retourne en ville juste à temps pour éviter l’averse. On s’installe sous un abri, à la terrasse d’un café, et on contemple le déluge sur la rivière en dégustant un délicieux café Shan et un bon gâteau au chocolat. Le lendemain, on s’aventure au nord, on visite un monastère, des temples en ruine et on s’arrête pour paresser et jouer dans le grand jardin ombragé d’un petit restaurant familial. Vers 16h, il est tant de rentrer pour se préparer à l’épreuve du bus de nuit en direction de Bagan, dans le centre de la Birmanie.

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