Randonnées à Ella

C’est encore un train bondé qui nous mène de la petite gare de Nanu Oya au village de Ella.

Ella est un village de bourlingueurs comme il semble y en avoir dans chaque pays: des boutiques de souvenirs, des hôtels bon marché, des bars branchés, des cocktails en happy hour, des pizzerias… Ajoutez à cela que la rue principale est très passante et bruyante et vous comprendrez que nous ne sommes pas enthousiasmés par l’ambiance qui règne au coeur du village.

Nous avons cependant passé un excellent séjour à Ella. Notre pension est agréablement située à l’écart du village, à seulement quelques minutes de marche des restaurants et commerce. De la terrasse devant notre chambre confortable, nous avons une vue dégagée sur les collines environnantes. Les randonnées dans les montagnes alentours sont magnifiques, la nourriture dans notre restaurant de prédilection délicieuse.

A peine installés, nous nous mettons en quête d’un dîner. Il est tout juste 18h mais nous avons faim et le restaurant que nous avons choisi, le Matey Hut, est petit et convoité.  Nous ne regrettons pas notre choix : curry de mangues, de citrouille ou d’aubergines, coconut sambol, jus de fruits, tout est délicieux et à des prix démocratiques.

Voici notre routine des prochains jours : petit déjeuner copieux à l’hôtel, randonnée dans la montagne, suivie par un repas du soir anticipé au Matey Hut.

Notre première randonnée nous conduit à Ella’s Rock, un des plus hauts sommets alentours. Le moyen le plus rapide de se déplacer aux abords du village est de marcher sur les traverses de la voie ferrée. Les rares trains qui circulent annoncent bruyamment leur arrivée afin de permettre aux marcheurs de s’écarter à temps. Après 40 minutes de marche, nous bifurquons à gauche, traversons une rivière aux abords d’une cascade et entamons l’ascension du flanc de la montagne opposée, d’abord à travers les plantations de thé puis au cœur de la forêt. D’abord douce, la pente s’intensifie. Notre effort est récompensé par la vue magnifique qui s’offre à nous au sommet. Nous continuons la promenade jusqu’à un second point de vue, encore plus beau, avant de redescendre.

La randonnée du lendemain est plus facile, et donc plus fréquentée. Elle traverse le village et grimpe sur sommet dégagé surnommé Little Adam’s Peak, par analogie avec le mont sacré d’Adam’s Peak, à une centaine de kilomètres de là. Nous redescendons par l’autre versant et continuons la balade pour aller admirer le pont ferroviaire Nine Arch Bridge. Nous y parvenons juste à temps pour être témoins, à distance, du passage du train sur le pont. Il ne nous reste plus qu’à suivre la voie sur plusieurs kilomètres jusqu’au village.

Ella est une destination que nous quittons à regrets.

Pour les voyageurs :

Ella est une destination qui offre beaucoup d’hébergements à un bon rapport qualité-prix. Nous avons été ravis de notre chambre familiale au Cozy Homestay : pièce confortable, petit déjeuner délicieux, famille accueillante.

La cuisine du Matey Hut est si bonne que nous n’avons pas essayé d’autres restaurants. Les plats coûtent environs 400 Rs.

Les randonnées sont faciles, agréables et ne nécessitent pas de guide. Les sentiers ne sont pas balisés mais une simple carte suffit pour vous y retrouver.

La fin du monde

Nuwara Eliya est une petite municipalité nichée dans les montagnes. Des forêts, des lacs, des cascades, des plantations de thé, tout y est frais, humide, aquatique. Proche de la bourgade, dissimulée dans la brume, se trouve la fin du monde…

Notre première excursion nous mène à travers les plantations de thé jusquà la cascade de Ramboda. En chemin, notre guide stoppe pour nous permettre de visiter brièvement quelques plantations. La première, Damro Labookellie, est la plus grande installation du Sri Lanka. A nos yeux, elle apparaît surtout comme une usine à touristes. La visite (gratuite) est rapidement menée, le personnel est courtois mais pressé. La dégustation (gratuite elle aussi) dans le grand salon est plus agréable, malgré l’affluence. Il faut bien avouer que le breuvage est bon. La deuxième plantation est plus attrayante: Blue Fields Tea Estate, un bâtiment bleu délavé, des machines d’un autre âge, un guide qui semble prendre plaisir à répondre à nos questions. Nous ne refusons pas une seconde dégustation.

Le but ultime de notre excursion est la cascade de Ramboda. En ce dimanche après-midi, touristes et Sri-Lankais sont nombreux à grimper le sentier aux marches irrégulières qui longe la rivière jusqu’à une piscine naturelle au pied de la grande cascade. La promenade et la baignade sont plaisantes, mais pas inoubliables.

Réveil à 4h30 le lendemain matin pour admirer la fin du monde. Emmitouflés dans nos vêtements les plus chauds, nous partons en direction du parc national de Horton’s Plains. Nous y parvenons au lever du soleil. Le ciel pâlit, l’air frais et humide nimbe la plaine d’altitude d’un voile de brume. Nous marchons entre plaines et forêts, seuls. Au bout d’une heure, nous atteignons la petite fin du monde. Le plateau d’altitude s’interrompt brutalement et la falaise plonge vers la vallée, quelques 270 mètres plus bas. Nous longeons le plateau encore quelques minutes jusqu’à la plateforme, là où s’achève le monde. 880 mètres plus bas, une forêt tropicale, une rivière, quelques routes, une ferme, minuscules.

Le soleil se lève au dessus des monts, la lumière s’intensifie. Pendant que nous mangeons notre petit-déjeuner à proximité de la plateforme, les touristes commencent à affluer, le charme de l’instant se rompt.

Nous reprenons la promenade à travers les steppes herbeuses. Il fait chaud désormais, les randonneurs sont assez nombreux, les paysages magnifiques, si différents des forêts humides.

Après 9 kilomètres de randonnée, nous nous éloignons un peu du chemin principal par un sentier secondaire pour un second piquenique, puis retournons à notre véhicule, et à l’hôtel.

Pour les voyageurs:

Plantation de thé Damro Labokeellie: visite et dégustation gratuite, très fréquentée.

Plantation de thé Blue Fields Tea: visite gratuite, la dégustation nous a été offerte.

Cascade de Ramboda: accès 50 Rs par personne, gratuit pour les enfants, accès relativement facile après une courte marche en ascension.

Parc national de Horton’s Plains: accès onéreux, comme pour tous les parcs nationaux du Sri Lanka, 15$ par adultes et 8$ par enfants, plus frais et taxes. Le transport depuis Nuwara Eliya nous est revenu à 6000 Rs pour une large jeep. Une visite incontournable!

En train à travers les collines – de Kandy à Nanu Oya

Le trajet ferroviaire entre Kandy et Ella est l’un des plus vantés du Sri Lanka. La plupart des guides touristiques le décrive comme un incontournable de toute découverte du Sri Lanka. Conséquemment, les touristes de tous bords, jeunes voyageurs en sac à dos, globe-trotteurs aguerris, ou larges groupes en voyage organisé, se pressent pour grimper à bord des wagons surchargés.

Le train serpente à flanc de collines et traverse plantations de thé verdoyantes et forêts tropicales touffues. Il longe des crêtes, révélant une vue à 360° sur les vallées alentours. Il s’enfonce à travers les monts dans des tunnels creusés dans la roche.

Hélas, à moins que vous n’ayez décroché un précieux et rare ticket en première classe, il est possible que la seule vue que vous contempliez soit la porte des toilettes ou la nuque en sueur de votre voisin.

Lorsque le train entre en gare de Kandy, les voyageurs se bousculent, l’atmosphère est chargée de l’aggressivité latente des touristes en quête du meilleur poste d’observation. Parvenir à grimper dans le wagon est déjà une gageure, mais nous sommes chanceux et nous nous faufilons malgré nos lourds bagages en tête d’un wagon. Les enfants grapillent un coin de banquette et nous calons les sacs tant bien que mal dans les couloirs. De l’avantage de voyager avec des enfants: au bout de 30 minutes de trajet, deux jeunes Sri Lankais quittent le train et nous cèdent leur banquette, nous sommes désormais parmi les privilégiés qui disposent d’une place assise.

Trois heures et demie plus tard, nous descendons à notre tour en gare de Nanu Oya et embarquons dans un taxi collectif, direction Nuwara Eliya, le village voisin. Nuwara Eliya est un village d’altitude fondé par les colons britanniques en mal de pluie et de fraîcheur. La nuit tombée, il y fait frais, très frais même, nous ressortons les pulls, chaussettes et vestes…

Kandy, capitale culturelle du Sri Lanka?

Capitale culturelle du Sri Lanka: c’est ainsi que la ville de Kandy est décrite dans les guides.

C’est surtout une ville chaotique, pleine de bruits et de pollution, nichée au creux des collines. L’hôtel que nous avons réservé est un peu à l’écart, dans un quartier calme.

Après un confortable trajet en train, assis en première classe, nous retrouvons avec plaisir nos amis allemands, Sandra et Aron à l’hôtel. Nous allons voyager ensemble pendant les prochaines semaines.

Première promenade en ville: entre le trafic incessant et la pollution, la balade n’est guère sereine. Heureusement, la ville est bordée de collines boisée et dotée d’un grand lac, qui lui apporte un peu de fraîcheur. Dans les allées couvertes et étouffantes du marché, nous tentons de dénicher quelques tenues plus légères. Avons-nous perdu l’habitude? Le marchandage est difficile, les commerçants très acharnés à la vente, nous ne sommes guère ravis de cette expérience. Dès la nuit tombée, les rues de Kandy se vident et l’atmosphère devient un peu inquiétante. Après cette harassante promenade, nous sommes heureux de retrouver la quiétude de notre hôtel et de profiter d’une soirée au calme.

Le lendemain, nous optons pour une promenade plus rafraîchissante: nous voulons rallier le centre-ville par la colline, en traversant le grand parc d’Udawatte Kele. Arrivés au sommet de la colline, nous sommes confrontés à une grille close qui ferme l’entrée du parc. Nous discutons quelques instants avec un vieux monsieur, un banquier retraité qui habite dans une maison voisine: il ignore comment accéder au parc. Nous effectuons donc un détour par des rues heureusement peu fréquentées pour rejoindre l’entrée principale du site. Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée, relativement élevé pour les touristes. Qu’importe, nous aspirons désormais à profiter de la fraîcheur dispensée par les grands arbres. Anecdote amusante: il n’est pas permis d’entrer ou de quitter la parc par une autre issue que l’entrée principale. Nous expliquons cependant que nous souhaitons seulement le traverser pour gagner le centre-ville. A contre-coeur, la caissière nous délivre un papier, tel un sauf-conduit, qui nous autorise à quitter le parc où nous le désirons.

Pas de regrets d’avoir déboursé quelques euros pour traverser le parc: c’est une jungle tropicale fournie qui nous protège du soleil. Les enfants jouent dans les lianes monumentales, les singes sont nombreux et nous apercevons même quelques petits cervidés.

De retour en ville, nous prolongeons la promenade le long du lac puis bifurquons pour aller prendre un café dans l’un des rares cafés de style occidental de la ville.

Notre but est ensuite d’aller admirer le coucher du soleil depuis une colline où se dresse un temple. Le ciel se teinte de mauve et de rose, le bouddha semble dominer toute la ville, c’est magnifique.

Le lendemain, pour notre dernier jour à Kandy, nous nous devons de visiter le temple de la dent sacrée, l’un des temples les plus vénérés du monde bouddhique. Le complexe s’étend sur une des rives du lac et accueille des milliers de touristes et autant de pélerins. Le temple principal accueille une châsse d’or, réputée pour contenir une relique sacrée, une authentique dent de Bouddha. Nous flânons dans les espaces à l’écart du temple, un peu moins envahis par les touristes. Comme souvent, c’est dans les détails que se révèle la beauté des lieux: la delicatesse des marches sculptées du perron, les gravures des colonnes, les peintures murales.

A 18h30 débute une cérémonie au cours de laquelle pèlerins et curieux se pressent pour apercevoir la châsse d’or de la dent du Bouddha. Dans la foule, nous suivons quelques instant la cérémonie pour quittons les lieux pour céder la place aux fidèles.

Kandy: hors du complexe religieux, l’essence culturelle de la ville est difficile à cerner. C’est un cité constrastée, entre chaos et ferveur, mais peut-être ces états vont-ils de pair?

Pour les voyageurs:

Nous avons séjourné à l’hôtel Rockwell Gardens, à l’écart de la ville, très propre, agréable, avec un superbe petit déjeuné Sri Lankais.

Ayubowan, Sri Lanka

Après une très courte nuit, nous passons de l’aéroport moderne et luxueux de Muscat à celui plus petit et chaotique de Colombo. Les formalités sont une nouvelle fois vite accomplies: récupérer les bagages, passer la douane, retirer des espèces au distribteur de billet, acquérir une carte SIM locale chez l’opérateur Dialog, déposer notre matériel de camping dont nous n’aurons plus besoin à la consigne, trouver un taxi qui nous conduira à notre hôtel.

Nous voici donc au Sri Lanka, pays qui devait être la destination initiale de notre voyage.

Circulation dense et désordonnée, chaleur tropicale, végétation luxuriante, déchets plastiques qui jonchent les abords des routes, quel constrate comparé à l’ordre et la proprété qui règnent en Oman!

La première journée au Sri Lanka est un arrêt « technique », dans un hôtel simple situé à proximité de l’aéroport. On récupère d’une nuit sans sommeil et on enchaîne les lessives.

Départ le lendemain matin pour la gare de Colombo Fort d’où nous prenons un train à destination de Kandy.

Lundi: Le bleu profond du l’eau du golfe ou le blanc d’un hôpital?

Nous passons une petite partie de la matinée à agencer nos bagages pour reprendre l’avion le soir même, puis partons prendre le petit déjeuner dans l’hôtel voisin du nôtre. Notre avion décolle dans la nuit, nous avons donc amplement  le temps de visiter la ville de Sur, puis d’explorer le Wadi Shab, une oasis située le long de la route qui nous ramènera à l’aéroport. 

Le hasard en décide autrement. Sur les 100 mètres qui séparent les deux hôtels, Lucie court et heurte violemment l’encoignure d’une fenêtre ouverte. L’entaille sur son front est assez profonde, nous voici donc en route vers l’hôpital de la ville. Au service des urgences, les soins sont rapides et efficaces. Deux points de sutures sur le front, Lucie quitte l’hôpital une heure plus tard. Nous allons ensuite déguster une glace et un jus de fruit pour nous remettre de nos émotions, et quittons la ville en direction du nord et du Wadi Shab.

Il est déjà presque 15h lorsque nous parvenons au Wadi, il ne nous reste que 2 heures pour effectuer la promenade de 4 kilomètres le long de la rivière. A cette fin, nous utilisons le service de batelier qui emmène les touristes sur l’autre rive, où débute le sentier. La balade est facile même si les obstacles naturels ralentissent notre marche. Elle se termine au bord d’une piscine naturelle creusée entre les falaises de la roche. Il est possible de continuer la promenade à la nage, mais Lucie, avec son bandage sur le front, se contente d’une baignade dans le bassin. Lise, Loïc et Joëlle continuent leur chemin, parfois en nageant, parfois en marchant dans l’eau claire. Après quelques centaines de mètres, les nageurs se glissent dans une faille étroite de la roche pour découvrir une cascade souterraine.

Il faut maintenant rebrousser chemin, et vite, car le service de batelier s’interrompt à 17h. Nous nous rhabillons à la hâte et pressons le pas sur le chemin du retour. A 17h pile, nous embarquons pour la courte traversée.

Il est temps de reprendre la route vers l’aéroport. Nous faisons une dernière halte dans un centre commercial à proximité de celui-ci pour le repas du soir, retournons la voiture de location et entamons la longue attente de notre vol de nuit.

Adieu Oman, ces quelques jours ont un goût de trop peu, ce pays fut une magnifique découverte !

Dimanche: La mosaïque de verts et bleus de l’oasis de Wadi Bani Khalid

De nouveau sur la route, nous hésitons un peu avant d’effectuer le détour pour nous rendre à l’oasis de Wadi Bani Khalid. L’endroit en vaut-il la peine? Sur place, nous découvrons un cadre charmant, une piscine naturelle d’eau turquoise, bordée de palmiers aux tons vert foncés et de hautes herbes aquatiques vert tendre. Les quelques infrastructures touristiques et les nombreux visiteurs ternissent un peu le charme de site. Cela reste ravissant, certes, mais après un petit bain de pieds dans le bassin où des petits poissons viennent nous chatouiller les orteils, nous hésitons à nous attarder plus.

Nous apercevons alors une pancarte signalant la présence d’une grotte à 1 kilomètre en amont du canyon. Nous nous engageons dans le défilé, en grimpant sur les roches et traversant les gués. Quelques jeunes gens se proposent de guider les touristes et l’un deux nous accompagne, aidant les enfants dans les passages difficiles. Si la balade requiert de l’agilité, l’exploration de la grotte demande plus de souplesse encore : à la lueur de notre téléphone, nous nous glissons dans le boyau sombre, étroit et moite. Nous distinguons quelques chauves-souris. Au fur et à mesure de notre progression, la chaleur humide devient presque insoutenable. Tout au fond du boyau s’écoule la rivière qui alimente l’oasis.

Sur le chemin du retour, nous regardons avec envie des omanais et des touristes s’ébattre dans les bassins d’eau claire au creux des rochers. Nous récupérons les maillots de bain à la voiture, et François-Xavier et les enfants plongent avec bonheur dans l’eau fraîche des bassins. La rivière forme des rapides dans les passages étroits, la roche glissante est un toboggan naturel. Les enfants s’amusent beaucoup.

Finalement, l’heure est avancée lorsque nous quittons l’oasis. A la nuit tombée, nous faisons escale dans la ville de Sur, au bord du golfe d’Arabie.

Samedi​: L’or des dunes de Wahiba

Après quelques hésitations, nous avons réservé une nuit dans un campement du désert. Ce type d’hébergement est très prisé des touristes de passage mais particulièrement onéreux. Finalement, nous ne regretterons pas notre choix : notre campement est rustique, mais d’un bon rapport qualité-prix. Avant de rejoindre le désert, il nous faut parcourir quelques 200 kilomètres. La route est en parfait état et peu fréquentée, le trajet est agréable. Nous traversons des paysages lunaires, des villages endormis et croisons même quelques dromadaires.

Après une courte pause piquenique, nous parvenons à l’orée du désert. Un guide local tente de nous convaincre de recourir à ses services pour parcourir la quinzaine de kilomètres de piste qui mène au campement. « C’est dangereux, » prétend-il, « vous risquez de vous ensabler ». Nous préférons nous en tenir aux instructions données par notre hôte et nous tentons l’aventure par nos propres moyens. Bien que certaines portions de pistes soient plus ensablées que d’autres, nous parvenons malgré tout facilement à notre destination, un campement simple mais doté du confort nécessaire, au pied des dunes.

Après une pause, nous partons pieds nus à l’assaut des monts de sable. L’ascension de la première dune est particulièrement éprouvante : les pieds s’enfoncent profondément dans le sable chaud, au sommet, celui-ci est si fin qu’il s’écoule comme de l’eau. Une fois la première dune franchie, il est plus facile d progresser en longeant les crêtes. Les enfants, cependant, se régalent de glissades et de culbutes. Nous marchons ensuite jusqu’au sommet de la plus haute dune pour nous y asseoir et contempler le coucher de soleil. La nuit tombée, retour vers le camp : notre hôte nous propose d’essayer des costumes traditionnels bédouins. Les enfants apprécient l’activité, particulièrement Loïc qui raffolent de sa tenue longue, ornée d’une ceinture et d’un kandjar, un poignard à la lame large et recourbée. Les robes et les voiles chatoyants des filles sont agréables à porter, ce qui n’est pas le cas des masques, qui donnent à la tenue un aspect effrayant.

Nous dégustons ensuite un dîner composé de légumes et de délicieuses viandes grillées, assis sur le tapis de la salle à manger. Il est ensuite temps d’aller dormir car nous voulons nous lever tôt pour assister au spectacle de l’aube sur les dunes.

Le réveil sonne à 5h30, nous nous habillons rapidement et prenons une nouvelle fois la direction des dunes. Il fait frais mais pas froid, si ce n’est la sable glacé sous nos pieds nus. Parvenu au sommet de la dune, nous patientons une dizaine de minutes que l’astre du jour fasse son apparition. Quelques photos et nous redescendons nous reposer un peu avant le petit déjeuner. Un fois celui-ci avalé, le personnel du camp propose aux enfants de les accompagner pour nourrir  les animaux. Lucie donne le biberon aux chevreaux pendant que Lise et Loïc nourrissent les dromadaires de granulés. 

Nous quittons le désert en fin de matinée.

Vendredi: Des forts couleur crème ou jaune sable

Vendredi, jour de prière. Nous passons un peu de temps en début de matinée à planifier la suite du voyage, sans songer que le vendredi est un jour chômé en Oman.  Il est 11h10 lorsque nous nous présentons à la porte du fort de Balha, lequel ferme à 11h le vendredi. Une fois encore, le gardien est désolé pour nous et nous laisse pénétrer gratuitement dans l’enceinte du fort pour une courte exploration. Pendant 20 minutes, nous parcourons donc les escaliers, corridors et plateformes de ce fort immense et fascinant. 

Nous reprenons ensuite la route en direction de Nizwa, ville dont le fort, plus fréquenté par les touristes, est ouvert aux visites le vendredi après-midi. Petite escale pour contempler l’imposant fort de Jabreen, nous parvenons à Nizwa en début d’après-midi. Après la pause déjeuner, nous traversons le marché de la vieille ville, très calme après l’agitation du vendredi matin et entrons dans le large fort aux murs blanc cassé. L’ensemble comporte un palais médiéval, qui fut la résidence de l’imam de Nizwa et de sa famille,  et un énorme donjon fortifié, plus ancien. Les enfants sont de prime abord un peu déçus : le palais est aménagé en musée, intéressant certes, mais moins ludique que les dédales mystérieux des forts précédents. Le donjon quant à lui est fascinant. L’étroit escalier grimpe en zigzag à travers les épaisses murailles, afin de dérouter d’éventuels assaillants. A chaque détour, une meurtrière perce le bas des marches : elle permet de tirer ou de déverser du jus de datte bouillant sur les agresseurs. Au sommet de l’escalier, on découvre une immense cour circulaire bordée de hauts murs. Encore quelques marches pour parvenir sur le chemin de ronde et admirer la vue sur la ville.

Avant de quitter la ville, nous parcourons encore quelques kilomètres en direction du nord pour voir un très ancien falaj, l’ingénieux système d’irrigation omanais. Celui-ci a été creusé il y plus de 2000 ans. Il est encore utilisé. Le canal principal s’écoule au milieu d’un charmant parc où les familles omanaises viennent piqueniquer. 

Nous dînons ensuite dans un délicieux restaurant turc puis allons bivouaquer à l’extérieur de la ville.

Jeudi: Le bleu du ciel sur le toit du sultanat

Après 36 heures de solitude sur les pistes et les crêtes, nous redescendons dans la vallée. Petite halte technique dans le bourg de la vallée, pour faire le plein d’essence et grignoter un sandwich, puis courte visite d’un village ancien, Misfat al Abriyyeen. Nous ne nous attardons pas car nous voulons encore entreprendre une randonnée sur les flancs du plus haut sommet du sultanat.

Le temps de grimper la piste en lacets jusqu’au hameau de Al Khitaym, il est un peu plus de 14h lorsque nous chaussons nos bottines pour une balade sur le versant du Djebel Shams. Cette randonnée est surnommée “Balcony Walk”, le balcon, car le sentier étroit s’accroche à flanc de montagne et offre des perspectives vertigineuses sur les sommets, les gorges et les vallées.

La marche est relativement facile, le sentier descend imperceptiblement le long de la montagne. D’abord prudents, voire timorés, nous marchons bientôt d’un pas confiant et assuré. Nous espérons ainsi atteindre le but de la balade, un village abandonné suspendu à la falaise puis revenir à notre point de départ avant la tombée de la nuit. Après une heure trente de marche, nous distinguons les murets de pierre et les terrasses des cultures. La cascade monumentale qui abreuvait le village et nourrissait les cultures est actuellement à sec. Il semble étrange que des familles aient pu vivre ici, presque à la verticale, dans des demeures surplombant le vide et éloignés de toute civilisation.

Sur le chemin du retour, le ciel azur se teinte d’orangé, la montagne prend des couleurs chaudes, nous rejoignons aujourd’hui notre véhicule peu avant la fin du jour. Une fois les derniers rayons du soleil éteints, la température chute rapidement et nous regagnons la vallée et la ville pour la nuit.