Trinco, coté océan

Aux abords de Trinco, nous saisissons également l’opportunité d’observer la faune aquatique : des coquillages qui sont si nombreux sur la plage qu’il suffit de plonger la main dans le sable pour en récolter une poignée, aux coraux et poissons multicolores à proximité de l’Ile aux Pigeons, en passant par les requins, tortues de mer, baleines et dauphins.

Notre première excursion nous mène à l’Ile aux Pigeons. L’île est une réserve naturelle, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour y accoster. De la plage, on enfile palmes, masques et tubas pour aller contempler la faune sous-marine : quelques petits requins, des tortues de mer, quelques coraux (bien que ceux-ci ont souffert tant du tsunami de 2004 que du développement trop rapide du tourisme) et surtout une multitude de poissons tropicaux variés. 

La deuxième excursion que l’on entreprend le lendemain à l’aube est encore plus spectaculaire. Le bateau nous entraine loin des côtes pour observer baleines et dauphins. Après quelques minutes d’attente, nous apercevons un premier jet, puis un autre. Chaque baleine fait surface, souffle, disparaît, resurgit un peu plus loin puis s’enfonce dans un plongeon majestueux. 

Plus tard, alors que les baleines se font rares, ce sont les dauphins qui nous accompagnent, plongeant parfois à courte distance du bateau. Une superbe excursion que quelques images décrivent bien mieux que les mots !

Trinco, sur la côte

Située à l’est de l’île, la petite ville de Trincomalee est paisible, peu étendue. Les ravages de la guerre semblent oubliés, l’époque où les guides touristiques décrivaient la ville par ces mots: “Bagdad-sur-mer”.

Comme de nombreux touristes, nous nous sommes réfugiés le long de la plage d’Uppuveli, au nord de Trinco. Belle étendue de sable bordée de cocotiers et d’une eau aigue-marine. Notre hôtel est niché parmi les huttes de pêcheurs, à quelques pas de la mer par les ruelles sablonneuses. Le quartier est tranquille, peu fréquenté. Plus loin, vers le nord, la plage se dote d’établissements touristiques, hôtels, restaurants, bars, en nombre suffisant pour offrir tout le confort désiré par les vacanciers occidentaux, mais heureusement trop peu pour que l’atmosphère paisible en soit troublée.

Vers le sud, la plage s’étire jusqu’à la ville, jonchée d’une multitude de bateaux de pêche multicolores, et, hélas, des inévitables déchets plastiques.

Quelques jours au calme, entre leçons et baignade. Nous profitons d’une après-midi pour découvrir la petite cité, une longue marche dans les rues de Trinco qui nous mène de la gare des bus au très coloré Kali Kovil, puis plus au sud, au bâtiment colonial du musée naval. Après une courte visite du musée, nous remontons vers le nord-est, les pieds dans l’eau le long de la ravissante (et propre) plage de Dutch Bay. Nous voici aux portes de la citadelle, construite par les hollandais et maintes fois assaillie. Nous pénétrons dans l’enceinte, parcourons les allées solitaires à l’ombre des arbres banians. Rares sont les visiteurs. Les cerfs, eux, circulent librement dans la cité. Nous grimpons l’allée jusqu’au temple hindou qui couronne le rocher surplombant l’océan. Aux abords du temple, la chaleur de l’après-midi est intense, les dalles de pierre brûlent nos pieds nus. Nous redescendons au cœur de la ville et cédons au plaisir de nous rafraîchir en pataugeant dans les vagues le long de la côte. 4 kilomètres de marche sur la plage, nous avons fait une belle balade de 12 kilomètres au total!


Notre hôtel : Blue Wave à Uppuveli

Notre restaurant favori : Eastern Lanka, sur la route principale, le meilleur rapport qualité-prix à notre goût.

Pour les boissons : le bar de la plage, Fernando’s Bar, prix modérés et une vue imprenable sur l’océan.

Flâneries à Batticaloa


En quittant Polonnaruwa, nous nous écartons des sentiers battus par les touristes. La petite ville de Batticaloa, sur la côte est du Sri Lanka, n’est pas une destination touristique populaire, tout au plus est-elle une escale pour les voyageurs qui se dirigent vers les célèbres spots de surf de la partie sud-ouest de l’île.

Voyage en train

Batticaloa est facilement accessible en train, et le train est notre moyen de transport favori au Sri Lanka. Celui de 10h20 n’offre que des troisièmes classes. La rame est petite et bondée. Aujourd’hui 4 mars est un jour férié pour les familles tamoules et musulmanes: nombreuses sont celles qui ont choisi de profiter de ce jour chômé pour se rendre à la plage. Le prix du billet est dérisoire, à peine plus d’un Euro pour nous tous. Le wagon remue et cahote, les gares se succèdent, les familles discutent et grignotent sans cesse, les enfants jouent. On nous propose toutes sortes de snacks. Après 1h30 de trajet, le train s’arrête en gare de Valachenai : ici descendent les familles qui passeront la journée sur la plage de Passikudah. Nous voici presque seuls dans le wagon.

La gare de Batticaloa est particulièrement calme. Nous sommes en milieu de journée, le soleil est brûlant. Nous trouvons rapidement un tuk-tuk pour nous emmener vers notre destination finale, la presqu’île de Navalady.

Le train en troisième classe.

Quelques considérations environnementales

Navalady : une longue bande de terre sableuse, qui sépare le lagon d’eau douce et l’océan indien. L’endroit serait idyllique sans la pollution, omniprésente au Sri Lanka. Les déchets jonchent le sol, les abords des routes, la plage. Des bouteilles d’eau vide, des emballages de paquets de chips, de biscuits, des pots de yaourts et des sachets plastiques par centaines. Du plastique, du plastique, encore du plastique… Si nous avions encore besoin d’arguments pour nous convaincre d’utiliser notre gourde filtrante, de refuser systématiquement les sacs à usage unique lorsque nous faisons nos courses ou d’avoir recours à des pailles métalliques, les voici. La gestion des déchets est catastrophique au Sri Lanka.

La péninsule et ses alentours

Si l’on fait abstraction des considérations environnementales (qui soulignent  seulement un problème récurrent dans le pays), l’endroit est fascinant. Un lieu hors du temps, avec ses routes de terre battue, ses maisons basses de pêcheurs, faites de feuilles de palmes et de tôle ondulée. Ici, la vie s’est interrompue, quelques heures, 15 ans auparavant. Le 29 décembre 2004, une première vague, puis une autre, ont tout emporté sur leurs passages. Des ruines éparses, des maisons, des échoppes, des hôtels en témoignent. La tour du temple hindou de Tiruchentur s’est affaissée, elle demeure penchée face à l’océan. Il y a eu les ravages de la guerre, aussi, et depuis 2009, la paix. La vie reprend lentement, avec nonchalance, comme si rien ne s’était produit.

Les jours passés près de Batticaloa seront des flâneries entrecoupées d’heures de jeux et d’études.

Le premier jour, nous visitons la vieille ville, peu étendue mais animée. Batticaloa est une ancienne cité coloniale, elle conserve un fort  et quelques églises de cette époque. Nous mettons à profit la visite pour effectuer quelques courses.

Le lendemain, nous partons explorer la région à bicyclette. Dès que l’on s’éloigne des grands axes, le trafic s’atténue et nous apprécions la balade, le long du lagon jusqu’au phare, puis, presque seuls au monde, jusqu’à la pointe de la péninsule.

Peu de touristes mais une petite infrastructure existante, une ambiance paisible, quelques hôtels et restaurants sans prétentions, la région de Batticaloa est l’endroit idéal pour ne rien faire.


Notre hébergement : Batti Relax Point, une petite maison individuelle, dans une partie isolée de la péninsule.

Le restaurant : Purple Crab, à Navalady. Les temps d’attentes sont incroyablement longs mais le curry de crabe est un délice.

Location de vélos, adultes et enfants : East and West On Board à Kallady, 500 rs par personne.

Possibilité de louer de kayaks à l’hôtel Riviera Resort, mais la présence potentielle de crocodiles dans le lagon nous a dissuadé de tenter l’aventure. Possibilité également de balades en bateau sur le lagon.

Tandem

Polonnaruwa : comme Anuradhapura, la cité est une ancienne capitale du Sri Lanka. Les vestiges de la citadelle et des bâtiments administratifs et religieux parsèment la plaine ombragée aux abords du lac Parakrama Samudraya. Le royaume de Polonnaruwa succède à celui d’Anuradhapura, la plupart des ruines datent du XIIème siècle.

Nous profitons tout d’abord d’une journée calme dans la petite ville et nous contentons d’une petite promenade en fin d’après-midi, après une matinée studieuse. Nous nous dirigeons vers le petit parc archéologique qui borde le lac. Suivez Lucie pour découvrir les vestiges du palais du roi Nissankamalla !

Le lendemain, nous partons pour une grande expédition : nous souhaitons explorer l’ensemble du parc archéologique. Pour cette longue balade, nous dénichons des tandems : un moyen de transport original !

Nous commençons l’excursion pr une visite du musée, visite très informative car on peut y voir des reconstitutions des bâtiments en ruines. Ensuite, c’est parti pour une quinzaine de kilomètres en tandem!

Quelques impressions de cette journée :

Petite question subsidiaire: quel est le nom du roi qui fit construire la plupart des bâtiments de Polonnaruwa?

Réponse dans notre prochaine vidéo.


Notre hôtel: Thisal Guest House, basique mais bien situé à quelques centaines de mètres du complexe archéologique. 3222 rs pour une petite chambre quadruple. Restaurant: Dineth, au coin de la rue, un endroit où les Sri Lankais vont se restaurer, très simple et bon marché.

Location de tandems: au coin de la rue principale et de celle qui mène au musée. 700 rs par tandem. Parc archéologique Island Park: accès gratuitParc archéologique de Polonnaruwa: accès 25 USD par adulte, 12.5 USD par enfants. Attention, il y peu d’options pour se restaurer dans le parc (quelques vendeurs de snacks), il vaut mieux prévoir le picnic. On peut remplir sa gourde près du temple Gal Vihara.

Safaris!

Un des grands atouts du Sri-Lanka, c’est l’abondance de sa faune. Insectes, oiseaux, papillons, petits mammifères, il suffit d’’une simple promenade dans la campagne pour apercevoir une grande variété d’espèces. Ignorant les subtilités de la zoologie, nous ne pouvons malheureusement pas tous les nommer.

Cependant, en un mois, nous avons déjà pu observer de très nombreux macaques à toque, des langurs gris tuftés, des écureuils communs, des écureuils géants, des chevrotins sri-lankais, des geckos, des serpents, des lézards, des crocodiles, des chauve-souris, ainsi qu’une foultitude d’oiseaux, paons, cormorans, pélicans, ibis, cigognes, martins-pêcheurs…

Le macaque à toque est un espèce endémique du Sri Lanka. Il est ainsi nommé pour son élégante coiffure.

Nous avons même déjà aperçu un des éléphants d’Asie qui font la fierté du pays. Nous cédons cependant à la tentation d’en voir des troupeaux entiers. Les éléphants sauvages sont très nombreux dans la partie centrale de l’île. Ils représentent même un danger pour la population locale, les avertissements enjoignant à la prudence se multiplient au bord des routes. Au milieu des champs de riz, les cultivateurs dressent des cabanes dans les arbres. La nuit, ils montent la garde et effraient à force de bruit et de pétards les pachydermes qui s’approchent des cultures.

Au loin, une cabane dans les arbres. Au premier plan, les dommages causés par les pachydermes.

L’accès aux parcs nationaux est très réglementé au Sri-Lanka. Celà peut être un bien pour la protection de la nature, mais de prime abord, sans politique environmentale visant à mieux encadrer et contrôler le flux des touristes, cela résulte surtout en un goulot d’étranglement à l’entrée des parcs nationaux les plus populaires, générant des embouteillages de jeep sur les pistes. 

Pour éviter la foule, nous partons de bonne heure en direction du Hurulu Eco Park, situé à proximité de la petite ville de Habarana. L’attente n’est pas longue pour apercevoir un pachyderme: dans l’obscurité, celui-ci se promène sur la route devant nous, alors que nous n’avons pas encore franchi les portes du parc.

Dans le parc, le jour se lève et nous apercevons d’abord un couple de renards, puis quelques paons. Enfin, nous croisons une première famille d’éléphant. A cette heure, le parc est peu fréquenté par les touristes, nous ne verrons qu’une poignée de jeep et serons seuls la plupart du temps. L’occasion d’observer les mammifères de très près, si près parfois que notre guide préfère s’éloigner.

Le lendemain, nous quittons Habarana et parvenons de bonne heure à Polonnaruwa. A peine arrivé à l’hôtel, notre hôte nous propose une excursion: il a des clients pour un safari dans le parc isolé de Maduru Oya et nous offre de bénéficier des places libres dans sa jeep. Encore fatigués de notre excursion de veille et de notre court voyage, nous déclinons l’offre. Cependant… un safari dans une zone inhabitée, ignorée des touristes, au coeur de la jungle sri-lankaise… Nous embarquons en dernière minute! Ce deuxième safari est extraordinaire: une nature intacte, des animaux nombreux, cerfs, buffles, paons, coqs, et, bien sûr, éléphants. Ces derniers peu habitués à la présence humaine ont un comportement différent de leur cousins du parc d’Hurulu : ils s’éloignent s’ils perçoivent la présence de la jeep. 

Même si le trajet du deuxième a été un peu long, les petits bourlingueurs ont adoré ces safaris.

Petite note: Tant pis pour les photos époustouflantes, nous ne sommes pas équippés pour la photographie animalière. Le résultat des prises de vue est souvent décevant comparé à notre ressenti sur place. Il ne vous restera plus qu’à embarquer pour le Sri Lanka.

Safari Hurulu Eco Park: compter entre 10000 et 15000 rs pour une jeep avec chauffeur, incluant le trajet et le droit d’entrée pour tous les passagers.

Safari Maduru Oya: 6500 rs par personne. 

Pour les impatients: nos safaris en vidéo et en quelques minutes!

Les rochers de Sigiriya

Le rocher de Sigiriya , ou rocher du lion, est l’un des lieux emblématiques du Sri Lanka. Un incontournable pour de nombreux visiteurs, ce rocher solitaire se dresse de plus de 300 mètres, dominant la plaine alentour. C’est un site archéologique majeur, celui de la probable forteresse du roi Kassapa, érigé au Vème siècle.

Les droits d’accès très élevés, ainsi que la foule qui gravit les étroits escaliers, dénaturent un peu le charme des lieux. Ainsi, beaucoup de voyageurs peu fortunés se contentent de contempler le rocher à distance. C’est ce que nous ferons également, malgré la tentation de nous lancer à l’assaut de la forteresse.

Ascension du mont Pidurangala

Installés dans une chambre d’hôte charmante, nous jouissons de la compagnie d’oiseaux, de singes, de varans et d’écureuils géant dans notre jardin. Pour profiter malgré tout des trésors archéologiques, nous partons à pied pour gravir le mont Pidurangala,  situé à 2 kilomètres au nord du rocher de Sigiriya. Cet autre rocher est moins escarpé, plus large et légèrement plus haut que son voisin. 

La balade devient très agréable dès que nous quittons la route principale. Nous contournons le rocher du lion, le long des douves qui entoure la forteresse, puis continuons sur une route en terre battue, jusqu’au temple qui se trouve au pied du mont. Après nous être acquittés du droit d’entrée, très raisonnable, nous ôtons nos chaussures pour traverser l’enceinte du temple, puis nous nous rechaussons pour entamer la montée des marches. L’ascension du Pidurangala est réputée plus difficile que celle de Sigiriya: cependant nous atteignons rapidement le sommet sans même être essoufflés. Loïc est ravi: non seulement nous avons aperçu deux serpents d’eau sur le chemin, mais de plus l’ascension se termine par une petite séance d’escalade! La vue alentour à 360° est vraiment superbe. Sur le chemin du retour, nous croisons beaucoup de promeneurs qui grimpent pour admirer le crépuscule depuis le sommet. Nous n’aurons pas la patience d’attendre.

De retour au pied de la montagne, nous visitons rapidement quelques ruines, puis repartons en direction notre hôtel. Les enfants souhaitent rentrer en tuktuk, il y en a de nombreux qui attendent les touristes, le prix proposé est raisonnable. Nous embarquons donc. Alors que nous contournons le rocher du lion, notre chauffeur s’arrête et nous indique… un long serpent qui dresse son corps juste au bord du chemin! Et un peu loin, sur un îlot au milieu des douves, un immense crocodile ouvre sa gueule. La balade du jour aura été riche en surprises !

Visite des grottes de Dambulla

Le lendemain, nous optons pour le confort d’un tuktuk pour aller visiter le site archéologique de Dambulla, à une vingtaine de kilomètres de Sigiriya. Notre hôte est notre chauffeur. Dambulla est une ville assez animée, qui abrite un autre site archéologique majeur: des temples nichés dans des grottes sous la roche, ornés de statues et de fresques magnifiques. La visite commence uns nouvelle fois par une ascension du rocher sur les flancs duquel sont situées les grottes. Celle-ci sont au nombre de 5, certaines très étroites et petites, d’autres plus vastes, voire immenses. Les ornements sont vraiment remarquables.

Après cette visite, nous allons observer le temple d’or, un temple moderne et très kitsch. Sur le chemine du retour, notre hôte fait un détour pour nous montrer un autre temple récent ainsi qu’un point de vue magnifique sur les rochers de Sigiriya et Pidurangala. Sur cette route à l’écart du trafic, il propose à chaque enfant d’essayer de conduire le tuk-tuk ! Les petits bourlingueurs sont enthousiastes. 

Nous nous plaisons tant que nous aurions aimé prolonger le séjour, mais la chambre n’est plus disponible le lendemain et il faut nous résoudre à quitter Sigiriya.

Notre hébergement : Sigiri Anu Homestay, à 2 kilomètres du rocher du lion, chambre d’hôte fantastique !

Visite du rocher du lion : 30 USD par adulte, 15 USD par enfants, tarif très élevé comme pour de nombreux sites au Sri-Lanka

Visite du mont Pidurangala : 500 rs par adulte, gratuit pour les enfants

Visite des grottes de Dambulla : 1500 rs par adulte, gratuit pour les enfants

Pour les impatients: le résumé de notre séjour à Sigiriya en moins de 2 minutes!

Les vestiges de Ritigale

Après un séjour très relaxant, nous quittons notre coin de paradis à Anadhapura pour d’autres horizons. Quelle sera notre prochaine destination? Sans but précis, nous hésitons un peu – pour finalement jeter notre dévolu sur Habarana.

Un village sans intérêt touristique mais proche de notre escale suivante. Rien à voir et peu à faire à Habarana, c’est un simple village au carrefour des voies qui mènent aux villes. Les rues adjacentes aux artères principales  ne sont que des chemins de terre battue. Les enfants se précipitent pour saluer les rares touristes et lancent un « what’s your name ? » ou plus prosaïquement un « bonbons ? ».

Un village sans intérêt donc, mais avec le charme des lieux simples. Le soir de notre arrivée, notre hôtelier nous accompagne pour grimper sur une roche et aller admirer le coucher de soleil au delà du lac. Nous convenons rapidement d’un excursion pour le lendemain matin : nous irons explorer les vestiges d’un monastère antique, perdu dans la jungle.

Notre tuktuk est ponctuel, nous quittons l’hôtel à 8h45 et parvenons 45 minutes plus tard aux portes de la zone archéologique. Petite déception, nous ne sommes pas les seuls visiteurs. Les touristes sont cependant peu nombreux, nous n’en croiserons qu’une poignée. 

Le sentier dallé de pierre grimpe dans la colline. Il est encore tôt mais la végétation dense capture chaleur et humidité, l’air est étouffant. Les vestiges des bâtiments sont disséminés dans la forêt, une salle de méditation et de prière, des bains, une bibliothèque… Nous trouvons même d’antiques latrines.

Deux heures de promenade suffisent pour explorer le site. Parvenus au bout du sentier dallé, il faut rebrousser chemin. Par delà s’étend la réserve stricte de Ritigale, interdite à toute activité humaine.

Site archéologique de Ritigale : entrée 500 rs, gratuit pour les enfants. Transport en tuktuk depuis Habarana, environ 2000 rs aller-retour.

Logement : Green Garden Resort, sympathique petite pension de famille, bon marché, propre et agéable.

Anuradhapura à bicyclette

Le site archéologique  d’Anuradhapura est assez étendu, il se visite généralement en tricycle à moteur ou, plus sportivement, en bicyclette.

Pour une seconde visite plus extensive des ruines, nous choisissons donc ce second moyen de transport. Nous avons la chance de dénicher chez un loueur des vélos de toutes tailles. Il y a même un vélo pour Lucie, mais elle est trop hésitante sur deux roues et nous préférons l’installer à l’arrière du vélo de sa maman.

Après les derniers réglages, nous voici donc partis. Au nord se situe la zone archéologique principale. Les tarifs pour y accéder sont élevés et nous préférons nous orienter vers le sud de la vieille ville. Le premier incident se produit alors que nous n’avons parcouru que quelques kilomètres. Le frein à disque de la roue arrière du vélo de Joëlle se bloque. Un motocycliste s’arrête presque immédiatement et saisit sa trousse à outils nous secourir. Nous repartons quelques instants plus tard. Un bruit désagréable se fait entendre, le frein est à nouveau bloqué. Cette fois-ci, nous faisons appel à notre loueur pour nous dépanner. Entre-temps, des villageois viennent à notre aide et nous invitent à attendre le dépanneur chez eux. Ils nous  proposent un siège et nous offrent des noix de coco fraîchement cueillies dans leur jardin. Notre dépanneur arrive prestement avec un vélo de remplacement, mais nos hôtes nous retiennent encore. Encore une noix de coco fraîche? Non? Une autre photo alors?

Après avoir noté l’adresse à laquelle nous enverrons les photos, nous reprenons la route. Le premier arrêt nous permet d’explorer les ruines d’un monastère, le second nous mène aux abords d’un temple charmant datant du 3èmesiècle avant notre ère. Pour éviter de retourner sur nos pas, nous suivons ensuite un sentier dans les bois. Il traverse un parc agréable, ombragé, où sont disséminées les ruines des bâtiments du jardin royal. Nous longeons ensuite un autre réservoir par l’ouest et profitons de vues magnifiques sur les anciens dagobas. Partout où nous allons, nous pouvons admirer des ruines, parfois presque oubliées, perdues dans la forêt.

Loin du trafic du nouveau centre-ville, la promenade est vraiment plaisante mais les enfants se fatiguent. Nous longeons la zone archéologique nord pour revenir à notre point de départ. Le lendemain sera un jour de repos!

Location de vélo: Sun Cycle, à proximité de la gare de la vieille ville. Vélo pour enfants, sièges bébé et casques disponibles.

Les temples de Mihintale

Les temples de Mihintale sont isolés, sereins, magnifiques. Pour la première fois de notre séjour au Sri Lanka, nous éprouvons le plaisir de flâner sans but au milieu des vieilles pierres, comme si le temps était suspendu. Il fait chaud, l’air est immobile. L’endroit est calme. 

Depuis l’arrêt de bus sur l’axe principal, nous traversons le parc municipal et découvrons presque par hasard les vestiges d’un hôpital du 9èmesiècle. Même s’il n’en reste que quelques pierres, le lieu est évocateur : on y distingue les chambres, le bain où les patients étaient trempés dans une décoction d’herbes médicinales.

Nous continuons et parvenons au petit musée local : il est désert, ignoré des touristes. Le gardien désœuvré nous fait l’honneur d’une petite visite guidée. Bien que son anglais soit limité, il nous montre les coffres de pierre qui protègent les reliques du Bouddha au cœur des dagobas, les mortiers utilisés pour les préparations médicinales, les instruments chirurgicaux et nous explique l’ingénieux système de filtration d’eau installé au-dessous des antiques latrines.

Nous continuons ensuite notre route vers le sud, en direction du site archéologique et religieux. Un majestueux escalier de pierre mène au sommet de la colline, où se trouvent les différents temples et dagobas. En chemin, nous découvrons plusieurs vestiges de la vie monastique : le réfectoire, le hall de méditation…

Alors que nous approchons de la plateforme, un singe bondit sur le sac à dos que porte Loïc et y dérobe une lingette emballée dans un plastique jaune. Il n’y a pas de mal mais Loïc a été désagréablement surpris.

Depuis la plateforme trois sentiers s’offrent à nous : l’un grimpe vers le nord le long du la roche jusqu’à un immense Bouddha, le second est une passerelle de métal qui escalade le flanc d’un roc sacré vers l’est, le troisième mène à un vaste dagoba. L’accès au rocher sacré est assez périlleux, heureusement nous sommes peu nombreux à tenter l’aventure cet après-midi. Quelques heures plus tard, alors que le soleil baisse à l’horizon, ce sont des centaines de pèlerins que nous verrons partir à l’assaut du rocher.

Quant à nous, nous redescendons, pour mieux remonter ensuite. Après quelques hésitations, nous grimpons sur une seconde colline, le long d’escaliers de pierre dégradés par le temps. Le site de Et Vihara est abandonné. Parvenus au bout du sentier, nous découvrons un dagoba envahi par les herbes et surtout une magnifique vue à 360°. Nous ne regrettons pas notre effort.

Nous revenons à notre point départ et explorons encore les environs, un étang d’irrigation, un dagoba à la base magnifiquement sculpté, avant de quitter le site à la tombée de la nuit.

Cette exploration d’un lieu magnifique et préservé, loin des hordes de touristes, nous a vraiment séduits.

Mihintale : musée et ruine de l’hôpital gratuits, accès aux sites religieux archéologiques 500rs par adulte, 250 pour les enfants.