Aux portes de l’Amazonie

Dernière étape de notre périple en Colombie, nous voici aux portes de l’Amazonie. Notre itinéraire se modifie au fur et à mesure de notre progression dans le pays. Nous étions persuadés qu’il nous faudrait quitter la Colombie par l’unique poste-frontière vers l’Equateur, à Ipiales, le long de la panaméricaine.

Pourtant, il existe un autre poste-frontière entre les deux pays, plus à l’est, peu fréquenté… car il se situe en pleine zone de guérilla! Certes, mais la guérilla est officiellement finie et les accords de paix seront définitivement signés ce lundi 26 septembre 2016.

C’est donc sans craintes que nous bifurquons, quelques kilomètres après la ville de Mocoa, vers le sud  et le poste-frontière de San Miguel. Ultime escale pour la nuit à quelques pas de Mocoa et nouvelle hésitation: nous n’avons pas la certitude que le poste-frontière isolé offrira un service de douane un dimanche. Notre  dernier hôtel en Colombie est plaisant, très bon marché, ne vaut-il mieux pas prolonger notre séjour d’une nuit et franchir la frontière un lundi?

L’Amazonie est à notre porte, sans aucun doute, à en juger par la multitude d’insectes aux couleurs et formes étranges que l’on côtoie. Plutôt qu’un franchissement de frontière, nous partons donc pour une balade dominicale aux environs de Mocoa. La promenade promet d’être facile, 45 minutes de marche, selon les locaux. Nous avions oublié ce qu’est une excursion dans la jungle.

Dès les premiers pas, la chaleur moite, étouffante nous pèse. Nous progressons, trempés de sueur, du premier sentier de gravier au sentier de rondins vermoulus, détrempés, enfouis sous la boue; nous franchissons des gués et des ponts suspendus précaires. Après un heure d’ascension vient la descente, au milieu des lianes, des racines et des rochers, aidés d’une corde, pour parvenir au pied la cascade.

La balade n’a rien d’une petite promenade de santé mais la cascade est belle et la baignade délicieusement rafraîchissante. Après avoir profité d’une douche naturelle vivifiante et rempli nos gourdes dans la rivière, nous repartons à l’assaut de la roche. La douche sous la cascade était agréable mais superflue: il pleut désormais à torrents et c’est sous l’averse tropicale que nous regagnons notre domicile provisoire!


Notre hébergement:

Des 3 hôtels situés au sud de Mocoa, l’hostal El Portal del Fin del Mundo offre indéniablement le meilleur rapport qualité-prix: chambre double avec ventilateur (et bientôt douches chaudes) à 35000 COP, cuisine, jardin, Wi-Fi performant, propriétaires sympathiques…

Pour les randonneurs:

La balade de la cascade "El fin del mundo" dure 45 minutes et débute à quelques pas de l’hôtel. Seul inconvénient: il y a beaucoup de monde le week-end. Nous avons donc préféré aller à la cascade d’Hornocayo, très belle mais moins accessible en raison du mauvais état du sentier. En contrepartie, nous étions peu nombreux sur le site, même un dimanche. Il n’y a pas de balisage à proprement parler mais quelques indications qui sont suffisantes pour ne pas s’égarer.

Les démons de pierre de San Agustin

Visages grimaçants au sourire carnivore, yeux de poissons, dents de chauve-souris, griffes de puma, insolites mais point menaçantes, les divinités de San Agustin ont gardé tout leur mystère. Nul n’est capable aujourd’hui de dire quelques peuples les ont érigées ni d’expliquer leur rôle dans la société antique. Gardiens des tombeaux, messagers de l’au-delà, les statues de pierre sont tombées dans l’oubli avant que les archéologues ne se penchent sur leur destin.

Au début du XXème siècle, les monstres de pierre ornaient la place du petit village de San Agustin ou servaient de pierre d’angle à une maison. Certaines statues, dérobées, ont par la suite été retrouvées en France ou au Danemark. Dans un effort pour sauvegarder le patrimoine archéologique de la Colombie, les autorités se sont efforcées de restituer l’authenticité du lieu de culte. Certaines statues ont été replacées sur leur site d’origine, d’autres ont été regroupées dans un bois, à proximité des tombeaux, surnommé le "bois de statues". Les dernières, enfin, ont été excavées et redressées à l’endroit même où elles furent découvertes.

La visite du site principal est une petite promenade à travers bois et collines, d’un site à l’autre, d’un dolmen à une source, d’une figure de singe à celle d’un oiseau. Certaines représentations sont admirablement conservées, fascinantes dans la richesse et parfois l’insolite des détails.

Le lendemain, nous sélectionnons un site moins fréquenté, sauvage et majestueux, à quelques trois kilomètres de notre hôtel. C’est donc à pied que nous nous y rendons. La déesse Chaquira, gravée dans la pierre, mains levées vers le ciel, veille sur le lieu, époustouflant: le canyon ruisselant de verdure de la rivière Esmeralda.

L’après-midi, c’est à bord de notre 4X4 que nous nous rendons par la piste au site de l'"Alto de los Idolos". Ici, les statues de pierre, plus récemment découvertes, n’ont jamais été déplacées, simplement redressées ou consolidées. Le site est merveilleusement serein et agréable.

Il reste des sites à explorer, mais notre troisième jour, dans le cadre bucolique de notre hôtel, est studieux afin de se mettre à jour dans les leçons. Les enfants ont très bien travaillé, bravo!


Pour les voyageurs:

  • Notre hébergement: La Casa de François, hôtel très réputé, à juste titre. Les chambres sont charmantes et bon marché, le jardin est agréable, le restaurant est délicieux. Nous avons payé 110.000 COP pour une cabane de 5 personnes (prix négocié). Service de laverie (linge) bon marché sur place.
  • En ville, sur la place du village, le café Macizo ne sert pas d’expresso digne de ce nom, mais de délicieuses boissons glacées à base de café, ainsi qu’une très bonne infusion de fruit (aromatizada de frutas).
  • La boulangerie-pâtisserie française du village est définitivement fermée.

Tierradentro

Tierradentro, la terre intérieure… Le site archéologique est éloigné de toutes villes, assez difficilement accessible, au bout d’une piste abimée. Les trésors qu’il recèle sont sublimés par le cadre magnifique de montagnes verdoyantes.

Pour visiter le site de Tierradentro, il nous faut chausser nos bottines de randonnée et partir pour une balade de 14 kilomètres, qui grimpe à flanc de montagne, redescend légèrement vers un village, grimpe à nouveau vers une crête, puis une autre, pour dévaler à pic vers notre point de départ. Au cours de la balade, tels des explorateurs, on découvre des tombes, des cavités souterraines sombres dans lesquelles il faut s’aventurer pour apercevoir peintures et sculptures séculaires, tracées et gravées par des peuples dont on ignore tout aujourd’hui encore.

A la lueur d’un lampe torche, on gravit dans un sens puis dans l’autre de larges marches irrégulières, espérant chaque fois découvrir quelque nouveau détail. Certaines tombes sont très endommagées, vierges de tout motif mais d’autres sont encore magnifiques.

Trois sites et quelques dizaines de tombes plus tard, nous voici parvenus au village de San Andres, assez proche de notre point de départ. Afin de profiter de la piscine de notre hôtel et de progresser dans les leçons, on décide d’écourter la promenade et de parcourir les 7 kms restants le lendemain.

Seulement le lendemain… il pleut! Nous mettons le mauvais temps à profit pour visiter les deux petits musées du site, puis préparons vestes et pantalons pour se rendre malgré tout au site de San Andres, facilement accessible depuis le village. Petite pause-déjeuner au village, avant de se mettre en route, pause pendant laquelle la pluie cesse et le ciel s’éclaircit.

On explore donc les tombes du site de San Andres et puis on se sépare: Lucie et papa décide de profiter d’une après-midi calme, tandis que le reste de la famille part à l’assaut de deux petits sommets qu’il faut gravir pour accéder au dernier site, El Aguacate… le plus beau de tous si l’on se réfère à sa situation géographique! Les dizaines de tombes ont été aménagées le long d’une crête, la vue aux alentours est fabuleuse. Les petits aventuriers ne sont pas en reste, les efforts fournis pour grimper sont vite oubliés, car ici, contrairement aux autres sites, les tombeaux ne sont pas scellés mais simplement protégés des intempéries par une toiture. Les enfants en explorent chaque recoin comme s’il dissimulait un trésor. Après une heure de découverte archéologique, il est temps de descendre par un sentier qui suit la crête avant de dégringoler à flanc de montagne.

Seul déception: le site n’était pas gardé ce jour-là, les enfants n’ont pas pu obtenir  le dernier tampon qui leur manquait dans le passeport qui fait office de ticket d’entrée pour le site.

En résumé, toute la famille a adoré Tierradentro, un site magnifique à découvrir!


Pour les voyageurs:

  • Nous avons logé à l’hôtel El Refugio: d’apparence luxueuse, il est en fait plutôt bon marché (106 000 COP la chambre quadruple, avec une délicieuse douche chaude), le cadre et la piscine sont très agréables. Pour les petits budgets, on peut aussi y camper. Attention, la piscine fait en quelque sorte office de piscine municipale et est envahie par les familles colombiennes le week-end! C’est sympathique mais plutôt mouvementé.
  • Bon rapport qualité-prix pour les repas (et jus de fruits délicieux) à l’hôtel-restaurant La Portada, dans le village de San Andres.

Pour les randonneurs: la randonnée fait 14 km dans son entièreté, elle est magnifique. Pas de difficultés particulières, mais ça grimpe bien par moment!

Des étoiles dans le désert

Le désert de la Tatacoa n’est pas un authentique désert, mais une zone semi-aride à environ 300 kilomètres au sud de Bogota. En quelques heures, nous passons de la douceur humide des températures à Bogota à la chaleur tropicale de la plaine, torride dans le désert.

Nous pensons arriver dans le désert au terme d’une longue étape journalière, mais le trajet n’est pas si facile. Départ de Bogota retardé: avant de partir, nous devons renouveler l’assurance de notre véhicule. Une démarche qui nous avait pris 5 minutes à la frontière colombienne mais qui se complique contre toutes attentes à Bogota. On nous conseille d’acheter notre assurance au grand supermarché à la sortie de la ville. Acheter ses assurances au supermarché? Banal en Amérique du Sud!

Sauf que nous sommes un jeudi et que les assurances, comme les avocats (comestibles), sont en promotion aujourd’hui. Il me faut donc patienter une heure au guichet de l’assureur, pris d’assaut, pour constater ensuite que son ordinateur ne permet pas de souscrire un contrat pour un véhicule avec une plaque étrangère. Demi-tour donc et direction le centre de Bogota pour souscrire l’assurance directement au siège social de la compagnie: heureusement il n’y a pas trop de traffic et la démarche est plutôt rapidement effectuée. En quittant Bogota à 15h, une escale s’impose, nous nous arrêtons pour la nuit à Girardot, au pied des montagnes.

Il fait désormais très chaud et la piscine de l’hôtel confortable que nous avons sélectionné est appréciée, au point que nous ne repartirons le lendemain qu’en fin de matinée, après quelques heures de jeux dans l’eau.

Il ne reste qu’une centaine de kilomètres avant de parvenir à la Tatacoa. Nous quittons la route pour bifurquer sur la piste, passons quelques tunnels avant de rencontrer un nouvel obstacle: un camion est tombé en panne et entrave la piste. Il nous faut encore patienter une heure avant de pouvoir continuer notre route. C’est donc en fin d’après-midi que nous atteignons le désert.

Il fait une chaleur étouffante, nous nous installons et dînons bien vite, afin d’être à l’heure à pour l’observation des étoiles. Le désert abrite en effet un observatoire, en raison de sa situation géographique idéale, très proche de la ligne de l’équateur. Il est possible d’y contempler les constellations des deux hémisphères. Des séances d’observation y sont également organisées pour les touristes. C’est passionnant, et si les enfants s’ennuient un peu pendant la première partie, un exposé pourtant très didactique sur l’astronomie, il sont surexcités au moment de coller leur oeil sur le téléscope! Les cratères de la lune, les anneaux de Saturne, la couleur rouge de la planète Mars, les étoiles jumelles d’Alpha du Centaure n’ont plus de secrets pour les petits bourlingueurs.

Ecrasés par la chaleur, nous choisissons de quitter le désert le lendemain, non sans avoir effectué une courte randonnée au milieu des formations rocheuses. C’est magnifique, mais il ne faut guère s’éterniser si l’on ne veut pas bruler au soleil. Le labyrinthe de Cusco porte d’ailleurs bien son nom, nous avons eu quelques difficultés à en trouver la sortie!


Notre hébergement à Girardot: Hôtel 1910, un peu plus cher que nos hébergements habituels mais très bon rapport qualité-prix et très belle piscine.

Dans le désert, nous avons logé à la Casa de Campo: chambres confortables (ventilateurs, douches) et bon marché chez un couple charmant, 2-3km au-delà de l’observatoire.

Visite guidée des étoiles à partir de 7 heures du soir à l’observatoire, 10.000 COP par personne pour les plus de 7 ans.

Les musées de Bogota

Même si on ne se languit pas de passer quelques temps dans une grande ville, Bogota est une escale incontournable, ne serait-ce que pour y effectuer l’entretien de notre véhicule. La capitale de la Colombie est plutôt chaotique, mélange de sites attractifs et de bâtiments inintéressants: une place centrale austère, une longue rue commerçante bordée d’hideux immeubles, quelques vieilles bâtisses dans le centre historique et des montagnes alentours, que nous aurions aimé explorer. Avec la pluie qui domine, nous nous réfugions dans ces bâtiments qui sont peut-être ce que la capitale a de mieux à offrir: ses musées. Peu coûteux voire gratuits, inventifs, bien agencés, mettant en valeur des monuments historiques originaux et exposant des oeuvres inestimables, les musées de Bogota nous ont ravis.

Nous commençons par le complexe de musées englobant le musée Botero et la maison de la monnaie (Casa de la Moneda), parmi les rares musées ouverts un lundi. Les enfants sont contents de retrouver leur artiste colombien favori, Fernando Botero, ses oeuvres généreuses, et sa collection impressionnante d’oeuvres d’art allant de Renoir à Picasso en passant par Delvaux ou Chagall.

Un pas plus loin, la Casa de la Moneda est sise dans un joli bâtiment de l’époque coloniale et expose une belle collection numismatique.

Le lendemain, nous entreprenons la visite du musée le plus célèbre de Colombie, le musée de l’or. Agencées de façon thématique, les pièces sont superbement mises en valeur, fascinantes.

Nous continuons par une visite du musée de la police, guidés par un jeune volontaire qui effectue ici son service militaire. Il nous expose moult détails sur le passé tourmenté de la Colombie moderne.

Nous finissons notre séjour par une visite le mercredi du musée national, sis dans une ancienne prison, dont les oeuvres éclectiques, art, histoire, patrimoine, sont magnifiquement mises en valeur par l’aménagement intérieur du bâtiment atypique.

Notre séjour à Bogota a offert d’autres belles découvertes. Au détour d’une petite balade, nous sommes entrés dans un café qui a détrôné le café Arabica de Lima pour offrir, à notre goût (corsé, amer et parfumé), le "meilleur café du monde".

Et surtout, nous y avons rencontré, ou retrouvé, des connaissances d’enfance, la famille et les enfants Noël, avec qui nous avons passé d’excellentes fins d’après-midi et soirées. Merci encore pour l’accueil!


Nos musées à Bogota: pas de coup de coeur, on les a tous adorés!

  • Le musée Botero et la Casa de la Moneda, ouverts tlj, gratuits pour tous, très bien agencés
  • Le musée de la police, ouvert du mardi au dimanche, gratuit, visite guidée très informative en espagnol ou en anglais par de jeunes volontaires de la police
  • Le musée de l’or, incontournable et splendide, pour seulement 3000 COP la visite (gratuit pour les enfants)
  • Le musée national, gratuit et très intéressant à visiter, pour la beauté des lieux (une ancienne prison) et les collections diversifiées

LE café: Arte y Passion Café Escuela de Barista, commandez l’expresso simple!

Notre hébergement: nous avons profité d’une promo pour louer un appartement tout confort (qui s’appelle d’ailleurs Luxury department, sur booking.com).

 

Des fourmis à Barichara

Nous repartons de Bucaramanga avec le projet de faire une halte à la Mesa de Los Santos, un endroit spectaculaire au bord du canyon de la Chicamocha. Arrivés au canyon, dans un cadre effectivement remarquable, nous nous mettons en quête d’un hébergement. En vain, car ici, à 80 kilomètres à peine d’une grande métropole, les auberges sont plutôt coûteuses. Comme le temps est également maussade, nous choisissons de passer notre chemin et de continuer la route vers notre prochaine étape.

L’étape suivante est le petit village de Barichara. Nous y trouvons rapidement un petit hôtel à notre goût et dans notre budget. Barichara est un lieu idyllique, un village dans lequel nous serions avec plaisir demeurés quelques jours, voire quelques semaines de plus, si nous n’étions désormais pressés par le temps: des maisons blanches rehaussées d’une joyeuse touche de couleur, des rues tranquilles pavées de larges dalles de pierre, une atmosphère paisible, hors du temps et des tumultes de la ville. Nous y retrouvons le plaisir de ne rien faire, allongés dans les hamacs du patio, au milieu des fleurs et des grenadiers.

Pas trop nonchalants tout de même, nous partons pour effectuer la randonnée du "camino real", très renommée, une promenade facile de 5,5 kilomètres, le long d’un sentier historique reliant le village de Barichara à celui de Guane, une agréable balade avec les enfants.

Et les fourmis? Les "hormigas culonas", des fourmis géantes, se dégustent grillées et sont la spécialité culinaire de la région. Elles sont une friandise plutôt coûteuse dont nous en achetons un petit pot dans une épicerie sur la place du village. Après les grillons, les vers à soie, les cafards et les tarentules déjà dégustés en Asie, voici donc l’occasion d’une nouvelle expérience gustative. Et quelle expérience! Les fourmis sont croquantes, légèrement salées, avec un parfum prononcé de noisette; on se régale! Barichara est décidément un lieu que nous quittons avec regrets.


Pour les voyageurs:

Notre hôtel était le "Color de hormiga", à quelques pas de la place principale. Pas de parking sur place (mais possibilité de se garer dans un parking privé à deux rues de là, dans la carrera 5). Bon marché, très propre, très bien tenu avec une belle cuisine et un superbe patio.

Pour les randonneurs:

La promenade du Camino réal (5,5km) est très facile et bien signalisée. Des vues splendides et un chemin aisé à parcourir. Pour le retour, il suffit de prendre le bus qui circule toutes les heures et 15 minutes entre Guane et Barichara . Il y beaucoup d’autres possibilités de randonnées dans la région, avec ou sans guide, que nous n’avons pas explorées.

 

En wake-board à Bucaramanga

Au cours de notre voyage, nous avons souvent fait des escales inattendues. Comme à Bucaramanga, grosse métropole colombienne que nous ne voulions que traverser. Après un long trajet en voiture, nous parvenons en fin d’après-midi aux abords de la ville et décidons de nous mettre en quête d’un hôtel pour y passer la nuit.

La quête s’avère difficile: les hôtels sont coûteux et, à cause des nombreux travaux, nous nous perdons à plusieurs reprises dans la banlieue de la ville. Ce n’est que 3 heures plus tard que nous nous arrêtons devant un logement potentiel, lequel semble fermé. Nous nous apprêtons à repartir quand le propriétaire nous rejoint in-extremis: oui, nous pouvons bien passer la nuit chez lui. Le hasard fait bien les choses: Quentin est Belge, installé à Bucaramanga avec sa femme colombienne, Luz et sa fille de 10 ans, Marie. Marie est ravie d’accueillir chez elle des compagnons de jeu! De plus, Quentin est installateur d’infrastructures de "wake-park" ou "câble-parc", un loisir dans lequel nous voulons justement (nous) investir.

Nous décidons donc de prolonger notre séjour d’une nuit, afin de nous initier au wake-board et de profiter un peu du parc aquatique, malgré le temps gris et pluvieux. Ce sera aussi pour les enfants l’occasion d’une longue après-midi de jeux avec Marie. Une belle escale!

img_0429
Lise dans l’eau!


Notre hébergement à Florida Blanca est disponible sur booking.com

Le barrage de Guatape

Fraîchement débarqués de notre avion, nous reprenons la route en direction du village de Guatape, à environ 80 kilomètres à l’est de Medellin.

Situé au bord d’un immense lac artificiel, Guatape est un lieu de villégiature pour citadins aisés, qui échappent à l’agitation de Medellin le temps d’un week-end. Nous y arrivons justement un samedi après-midi, l’animation est à son comble et la quête d’un logement bon marché, parmi les multiples établissements plutôt luxueux qui bordent le lac, commence. Quelques échecs avant de dénicher la perle rare, une maisonnette de trois chambres sur un terrain qui surplombe le lac, avec vue sur le rocher immense qui domine la région. Le lieu est agréable, loin de l’agitation du village, au point que nous prolongerons notre séjour de deux nuits.

Entre la reprise des cours et les jeux dans le jardin, nous entreprenons tout de même l’ascension du rocher voisin, nommé la pierre de Penol. C’est une pierre immense de 200 mètres de haut dont l’ascension, rendue possible grâce à quelques volées d’escaliers bâtis dans une faille, est une attraction touristique majeure de la région, plutôt kitsch et assez chère. Cependant, il faut bien avouer que la vue du sommet est magnifique.

Quite à s’immerger dans les attractions touristiques, nous allons vérifier si la tyrolienne qui s’étend d’une berge à l’autre du lac est accessible aux enfants. Déception pour Lise, elle n’a pas âge requis pour s’y lancer. Lucie et Loïc sont par contre ravis de pouvoir glisser sur un fil plus court, installé spécialement pour les enfants!


Informations pratiques:

  • Hébergement: Cabanas Castillo del Lago, 35000 COP par personne, réduction pour les enfants
  • Piedra de Penol: accès payant pour tous, 15000 COP par personne y compris les enfants de plus d’un mètre
  • Guatape est un joli village aux maisons bariolées, bien plus calme en semaine que le week-end

 

La côte caraïbe

Les routes colombiennes étant parfois pénibles à parcourir, c’est en avion que nous irons découvrir la côte caraïbe, profitant de l’existence d’une compagnie d’aviation colombienne "low-cost".

La côte caraïbe… cela évoque sans doute des images de plages paradisiaques, de cocotiers et de sable fin. En réalité, la côte colombienne est plutôt tourmentée, avec des courants violents qui empêchent de se baigner en de nombreux endroits. Elle a mauvaise réputation parmi les Colombiens, est prétendument sale et désordonnée.

Ni paradisiaque, ni laide, la côte que nous découvrirons a certains atouts, sans avoir imprimé en nos mémoires un souvenir inoubliable. Sans véhicule, nous ne pourrons d’ailleurs guère nous éloigner des sentiers battus.

Nous commençons le périple à Santa Marta, grande ville dont la promenade en bord de mer est fort plaisante au coucher du soleil. Nous continuons par une excursion au parc  national Tayrona, qui propose des randonnées, belles mais difficiles à effectuer en raison de la chaleur. Nous nous contentons d’une baignade sur l’une des rares plages où celle-ci est autorisée et offrons aux enfants le plaisir d’une petite randonnée à cheval plutôt qu’une marche éreintante. Les deux jours suivant sont consacrés aux repos dans un grand hôtel proche de Santa Marta, doté d’une belle piscine et proche de la plage. Enfin, nous prenons la route en direction de Carthagène, une des plus belles villes de Colombie. Le centre-ville est presque parfaitement conservé et vraiment superbe. On explore les rues, quelques musées dont le musée de l’or et le musée d’art moderne, quelques églises et le fort espagnol. Deux jours sont suffisants pour arpenter le centre-ville; nous reprenons ensuite un vol pour rejoindre la région de Medellin.


Quelques astuces de voyageurs:

  • Le "malecon", la promenade le long de la plage à Santa Marta est très agréable le soir. Les nombreuses échoppes de rues y vendent des jus de fruits, grillades, arepas, bon marchés et délicieux.
  • Dans le parc national Tayrona, nous avons logé au camping "Don Pedro" à l’écart de la plage d’Arrecifes. Simple, mais plutôt bon marché.
  • A ne pas manquer à proximité de la plage d’Arrecifes, la "panaderia Bere" offre de bons pains, arepas, jus de fruits. C’est sans prétention mais délicieux et à peine plus cher qu’en ville…
  • A Carthagena, nous avons logé dans le quartier de Getsemani, à l’hôtel San Roque. Pas trop cher, bon rapport qualité-prix.
  • Dans le quartier de Getsemani, le soir, la plaza de la Trinidad s’anime: de multiples stands de rue proposent de la nourriture bon marché, touristes et colombiens se mèlent pour déguster patacon et hamburgers.
  • Avec des enfants, ne manquez pas le musée de l’or Zenu, au coeur de Carthagena. L’entrée est gratuite et le musée, bien que petit, est bien agencé et a beaucoup plu aux petits bourlingueurs.

Medellin

Le nom de Medellin est universellement connu, pas forcément pour les bonnes raisons. Beaucoup l’associent aux cartels de la drogue, aux crimes et à la violence. Certains se rappellent aussi que Fernando Botero, l’enfant du pays, est devenu un artiste mondialement reconnu. Ses oeuvres, ses statues aux formes voluptueuses, reflètent bien mieux le visage de la Colombie actuelle, plaisante et épanouie, que ne le fait la sinistre légende de Pablo Escobar.

Nous passons quelques jours à Medellin pour y fêter dignement les 7 ans de Loïc. Medellin est une grande ville moderne, fonctionnelle, propre, pas forcément très belle, mais facile à vivre et à explorer, peu d’attraits historiques mais de nombreuses activités culturelles ou sportives. On y déniche les cadeaux d’anniversaire de Loïc (des Legos, bien sûr!) ainsi que des paires de sandales et de lunettes de soleil pour les enfants et on profite des attractions de la ville.

Le musée Antioquia

Situé dans le minuscule centre historique, le musée Antioquia nous a beaucoup plu: de nombreuse oeuvres d’art de toutes époques, d’artistes colombiens ou autres, mais surtout, au troisième étage, une magnifique collection d’art moderne, autrefois collection privée de l’artiste Fernando Botero, ainsi que de nombreuses oeuvres de Botero lui-même, généreusement offertes par l’artiste. Les enfants adorent, d’autant que le musée s’est enrichi de deux petites salles de jeux sur le thème des oeuvres de Botero.

Le parque Explora

Pour ses 6 ans, nous avions offert à Loïc une journée au parc Legoland Malaysia. Cette année, nous emmenons toute la famille au parque Explora, un complexe dédié aux enfants sur le thème de la découverte de la science. Illusions d’optique, expériences interactives, jeux de logique, c’est un grand succès pour les trois enfants.

Le jardin botanique

La troisième journée se passe calmement, avec une seule petite excursion au jardin botanique, pas exceptionnel mais calme et agréable.

Le parque Arvi

L’un des atouts de Medellin est son excellent réseau de transports en commun d’autant que ce réseau ne relie pas seulement la ville à ses banlieues mais s’étend au-delà jusqu’à une réserve naturelle sur les sommets environnants la cité. 20 minutes de téléphérique et nous voici en pleine nature, dans le parc Arvi. Le temps est maussade et frais à cette altitude, nous choisissons donc de limiter la randonnée à un petit tour de 5 kilomètres le long des sentiers.

Il est temps désormais de quitter Medellin  pour découvrir d’autres aspects de la Colombie. Cette ville moderne est certes agréable mais manque un peu de charme et de fantaisie.


En pratique:

  • Nous avons séjourné dans une immense chambre triple de l’hôtel 61Prado: bien situé, bon rapport qualité-prix, parking gratuit sur réservation (mieux vaut cependant prendre ses repas à l’extérieur pour faire des économies).
  • Le musée Antioquia est vraiment chouette à faire avec des enfants (et gratuit pour eux).
  • Dans une gamme de prix plus élevée (23000 COP/personne, enfants inclus), le parque Explora est très intéressant.
  • Le métro est payant pour les enfants de plus d’un mètre, ce qui revient parfois plus cher qu’un court trajet en taxi! Ne pas manquer tout de même le trajet en téléphérique.